Cadrage.

Escalier, Frédéric Lebard, Paris, rue Visconti, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière/Paris

Tous les éléments sont à la bonne place. La coupe prend la fixité d’un morceau de terre. Le cheval, inexpressif, est déjà lointain. La porte s’efface dans la lumière. L’escalier apparaît subitement derrière la colonne. Ses marches suspendues, fixent l’objectif de trois-quarts. Sa spirale conserve une immobilité photographique. Clic.

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Cadrage.

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Nice-ville.

Gare de Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/ Gare de Nice-ville

Retour à la case départ. Je quitte ce débordement de ferronnerie, sa verrière laiteuse qui éclaire à peine la fluorescence des TGV argentés, et tous ces Escalators glacés qui décomposent une architecture en apnée. Je retrouve Paris et sa jungle violente, ce cancer de la courtisanerie, cet arrivisme qui n’arrive à rien. Le gris a repris le pouvoir sur les mers du sud.

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Nice-ville.

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Babazouk.

Rue Pairolière, architecture, Vieux Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Rue Pairolière/Nice

En s’enfonçant dans les ruelles, je commence à apercevoir le linge suspendu aux fenêtres. Une prérogative réservée aux habitants de la partie la plus ancienne de la ville italienne. Le soleil n’a pas encore baissé qu’il fait déjà sombre. Je me suis arrêté, longtemps, j’ai cadré la vérité, et quand elle est rentrée dans mon cœur, elle était comme une petite fille qui, entrant dans une pièce, fait aussitôt paraître vieux tout ce qui s’y trouve.

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Babazouk.

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L’automne.

Ocre jaune, vieux Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Rue Neuve/Nice

À l’angle de la rue Neuve et de la rue Pairolière, je cherche la lumière. Là où je suis, il y a de la lumière. J’adore ce coin presque mystique où un débordement d’or tache le vert-de-gris d’une fenêtre obscure. Les gens passent, courent, et la lumière ne les suit pas. Je me sens libre. Le jour se couche encore et encore et annule chaque soir tout ce que l’on croit savoir de moi, et je me sens plus léger que l’ombre des feuilles qui pointent l’automne.

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L’automne.

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À Garibaldi.

Eglise Saint Martin Saint Augustin, Nice gildalliere, 2019 L1016465-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière/Eglise Saint-Martin_Saint_Augustin/Nice

Dans la lumière, des grappes de touristes descendent les rues de la Vila-Vielha, mais personne ne vient s’accrocher aux lignes architecturées de l’église Saint-Martin-Saint-Augustin. Pour la grande histoire, c’est ici qu’on a baptisé Garibaldi. Sur la façade revêtue d’un enduit à la chaux, se déploie la palette des tons chauds, jaunes mats, ocres nuancés où Siennes brûlés, rehaussés de lignes géométriques, de corniches, de bandeaux et autres décors. Son style baroque, se sert du ciel comme d’un miroir de poche.

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À Garibaldi.

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L’ombre et la lumière.

L'ombre et la lumière, Niki de Saint Phalle, Centre d'art la Malmaison, Cannes, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Niki de Saint Phalle/Ombre et lumière/La Malmaison/Cannes

“À travers les images, je piétine mon père, je l’humilie de toute mes forces et je le tue”.
Ce qu’une femme a fait, seule une femme peut le défaire.
De l’une venait toute consolation, (Jackie, 1965).
De l’autre, en arrière-plan, vient l’inconsolable, (Daddy : Crucifix, 1972).
À Cannes, la Malmaison et la Villa Domergue mettent en lumière les tourments de Niki de Saint Phalle. C’est l’amer et le suave. Deux gestes dans le même geste. Celui qui enfonce son couteau aux jointures, et celui qui croise la laine sur le tissu. Une main de brute pour saisir l’immense, une main de fée pour saisir l’infime.
C’est l’ombre et la lumière.

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L’ombre et la lumière.

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Le sommet de la vie.

La terrasse de la Villa Kérylos, Beaulieu sur mer, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa Kérylos/Beaulieu sur mer

J’écoute les assauts de l’eau contre le dogme pierreux de la villa Kérylos. J’ai levé la tête sur les lignes géométriques de la terrasse. Le sommet de la vie, serré dans une page bleue azur, fermée sous les reproches du soleil. J’aime qu’il y ait de l’air dans une page. Je la marge pour sentir le grand large. Le sommet de la vie, veux-tu que je te dise ce que c’est ? C’est écrire une lettre d’amour, sentir le feutre appuyer sur le papier, et voir le papier s’ouvrir à un jour plus grand que le jour.

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Le sommet de la vie.

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