Céramique

La photographie…

Photo/Gilles Dallière/Paris

Ce jour là, il faisait 38 degrés. Cette photographie est la première photographie prise avec le Leica M 10 R, une merveille de technologie, de sensibilité, de précision. Cette photographie, c’est un escalier, celui que je descends quand je sors de chez le dentiste, mais c’est aussi un temps, une figure géométrique intérieure qui se pose à un moment donné, une tension, et il faut la dissoudre pour obtenir la fluidité. Cette photographie, c’est une lumière qui vient m’asticoter l’enthousiasme. C’est surtout un travail de solitaire.

Par défaut

Jeux d’ocres…

le palais Laascaris, Nice, gildalliere, 2016

le palais Lascaris, Nice, gildalliere, 2016


Photo/Gilles Dallière/Palais Lascaris/Nice

Dans ce palais pittoresque, perdu au cœur du vieux-Nice, les dissonantes et âpres notes baroques nous mènent dès l’entrée à l’escalier monumental. Entourés d’arcades de marbre, de trompe l’œil et de statues, les murs aquarellés d’ocre rose répandent un jour mystérieux qui invite à la méditation. Et même si les pierres s’étiolent distillant un charme fugace, c’est un bijou de grand seigneur italien.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/voyage

Jeux d’ocres…

Image

Madame de…

Les moulures d'un salon orienté, gildalliere, Paris,2018

Les moulures d’un salon orienté, gildalliere, Paris,2018


Photo/Gilles Dallière/Richard Alcock/Paris

Au XVIIe siècle, ce qui faisait la différence entre une femme et une précieuse, c’était l’esprit, et que pour porter ce nom, il était absolument nécessaire qu’une personne en ait, ou affecte de paraître en avoir. J’aime l’idée qu’elle pourrait faire salon dans cette pièce aux murs patinés gris perle, encadrés par de fines baguettes d’or. Elle s’allongerait sur cette dormeuse en velours violine, posée là, sur un épais tapis à grandes rosaces. En face, sur la cheminée, deux bergers de Watteau se conteraient fleurette au-dessus d’une pendule rocaille aux côtés de laquelle deux amours bouffis supporteraient une touffe de lis disposée en candélabre. Il y a surtout ce meuble syrien marquetté de nacre qui s’impose. Tout cela est un peu futile, peut-être, mais de bon ton, et l’absence de ces petits riens coûteux qu’on nomme bibelots, prouve que Madame de, est une femme de goût.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

Madame de…

Image

Guillemets…

L'étagère, Cythère, gildalliere, 2013

L’étagère, Cythère, gildalliere, 2013


Photo/Gilles Dallière/Cythère/Grèce

Un rayon de soleil enrichit le regard. Il dessine, précise, embellit une architecture brutaliste et authentique. Entre le monde et moi, je mets de temps en temps des guillemets, et je ne permets pas au monde de les franchir. Mais, de temps à autre, j’aime découvrir un bel objet, le reconnaître et, ouvrir la parenthèse m’inspire.

Céramique, Clichés/architecture, Clichés/collection, Clichés/décoration, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Guillemets…

Image

Le muscle et l’effort…

Terrassier au travail, Alfred Boucher, 1850-1934, le muscle et l'effort, gildalliere, musée Galliera, Paris, été 2020
Photo/Gilles Dallière/Terrassier au travail, Alfred Boucher, 1850-1934, le muscle et l’effort/Musée Galliera/Paris

Un homme nu émerge d’un bloc de marbre sculpté par Alfred Boucher. Une conversation étonnante entre la duchesse de Galliera et le terrassier au travail. Avec son décor nouvellement restauré la coquette est consciente de son élégance citadine devant ce nu idéal, ce corps au travail qui nous convie à rebrousser le temps. On ne reste pas indifférent face à l’homo-érotisme du terrassier. Alfred Boucher met en avant la musculature du corps. Les veines saillantes attirent l’attention sur l’effort fourni, les mollets sont frappants de précision, le sexe est dévoilé, et le visage hiératique semble montrer que rien ne détournera l’homme de sa besogne jusqu’au mouvement de la pelle qui se courbe sous l’effort. À la faveur de sa réouverture le 1er octobre, le palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, présente la première rétrospective en France d’une couturière hors-normes : Gabrielle Chanel.

Clichés/architecture, Clichés/collection, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

Le muscle et l’effort…

Image

La belle époque…

Escalier, 1900, 29 boulevard des Batignoles, Paris, gildalliere, 2020

Escalier, 1900, 29 boulevard des Batignoles, Paris, gildalliere, 2020


Photo/Gilles Dallière/Boulevard des Batignolles

C’est sous les larges bords de pierre que la lumière de l’ombre entre en scène. Dans cet escalier du Paris des années folles, je promène mon regard sur les volutes de fer forgé qui voilent la clarté d’un ciel à la poursuite des nuages. Je frôle l’étrange, le paradoxe, l’inquiétant. J’invente des histoires de personnages naviguant dans l’océan des nuances de gris. La ligne est limpide, directe, libre. Elle module les tentions d’une ronde d’iris noirs qui se croisent, se chevauchent, se contredisent pour mieux souligner le style de la belle époque.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

La belle époque…

Image

Les herbes folles…

Les serres, gildallière, 2020, Tanneron
Photo/Gilles Dallière

J’ai cherché la lumière de l’ombre de chaque brin d’herbe folle accroché à la serre. Le soleil s’appuie sur le vitrail cintré. La poussière soulevée par les verres cassés retombe dans la rumeur assoupie du jour. C’est l’heure chaude où l’herbier sauvage s’accroche, se tord, s’effiloche, s’offre un peu de repos, repart droit au ciel, se précipite, s’allonge, étale ses végétations entre les minces colonnettes de fer, dans toute la solitude du monde.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Les herbes folles…

Image

La lumière de l’ombre…

Le passage, Villa Domergue, Cannes, gildalliere,  2019

Le passage, Villa Domergue, Cannes, gildalliere, 2019


Photo/Gilles Dallière/Cannes

J’ai secrètement pressé la télécommande de la vie sur pause. Le temps s’est arrêté. Dans ce monde devenu tout à coup immobile, j’ai vu l’essence de la beauté. La lumière offre ses mains tendues. Elle glisse sans fin le long des parois éternelles. Elle est là, devant moi, fragile. Elle éclabousse les blancs pilastres qui soutiennent la petite ombre qui me dépasse. La contempler ainsi, dans sa nudité, assouvit un désir de sacré qui, dans le même temps, se révèle inextinguible.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

La lumière de l’ombre…

Image

À fleur de peau…

La lumière de l'ombre, Cathédrale, Antibes, gildalliere, 2018

La lumière de l’ombre, Cathédrale, Antibes, gildalliere, 2018


Photo/Gilles Dallière/Antibes

Devant mon objectif, il y a le silence. Le silence d’une cathédrale qui ne déborde pas d’ors ni de stucs. Dans cette pénombre, je ressens une timidité semblable à celle qu’inspirent les cultes inconnus. Je me pose, j’écoute, je prends de la distance, j’observe, je m’inscris exactement dans le champ du baptistère à la limite de la ligne de démarcation entre l’ombre et la lumière. Face à moi cohabitent la gloire et l’humilité, le sublime et le dérisoire : la vie.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

À fleur de peau…

Image

Dieu seul le sait…

Église Notre Dame du Port, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Nice

Notre Dame du Port laisse sa trace dans le paysage architectural de Nice. Dieu seul le sait ; elle est belle comme l’antique. Un seul trait sur l’azur du ciel et le fond outremer du bassin Lympia. Un fronton, un portique et des vagues de chapiteaux, de colonnes, de frises, de rinceaux et de festons, cadrent la perspective s’inspirant du style palladien. Les courbes sont abandonnées. Le clou du spectacle : une façade élancée dont l’ornementation est empruntée au vocabulaire néoclassique. Elle a su épouser la révolution, illustrer le Directoire et le Consulat et offrir son décor à l’Empire. Du bout de la digue, dans l’étroitesse du bassin, il y a de l’immensité.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Dieu seul le sait…

Image