Biarritz…

Maman, Biarritz, gildalliere
Photo/Gilles Dallière/Espelette

En 2003, nous sommes partis à Biarritz. Quand j’ai pris cette photo, j’avais la conviction que le ciel n’était bleu que par convention, en réalité il était rouge piment. Toi, tu riais dans le remous des vagues à regarder la marée qui fiche le camp. Toute la plage était épuisée. Elle ressemblait à un miroir immense. Arcangue, campo-les-Bains, Guéthary, Espelette, Saint-Jean-de-Luz, San Sebastián, Bilbao et l’exposition Calder au musée Guggenheim, on a tout fait avec passion. Patricia et Laurence s’en souviennent encore. Tu aimais respirer les derniers rayons du soleil du soir avant de se faner dans un sourire embarrassé. Il fallait bien rentrer…

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Biarritz…

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Je barbouille…

Travaux, peinture, l'homme caméléon, gildalliere, Tanger, 2012
Photo/Le barbouilleur/Tanger/Maroc

Mon petit chat, tu aimais la barbouille, mais là, tu as trouvé ton maître. Le garçon s’est surpassé. Avec toi, j’ai fait des voyages, c’est là que je suis devenu ton fils. On a tous plus ou moins mal vécu son roman familial. Aujourd’hui, je suis heureux de tout ce que nous avons partagé. Il y a beaucoup de choses qui se disent moins bien avec la parole. Tu m’as écrit de longues lettres. Tu as pesé tes mots. Loin, très loin de l’avidité, la cupidité, le mensonge, et la rancœur de ces deux derniers mois.

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Je barbouille…

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Tanger.

Tanger, le détroit de Gibraltar, gildalliere, 2012, Maroc
Photo/Gilles Dallière/La médina de Tanger

Sous l’effet d’un vent sec, nous sommes partis à Tanger. Tu aimais les couleurs réactives de la médina qui lentement se fanent au soleil couchant. Ce paysage élargi jusqu’à l’horizon t’a bousculé. Tu t’es accroché au génie architectural de la maison d’Yves Taralon, suspendue dedans-dehors dans les volutes du café Hafa. Tu t’es abandonné chez Geneviève Beaufre dans les délices de la villa Victoria et j’ai eu du mal à vous séparer. Tu as emporté les bleus d’Asilah dans ton cœur. Nous voulions durer. Avoir du temps pour nous. Ce fut un grand moment d’émotion mutuelle, une prière ardente, une ivresse vitale.
Ce qui nous fut offert était-il alors si précieux ?

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Tanger.

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souvenir…

Tunisie, mosquée, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/Tunisie

En 2006, nous sommes partis passer Noël en Tunisie. D’implicites courants traversaient nos propres parois de chair, comme le ferait l’éclaircie d’un feu de Saint-Elme. On tenait à se livrer à nos propres découvertes, seuls, autodidactes en tout. Le vent décidait à notre place et nous marchions tous les deux, pas à pas dans les traces forcément diffuses de tes souvenirs. Une beauté spirituelle nous tenait par la main et cela nous suffisait. Nous restions à notre place, qui n’était de n’en avoir aucune de vraiment définie. Un délice.

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souvenir…

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Ganesh.

Ganesh, Nice, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Paris

Gros, gras, en grès rouge, un Ganesh ventripotent, assis, nous observe du coin de l’œil dans la vitrine d’un antiquaire, rue Antoine Gautier. À cette époque, tu n’envisageais pas ta vieillesse. Tu te moquais allègrement de la mort. J’ai acheté l’éléphant en souvenir de mes séjours indiens. Il a trouvé sa place à Paris. Lui qui est mélangé de terre et de ciel, il n’a pas rendu son âme à Dieu. Il a donné sa langue au petit chat qui n’en a fait qu’une bouchée.

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Ganesh.

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Nature morte.

Anémone 1, Paris, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Paris

Mon petit chat, à la vie et à la mort, je t’offre cette nature morte à la Irving Penn. Une nature morte est ce que dit son nom, déjà morte. Pourtant ces fleurs sont étrangement indifférentes à la vie et à la mort. La frontière entre Matieres vivantes et matières mortes est en suspens.

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Nature morte.

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Dis, quand reviendras-tu ?

Plat aux oiseaux, Campos, Nice, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Plat en céramique signé Campos/Paris

Je n’ai que ce blanc et ce noir enfoui de la céramique pour traiter la lumière. Et puis quelque chose d’autre qui n’est plus sous la garde de ces mots. Ton sourire. Quand j’ai acheté ce plat chez Romain Ginac à Nice, tu étais là, assise, silencieuse et étonnée. Ce que tu n’avais plus avec le corps avait trouvé place dans ton regard. Tu m’as aidé à emballer l’oiseau. Tu t’es inquiété de savoir comment j’allais le transporter à Paris, et quand je repense à ça, c’est comme si un morceau de ma mémoire s’était détaché et flottait au loin sur la mer, si vaste, infinie, d’eau et d’étoiles.

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Dis, quand reviendras-tu ?

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