L’impertinence

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Photo/Gilles Dalliere/Richard Alcock

Je suis en noir, seule, devant le plâtre monumental du centaure mourant d’Antoine Bourdelle. Je suis en noir parce j’aime ça. Je suis en noir en hommage à Balenciaga. Noir lumière, noir satin, noir jais, noir velours, à quelques millimètres près tu me cisèles la silhouette. Grâce à toi, je suis ajustée de la tête au pieds, vibrante comme une nuit sans étoiles à l’exemple de l’épure de ce technicien hors normes dont Dior disait : « Le vêtement était sa religion ». Je suis tout en noir. Austère ? Pas du tout, je suis audacieuse, piquante et fatale…
All in black, alone, before the monumental plaster of a dying centaur by Antoine Bourdelle. In black because l like it. In black in homage to Balenciaga. Black light, black satin, jet black, black velvet. It’s almost as if you were carving my silhouette. Thanks to you, I am a perfect fit from head to feet, vibrant, like a starless night, according to the example of the sketches of that peerless craftsman, of whom Dior once said :” Clothing was is religion”. All in black. Austere ? Not at all ! I am bold, barbed and lethal…

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L’impertinence

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La certitude

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Photo/Gilles Dalliere /Richard Alcock

Au théâtre des Champs-Élysées, je prends le là dans le dépouillement du Salve Regina du Dialogue des carmélites de Francis Poulenc. Je me détache de mon arrogance et de mes excès de sophistication. Je frôle le vertige dans ce tableau sans merci de ces vies qui s’abîment. L’âpreté du propos de Bernanos et la liberté musicale me confèrent une force dramatique. Mais qui suis-je ?
Je suis Blanche de la Force et tout est là en noir, tenu, précis, serré, aigu. Les mots sont aussi cinglants que la musique. La mise en scène est radicale, sans concession et la retenue de l’expression ne cache pas la douleur du poème. Je quitte ma place d’orchestre bouleversée et ce soir je ne te cherche plus…

At the théâtre des Champs-Élysées, i begin to sing the stark Salve Regina in Dialogue des Carmélites by Francis Poulenc. I leave behind my arrogance and my excessive sophistication. I am overcome with vertigo at this pitiless tableau of lives being destroyed. The harsh words of Bernanos, combined with such musical freedom, give me real dramatic strength. But who am I ?
I am Blanche de la force, and everything here is black, precise, tight and acute. The words are as biting as a music. The direction is radical and uncompromising, and the restraint of its expression cannot mask the pain of the poem.
I flee the orchestra overcome and tonight I will seek you no longer…

La chaise Bilou Bilou, créée par Romeo Sozzi pour Promemoria sera exposée le 18 janvier à l’institut culturel italien.Métamorphosée par Alexandra de Garidel, Bruno Borrione, Elliott Barnes, Gilles et Boissier, Isabelle Stanislas, Stephanie Coutas, Sybille de Margerie, et Pierre-Yves Rouchon, l’exposition se prolongera au showroom Promemoria, 35 rue de Bellechasse 75007 Paris.

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Un état de siège à Paris

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Un état de siège à Paris

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Photo/Gilles Dalliere/Richard Alcock

Regardez-la, l’orgueilleuse basilique, elle écrase le pavé de la rue Saint-Rustique, si puissante à inspirer les artistes de la place du Tertre pour faire rêver l’humanité. Je ne suis qu’une silhouette frêle qui se détache de ce havre de silence feutré à l’abri des regards indiscrets.
Take a look at the mighty basilica, towering over the cobbles of Rue Saint-Rustique and inspiring the artists in Place du Tertre to weave dreams for humanity. I am but a frail silhouette breaking away from that haven of muffled silence-safely out of the gaze of prying eyes.

La chaise Bilou Bilou, créée par Romeo Sozzi pour Promemoria sera exposée le 18 janvier à l’institut culturel italien.Métamorphosée par Alexandra de Garidel, Bruno Borrione, Elliott Barnes, Gilles et Boissier, Isabelle Stanislas, Stephanie Coutas, Sybille de Margerie, et Pierre-Yves Rouchon, l’exposition se prolongera au showroom Promemoria, 35 rue de Bellechasse 75007 Paris.

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Un état de siège à Paris

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Rive gauche, rive droite.

CASSINA RIVE-DROITE_1

À l’occasion de son 90ème anniversaire Cassina ouvre son deuxième showroom parisien rive droite.
La directrice artistique de la marque, Patricia Urquiola, cloisonne l’espace de 230m2 par la couleur et grâce à des éléments contemporains comme des plaques de verre et des cloisons en aluminium. De part et d’autre d’un axe en terrazzo, les produits emblématiques de la marque sont revisités. Le bleu, l’orange, le rouge, le noir, soulignent des mises en scène accueillantes, séparées par des écrans graphiques en aluminium anodisé créant des perspectives variées au gré de l’éclairage. Une philosophie qui lui permet de s’accaparer l’espace avec générosité tout en développant des capacités de réflexion autour d’un design créatif. Un lieu de vente, oui, mais un regard inspiré qui casse nos codes de perception pour mieux s’ouvrir à une nouvelle créativité imaginative.

Cassina Rive-Droite
129 rue de Turenne 75003 Paris
cassina.com

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Rive gauche, rive droite.

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LA LUMIÈRE EN APESANTEUR

Le silence règne encore quand le cristal rencontre la lumière. « Folia » créée par Noé Duchaufour-Lawrance invite à ouvrir les yeux sur plus de 400 ans de savoir faire à la manufacture de Saint-Louis. Les vingt-cinq objets de la collection font vaciller la taille et mettent en valeur l’éclat du cristal. Au bout de la nuit, après deux ans de travail, l’indomptable collection associée au bois balance son rai de lumière comme une armure d’ombres portées pour mieux protéger sa fragilité. Il faut le regarder l’orgueilleux cristal si puissant à inspirer les artistes pour faire rêver un futur que j’espère encore passionnant. Lampes à poser, lampadaire, bout de canapé, carafes, flûte à champagne, verre à vin, verre à eau, bougeoirs et miroir vacillent dans un souffle aux formes résolument nouvelles.

saint-louis.com
contact@neonata.fr

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LA LUMIÈRE EN APESANTEUR

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Réinventer le bois pour l’art

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Photo/Richard Alcock/Gilles Dalliere

La table basse « KYOTO » de Gianfranco Frattini, la boite à secret de Carl Magnusson et Emanuela Frattini Magnusson, les cadres « CORNICE D’ORSAY », le lutrin « LEGGIO D’ORSAY », les coupes, le marque page de Gae Aulenti, la bibliothèque tournante de Cini Boeri, l’étagère de Mario Bellini, c’est Romeo Sozzi et son directeur artistique  Michele de Luchi qui en parlent le mieux.

À Brera, au cœur de Milan, ce carambolage de bois précieux renaît entre ombre et lumière dans le nouveau showroom « BOTTEGA GHIANDA ». Ode au noir qui marque l’espace pour mieux mettre en valeur les courbes des bois précieux, ultra sensibles, de l’ébéniste Pier Luigi Ghianda sur des consoles ovales tapissées de cachemire. Une mise en scène radicale dans un décor sur mesure où chaque objet tient le premier rôle. Sublime…

Bottega Ghianda
Via Formentini, 9
20121 Milano

http://www.bottegaghianda.com

Clichés/adresses

Réinventer le bois pour l’art

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Pierre Paulin, le pouvoir du design.

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Le fauteuil qui tire la langue, le canapé en forme de serpent, le tapis volant c’est lui.

Les fauteuils qui ont perdu leurs pieds, le tapis qui grimpe au mur, l’araignée qui éclaire le plafond, c’est encore lui.

Jusqu’au 22 août, Le centre Pompidou consacre une exposition monographique sur l’œuvre de Pierre Paulin à travers une centaine de meubles, maquettes et 35 dessins virtuoses qui, à l’ère du numérique, prennent un sens tout particulier. Il nous regarde dès l’entrée, vif et heureux de la place qui lui est enfin attribuée. 50 ans de création qui commencent en 1950, diplôme de Camondo en poche. Comme dessinateur de formes sous le conseil de Maxime Old, il entre dans l’agence de Marcel Gascoin. Il dessine des formes simples, épurées et sensuelles, adaptées au symbole d’un modernisme social et à un mode de vie résolument décontracté. En 1951, il découvre le design scandinave à la suite d’un voyage. Il multiplie plus de 200 assises pour le fabriquant néerlandais Artifort. Entre 1954 et 1959 Pierre Paulin créé pour Thonet France un mobilier à destination des collectivités. C’est à ce moment là qu’il met au point le brevet d’un jersey extensible qui lui permet d’inventer un nouveau langage. Il gomme les structures pour en faire des taches chromatiques à fleur de sol. En 1971, Il est l’auteur de la transformation des appartements privés de Georges Pompidou à l’Élysée. En 1983 François Mitterrand lui confie le célèbre « Salon Doré ». C’est en 1975 qu’il fonde avec sa femme Maïa Wodzislawska et Marc Lebailly, ADSA (Architectural Design SA). Rejoint par Michel Schreiber et Roger Tallon, ils participent au déploiement d’une nouvelle approche du geste autour des notions du design industriel et du design global. Ils révolutionnent une manière de penser le mobilier, ils inventent un nouvel art de vivre, une nouvelle mobilité de l’habitat. Ils sculptent les lignes d’un monde qui fait qu’aujourd’hui Pierre Paulin marque indéniablement l’histoire de la création française. Un homme hors du commun.

http://www.centrepompidou.fr

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Pierre Paulin, le pouvoir du design.

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