Le beau est partout…

Escalier du musée national Fernand Leger, Biot, architecte, André Svetchine, gildalliere, 2020

Le transport des forces s’installe au musée Fernand Léger. L’image s’organise au niveau supérieur autour de la volée de l’escalier dessinée par l’architecte André Svetchine. Il souligne les marques du temps sur la pierre dure et sèche. Les formes prennent place, leurs fréquences s’ajustent entre-elles et tissent d’étranges correspondances avec la rigueur graphique et complexe des lignes de force du peintre. Au-dessus, le bleu légèrement perlé du ciel recouvre tout. Le silence glisse, le noir de la rampe luit, les nuages se chargent, Gilbert & George se tiennent debout devant « Les constructeurs », tableau emblématique de Fernand Léger, ils font face à l’étrange, au merveilleux, à l’inexplicable œuvre monumentale « Class War, Militant, Gateway » qu’ils exposent. Il se met à pleuvoir des trombes d’eau.

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Le beau est partout…

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Un aller simple…

contre jour, soleil couchant, Nice, gildallier, 2020

Mon petit chat, la vie est un aller simple. Je l’ai compris hier, au bord de la plage en regardant le voilier passer dans la brise du matin. Il est la beauté, il est la vie, je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon. J’ai compris qu’il fallait arrêter de tourner dans la nuit de ma planète, dévoré par ta mort qui brûlait d’angoisse mes entrailles. Hier, enfin, en dispersant tes cendres dans ce jardin, j’ai tourné une page de ma vie. J’ai pris un peu de hauteur pour mieux sentir le vent et partir serein à la conquête de mon espace intérieur. De toute façon je suis trop vieux pour me convaincre que mes chances sont bougrement bonnes, et que ce putain de monde s’intéresse un tant soit peu à mes espoirs et à mes rêves, en supposant qu’il m’en reste. Je suis heureux d’avoir déposé ces dernières roses de l’été, parfumées, sur tes cendres et je te laisse poursuivre ta route.

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Un aller simple…

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Secret d’alcôve …

La porte dérobée de l’hôtel de Soubise, Paris, gildalliere, 2020

Depuis que la princesse Anne de Rohan-Chabot, maîtresse du roi soleil, et le cardinal Louis de Rohan et sa vilaine affaire du collier de la reine, ont quitté l’hôtel de Soubise, les boiseries ont vécu le temps des secrets. Une vision romanesque s’est complu au spectacle de la grandeur déchue. Alors gardons-nous bien d’ouvrir la porte dérobée derrière les volutes patinées d’histoire. Le secret qui y est renfermé suffit pour nous prouver que nos desseins sont exactement remplis. Nous savons de quoi il est question et cela suffit. Rien ne transpire, nous pouvons arriver, tout est prêt. Mais taisons-nous.

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Secret d’alcôve …

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L’eau à la bouche…

L’office du musée Nissim de Camondo, Paris, gildalliere, 2020

Je suis revenu sur les traces de mes années estudiantines. Au musée Nissim de Camondo, j’ai toujours été fasciné par les différentes pièces du service de la bouche. C’est dans cette partie principalement que l’on connaît si l’architecte est savant dans la distribution. C’est par la commodité de ces lieux que chaque chose se trouve dans sa place. Il y règne ce solennel silence qui est de l’ambition de toutes les grandes maisons. Je ne perçois guère qu’un cliquetis de service à thé, un mot ici ou là, à peine un murmure.

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L’eau à la bouche…

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Que suis-je en train de regarder ?

Les Arts Décoratifs, vision, musée, Paris, gildalliere, 202O

Dans le Palais du Louvre, au Musée des Arts Décoratifs, que suis-je en train de voir ?
Le MAD, rénové, me pousse à regarder le monde avec un œil différent. À travers cette ouverture opaque, je vais au-delà de ce que je connais déjà. La lumière prend une autre dimension. Cette fenêtre utilise une grande variété de stratégies, comme celle de cadrer l’architecture de façon inhabituelle, en créant une composition inattendue à travers ces perforations qui doivent échapper à pas mal de visiteurs. Car il faut aller au-delà de l’enveloppe, de la consistance et de la matière. Et là, la photo soulève un doute : est-ce un vrai palais ou un décor artificiel ?

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Que suis-je en train de regarder ?

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Le silence…

Palier, Palais de la découverte, grand palais, Paris, gildalliere, 2020

Le vide, l’ordonnance des lignes horizontales, la pierre sculptée, la rampe de fer forgé, la subtilité des détails : le lieu est unique et surtout interdit. Je m’y suis fait prendre bien-sûr comme un enfant, et devant tout ce silence, cette image pétrifiée, j’ai regardé derrière le mur ce qui a disparu dans les strates du temps : l’enfance. Il n’y a plus le silence religieux des dîners de famille, le générique des feuilletons suivis sagement assis dans le canapé du salon : Thibaud où les croisades et le galop des chevaux, Rintintin et le son de la trompette, ma sorcière bien aimée, la voix off des envahisseurs, l’homme du Picardie et sa rengaine terriblement nostalgique, la musique saturée des incorruptibles et celle de Daktari aux djembés entêtants, le concerto d’Aranjuez pour guitare et orchestre qu’écoutait maman, et dans une explosion de couleurs et de frissons, la magie psychédélique d’Atom Heart Mother…Derrière le mur, l’enfance est devenue inaccessible.

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le silence…

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L’Hôtel Biron…

Hôtel Biron, musée Rodin, détail de la rampe d’escalier, Paris, gildalliere, 2020

Derrière les encorbellements de l’escalier monumental de l’Hôtel Biron, construit entre 1728 et 1730 par l’architecte Jean Aubert, il y a un contre-champ, une rigoureuse mis en scène, un clair-obscur à la géométrie kafkaïenne. La maîtrise en est troublante. Face au penseur de Rodin, l’ocre vibrant du mur se taille un franc succès. La légèreté du relief creusé dans le mur comme un œil borgne repose sur la sobriété formelle de la ligne de fer forgé suspendue à la lumière qui lui confère une apparence presque éthérée.

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L’Hôtel Biron…

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Mis en valeur…

Le brut du musée des Arts Décoratifs, MAD, Paris, gildalliere, 2020

Le soleil glisse de salons en galeries. On a raclé les murs, on a emporté les boiseries, les stucs, les corniches, les rosaces. On a modifié la forme même des pièces. Les parois, nettes de toute moulure, sont en béton “work in progress “, comme si on avait supprimé le mot fouillis du vocabulaire du musée des Arts Décoratifs, le MAD. L’escalier est aussi nu que sa structure est pâle. Il s’enroule autour d’un axe astiqué, décapé, débarrassé de toute brillance. Il fait face à la lumière…Autour, des articles, des couvertures, des photographies, des tenus iconiques, des accessoires, racontent les 150 ans de mode du mythique HARPER’S BAZAAR. Il est à noter qu’à l’heure où la communauté noire clame haut et fort les injustices raciales qu’elle subit, le célèbre magazine de mode américain vient d’embaucher sa première rédactrice en chef noire : Samira Nasr.

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Mis en valeur…

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Le trait…

Escalier du jardin due l’hôtel Salé, Musée national Pablo Picasso, Paris, gildalliere, 2020

J’ai refait cette image avec mon M 10 R. L’espace était interdit au public mais la direction du musée m’a permis de pouvoir shooter cet escalier dans la lumière de l’ombre. Je définis ma relation à la photographie comme relevant d’une expérience : expérience de la marche, expérience de l’espace. Le cadrage crée l’espace. Il crée l’espace nécessaire pour révéler la fragilité et la richesse de la surface sensible : la main courante. La lumière s’y accroche, s’y faufile, s’y glisse, traverse où se heurte à la surface de l’architecture. Une recherche de l’épure et de la composition. Un monochrome noir qui révèle une observation attentive d’un intérieur urbain. J’ai fait surgir le blanc, c’est à dire la lumière.

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Le trait…

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L’effet de réel…

Fenêtre, volets, musée des Arts Décoratifs, MAD, Paris, gildalliere, 2020

La chaleur est écrasante. Derrière les persiennes déglinguées la lumière est brutale, et comme le plafond est bas, le trait illumine l’espace. La moindre trace d’ombre se réfugie dans les coins. Je cherche en vain dans toute la pièce l’ombre fugace. Mon regard ne rencontre que des murs blancs, et le sol à la française dessine comme une mosaïque qui s’impose aux yeux comme une lithographie fraîchement imprimée. L’air frais entre en pure perte, chargé d’un vent brûlant.

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L’effet de réel…

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