Coup de gueule


Photo/Francis Amiand/stylisme/Gilles Dalliere

Dans le monde de la décoration, le stylisme est un métier créatif. C’est l’autre regard.
C’est l’œil qui fait qu’un reportage ne ressemble pas à un autre.
L’œil qui cadre l’instant donné.
L’œil qui fait prendre la pose à des situations et à des objets pour transmettre une certaine image, résultat d’un dialogue, d’une collaboration ou même d’une connivence avec un décorateur et un photographe. Rien d’une photo surprise par ce qu’elle est mise en scène. Pas celle des mots écrits mais celle du beau, de l’essentiel qui transparaît dans ce travail créatif. Par une étrange osmose, elle pénètre l’image et la photographie devient un portrait du styliste autant que du photographe.
Il est difficile de trouver quelque chose de ce sentiment dans les images posées des livres et des magazines, qu’elles soient préparées dans des studios ou bien tirées dans des décors naturels.
Ces instants donnés sont le fruit d’un métier.
Quand un regard fait la différence, ne devrait-il pas être reconnu au même titre que celui d’un photographe.

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Marc Hertrich Nicolas Adnet : Des univers Inspirés
Direction artistique : Brigitte Fitoussi
Éditions Fonds de France

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Coup de gueule

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Milan 2016, Romeo Sozzi : Arrêt sur image.

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Photo/Jo Pauwels

Le même soir du 13 avril 2016 (le chiffre porte bonheur), le « mâle aimé » du design présente sa collection « Night Tales » via Bagutta à Milan et en même temps alors qu’il souhaite « Kalì Nikta » au monde « del mobile », on le retrouve Galleria Vittorio Emanuele chez Rizzoli, romanesque, au bras de Silvia Nani et de Francesco Morace pour fêter comme il sait le faire, la sortie du livre, « Romeo Sozzi & Promemoria ». Un monde d’images, et j’en fais partie, riche, présenté dans un écrin que Prince aurait aimé ouvrir. Un « livre d’art » qui raconte à travers les mots choisis et décomplexés de Pierre Léonforte, la vie d’un homme qui ne se consacre qu’à son travail. Un homme du luxe, épicurien, moderne et raffiné. Un homme simple et sophistiqué, à la recherche d’une liberté qu’il n’a peut-être pas encore trouvée. Un homme qui partage sa vie entre son entreprise, « Promemoria », son appartement à Milan, et sa villa au bord du lac de Côme, plantée au beau milieu d’un jardin italien fait de graminées et d’essences exotiques. Son originalité vient de sa création, il aime la matière et de cette liberté se dégage une palette de couleurs qui parfois claquent comme les couleurs d’un drapeau. Son secret, ce sont ses passions. Rien n’est pire que le silence et si ses enfants incarnent la réflexion, le rire et le mouvement, il aime les femmes parce qu’il les trouve bien plus intéressantes que les hommes. La vitesse pour ne pas oublier le passé et s’efforcer de le transmettre. Les voyages ; aller-retour entre son métier, sa vie et ses démons. Son chien « Gin » et l’incontournable Dry-Martini. Il collectionne tout, jusqu’aux grenouilles. Il loge à la Scala, dévore les livres, dessine les lignes et les courbes de ses créations et leurs nombreux détails sur ses petits cahiers collector qui font que dans le monde du design il est une exception. Dans cet univers, entre « violence et passion » Romeo Sozzi avec la rare complicité de ses trois fils, Stefano, Davide et Paolo multiplie les atmosphères et les perspectives à la recherche de la perfection.

ROMEO SOZZI & PROMEMORIA
La manifattura dei sogni
De Pierre Léonforte
284 pages – 24×31 cm
€ 75,00
Editeur: Rizzoli
http://www.rizzoli.eu
http://www.promemoria.com

Clichés/livres

Milan 2016, Romeo Sozzi : Arrêt sur image.

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Le livre est sorti en 2012, mais j’avoue que j’ai été marqué par ce tour du monde où la teinture à l’indigo reste un savoir universel. Partout elle se déroule selon le même processus : la culture ou la cueillette de la plante, l’extraction du pigment, le montage de la cuve, le fil ou la toile teints qui émergent du bain et dont se saisissent le tisserand puis le couturier et le brodeur qui transforment le tissu en de sublimes vêtements. Cette couleur, universelle, est celle de l’humble comme du noble, du rentier comme de l’industrieux, du travailleur manuel comme du banquier. C’est la chemisette bleue et le bermuda délavé de l’Américain de Nouvelle-Angleterre comme la tunique du paysan chinois repiquant du riz dans la brume des montagnes du Guizhou. C’est le turban de l’indien du Rajasthan dans les rues de Jodhpur. C’est le tablier sur lequel la lavandière s’essuie les mains, le droguet du maquignon, la salopette graisseuse du mécanicien, le blue-jeans du fermier photographié par Walker Evans. Catherine Legrand parcourt pendant plus de 2 ans la planète pour réaliser ce travail exceptionnel sur la manière dont l’Indigo est cultivé et utilisé dans le monde aujourd’hui. Elle a en rapporté une iconographie et des témoignages qui font de ce beau livre une référence unique sur ce sujet.
INDIGO
Catherine Legrand
Éditions La Martinière
2012, 287 pages
http://www.editionsdelamartiniere.fr

Clichés/livres

L’indigo : la couleur qui change le monde

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Clichés/livres

La muse éternelle

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Élégante, la cigarette vissée à ses lèvres, elle fut la muse d’Yves Saint Laurent pendant près de 30 ans. Icône de toute une époque, mannequin, elle inspira ses collecions en devenant la créatrice maille et accessoires de la prestigieuse maison de couture. Les éditions Rizzoli NY rendent hommage à l’audacieuse anglaise, à travers 400 clichés en couleurs ou en noir et blanc, témoignages intimes contés par son amie de toujours Ariel de Ravenel et Natasha Fraser-Cavassoni. Une superbe monographie dédiée à la muse éternelle, préfacé par Pierre Bergé et clôturé par les propos de l’autre homme de sa vie : Thadée Klossowski.
Loulou de la Falaise, 272 pages, aux éditions Rizzoli NY, 50 euros

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http://www.rizzoliusa.com

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Clichés/livres

25 kilos de photos


Après Helmut Newton, Sebastião Salgado, c’est au tour d’Annie Leibovitz d’avoir le droit à son livre XXL. Une édition limitée à 10 000 exemplaires, dont 1000 collectors, avec quatre jaquettes différentes. Deux cent cinquante sublimes clichés, Que Benedikt Taschen demande à la plus grande portraitiste contemporaine de notre temps. Un livre taille SUMO qui a mit plusieurs années pour que le projet voie le jour. Du reportage intimiste pour le magazine Rolling Stone dans les années 1970 aux portraits sophistiqués pour Vanity Fair et Vogue, Annie Leibovitz a puisé ses photos dans plus de 40 années de carrière. Des clichés célèbres comme celui de John Lennon et Yoko Ono enlacés dans une dernière étreinte côtoient des portraits rarement publiés, parfois même inédits. Ses photos sont à la fois intimes et iconiques. Souvent imitée mais jamais égalée, Leibovitz multiplie les genres dans un style qui n’appartient qu’à elle. Célèbre pour ses portraits de groupe, elle les présente pour la première fois dans un format qui permet de les apprécier à leur juste valeur, la confirmant comme le maître incontesté du genre.
http://www.taschen.com

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À fleur de peau


Le tatouage est-il un art ? C’est la question que pose le quai Branly à Paris du 6 mai 2014 au 18 octobre 2015. Ancré dans l’histoire depuis les Maoris en Nouvelle-Zélande, le tatouage est le « must have » au siècle de l’art éphémère. Que vous songiez à vous faire tatouer ou que vous soyez juste curieux de savoir jusqu’où les autres sont allés, Cette exposition explore l’histoire de cet art dans le monde entier grâce à de nombreux motifs et photographies, des gravures du XIXe siècle au « body art tribal », des femmes de cirque aux motifs préférés des motards du XXe siècle et vous offre un aperçu fascinant de l’art du tatouage. Les maîtres du genre contemporains sont français (Tin-Tin), suisse (Filip Leu), japonais (Horiyoshi III), américain (Jack Rudy), Polynésien (Chimé), à l’évidence, on tatoue partout.
À lire : le livre « 1000 tattoos » de Henk Schiffmacher et Burkhard Riemschneider chez Taschen, qui illustre mille façons d’avoir l’art dans la peau.teaser_ko_25_tattoos_top_1208141638_id_599278
http://www.quaibranly.fr
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Photo/Frédéric Guigue 2014
Pierre Passebon rend hommage à Gérard Drouillet. Son monde est rempli d’une infinité de structures, d’informations, d’événements et de forces sans interaction ni lien entre eux. Un monde illusoire qui regorge de formes, de couleurs opulentes qui nous abusent. Le regard se perd à déchiffrer la toile, le peintre privilégie la spontanéité des formes, tout un univers fantasmagorique libéré par la magie du geste. Gérard Drouillet trouve dans la céramique un prolongement naturel de sa peinture, un besoin de surdimension où la couleur investit les formes et comme le dit Terry de Gunzburg, « ses sculptures, comme tombées de ses toiles, balancent entre compact et légèreté, espièglerie et romantisme noir…Il joue, il nargue, joue à plaire et à déplaire ».
J’ai la chance d’avoir une toile, achetée à Eygalières, d’une force brute que je ne regrette pas.

Du 5 mars au 5 avril
Pierre Passebon Galerie du Passage
20/26 Galerie Véro-Dodat
75001 Paris

Livre :
Gérard Drouillet
Éditions du Regard 2014
Drouillet HD

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Gérard Drouillet peintre et céramiste 1946-2011

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