La bière qui roule…

Abandon, Nice, 2017-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

T’as pris la vie du bon côté sur le trône de la planète foot et tu rêves de te voir imprimé en bleu blanc rouge sur le papier de tes envies numérisées. Tous ces cris de la rue, tous ces trucs c’est ton style. Quand tu t’y mets c’est pour la nuit. Le premier match France/Australie te fait jouer des coudes avec des pintes et des demis ; la bière qui roule n’amasse pas mousse. On a gagné in extremis 2-1. Mais réveille toi car aujourd’hui l’Allemagne écrase le Mexique. L’amer à boire t’a rétamé au creux d’un lit improvisé sur les galets que t’as semé. Tu mets ton vague à l’âme à marée basse sur le marché du petit matin, recroquevillé sur le bagage de ta nuit déchargée. À la lumière blanche et crue, tu ne fais plus gaffe aux inconnus qui tournent autour de tes yeux bleus. Au yeux du monde t’as l’air out.

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La bière qui roule…

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Tout fout le camp

Le Negresco, Nice, 2018
Photo/Gilles Dalliere

Que reste-t’il de la Côte d’Azur chère à Stéphen Liégeard ?
Que reste-t’il de la French Riviera ?
Que reste-t’il de la douceur du climat ?
La beauté des paysages du château d’If jusqu’au palais de Gênes est-elle toujours aussi chaude et saturée ?
Il ne flotte plus ce parfum d’oranger.
Il ne souffle plus ce vent de fraîcheur et d’insouciance au pays de la mer bleue, du soleil et des fleurs.
Et même ce bleu du ciel et de la mer, ce bleu d’azur s’est grisé de l’incivilité des femmes et des hommes d’aujourd’hui.
Nice reste la capitale d’hiver de cet infini troublé, sa promenade reste défigurée à vie par la folie d’un homme et le Negresco, unique et intemporel, échoué au beau milieu des galets de la baie des Démons reste une extravagance de vieille dame, servie sur un plateau d’argent.
Aujourd’hui, les reines, les rois, les artistes, les créateurs de mode, les acteurs, ne s’y amusent plus comme au temps des années folles.
Que reste-t’il de ce subtil équilibre entre élégance et décontraction ?

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Tout fout le camp

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Le pélican protecteur

Villa Gloria Mansion,Nice, gildalliere,2018
Photo/Gilles Dallière
À Nice, le Gloria Mansion construit en 1932 par les architectes arméniens Garabed Hovnanian et Kevork Arsenian a vaincu la pollution et renaît de sa blancheur originelle. Lassé d’un long voyage le couple de pélicans se fige à l’entrée de l’immeuble dont il est le gardien. Cet oiseau grégaire, symbole de l’amour paternel, se transperce le cœur pour nourrir les petits de son sang ; c’est la raison pour laquelle l’iconographie chrétienne en fait le symbole du Christ. Pêcheur mélancolique, il s’offre en saillie sur le béton fleuri du haut-relief. Sauvage et impassible, il s’impose majestueusement. Le pélican sculpté ouvre son aile au vent de la Méditerranée pour avertir le visiteur de regarder droit devant.

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Le pélican protecteur

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L’Elevador de Santa Justa

Ascenseur de Santa Justa, Lisbonne, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Entre le ciel et la mer tu me transportes à la surface de la vie. Elle grouille dans tes poumons d’acier et le désordre de tes câbles. De la Baixa au Chiado, tes ornements mathématiques frissonnent à 360 degrés. Tous ces cris de la rue, ces ombres qui courent, ces bruits qui résonnent, s’agrippent à ta couronne pour écouter la mélodie qui s’élève de la poussière du ciel. Tu restes au cœur de Lisbonne la figure de proue qui au son d’une guitare acoustique rend le Fado plus vivant. La pluie et tant et plus, t’ont marqué, toi, le voilier sans voiles, le quai que tu as déserté a reçu bien des marées nouvelles. Dans le brouillard d’une intuition, dans tout ce gris, aucune amarre ne te retient, ton regard se fixe sur la rivière et tu portes dans l’air glacé la course vive des varinas.

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Au fil d’une vie

encriers chinois, Birmanie, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Il faut savoir regarder les choses en face, j’ai hérité de la passion des objets. Je ne sais toujours pas de qui je tiens cette passion, en tout cas ni de maman, ni de papa. Comprenez moi bien, je tombe amoureux des objets et j’ai une dévorante ivresse pour la céramique. Elle est là depuis toujours comme une référence esthétique qui me donne un sentiment de tranquillité. J’aime ses formes, sa matière, ses couleurs. Les gens ne savent plus voir ni entendre et il faut apprendre à regarder. Apprendre à regarder c’est apprendre à trouver. Dans chaque biscuit découvert il y a une histoire, un message, l’objet doit trouver sa place et même si je suis pour l’ordre je suis aussi ouvert à l’imprévu. C’est une histoire d’amour, la plus belle et parfois je la quitte et j’aime en faire don à qui me laisse à penser qu’ils les aimeraient tout autant que moi.

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La pâleur du plâtre

De Uil, Belgique, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Le ciel flamand est chargé de nuages comme une menace et les murs de l’atelier sont fermés sur la pâleur des plâtres de la statue équestre d’Albert 1er. Avec le vent d’Ouest, dans le noir en plein jour, la poussière voile la sculpture qui s’enterre en silence devant le temps qui cogne à la porte. La lumière tombe au bon endroit et le cheval prend vie. Je pointe mon œil sur ce coin de réel. La porte aux souvenirs s’ouvre et je glisse sur le morceau du temps où Karel Aubroeck façonnait le bronze du roi des belges.

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La pâleur du plâtre

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Numa

Numa, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Est-il quelque chose qui pourrait lui ôter l’espoir d’être un jour en lui ?
Est-ce la pudeur de son regard qui se mêle à l’impudeur?
Est-il hors-champ pour ne pas dévoiler son autre réalité ?
Il n’y a pas de pays du bonheur, il n’y a qu’un voyage : l’unique. Il est assis là, sur le bord gauche de la chaise, cynique et doux, brutal et émouvant, odieux et bouleversant, déchaîné et cependant si juste qu’il s’accorde à l’instant, à la seule source de lumière. Même si il pleut, l’envie de rehausser ce cliché noir et blanc de couleur dévoile son autre réalité : celle du rire. Et c’est son rire qui flotte comme un voile transparent sur lui.

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Numa

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