Ombres portées.

Le musée Charles Nègre, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Musée de la photographie Charles Nègre/Nice

Quel bonheur de voir l’ombre de cet escalier épuiser le soleil. Le noir est découpé aux ciseaux, le blanc tracé dans l’épaisseur de l’air. Obliques, verticales, horizontales : tout est géométriquement pur. Un nuage derrière la vitre sale ? Tout s’efface. Les ombres s’éloignent après s’être admirées dans mes yeux. Quand à mes yeux, ils sont dans le bleu des rêves. Dedans, dehors. Partout.

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Ombres portées.

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Apollon

Apollon, gildalliere, 2016
Photo/Gilles Dallière/Athènes

Le soleil est apparu sur la pierre froide. Il a posé sa main sur la sienne, et son glacé s’est réchauffé. L’Apollon de marbre blanc a fait ricocher la lumière du ciel sur ses muscles pour faire contrepoids à plusieurs kilos d’ombres. Alors ses yeux se sont ouverts, et son sourire a fait écho à mon regard.

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Apollon

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sculpture grecque, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Athènes

Nous sommes dans l’air des yeux vides. Dans ce monde là, ceux qui regardent à travers l’écran de leur téléphone portable, n’observent plus, ne pensent plus, tuent ceux qui pensent. Dans l’air mauve et aseptisé de ce musée, ils ne voient pas la lumière se battre contre les ombres, là où toutes les nervures de son marbre ressemblent à du ciel bleu.

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Éclaire ce que tu aimes sans toucher à son ombre.

sculpture, musée, gildalliere, 2016
Photo/Gilles Dallière/Athènes

Je goûte un silence recherché que le soleil fait tinter comme du cristal. Ce silence est secrètement troublé par la présence d’une sculpture éblouissante de lumière. La lumière mène à bien plus haut que nous, là où plus rien n’est à saisir, sinon l’insaisissable.

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Éclaire ce que tu aimes sans toucher à son ombre.

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Les éclats de Délos.

Athena, Delos, Grèce, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière/Létò/Mére d’Apollon/Délos/Gréce

La lumière du ciel, le vent dans les arbres, les ombres sur la mer : je perçois Les échos de l’héraldique antique. Létò, mère d’Apollon, tu es frappée de vent, traversée de lumière, carapaçonnée d’affleurements. Tu portes des vêtements divins, parfumés de l’odeur des herbes brûlées par le soleil. Tu ne peux plus relever la tête, mais ton col est environné des éclats de Délos.

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Les éclats de Délos.

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Dos à la mode.

Back side, musée Bourdelle, Paris, Martine Sitbon, Prêt-à-porter, automne-hiver 1997-1998, gildalliere, 2019
Photo/gilles Dallière/Musée Bourdelle/Exposition/Back Side/Dos à la mode/Du 5 juillet au 17 novembre/18 rue Antoine Bourdelle 75015 Paris.

« À chaque collection, j’essaie d’introduire la couleur. Le noir finit toujours par gagner. Il rend tout plus direct. Il dessine un profil, un dos…J’aime la ligne du dos des femmes…C’est le point focal de ma construction. Juste là, près des clavicules. C’est ce qui va décider de l’émotion d’un vêtement. »
Yohji Yamamoto
Déroulant une nouvelle fois les liens qui rattachent le vêtement à la sculpture, on se souvient de Balenciaga, l’œuvre au noir, le palais Galliera s’installe au musée Bourdelle. Une centaine de silhouettes, du XVIIIe à nos jours. Un dialogue étonnant entre les œuvres du sculpteur vues de dos et celles des plus grands noms de la mode. La mise en scène est brillante comme un ruban de soie noire, les robes sont surprenantes, dénudées comme une volte-face.

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Dos à la mode.

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Mille et un paysage.

Deep_South,_(Weyanoke)
Photo/Sally Mann/Deep South/ Jeu de Paume/Paris

Véritable travail sur le temps, l’œuvre Sally Mann réfère souvent au fait que la mort a « modelé ce paysage enchanteur » qu’elle observe quotidiennement dans sa propriété. La mort a également modelé plusieurs séries de photographies qu’elle a réalisées dans la première décennie des années 2000, méditations sur la condition de mortel, la vieillesse, la fragilité de la vie et la famille. Ces images reflètent la conviction de Sally Mann selon laquelle on ne peut pleinement apprécier la vie qu’en regardant la mort en face. La mort, a-t-elle déclaré, est « l’élément catalyseur d’une appréciation plus intense de ce qui nous est offert ici et maintenant ». Si les titres donnés par Mann à ses photographies sont principalement descriptifs, ceux qu’elle choisit pour les images de Larry s’inspirent souvent de sources littéraires et artistiques – de la mythologie grecque à l’art classique, la Bible, en passant par ses auteurs favoris, dont T. S. Eliot, Ezra Pound et Eudora Welty. Toutes ces œuvres évoquent l’instabilité de la mémoire, la vulnérabilité du corps, les ravages du temps et le fossé indicible creusé entre la matière et l’esprit.

4.2.7
Photo/Sally Mann/Deep South/ Jeu de Paume/Paris

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Mille et un paysage.

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