La poubelle ville du monde…

Désolation, saleté, drogue, au pied de la basilique du Sacré-Coeur, rue Briquet, Paris, gildalliere, 2021

En me promenant au pied de la butte Montmartre, j’ai été extrêmement choqué par la saleté et les détritus qui jonchent le quartier autour de la rue Briquet. Entre le boulevard de Rochechouart et la rue d’Orsel, 76 mètres de graffitis, de poubelles renversées, d’odeurs d’urine et de merde, servent d’écrin à la basilique du Sacré-Coeur. Les ordures encombrent les pavés. À l’évidence, Paris est sale. La saleté de notre capitale est déplorable et le constat est unanime, la seule qui a encore besoin de s’en convaincre est la Maire de Paris elle-même. Pourtant, nul ne saurait gouverner en se pinçant le nez, mais encore faut-il accepter d’ouvrir les yeux pour s’en convaincre. Anne Hidalgo a beau désigner de nouveaux boucs émissaires de la saleté, ce sont bel et bien ses choix politiques et la mauvaise gestion de ses services qui ont fait de Paris la « poubelle ville du monde ».

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances

La poubelle ville du monde…

Image

La lumière de l’ombre…

Ombre suspendue, pass Dénommé D9,Rue Saint-Lazare, Paris, gildalliere, 2021

Le soleil moqueur d’avril perce ton sommeil. Alors tu accompagnes ton ombre jusqu’au soir. Les murs ne te retiennent pas. La maison est poreuse, abandonnée, triste, livrée à elle-même au fond d’un passage privé qui mène à un hôtel particulier. Les murs n’ont pas gardé la voix des objets. Le pot en terre cuite qui sert de lanterne meurt de soif. Il s’obstine à se multiplier à même le mur. Et qu’importe si l’envers n’est pas conforme à l’endroit, les objets recomposés répètent le même bruit fêlé quand ils n’ont rien à se reprocher.

Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances

La lumière de l’ombre…

Image

Galerie Vivienne…

Les mosaïques du passage Vivienne, Paris, gildalliere, 2021

J’ai posé mon regard sur les magnifiques mosaïques de la Galerie Vivienne réalisées par Giandomenico Facchina en 1880, soit quelques décennies après son ouverture. Il existe des cultures, parfois très sophistiquées, dans lesquelles sculpter ou peindre des histoires n’a pas pour aboutissement le marché. Des cultures dans lesquelles une mosaïque ne finit pas par devenir un produit mais se contente de rapporter des histoires secrètes, des mémoires, des mystères, qui sans cela, ne seraient jamais apparues. Ces volutes ont été inventé pour accompagner les gens dans les illusions de la vie. 

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances

Galerie Vivienne…

Image

Passage Choiseul…

Réflexion sur le passage de Choiseul, Paris, gildalliere, 2021

Nés au tout début du dix-neuvième siècle, les passages couverts ont proliféré jusqu’en 1850, époque où ils présentaient une série de prouesses architecturales comme la construction en fer et en verre nécessaires à l’édification de leur élément fondamental, la verrière. La nouveauté urbaine constituée par la possibilité de se déplacer à pied sec dans un Paris inondé de boue, l’innovation de l’éclairage au gaz en contraste avec les rues sombres, allait de pair avec une nouvelle définition de la ville, dont les passages étaient le joyau et la miniature. Luxe, richesse, éclairage, étalages, miroirs : la foule s’y donnait à elle-même en spectacle. Contemporains de la flânerie et du dandysme, conceptions tout autant sociales que culturelles, ils incarnaient aussi l’avènement du commerce élevé au rang d’art. Aujourd’hui, Passage Choiseul tout ça a bien changé.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances

Passage Choiseul…

Image

L’envers du décor…

l’interdit de la basilique du Sacré Coeur, butte Montmartre, Paris, gildalliere, 2021

Derrière le décor monumental de la basilique du Sacré-Coeur, en poussant une porte interdite, je me suis retrouvé plongé dans le silence du monastère. Le silence est gardien de la parole et des pensées. Il ne s’agit pas d’un vœu de silence proprement dit, mais la parole est réservée à certaines occasions : rencontres avec les supérieurs et accompagnateurs spirituels, réunions communautaires et échanges relatifs au travail. Le silence relatif des moniales fait partie intégrante de leur vie spirituelle. En évitant de prononcer des paroles inutiles, elles restent ouvertes et disponibles à la prière solitaire devant Dieu. Mais là elles m’ont viré.

Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos, Clichés/tendances

L’envers du décor…

Image

Le chien fou…

A la recherche de mon maître, parc Monceau, Paris, gildalliere, 2021

Le chien fou est là, au milieu du chemin. Il réinvente le petit monde de la plaine Monceau. Il veut jouer. Il se faufile par toutes les issues de la haie vive qui clôture le bosquet. Il dévaste les plates-bandes, arrachant les fleurs printanières, faisant des trous dans les corbeilles, exaspérant les jardiniers. Quant à moi, je goûte au silence secrètement troublé par ses aboiements. Je suis venu dans ce parc attendre le printemps. Le chien en est la surprise, comme si ce que j’espérais était inespéré. Ne rien attendre sinon l’inattendu. Je suis revenu photographier l’arbre. Il accueille chaque instant de ce parc comme une bonne fortune. Il n’a souci de rien. Il se couche sur le passage du chien joyeux et des passants heureux.

Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances

Le chien fou…

Image

À la recherche de la culture…

Les arènes de Montmartre, Paris, gildalliere, 2021

Théâtre des années noires, la métamorphose de l’ombre et de la lumière convenue pour évoquer ces années de guerre et d’occupation en France, sied particulièrement aux arènes de Montmartre. À l’origine, elles furent créées par une association de quartier nommée « les P’tits Poulbots » en 1941. Cette dernière avait pour objectif de venir en aide aux enfants en difficulté du quartier. Très librement inspirées des arènes de l’antiquité, elles me font toujours voyager dans le temps. Si ce lieu montmartrois est peu connu, c’est qu’il est accessible seulement lors d’événements culturels. Aujourd’hui il n’y a plus de culture.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances

À la recherche de la culture…

Image

Il est l’or…

Méditation à la Schwedagon, Yangoon, Birmanie, Nyanmar, gildalliere, 2005

Au pied de la schwedagon, immense pyramide en forme de cloche, il y a de l’or partout ; auprès et au loin, de l’or se détachant sur de l’or. Tout autour se groupent en cercle une multitude de choses aussi follement dorées et aussi pointues, qui toutes s’amincissent en flèches dans l’air. On dirait presque des bosquets de longs ifs d’or ; mais ce sont des pagodes d’un luxe inouï, entièrement brillantes depuis le faîte des clochetons jusqu’au sol. Les birmans, en adoration souriante, avec des gardénias plein les mains, font lentement le tour de cet amas de joailleries, par une voie circulaire qui, du côté extérieur, est bordée d’autres pagodes aussi toutes en or, et qui est close au-delà, un peu sombrement, par l’épais rideau vert des feuillages, par les grandes palmes et les éventails du bois. Sous le ciel vert du soir où s’effilent des petits nuages couleur de braise rouge, la robe pourpre des bonzes s’incline dans l’attente de jours meilleurs.

Clichés/architecture, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Il est l’or…

Image

La femme sans ombre…

La dame de compagnie, Yangoon, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Aunty Tay n’a plus d’ombre. J’ai été frappé par son élégance, ses cheveux noirs de jais noués en un chignon, elle était d’une incroyable beauté et le sourire était son charisme. Ses yeux se remplissent derrière ses paupières de froissements d’ailes, comme dans une volière. Entre celle qui part et celui qui revient, je m’éternise serrant sous l’ombre de mes cils ; l’invisible. Mes yeux se ferment sur les pagodes d’or, les courbes du fleuve Irrawaddy, la méditation, et la junte militaire l’emporte comme un aveugle illuminé. 

Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

La femme sans ombre…

Image

L’intranquillité…

Birman, Yangoon, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2006

Je vous écris depuis plusieurs jours d’un pays qui est de nouveau sous le régime d’une dictature militaire injuste. Au moins 18 personnes ont été tué ce dimanche 14 mars dans les manifestations contre le coup d’état au lendemain d’un vibrant appel à la résistance dans la capitale. La loi martiale y est d’ailleurs décrétée. Les birmans ne nous ressemblent pas. Ils ont la pureté d’un rubis fiché au fond du regard. Les yeux de ce jardinier sont dans le vide. Il retient du vent son haleine. Il étire au ralenti l’éventail de sa vie. Un simple longyi drapé autour de la taille suffit à le faire apparaître en majesté. C’est comme mon frère, à la différence près que ses veines saillantes sont irriguées d’intranquillité.

Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

L’intranquillité…

Image