Les mémoires d’Hadrien…

Antinous dit Antinous d’Ecouen, favori de l’empereur romain Hadrien, copie du 18e siècle, musée du Louvre, Paris, gildalliere, 2021

« L’amour, le plus sage des dieux… Mais l’amour n’était pas responsable de cette négligence, de ces duretés, de cette indifférence mêlée à la passion comme le sable à l’or charrié par un fleuve, de ce grossier aveuglement d’homme trop heureux, et qui vieillit. Avais-je pu être si épaissement satisfait ? Antinoüs était mort. Loin d’aimer trop, comme sans doute Servianus à ce moment le prétendait à Rome, je n’avais pas assez aimé pour obliger cet enfant à vivre. »
Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien, « Saeculum aureum », 1951 Éditions Gallimard.

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Les mémoires d’Hadrien …

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Antinoüs Mondragone…

Portrait d’Antinous Mondragone, marbre, antiquités, Rome, 100 av. J.-C. -_500 ap. J.-C., musée du Louvre, Paris, gildalliere, 2021

Hier après-midi, j’ai fait la connaissance d’Antinoüs Mondragone au Louvre. Il n’a que seize ans. Sa tête s’incline en avant sous le poids de sa chevelure nocturne. Son visage est large, l’allongement de ses paupières fait paraître ses yeux obliques. Il se caractérise par sa crédulité et son ignorance. Face à moi, son attribut premier est sa beauté…Autour de moi, le silence…Antinoüs, idéaliste et exalté est mort. Il s’est suicidé à vingt ans par amour pour l’empereur Hadrien qui ne connaissait que le désir et son assouvissement. Hadrien, mal à l’aise devant la force du sentiment de son jeune amant le blesse moralement et physiquement. Éperdument malheureux il transformera cet amour en œuvre d’art n’ayant pas le droit de déprécier le singulier chef-d’œuvre que fut son départ.

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Antinoüs Mondragone…

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Sur les traces d’un passé glorieux…

Détail des portes des salons d’honneur de l’Hôtel de la Marine, Paris, gildalliere, 2021

Le blanc et l’or dominent sur les lambris des salons de réception de l’Hôtel de la Marine. Le vert émeraude des damas s’impose contre les tons pastels et les motifs fleuris dans l’ameublement des appartements du XVIIIe siècle. La redécouverte des formes antiques encourage la multiplication des pilastres cannelés, des chambranles surchargés, des trépieds, des cassolettes, vases à la grecque ou amours pompéiens. Tout ici donne à voir le cadre d’une société brillante. Les glands réalisés par les ateliers de passementerie Declercq sont ici tissés d’or et encadrés de lumière. 

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Sur les traces d’un passé glorieux…

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L’ambassade du XVIIIe siècle…

L’escalier d’honneur de l’Hôtel de la Marine, Paris, gildalliere, 2021

L’Hôtel de la Marine a été construit entre 1757 et 1774 sur les plans de Jacques-Ange Gabriel, premier architecte du roi Louis XV. Les décorateurs, Joseph Achkar et Michel Charrière, ambassadeurs du siècle des lumières, lèvent le voile sur ce chantier hors norme où le décor s’exprime en majesté. Ils sont allés dans le sens du lieu que Pierre-Élisabeth Fontanieu, intendant du Garde Meuble en fait : le premier musée des Arts décoratifs de France, où toute l’Europe se déplace pour venir voir les collections du roi. L’escalier d’honneur est une prouesse architecturale. En effet, les poussées sont rejetées sur les murs d’appui donnant sur la place de la Concorde et le passage de l’Horloge.

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L’ambassade du XVIIIe siècle…

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Le musée des études…

cour du Palais des études, École des Beaux-arts, Paris, gildalliere, 2021

Le musée des études de l’école des beaux-arts de Paris est l’aboutissement d’un projet élaboré par Félix Duban pendant des décennies et que la couverture vitrée de la cour centrale, sous la direction de son successeur, Ernest Coquart, permet d’achever. La cour affiche une forme de solidité et de mystère. Solitude hiératique, sur fond d’horizon onirique. Elle semble oubliée telle une belle endormie. Sa taille monumentale appelle vers le ciel les moulages issus des collections de l’académie depuis des siècles.

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Les années troubles…

Détail, Palais Galliera, musée, Chanel, Paris, gildalliere, 2021

Pour honorer l’incontestable icône du chic français, le Palais Galliera s’est refait une beauté. Un tel choix s’imposait puisque la maison Chanel a financé l’agrandissement du musée de la Mode de la Ville de Paris. Une rénovation de fond en comble pour rendre hommage à une robe droite, un cardigan, une marinière, un sac matelassé, une paire d’escarpins bicolores et des tailleurs en veux-tu en voilà. On y ajoute des bijoux fantaisie à porter sur une seule couleur : le noir. D’ailleurs tout est noir, la scénographie, l’histoire, sauf l’espace consacré au parfum ; le cinquième bien-sûr qui ne sent ni la rose ni le jasmin mais dont toutes les femmes du monde entier s’aspergent. « Gabrielle Chanel. Manifeste de mode » est une invitation à découvrir le style et l’élégance.

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Les années troubles…

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Rêve de luxe…

Dior sur les Champs-Elysées, Paris, gildalliere, 2021

Dans le royaume des rêves, le monde du luxe est une façade en trompe-l’œil. Une fresque poétique de toiles blanches, célébrant le savoir-faire des ateliers de la maison Dior. La marque de luxe allie l’audace, l’excellence et la virtuosité architecturale face à l’orage qui gronde sur les Champs-Élysées.

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Rêve de luxe…

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Révolution de palais…

Les escaliers du musée Carnavalet, 2ème étage, Paris, gildalliere, 2021

Au nouveau musée Carnavalet, modernité oblige. En partenariat avec le cabinet norvégien Snøhetta, chargé des rapports contemporains, d’impressionnants escaliers en acier en forme de toboggans font effet d’un seul et unique faisceau reliant les différents espaces d’expositions entre eux. C’est un musée conçu comme un décor, c’est le théâtre de l’histoire de Paris.

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L’histoire de Paris…

L’escalier d’honneur du musée Carnavalet, musée de l’histoire de Paris, gildalliere, 2021

Le nouveau musée Carnavalet relève le défi de raconter l’histoire de Paris sur 3900 m2. Pensé comme un voyage authentique dans le passé et le présent de la capitale, le nouveau parcours construit pour la première fois selon un fil chronologique continu, dévoile sur quatre niveaux ses plus grands trésors historiques, de la préhistoire à nos jours.

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L’histoire de Paris…

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L’art est-il immortel ?

Instalation, Rotonde, Bourse de Commerce, Urs Fischer, cire, pigment, mèches, acier, collection Pinault, Paris, gildalliere, 2021


Dans cette mise en scène de Urs Fischer, une réplique de chaise de bureau, un homme debout et une copie grandeur nature de l’Enlèvement des Sabines de Jean de Bologne (XVIe s), l’art se décompose. La lente déliquescence de la cire exprime avec force la condition putrescible du biologique et dit ici quelque chose de la finitude même des civilisations. Doucement, graduellement, l’homme s’affaisse et s’effondre. Il ne restera à la fin de l’exposition qu’une traînée de cire. Le regard se perd dans la projection des ombres de la coupole, et les œuvres sombrent.

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L’art est-il immortel ?

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