Marbre de soie

Vierge voilée, Giovanni Strazza, musée cheret, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Sculpture/Giovanni Strazza/Musée Cheret Nice

Vendredi saint. Elle est là Notre-dame et le voile qui couvre son visage est un linceul, celui-là même qui recouvre le corps du Christ. Elle refuse la mort deux fois suggérée par celle de son fils et par l’incendie de la cathédrale de Paris. Par ce voile, elle se veut immortelle. La transparence glace son visage. Pétrifiée d’horreur et d’effroi devant les flammes, elle se préserve de la mort par cette paralysie même qui statufie son corps et immobilise le temps. Beauté ravissante, Notre-dame est une image et un nom. Ses yeux se sont perdus au paradis et ce qu’il en reste s’offre en spectacle. Elle transperce le mensonge d’une nuit qui s’est indûment transformée en enfers. Le voile apaisant de la beauté vient recouvrir pour un moment le passage à vide dont elle ne voit pas l’issue. Loin des polémiques, derrière le blanc fantôme de marbre il y a un trou béant. À nous de le reconstruire.

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Des jus de paysages

Galerie des Ponchettes, Adrien Vescovi, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À la galerie des Ponchettes, Adrien Vescovi réalise ses propres couleurs à partir de décoctions de plantes et de minéraux, créant de véritables jus de paysages. De l’exposition de ses toiles aux vents, aux rayons de la lune et du soleil, aux phénomènes d’oxydations, surgissent des teintes ou des formes primitives habitées par la mémoire de leurs différents états d’existence. L’ordonnance géométrique, suspendue à différentes hauteurs, rythme l’espace contredit par la souplesse des toiles libres et l’expérience sans cesse renouvelée des couleurs. Face à la mer, soumises aux vents, au soleil et aux intempéries, elles se chargent de la mémoire des météores.

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Autoportrait, ou les métamorphoses du regard

Moi, par Miguel Chevalier, Machine vision, Art Fair, Grand Palais, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À la galerie Lélia Mordoch, mon visage, face à l’œil de la machine de Miguel Chevalier, se compose, se décompose, se recompose, se dématérialise en temps réel, un véritable bouleversement. Je me déplace dans un monde virtuel, je cadre l’écran, miroir de mon avatar. Le pointillisme, l’impressionnisme, le cubisme sont à l’honneur grâce aux algorithmes de Voronoï et de Delaunay, deux maillages cybernétiques qui tesselisent en temps réel. Au Grand Palais Paris Art Fair, dans un univers saturé d’images, je me perds tel Icare, fou d’infini, jusqu’à ma disparition.

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Une architecture assumée

Centre Pompidou Metz, escaliers de secours, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

L’architecte a construit une fenêtre. À travers l’ouverture, une forêt de tuyaux soudés les uns aux autres dessine des horizons de cristal qui, en réalité, nous permettent de voir le ciel et les galaxies. À l’horizon la ville de Metz s’invite, divisée par les obliques d’un escalier de secours qui déséquilibre délicatement la scène et laisse entendre que dans la vie, tout ne peut pas être en équilibre parfait. Le sentiment de gigantisme est renforcé lorsque l’œil aperçoit les gaines de circulation d’air qui apparaissent comme un écho lointain à l’architecture de Renzo Piano et Richard Rogers à Paris. Je cadre ce jeu de reflets absolus, immobiles et silencieux. Les lignes architecturées de la canopée de Shigeru Ban couvrent les soupirs inquiets du vent dans une composition mystérieuse tout en géométrie cosmique.

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Le vertige de l’échelle

Centre Pompidou Metz, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Dans ce vertige de l’échelle, l’architecture cultive l’ombre qui émerge de la lumière. Elle se réclame du jour. Le désir de se relier aux étoiles, d’entrer en fusion avec le ciel, c’est ce qu’a fait l’architecte japonais Shigeru Ban au Centre Pompidou Metz. Un vertige des sens, un vertige intérieur qui nous invite à penser les choses différemment. “L’architecte de l’urgence” questionne le rythme des formes et l’éphémère, et donc d’une certaine mesure, le temps. À l’intérieur, le sentiment de gigantisme est renforcé par la structure. Elle enveloppe l’homme, infiniment petit, dans un espace informe et sans repère. Un vertige cosmique, éloge du vide créé pour l’art et l’infinie beauté de l’exposition “peindre la nuit”.

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Le vertige de l’échelle

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Point de vue

Thomas Schütte, Monnaie de Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À l’étage du 11 Conti Monnaie de Paris, en plein milieu de la salle Dupré, j’entre dans la « Kristall II » de Thomas Schütte. J’y pénètre pour voir, tout en observant les points de vue choisis par l’artiste allemand sur la toile marouflée du plafond peint par Jean-Joseph Weerts en 1892. Les flammes du crépuscule s’évanouissent dans les ors des moulures. Le lustre en cristal trace un sentier fictif entre la toile et les planches de bois clair serties de cuivre. C’est comme la scène d’un théâtre quelques secondes avant le lever de rideau. Tout au long de la visite, la céramique, la cire, le dessin, la peinture, l’architecture, participent d’un mouvement incessant qui absorbe et renouvelle les problématiques et les formes des matériaux les plus traditionnels aux techniques les plus pointues, de la maquette à l’architecture grandeur nature, de la miniature à la sculpture monumentale.

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Une saison sensible

Altan, Palais de Tokyo, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Au Palais de Tokyo, cette sensation d’un vertige noir persiste. Impassible, le regard tendu vers son portable, il observe les images errantes qui défilent dans son esprit virtuel. Seul, noyé dans cette ombre instable et mouvante qui met en avant l’œuvre exposée de l’artiste américain Theaster Gates, je l’ai dévisagé en silence, cherchant dans ses traits le dessin du visage dont, malgré moi, j’ai gardé l’image intacte. Autour de nous, partant d’un épisode spécifique de l’histoire américaine, l’artiste initie un nouveau projet explorant les histoires sociales de la migration et des relations interraciales.

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