L’apparition

Kiki Smith, exposition à la monnaie de Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Kiki Smith/11 Conti Monnaie de Paris

Et maintenant, je suis face à l’expression de la jeune fille assise de Kiki Smith. Le palais palpite, flamboie. De chaque recoin s’envolent d’innombrables fantômes de bronze, de plâtre, de verre, de porcelaine. Des corps humains, et la peau comme une frontière fragile avec le monde… Et les pièces continuent de s’ouvrir sur mon passage et de se refermer après moi, et dans la réflexion des alcôves, la jeune fille s’allonge.

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l’apparition.

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Grande ouverte.

Porte ouverte, Belgique, De Uil, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/De Uil/Belgique

J’ai laissé la porte grande ouverte, et pourtant ce matin les températures ont subitement chuté. Elles sont en deuil d’un mois d’octobre idiot. Interminable. Monolithique. Elle m’aide à revenir au monde actuel grâce à des petits gestes usés, des sarments de bois morts qu’on enfourne à feux lents dans l’idiotie de croire que tout doit s’arranger, se rassembler, se resserrer. Repartir une fois encore. Devenir.

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Grande ouverte.

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La fille à la balle.

Sculpture, Karel Aubroeck, Vil, Belgique, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/De Uil/Belgique

J’ai une fragile envie de m’envoler, de sortir de moi, minuscule spectateur de ce jaune de sienne qui imprime les lignes Art-déco de l’atelier « De Uil » : incroyablement beau. « La fille à la balle » de Karel Aubroeck, réverbère le chant mélodique et céleste des hautes-contre mêlé à celui des oiseaux.

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La fille à la balle.

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L’atelier.

L'atelier du sculpteur, gildalliere, Vil, Belgique, 2011
Photo/Gilles Dallière/Belgique/Atelier de Karel Aubrroeck

Ton double, trône sur la table voisine,et son immobilité en repousse la part d’ombre. Il y a tant de formes irrationnelles et d’impuissance à créer, tant de sollicitude à s’en laisser conter, tant de difficultés à aimer. Je sais aujourd’hui qu’il ne faut jamais pactiser avec le diable. Éviter tant qu’on peut les manipulateurs, les culs bénis et les malins. Échapper à la vulgarité et à la cupidité.

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L’atelier.

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Nous les arbres.

Fondation Cartier, Nous les arbres, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Fondation Cartier/Exposition/Nous les arbres/12 juillet-10 novembre 2019

À la Fondation Cartier, je me demande si ma mémoire n’est pas pleine d’arbres et de voyages. À l’étage je trie les livres, les photos, les textes, des piles de choses devenues inertes et innervées et en clapotant sur les toits de tant d’images fugaces, j’entretiens spontanément celle des arbres en mouvement dans cette installation sculpturale et transparente qui, de l’extérieur vers l’intérieur, est d’une étonnante complexité. Un jeu de transposition formelle qui brouille les frontières entre le monde végétal et l’architecture.

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Nous les arbres.

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Bacon en toutes lettres.

Ombre et lumière au centre Pompidou, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Centre Pompidou

Je suis allé voir « Bacon en toutes lettres » au Centre Pompidou, et j’avoue que je suis resté hébété devant ces œuvres impitoyables. Mis à part la palette des couleurs : des roses, des jaunes, des rouges, des oranges, tous encadrés d’or, Bacon tue la mort sous toutes ses formes. La mort du vieillissement, la mort de la violence, du sexe, de la pisse, du sang, de la pourriture du corps. La mort de l’immanence et de l’illusion du temps, la mort de l’absence, la mort de l’oubli. Soixante œuvres majeures dont douze triptyques se perdent dans un labyrinthe douloureux. Ponctuant le parcours, six salles minimales diffusent des extraits de textes puisés dans la bibliothèque de l’artiste. Mathieu Amalric, Carlo Brandt, André Willis, Dominique Reymond, Hippolyte Girardot, et Valérie Dréville, mettent en résonance les mots choisis de Georges Bataille, T.S. Eliot, Joseph Conrad, Eschyle, Friedrich Nietzsche, et Michel Leiris. Ce que l’art nous dit, à la vue de tous ces corps enchevêtrés, c’est qu’il est souffrance. Je me suis réfugié dans l’entre-deux des portes closes du musée pour digérer.

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Bacon en toutes lettres.

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Moderne Maharajah.

Man Ray, Le maharajah et la maharani d’Indore, vers 1927-1930.png
Photo/Man Ray/Le Maharajah et la Maharani d’Indore/1927/MAD Paris

Du 26 septembre 2019 au 12 janvier 2020, le Musée des Arts Décoratifs met à l’honneur l’extraordinaire figure du Maharajah d’Indore, Yeshwant Rao Holkar II. Un homme qui fît le choix d’allier un sens évident de la tradition indienne à l’audace de l’avant-garde européenne. Conquis par la nouveauté, il décide de faire construire avec l’architecte Eckart Muthesius, le projet d’un palais d’un style inédit à Manik Bagh. Brillamment conseillé par Henri-Pierre Roché, il rencontre Jacques Doucet, découvre l’avant-garde artistique parisienne, acquiert ainsi des œuvres de Constantin Brancusi, Jacques-Émile Ruhlmann, Marcel Breuer, René Herbst, Elieen Grey. Il commande des services de table à Jean Puiforcat et au céramiste Jean Luce, de luxueux tapis à Ivan Da Silva Bruhns et se fait portraiturer avec son épouse par le peintre Bernard Boutet de Monvel et Man Ray. Une superbe mise en scène autour d’un mécène des années 1930.

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Moderne Maharajah.

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