Le muscle et l’effort…

Terrassier au travail, Alfred Boucher, 1850-1934, le muscle et l'effort, gildalliere, musée Galliera, Paris, été 2020
Photo/Gilles Dallière/Terrassier au travail, Alfred Boucher, 1850-1934, le muscle et l’effort/Musée Galliera/Paris

Un homme nu émerge d’un bloc de marbre sculpté par Alfred Boucher. Une conversation étonnante entre la duchesse de Galliera et le terrassier au travail. Avec son décor nouvellement restauré la coquette est consciente de son élégance citadine devant ce nu idéal, ce corps au travail qui nous convie à rebrousser le temps. On ne reste pas indifférent face à l’homo-érotisme du terrassier. Alfred Boucher met en avant la musculature du corps. Les veines saillantes attirent l’attention sur l’effort fourni, les mollets sont frappants de précision, le sexe est dévoilé, et le visage hiératique semble montrer que rien ne détournera l’homme de sa besogne jusqu’au mouvement de la pelle qui se courbe sous l’effort. À la faveur de sa réouverture le 1er octobre, le palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, présente la première rétrospective en France d’une couturière hors-normes : Gabrielle Chanel.

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Le muscle et l’effort…

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Les éclats de Délos…

Léto Delos, Grèce, gildalliere, 2007

Léto Delos, Grèce, gildalliere, 2007


Photo/Gilles Dallière/Delos/Grèce

La lumière du ciel, le vent dans les arbres, les ombres sur la mer : je perçois Les échos de l’héraldique antique. Létò, mère d’Apollon, tu es frappée de vent, traversée de lumière, carapaçonnée d’affleurements. Tu portes des vêtements divins, parfumés de l’odeur des herbes brûlées par le soleil. Tu ne peux plus relever la tête, mais ton col est environné des éclats de Délos.

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Les éclats de Délos…

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La pose…

Castro nu masculin exposition, Folegandros, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière/L’atelier/Folegandros/Grèce

Il y a des jours comme ça où il y a un homme, nu, immobile, figé. Dehors, le ciel est immense, si vivant. À l’intérieur, dans une atmosphère silencieuse, méditative et feutrée, la nudité donne de la puissance. Sans un murmure il offre l’indicible perfection de ses muscles, de son sexe, aux crayons, aux fusains, aux pinceaux et pastels. Il bouge le moins possible et il y a si peu de vie entre l’homme et l’artiste que le moindre écart peut tout faire basculer. La pose terminée, le jeune homme s’étire, se dégourdit, regarde ma peinture, se réjouit, s’élance et disparaît. Voilà. Le manque s’efface, s’écarte, s’éteint et l’air se met à circuler.

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Un monde révolu ?

La plage, Massimo Vitali, Trouville, gildallière, 2017
Photo/Gilles Dallière/Trouville sur mer

Je suis là depuis un moment à regarder la plage déserte. La vue est comme un décor de théâtre, deux caps délimitent l’anse et ferment la plage de sable blond. Le soleil emmagasiné dans la fenêtre du salon se reflète sur celle bondée de la photo de Massimo Vitali. Un monde qui, aujourd’hui, devrait être révolu. Doit-on se perdre dans cette foule ? Ne plus savoir où l’on est ? Se retrouver bloqué dans une image et s’agacer ? Ne plus trouver son chemin et se désespérer ? Non, le voyage mérite d’être réfléchi. Il doit être une expérience rare, particulière, de la pensée et du corps.

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L’oeuvre au noir en face à face…

Balenciaga et Alaïa, Galerie Azzedine Alaïa, gildalliere, été, 2020
Photo/Gilles Dallière/Alaïa Balenciaga/Galerie Azzedine Alaïa

L’élégance des silhouettes disparaît dans la blancheur de la scénographie. Elle témoigne du présent pour mieux récupérer le passé. La première robe est signée Cristóbal Balenciaga et date de 1954, l’autre est une pièce haute couture Azzedine Alaïa, datée de 2003. Dans ce face à face entre les deux plus grands maîtres de la coupe et du volume, on cherche la beauté, la perfection formelle, l’abstraction des lignes, alors le corps de la femme s’allonge, se moule, se drape, l’ombre des quatre-vingt modèles exposés n’est pas seulement tridimensionnelle, elle est quadridimensionnelle dans la mesure où le scénographe y introduit l’élément du temps. Par temps, je veux dire mouvement, rythme, le mouvement illusoire qui est perçu par l’intermédiaire des indications du flux des lignes, de la transparence, et des formes. Soit un demi siècle de mode à voir absolument.

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« Il automne »…

Le miroir aux oiseaux, belgique, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/Belgique

“Il automne”, et pourtant, dans l’atelier de Karel Aubroeck, une fois nettoyé les nuages, j’ai l’œil ébloui, le souffle bloqué devant la luminosité qui agit comme un renouveau sur l’ouverture carrée donnant sur le jardin inspiré du Land Art. Noyé dans tout ce gris, le jeu de lumière s’anime et les couleurs se réactivent dans la réflexion du miroir, œuvre d’art de Günther Förg.

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Jeu de scène…

Le milieu est bleu, Ulla von Brandenburg, installation textile, Palais de Tokio, Paris, gildalliere, été, 2020
Photo/Gilles Dallière/Palais de Tokyo/Paris

La bâche d’Ulla Von Brandenburg est théâtrale, comme une courtisane parée quand elle s’offre aux regards par delà les projections des rayons du soleil. Elle dessine les formes d’histoires imaginaires. Celles, harmonieuses des voiles gonflées par la vie, celles, plus escarpées et dures du cap et de l’écueil. L’homme est à nu devant les couleurs du pampre de l’écume et des éclaires d’une sonorité répétitive. La toile se noie dans l’outre-mer d’une installation percée à vif, plissée à mi-hauteur du bleu d’un ciel changeant.

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La favorite…

La favorite, le jardin des Biehn, Fès, Maroc, 2014
Photo/Gilles Dallière/La favorite:Jardin des Biehn/Fès/Maroc

Au-delà du goût paroxystique de la symétrie, le moucharabieh se colore selon les heures de toute la palette verte que des caresses de lumière peuvent dispenser au gré des transparences du ciel. Je reste confiné derrière l’encadrement rigoureux de ma chambre : « la Favorite ». Dans cette mise en espace, je vois sans être vu, dominant le jardin entre deux cultures, deux histoires, deux langues, deux couleurs de peau, ni blanc ni noir, je passe mon temps à m’inventer des racines, des attaches, et me les fabriquer.

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La quête du calfeutré…

File d'attente, confinement, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Fès:Médina/Maroc

Tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir demeurer confiné dans un appartement. Or, c’est précisément ce qui est requis de plusieurs milliards d’individus aujourd’hui. Non Jacques ce n’est pas une farce. Tu as l’impression de perdre ton temps mais tu n’as pas à discuter, c’est cela l’histoire. Dedans, dehors, on a choisi pour toi. Pour moi, c’est dedans, et si c’est dehors c’est pour faire des courses à un mètre de distance les uns des autres. Il faut se retirer du monde pour mieux le sillonner et le comprendre.

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La quête du calfeutré…

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Tu m’interpelles…

La terrasse, jardin des Biehn, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Le jardin des Biehn/Fès/Maroc

Tu as l’air charnu bel épineux. Tu habilles d’un vert de gris ta beauté pure. Tu te couvres d’un bleuté rare, et te pares d’aiguillons pour cacher tes secrets. Peau nue, tel un ovni végétal qui s’exposerait à la chaleur écrasante de la terre cuite, tu dardes tes pointes comme des rayons pour troubler le soleil de tes épines noires. En rangs serrés, tu te détaches de l’ocre sec. Tu m’interpelles…

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Tu m’interpelles…

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