Décrépitude de l’instant…

Les vestiges de la rue de Hauteville, Paris, gildalliere, 2021

Au fond de la cour d’un immeuble de la rue de Hauteville, je me suis souvenu de ces jours délicieux où mon amour à ton cœur savait se faire entendre. Tout a changé, et aujourd’hui, sous ce porche, tu n’as plus rien à dire et tu m’arrêtes avec un froid sourire, coincé au creux de ton alcôve. Il fut un temps, où dans cet escalier, j’y trouvais cette molle langueur, ce tendre feu que le désir fait naître. Les murs sont décrépis, la lumière est blafarde, la main courante fait défaut, tout est changé, tout, excepté mon amour.

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Décrépitude de l’instant…

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La poubelle ville du monde…

Désolation, saleté, drogue, au pied de la basilique du Sacré-Coeur, rue Briquet, Paris, gildalliere, 2021

En me promenant au pied de la butte Montmartre, j’ai été extrêmement choqué par la saleté et les détritus qui jonchent le quartier autour de la rue Briquet. Entre le boulevard de Rochechouart et la rue d’Orsel, 76 mètres de graffitis, de poubelles renversées, d’odeurs d’urine et de merde, servent d’écrin à la basilique du Sacré-Coeur. Les ordures encombrent les pavés. À l’évidence, Paris est sale. La saleté de notre capitale est déplorable et le constat est unanime, la seule qui a encore besoin de s’en convaincre est la Maire de Paris elle-même. Pourtant, nul ne saurait gouverner en se pinçant le nez, mais encore faut-il accepter d’ouvrir les yeux pour s’en convaincre. Anne Hidalgo a beau désigner de nouveaux boucs émissaires de la saleté, ce sont bel et bien ses choix politiques et la mauvaise gestion de ses services qui ont fait de Paris la « poubelle ville du monde ».

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La poubelle ville du monde…

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Passage Choiseul…

Réflexion sur le passage de Choiseul, Paris, gildalliere, 2021

Nés au tout début du dix-neuvième siècle, les passages couverts ont proliféré jusqu’en 1850, époque où ils présentaient une série de prouesses architecturales comme la construction en fer et en verre nécessaires à l’édification de leur élément fondamental, la verrière. La nouveauté urbaine constituée par la possibilité de se déplacer à pied sec dans un Paris inondé de boue, l’innovation de l’éclairage au gaz en contraste avec les rues sombres, allait de pair avec une nouvelle définition de la ville, dont les passages étaient le joyau et la miniature. Luxe, richesse, éclairage, étalages, miroirs : la foule s’y donnait à elle-même en spectacle. Contemporains de la flânerie et du dandysme, conceptions tout autant sociales que culturelles, ils incarnaient aussi l’avènement du commerce élevé au rang d’art. Aujourd’hui, Passage Choiseul tout ça a bien changé.

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Passage Choiseul…

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Le sourire du bouddha…

Bouddha de Manuha,Bagan, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Le kitschissime et gigantesque bouddha de Manuha est serré dans ses murs, coincé. Il rêve, les yeux grand ouverts, de s’évader entre les deux pages d’un livre, sur tant de feuilles déjà noircies, et sur ces feuilles toutes blanches qui ne seront jamais écrites que dans les songes d’un roi, dernier souverain du royaume de Thaton, monté sur le trône entre 1030 et 1057. À l’heure où les matins diaphanes se déplient, il faut monter haut, très haut dans le temple pour apercevoir par la fenêtre de sa chambre, son sourire et sa lumière comme de l’or sur ses paupières roses. S’il pense, je l’entends. S’il bouge, mon cœur bat. S’il parle, je respire l’air qui entoure sa poitrine, et si seulement il me touche, je deviens transparent.

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Le sourire du bouddha…

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L’éveil…

Bouddha du temple de Htilominlo, Bagan, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Dans le temple de Htilominlo, le dernier des grands temples bouddhiques de Bagan, édifié entre 1211 et 1218 par le roi Nantaungmya pour commémorer le fait qu’un parasol, symbole du pouvoir, se serait incliné devant lui au cours de son intronisation, plus haut encore, juste sous le dernier étage à quarante-six mètres de haut, il y a quatre bouddhas, quatre recueillements immatériels. Des êtres dépourvus de corps dont la durée de vie est si vertigineuse qu’on se croit tout petit. Je me laisse envahir par la paix quand le soleil darde ses premiers rayons. Je me sens heureux. J’ai compris qu’aucun rite, aucun sacrifice, aucune cérémonie, aucune prière ne remplacera l’effort personnel.

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L’éveil…

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Aux sources de l’Irrawaddy…

Aux sources de l’Irrawaddy, Pagan, Bateaux de croisière, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Le fleuve, l’immensité de ce fleuve, la certitude tranquille de sa course vers l’embouchure. Pour le marinier qui en épie sans cesse la surface, prêt à lire au moindre tourbillon le danger qui pointe, il n’est qu’une suite de pièges avec lesquels ruser. Pour le paysan qui pousse sa charrue dans le champ qu’irrigue l’Irrawaddy, pour le pêcheur penché sur ses filets, pour le forestier qui remorque un train de teck long comme une île, pour le chercheur d’or, les yeux rivés à son tamis, il est simplement un moyen de subsistance, la source de la vie quotidienne.

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Aux sources de l’Irrawaddy…

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Inspiration originelle…

Inspiration originelle, Anvers, Belgique, Boris Vervoordt, gildalliere, 2006

« Laisser une chose incomplète la rend intéressante et procure le sentiment qu’il reste de la place pour son développement ».
Yoshida Kenzo (1283-1350), extrait du Tsurezuregusa, « Les heures oisives ». Ici, une beauté indescriptible exsude des murs et dans la lumière diffuse, j’apprécie l’usage récurrent de l’ombre. Les imperfections y prennent une importance toute particulière, la cheminée impose sa renaissance, le mobilier résiste aux tendances. La maison de Boris Vervoordt résonne d’une harmonie discrète en plein cœur du quartier historique d’Anvers : le Vlaeykensgang.

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Le vide culturel…

La nef du musée des Arts Décoratifs, Paris, gildalliere, 2020

Je n’arrive pas à comprendre qu’on n’ait pas pu, ou su, aménager en faveur des musées des dispositions qui auraient évité leur fermeture. Dans le fond, on ne considère pas la vie culturelle comme une priorité forte qu’il faut, autant que possible, savoir préserver. Alors on se précipite dans les grandes surfaces. On dévalise les stocks de papier cul. Et il reste le vide, un jeu de transparence forcé, une mise en scène du rien. Et dans ce désert culturel, il faut aussi dire la beauté sidérante et folle de l’architecture. Ici, dans la nef du MAD, tout est composé avec la même écriture : linéaire, précise, monumentale et musicale. Il ne faut pas sous-estimer à quel point l’ouverture d’un musée relève d’un mécanisme professionnel très complexe. Le cas est unique et le temple de l’art décoratif est fossilisé dans un avenir incertain.

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L’atelier du sculpteur…

Antoine Bourdelle, le centaure mourant, l’atelier, Paris, gildalliere, 2020

Ce centaure passe des heures à mourir dans la communion parfaite des lumières et des contrastes de l’atelier d’Antoine Bourdelle. L’homme-cheval, rongé de douleurs parce qu’il est immortel, obtint finalement du sculpteur de mourir dans l’enceinte du théâtre des Champs-Élysées. Il meurt sans plainte ni faux-semblants, sans voyeurisme non plus, la tête posée sur son épaule. Jérôme Godeau écrit : « Si les frisons de la robe, l’ondulation des flancs sont d’un modelé sensuel, l’allongement de la taille, l’envasement du torse, l’étirement de la ligne du bras et du cou s’inscrivent dans la perfection d’une figure géométrique ». Très haut, il tutoie les étoiles, les sabots profondément ancrés dans son socle de plâtre.

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L’atelier du sculpteur…

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L’alignement…

Angle rue Fabert rue de l’université, Paris, gildalliere, 2020

Cette allée de tilleuls sur l’esplanade des Invalides représente une écriture sensible et personnelle, une invitation au voyage et à la contemplation. Un instant fragile et suspendu dans lequel le temps semble s’être arrêté. Les arbres deviennent des monuments au sens où ils évoquent la mémoire urbaine. Ici, l’arbre contribue à forger l’identité des citadins en marquant leur espace de vie.

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L’alignement…

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