L’ATELIER BRANCUSI, UNE OEUVRE À PART ENTIÈRE.

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Photos/Gilles Dallière

Lundi dernier je suis aller à Beaubourg voir la rétrospective sur Pierre Paulin (Cliché : Pierre Paulin, le pouvoir du design). En arrivant sur la « piazza »je suis descendu dans ce jardin qui protège la reproduction de l’atelier parisien de Constantin Brancusi. Dans une douce lumière blanche orchestrée par Renzo Piano, 137 sculptures, 87 socles originaux, 41 dessins, deux peintures, 1600 plaques photographiques de verre et tirages originaux, sa guitare et son poêle sont figés semble t’il pour l’éternité.

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Brancusi est une des figures emblématique de la sculpture moderne du 20e siècle. À sa mort, en 1957, il lègue par testament à l’État français l’ensemble de son atelier au 11 de l’impasse Ronsin dans le 15e arrondissement de Paris. Une œuvre à part entière où les sculptures sont disposées en relation avec l’espace qui les contient. Un corps constitué de cellules qui se génèrent les unes et les autres dans une étroite relation spatiale.

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À la fin de sa vie, il ne se concentrera plus qu’a cette proximité là. Elle devient si essentielle que quand il vend une œuvre, il la remplace par son tirage en plâtre pour ne pas perdre l’unité de l’ensemble.

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Loin de la foule du centre Pompidou Renzo Piano a su préserver l’idée d’un espace très intérieur dans lequel s’infuse une lumière zénithale incroyable. Une respiration avant d’aller boire un dernier verre de vin blanc à la terrasse du George bondée de touristes en short et en tongs.

http://www.centrepompidou.fr

Clichés/expositions

L’ATELIER BRANCUSI, UNE OEUVRE À PART ENTIÈRE.

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D’DAYS 2016 : LES CALLIGRAPHIES DU BOIS.

Éric Gizard et Manuel Volmar pratiquent une écriture chargée de mettre en avant l’empreinte du bois. Une quête purement esthétique et résolument contemporaine. Les photographies d’Éric révèlent en clair obscur des silhouettes frêles et sombres qui se détachent d’un silence immaculé. Un silence de toutes les solitudes, où seuls se font entendre la force de l’arbre et le frottement des branches dans le vent. Manuel est invité à cette tâche qui consiste à graver cette force dans l’empreinte de ses bois. Son trait, creusé puis pansé danse comme les branches d’un arbre dans le ciel, parfois lourd et parfois léger. Tout se mêle, images, surfaces, objets, intentions graphiques, expérimentations et même si certaines proportions sont à revoir, le fond est juste. Un travail à quatre mains où La fixation graphique prend un pouvoir décisif sur les lignes capturées en images et creusées dans le bois. Empreintes, à suivre jusqu’au 30 juin.

http://www.ericgizard.com
http://www.volmarmanueldesign.com

Manuel Volmar Et Eric Gizard
10 Rue Jean-Jacques Rousseau – 75001 Paris

Clichés/Inspiration

D’DAYS 2016 : LES CALLIGRAPHIES DU BOIS.

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Milan 2016, Romeo Sozzi : Arrêt sur image.

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Photo/Jo Pauwels

Le même soir du 13 avril 2016 (le chiffre porte bonheur), le « mâle aimé » du design présente sa collection « Night Tales » via Bagutta à Milan et en même temps alors qu’il souhaite « Kalì Nikta » au monde « del mobile », on le retrouve Galleria Vittorio Emanuele chez Rizzoli, romanesque, au bras de Silvia Nani et de Francesco Morace pour fêter comme il sait le faire, la sortie du livre, « Romeo Sozzi & Promemoria ». Un monde d’images, et j’en fais partie, riche, présenté dans un écrin que Prince aurait aimé ouvrir. Un « livre d’art » qui raconte à travers les mots choisis et décomplexés de Pierre Léonforte, la vie d’un homme qui ne se consacre qu’à son travail. Un homme du luxe, épicurien, moderne et raffiné. Un homme simple et sophistiqué, à la recherche d’une liberté qu’il n’a peut-être pas encore trouvée. Un homme qui partage sa vie entre son entreprise, « Promemoria », son appartement à Milan, et sa villa au bord du lac de Côme, plantée au beau milieu d’un jardin italien fait de graminées et d’essences exotiques. Son originalité vient de sa création, il aime la matière et de cette liberté se dégage une palette de couleurs qui parfois claquent comme les couleurs d’un drapeau. Son secret, ce sont ses passions. Rien n’est pire que le silence et si ses enfants incarnent la réflexion, le rire et le mouvement, il aime les femmes parce qu’il les trouve bien plus intéressantes que les hommes. La vitesse pour ne pas oublier le passé et s’efforcer de le transmettre. Les voyages ; aller-retour entre son métier, sa vie et ses démons. Son chien « Gin » et l’incontournable Dry-Martini. Il collectionne tout, jusqu’aux grenouilles. Il loge à la Scala, dévore les livres, dessine les lignes et les courbes de ses créations et leurs nombreux détails sur ses petits cahiers collector qui font que dans le monde du design il est une exception. Dans cet univers, entre « violence et passion » Romeo Sozzi avec la rare complicité de ses trois fils, Stefano, Davide et Paolo multiplie les atmosphères et les perspectives à la recherche de la perfection.

ROMEO SOZZI & PROMEMORIA
La manifattura dei sogni
De Pierre Léonforte
284 pages – 24×31 cm
€ 75,00
Editeur: Rizzoli
http://www.rizzoli.eu
http://www.promemoria.com

Clichés/livres

Milan 2016, Romeo Sozzi : Arrêt sur image.

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Nous sommes à la fois rue Saint-James, à Neuilly, en 1928, dans la dernière demeure de Jacques Doucet, et rue de Babylone, cinquante ans plus tard, dans l’appartement d’Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, face à leur parti-pris esthétique : la recherche de l’espace parfait. Le couturier Jacques Doucet fit cohabiter des œuvres parmi les plus importantes de l’histoire de l’art moderne, de La charmeuse de serpents du Douanier Rousseau aux Demoiselles d’Avignon de Picasso, en passant par la Muse endormie II de Brancusi et La Blouse rose de Modigliani. À partir des années 1960, Yves Saint Laurent réunit avec Pierre Bergé un musée vivant. Ils font cohabiter les arts premiers, les grands maîtres tels Goya ou Picasso et des meubles Art déco dont Jean-Michel Frank. La scénographie pensée par Nathalie Crinière et le décor signé Jacques Grange démontrent avec élégance, les croisements, les rencontres, les confrontations d’espaces-collections à la recherche d’un certain absolu. Et c’est bien le mélange des genres qui nous fascine dans cette installation jusqu’au bout du concept : un œil exceptionnel pour le bel ouvrage et une dimension créative sans complexe.
Jusqu’au 14 février
Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Espace d’exposition et boutique
3, rue Léonce Reynaud,
75116, Paris
http://www.fondation-pb-ysl.net

Céramique, Clichés/expositions

Vivre pour l’art

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MOTIF PERSONNEL

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Les couleurs de l’automne sont bien là et la nouvelle collection de coussin créée par Broste Copenhagen couvre tout le registre de sa vaste palette et de sa diversité artistique. Depuis plus de soixante ans c’est une longue tradition du voyage autour du monde pour trouver l’inspiration qui anime ces équipes. Les bleus nuit, les bleus graphite, les rouges intenses, les lilas, les noirs charbon, les ors, les perles fumées, les verts lichens, les argentés, constituent une collection de motifs délicatement stylisés ou semblables à une floraison de dessins optiques, tantôt sommairement, mais résolument esquissés. Une promesse de douceur et d’élégance.

http://www.brostecopenhagen.com

Clichés/décoration

Motif personnel

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Clichés/expositions

Voir et être vu : J-8

Tanger, Maroc 2012, gildallière, La géométrie de l'ouvrier-gildallière - copie
Photo/Gilles Dallière, Tanger, 2012

Je me souviens des éclats dorés du soleil sur les larges ouvertures de cèdre de cette pension. Je file dans les étages explorer les chambres aux portes entrebâillées. L’obscurité des couloirs, la résonance des pas des hommes, le rauque de leur voix, c’est du vertige en réquisition. Sur cette terre d’Afrique blanche, j’observe ce refuge kitch et tout à coup la canicule me prend au col. J’erre dans les marges de cet espace confiné, ce paradis de pauvre, illuminé par le zénith de son toit de verre. Ça ressemble à un bouge comme il y en a beaucoup dans la médina. Je me fais inviter à le photographier, obstiné, comme si l’espace d’un instant j’appartenais à ce vestige condamné des grandes heures de Tanger.

La galerie des photographes
56 rue de la Rochefoucauld
75009 Paris

Par défaut

Rebel walls

En exclusivité, Au Fil des Couleurs ouvre le premier showroom Rebel Walls, 31 rue de l’Abbé Grégoire dans le 6ème arrondissement à Paris. Ils y présentent « MAPS », une collection de papiers peints panoramiques sur mesure inspiré de tout ce qui est relevés topographiques, cartographies, planisphères, atlas et mappemondes. Un voyage à 360°, histoire de surfer autour d’un monde à l’échelle de son mur, et ça pour 45€ le m2.
http://www.rebelwalls.fr

Clichés/décoration

Une déco low cost

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Enfin, les Bains Douches, haut lieu des nuits parisiennes des années 80, (et j’y étais), immense espace usé et fatigué, renaît de ses cendres pour accueillir les oiseaux de nuit comme de jour.
Les Bains rouvrent ! Après deux  ans de travaux, c’est un hôtel cinq  étoiles qui occupe tout l’immeuble du 7, rue du Bourg-l ‘Abbé. Dans les 39 chambres et suites de la ­version 2015, des frises de carrelage blanc entourent les têtes de lit, tel un rappel de la phase « thermale » des années 70. Les Bains d’aujourd’hui ont conservé le damier noir et blanc du dance-floor « Starck » mais pour la salle à manger la couleur rouge de Chine des murs et du plafond ondulé donne une impression cinématographique. La fresque du graffeur Futura 2000, peinte dans les années 1980, est là, visible depuis le restaurant. Trois architectes et designers ont œuvré à cette renaissance, dont Tristan Auer. La décoration est d’un luxe discret. La boîte ( souvenir) est toujours au sous-sol. La piscine à la mosaïque bleue a été déplacée, conservée à l’identique. Elle servira de hammam aux clients. La discothèque est réduite, des tables sont alignées ici et là, une estrade pour les concerts est posée… L’usage dira si le lieu retrouvera le lustre d’antan ! Vive la rive droite.
https://www.lesbains-paris.com

Clichés/adresses

Quel dépoussiérage …

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Clichés/décoration

Nuit blanche en passementerie

PDO - Cablé optique Luciole DECLERCQ PASSEMENTIERS
Sortie de l’éclatante restauration du canapé capitonné du salon de thé de l’impératrice Eugénie au château de Compiègne, Il a fallut deux ans de travail à Declercq Passementiers pour mettre à jour cette incroyable collection lumineuse. La mise au point de « Luce » c’est faite en association avec le studio Design Percept et Brochier Technologies. Les franges, les câblés, les embrasses s’illuminent à faire rougir toutes les bouffettes, les boutons et les chardons de la terre. Alimentée d’un seul côté, la fibre optique est tissée avec la soie, la lumière froide, dépourvue de rayonnements UV et d’infrarouges, n’émet aucune chaleur. Elle s’intègre avec raffinement offrant des possibilités de création presque infinies. L’Atelier Autrement a réalisé à une torsade près ce minutieux travail de tapisserie. La mise en scène de cette incroyable innovation de haute technicité nous en a mis plein les yeux.

http://www.declercqpassementiers.fr

Par défaut

INAHO

Non, « Inaho » n’est pas une lampe d’intérieur, c’est un rêve lumineux inspiré par des tiges de riz se balançant au gré du vent dans les rizières asiatiques… Une œuvre d’art quoi !
Hideki Yoshimoto et Yoshinaka Ono, du studio Tangent, sont les inventeurs de ce concept qui unit la plus haute technologie à une approche naturelle, celle du mouvement de l’air. Grâce au socle constitué d’un micro-contrôleur, les diodes électroluminescentes fermées dans une feuille dorée, perforée, se balancent au bout d’une tige de carbone flexible comme les oreilles de riz (inaho en japonais). La lumière s’éteint délicatement en fonction du passage des gens, une interconnexion sur la relation de l’homme à l’objet, véritable coup de foudre de la Gallery S. Bensimon au charme innovant du design japonais !
Et que la rigueur de la saison ne condamne pas la folie poétique de ces tiges pleines de sève généreuse, il faut toujours qu’il y ait devant nous une perfection. Le rêve qui flotte ici, en lignes indécises, a le coût qu’il mérite.

http://www.gallerybensimon.com

Clichés/design

Épis d’or

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