Nous les arbres.

Fondation Cartier, Nous les arbres, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Fondation Cartier/Exposition/Nous les arbres/12 juillet-10 novembre 2019

À la Fondation Cartier, je me demande si ma mémoire n’est pas pleine d’arbres et de voyages. À l’étage je trie les livres, les photos, les textes, des piles de choses devenues inertes et innervées et en clapotant sur les toits de tant d’images fugaces, j’entretiens spontanément celle des arbres en mouvement dans cette installation sculpturale et transparente qui, de l’extérieur vers l’intérieur, est d’une étonnante complexité. Un jeu de transposition formelle qui brouille les frontières entre le monde végétal et l’architecture.

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Nous les arbres.

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Moderne Maharajah.

Man Ray, Le maharajah et la maharani d’Indore, vers 1927-1930.png
Photo/Man Ray/Le Maharajah et la Maharani d’Indore/1927/MAD Paris

Du 26 septembre 2019 au 12 janvier 2020, le Musée des Arts Décoratifs met à l’honneur l’extraordinaire figure du Maharajah d’Indore, Yeshwant Rao Holkar II. Un homme qui fît le choix d’allier un sens évident de la tradition indienne à l’audace de l’avant-garde européenne. Conquis par la nouveauté, il décide de faire construire avec l’architecte Eckart Muthesius, le projet d’un palais d’un style inédit à Manik Bagh. Brillamment conseillé par Henri-Pierre Roché, il rencontre Jacques Doucet, découvre l’avant-garde artistique parisienne, acquiert ainsi des œuvres de Constantin Brancusi, Jacques-Émile Ruhlmann, Marcel Breuer, René Herbst, Elieen Grey. Il commande des services de table à Jean Puiforcat et au céramiste Jean Luce, de luxueux tapis à Ivan Da Silva Bruhns et se fait portraiturer avec son épouse par le peintre Bernard Boutet de Monvel et Man Ray. Une superbe mise en scène autour d’un mécène des années 1930.

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Moderne Maharajah.

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Regarde moi

Palais Royale, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Palais Royal/Paris

Toute ma vie j’ai attendu quelque chose. Elle n’existe pas encore cette chose que toute ma vie j’ai voulu, elle n’existe peut-être pas. Je me promène sous les arcades du Palais-Cardinal entre les humeurs de Montpensier et de Valois. Regarde moi, il y a du soleil dans mes yeux. Regarde moi. Regarde moi bien dans les yeux. Orgueilleux, je te plante tout au fond du cœur tant de couleurs que ça va te faire mal. J’avance vers toi lentement et je suis capable de me donner ou de te refuser, de te faire languir, douter ou de t’aimer.

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Regarde moi.

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Cadrage.

Escalier, Frédéric Lebard, Paris, rue Visconti, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière/Paris

Tous les éléments sont à la bonne place. La coupe prend la fixité d’un morceau de terre. Le cheval, inexpressif, est déjà lointain. La porte s’efface dans la lumière. L’escalier apparaît subitement derrière la colonne. Ses marches suspendues, fixent l’objectif de trois-quarts. Sa spirale conserve une immobilité photographique. Clic.

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Cadrage.

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Nice-ville.

Gare de Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/ Gare de Nice-ville

Retour à la case départ. Je quitte ce débordement de ferronnerie, sa verrière laiteuse qui éclaire à peine la fluorescence des TGV argentés, et tous ces Escalators glacés qui décomposent une architecture en apnée. Je retrouve Paris et sa jungle violente, ce cancer de la courtisanerie, cet arrivisme qui n’arrive à rien. Le gris a repris le pouvoir sur les mers du sud.

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Nice-ville.

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Babazouk.

Rue Pairolière, architecture, Vieux Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Rue Pairolière/Nice

En s’enfonçant dans les ruelles, je commence à apercevoir le linge suspendu aux fenêtres. Une prérogative réservée aux habitants de la partie la plus ancienne de la ville italienne. Le soleil n’a pas encore baissé qu’il fait déjà sombre. Je me suis arrêté, longtemps, j’ai cadré la vérité, et quand elle est rentrée dans mon cœur, elle était comme une petite fille qui, entrant dans une pièce, fait aussitôt paraître vieux tout ce qui s’y trouve.

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Babazouk.

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L’automne.

Ocre jaune, vieux Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Rue Neuve/Nice

À l’angle de la rue Neuve et de la rue Pairolière, je cherche la lumière. Là où je suis, il y a de la lumière. J’adore ce coin presque mystique où un débordement d’or tache le vert-de-gris d’une fenêtre obscure. Les gens passent, courent, et la lumière ne les suit pas. Je me sens libre. Le jour se couche encore et encore et annule chaque soir tout ce que l’on croit savoir de moi, et je me sens plus léger que l’ombre des feuilles qui pointent l’automne.

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L’automne.

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