RODIN. L’EXPOSITION DU CENTENAIRE


Photos/Gilles Dalliere

Auguste Rodin au Grand Palais c’est des formes, du volume et de la matière. Cent ans après sa mort, les muscles, la puissance, l’indécence des femmes, les lignes de force restent intactes. L’abondance des plâtres, palpés, bricolés, nerveux, se débarrasse du superflu. Le marbre, inlassablement retravaillé se construit dans l’inachevé. Le bronze exploite les jeux d’ombres et dans ce noir bleuté, le rôle de la lumière y rayonne en permanence. D’entrée, au milieu de toute cette puissance se confrontent les sculptures de Baselitz, Wilhelm Lehmbruck, Ivan Mestrovic, Georg Kolbe, et Ossip Zadkine. De leur côté, Maillol, Bourdelle, Archipenko, Brancusi, Gaudier-Brzeska et Matisse exposent leurs études du torse. À la fin du parcours, on exploite les tensions qu’il a mises à jour. Elles s’accompagnent des œuvres tout en torsions de Markus Lüpertz, Eugène Dodeigne et Willem de Kooning. Et comme un hommage à notre nouvelle république, l’homme de bronze de 2,13 m de haut, musculeux et puissant avance accompagné des formes sèches et énergiques de l’homme qui marche de Giacometti.

22 Mars 2017 – 31 Juillet 2017
Grand Palais, Galeries nationales

Clichés/expositions

RODIN. L’EXPOSITION DU CENTENAIRE

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L’ATELIER BRANCUSI, UNE OEUVRE À PART ENTIÈRE.

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Photos/Gilles Dallière

Lundi dernier je suis aller à Beaubourg voir la rétrospective sur Pierre Paulin (Cliché : Pierre Paulin, le pouvoir du design). En arrivant sur la « piazza »je suis descendu dans ce jardin qui protège la reproduction de l’atelier parisien de Constantin Brancusi. Dans une douce lumière blanche orchestrée par Renzo Piano, 137 sculptures, 87 socles originaux, 41 dessins, deux peintures, 1600 plaques photographiques de verre et tirages originaux, sa guitare et son poêle sont figés semble t’il pour l’éternité.

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Brancusi est une des figures emblématique de la sculpture moderne du 20e siècle. À sa mort, en 1957, il lègue par testament à l’État français l’ensemble de son atelier au 11 de l’impasse Ronsin dans le 15e arrondissement de Paris. Une œuvre à part entière où les sculptures sont disposées en relation avec l’espace qui les contient. Un corps constitué de cellules qui se génèrent les unes et les autres dans une étroite relation spatiale.

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À la fin de sa vie, il ne se concentrera plus qu’a cette proximité là. Elle devient si essentielle que quand il vend une œuvre, il la remplace par son tirage en plâtre pour ne pas perdre l’unité de l’ensemble.

centrepompidou Brancusi 2

Loin de la foule du centre Pompidou Renzo Piano a su préserver l’idée d’un espace très intérieur dans lequel s’infuse une lumière zénithale incroyable. Une respiration avant d’aller boire un dernier verre de vin blanc à la terrasse du George bondée de touristes en short et en tongs.

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L’ATELIER BRANCUSI, UNE OEUVRE À PART ENTIÈRE.

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Pierre Paulin, le pouvoir du design.

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Le fauteuil qui tire la langue, le canapé en forme de serpent, le tapis volant c’est lui.

Les fauteuils qui ont perdu leurs pieds, le tapis qui grimpe au mur, l’araignée qui éclaire le plafond, c’est encore lui.

Jusqu’au 22 août, Le centre Pompidou consacre une exposition monographique sur l’œuvre de Pierre Paulin à travers une centaine de meubles, maquettes et 35 dessins virtuoses qui, à l’ère du numérique, prennent un sens tout particulier. Il nous regarde dès l’entrée, vif et heureux de la place qui lui est enfin attribuée. 50 ans de création qui commencent en 1950, diplôme de Camondo en poche. Comme dessinateur de formes sous le conseil de Maxime Old, il entre dans l’agence de Marcel Gascoin. Il dessine des formes simples, épurées et sensuelles, adaptées au symbole d’un modernisme social et à un mode de vie résolument décontracté. En 1951, il découvre le design scandinave à la suite d’un voyage. Il multiplie plus de 200 assises pour le fabriquant néerlandais Artifort. Entre 1954 et 1959 Pierre Paulin créé pour Thonet France un mobilier à destination des collectivités. C’est à ce moment là qu’il met au point le brevet d’un jersey extensible qui lui permet d’inventer un nouveau langage. Il gomme les structures pour en faire des taches chromatiques à fleur de sol. En 1971, Il est l’auteur de la transformation des appartements privés de Georges Pompidou à l’Élysée. En 1983 François Mitterrand lui confie le célèbre « Salon Doré ». C’est en 1975 qu’il fonde avec sa femme Maïa Wodzislawska et Marc Lebailly, ADSA (Architectural Design SA). Rejoint par Michel Schreiber et Roger Tallon, ils participent au déploiement d’une nouvelle approche du geste autour des notions du design industriel et du design global. Ils révolutionnent une manière de penser le mobilier, ils inventent un nouvel art de vivre, une nouvelle mobilité de l’habitat. Ils sculptent les lignes d’un monde qui fait qu’aujourd’hui Pierre Paulin marque indéniablement l’histoire de la création française. Un homme hors du commun.

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Pierre Paulin, le pouvoir du design.

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LE PHOTOGRAPHE DU SILENCE

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© Succession Josef Sudek

Les fleurs qui fanent sur le rebord d’une fenêtre c’est une inspiration néoromantique. La buée qui coule le long d’une vitre, une recherche visuelle autour des différents états de l’atmosphère. Les rendus vaporeux des premières années transforment un univers qui échappe au présent. À la manière d’un Monet, il est fasciné par les variations de lumière qui s’offrent à lui depuis l’intérieur de son atelier, un antre saturé de musique qu’il ne quitte guère. Il préfère la végétation en broussaille d’un petit jardin de ville à la géométrie trop définie et anguleuse de l’architecture. Il aime la profondeur des noirs, ceux de la nuit, ce qui lui permet de saisir les jeux syncopés de ces taches de lumière sur l’impénétrable rideau des ténèbres. Il tente de photographier le silence, celui des objets dans des natures mortes chargées d’émotion. Quarante ans après la mort de leur auteur, les images du grand photographe tchèque Josef Sudek continuent d’instiller leur parfum délicat et mélancolique. « Le monde à ma fenêtre » c’est l’histoire d’un homme qui adopte des angles audacieux, des photographies empreintes de sentiment pour mieux se concentrer sur la pureté des formes.


© Succession Josef Sudek

Au Jeu de Paume, place de la Concorde jusqu’au 25 septembre.
http://www.jeudepaume.org

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LE PHOTOGRAPHE DU SILENCE

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LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI !Capture d’écran 2016-06-23 à 11.29.14.png
Photo/Anders Sune Berg. Courtesy the artist; neugerriemschneider, Berlin/Tanya Bonakdar Gallery, New York © Olafur Eliasson.

 

De l’eau, beaucoup d’eau, des miroirs, beaucoup de miroirs et un soleil, orangé qui balance ses rayons dans un été bien timide. Il est l’emblème du Roi Louis XIV et de l’artiste dano-islandais Olafur Eliasson. Il succède ainsi à Anish Kapoor dont « le vagin de la Reine » avait suscité une vigoureuse polémique. Comme un mirage, sur le Grand Canal, il y a de la magie et de la perfection dans cette cascade haute de 40m, placée exactement dans l’axe du soleil couchant. André Le Notre, le créateur du parc de Versailles, ne peut qu’en être fier. Alors que le sol du bosquet de la Colonnade se couvre de débris rocheux transportés par les pollutions des glaciers du Groenland, le flou artistique d’une ronde de brume qu’on a peur de déchirer, encercle le bosquet de l’Étoile. À l’intérieur, aux fenêtres du salon d’Hercule, Olafur Eliasson profite de la proximité des bâtiments pour créer un jeu de reflets troublant. Pour clore la magie de la perspective de la Galerie des Glaces, des cercles lumineux se démultiplient dans un jeu de miroirs géants. Dans le salon de l’œil de Bœuf deux miroirs se font face. Sur l’un d’eux le cercle lumineux façon soleil couchant traverse l’œuvre du plasticien pour se retrouver plus loin sous la forme d’une éclipse. Dans l’austère salle des Gardes, deux miroirs suspendus diffusent une lumière orangée. Face à la cascade 2 yeux de laiton doré « anamorphosent » l’espace. Une installation à vous couper le souffle de beauté, on est chez le Roi-Soleil quand même !
Au château de Versailles : jusqu’au 30 octobre 

http://www.olafureliasson.net
http://www.chateaudeversailles.fr

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LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI !

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Trois siècles de mode au musée.

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Sous la direction artistique du danseur et chorégraphe Christopher Wheeldon, le musée des Arts Décoratifs célèbre les trente ans de sa collection de mode du 7 avril au 14 août 2016. « Fashion Forward », réunit 300 vêtements, de la régence à aujourd’hui. L’exposition adopte le parti pris d’un voyage au fil du temps qui démontre l’évolution de la mode selon l’histoire, ses créateurs et ses clientes. Au-delà des techniques, des matières et du dessin, la scénographie dialogue avec les arts de son temps et l’attitude des mannequins resitue chacun de ces moments dans son contexte décoratif. Au sein de la nef, quand on approche des années 1950, Jérôme Kaplan, assisté d’Isabelle Vartan, abuse de notre sens visuel, joue avec notre raison, invente une nouvelle représentation spatiale à la Escher sur le thème du mouvement où le corps et la courbe sont les mots-clés de cette scénographie. Une impossible construction en trois dimensions qui met en œuvre le télescopage des époques très représentatif des XXe et XXIe siècles. La lecture des légendes donne envie de fuir dans le reflet des grands escaliers hélicoïdaux reposant sur le vaste sol-miroir, mais qu’importe, comme le dit Pierre Berger, « En une phrase, ce qui peut apparaître comme un étonnant télescopage de noms, marques et maisons sonne aussi comme le condensé d’un monde de la mode sans cesse métamorphosé ». « La haute couture était un mode de vie, le prêt-à-porter en est un autre ». À chacun son histoire. Art ou art appliqué ? Qu’importe, le monde contemporain n’en finit pas de culbuter les hiérarchies. La couture, elle, est au musée et cette exposition ainsi que le livre qui l’accompagne forme comme son musée idéal, insigne et éphémère, autant de nouveaux moments de mode. Mais surtout, ils sont un hommage à celles et ceux qui la font, et qui la portent.

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Trois siècles de mode au musée.

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Nous sommes à la fois rue Saint-James, à Neuilly, en 1928, dans la dernière demeure de Jacques Doucet, et rue de Babylone, cinquante ans plus tard, dans l’appartement d’Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, face à leur parti-pris esthétique : la recherche de l’espace parfait. Le couturier Jacques Doucet fit cohabiter des œuvres parmi les plus importantes de l’histoire de l’art moderne, de La charmeuse de serpents du Douanier Rousseau aux Demoiselles d’Avignon de Picasso, en passant par la Muse endormie II de Brancusi et La Blouse rose de Modigliani. À partir des années 1960, Yves Saint Laurent réunit avec Pierre Bergé un musée vivant. Ils font cohabiter les arts premiers, les grands maîtres tels Goya ou Picasso et des meubles Art déco dont Jean-Michel Frank. La scénographie pensée par Nathalie Crinière et le décor signé Jacques Grange démontrent avec élégance, les croisements, les rencontres, les confrontations d’espaces-collections à la recherche d’un certain absolu. Et c’est bien le mélange des genres qui nous fascine dans cette installation jusqu’au bout du concept : un œil exceptionnel pour le bel ouvrage et une dimension créative sans complexe.
Jusqu’au 14 février
Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Espace d’exposition et boutique
3, rue Léonce Reynaud,
75116, Paris
http://www.fondation-pb-ysl.net

Céramique, Clichés/expositions

Vivre pour l’art

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