Au-delà des mots.

Sieste, Cythère, 2013, gildalliere
Photo/Gilles Dallière/Cythère/Gréce

Il y a silence et silence, mais le véritable silence, je l’ai trouvé dans cette chambre, au-delà des mots et de l’absence des mots. Le décor est si bien dessiné qu’il me met à l’écart. J’ai l’impression que je ne peux pas fabriquer l’image parce que tout est en place. En accentuant le flou et les contrastes entre l’ombre et la lumière, je transforme la moustiquaire en un nuage de rêve plongé dans le soir, juste éclairé par un trait d’amour mystérieux.

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Au-delà des mots.

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Le bon goût.

Homesweethome, circulation,gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Home sweet home/Paris

Au fil des images, je tourne autour de ce mur protecteur, gris orage. Sur fond d’échafaudages du périphérique de la ville de Paris, le « Bi », luxueux, se laque de noir. Je vous parle ici de tout et de rien, jamais je ne m’appesantis, Je feins la futilité quand pointe la gravité. Je m’indigne et je m’amuse dans une même phrase. Mais qu’est-ce que le bon goût ?
Pour Diana Vreeland : « la vulgarité est un ingrédient indispensable dans la vie, dès lors qu’elle va de pair avec une forme de vitalité. Un petit peu de mauvais goût, c’est comme une pincée de paprika. On a tous besoin d’une pincée de mauvais goût, c’est chaleureux, c’est sain, c’est charnel. Je pense qu’on devrait même y avoir recours plus souvent. L’absence de goût, voilà ce que je ne tolère pas. »
Il faut que j’achète du paprika.

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Le bon goût.

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Vers l’infini…

Home sweet home, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Home sweet home/Paris

Je suis à la recherche d’un lieu de haute solitude, habité d’un silence originel, pour réveiller en moi l’envie de pouvoir tout abandonner. Je ne parle pas de fugue, ni d’un simple vague à l’âme. Je ne parle pas, ni de nostalgie ni de rêvasserie. Je parle d’un irrépressible élan de l’être, d’un appel inexplicable, urgent, profond, extravagant, à tout abandonner. Et partir loin des incompétents sur l’infini du large.

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Vers l’infini…

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Nature morte.

Nature morte, home, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Nature morte/Home sweet home/Paris

Il y a des heures d’été, des silences, des soupirs, des natures mortes qui tanguent en désordre, chavirent, et aiment la dérive des compositions imparfaites. Il y a des céramiques blanches imperturbées de regard croisé, posées sur l’horizontalité. Il y a le trait noir, et le rouille, corrosion du dessin. Il y a une conversation qui prend du plaisir, profite du moment, mesure le résultat. Il y a du désaturé, il y a du vide, la maison vide son vide, mon cœur se vide aussi. Impossible de sortir du tableau, et c’est tant mieux comme ça.

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Nature morte.

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La sieste.

La sieste, Homesweethome, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Home sweet home/Paris

Je me souviens de siestes sucrées, musicales, parfumées, illimitées, joyeuses, mais aussi de siestes amères, fades, étroites, fermées, ou encore agitées, chahutées, capricieuses, couleur chair, couleur mer, de siestes élémentaires, primaires, primitives, et puis des siestes civilisées, policées, et d’autres dévergondées, débraillées ou suspendues, azurées, insolites, monacales, extatiques, bref des siestes bigarrées et parfois opposées dans leurs effets comme dans leurs causes. La vérité de la sieste nous échappe

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La sieste.

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Ça va couper.

Réflection, chez-moi, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Home sweet home/Paris

Dans l’obscurité recherchée de son appartement, il fait face à la chaleur revenue. Il l’observe à travers les persiennes tandis que des silhouettes, blanches, pétrifiées, surgissent dans la pénombre. On lui reproche dernièrement d’écrire à la première personne. Quelqu’un qui n’a pas compris que son Instagram est son autoportrait, un rituel.
Journaliste, il a longtemps eu peur d’écrire. Il avait peur des mots, trop intellectuels, trop explicites, et naturellement, il s’est adressé au pouvoir des images. Il faut que les choses le touchent d’abord à l’estomac puis montent au cerveau, c’est là que les émotions prennent sens. Il doit y avoir des gens qui n’éprouvent rien. Il aime aussi laisser des vides pour ouvrir un espace destiné à l’imaginaire. Il aime cette démarche, car il s’interroge toujours sur ce que la vie lui apprend. Cela demande plus de travail, mais c’est aussi une approche philosophique nécessaire. Ce qu’il n’aime pas, c’est l’inconvenance, l’hypocrisie et le mensonge. Les critiques perpétuelles et infondées qui viennent souvent de gens qui ne font rien. Alors ça va couper : les réflexions, la censure ça empoisonne la vie. Il continuera coûte que coûte à dire « JE » quand il se raconte.
Instagram doit être un art dynamique et surprenant et j’ai la chance de découvrir tous les jours des galeries étonnantes. Mes images et mes textes ne sont pas un rituel figé mais une démarche personnelle qui m’engage à vous faire plaisir, mais si je vous emmerde lâchez-moi et dégagez de ma vie.

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Ça va couper.

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La Gare du Sud

Gare du Sud, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/La Gare du Sud/Nice

Sushis, glaces, coucous, hot-dogs, street-food indienne, spécialités gasconnes, cuisine libanaise, bar à olive Alziari, comptoir nordique Laks, et à l’étage Emmaüs, Kothai, et les artisans designersde la maison Mammout’ & Copains, ça m’a donné le tournis. 700 places assises, soit au total 28 commerces de bouche au cœur de cette Gare du Sud construite en 1892 par l’architecte Prosper Bobin qui affiche un répertoire décoratif Belle Époque et une halle métallique de 87 m de long sur 18m de haut et 23 m de large, inspirée de Gustave Eiffel, et créée pour le pavillon de la Russie et de l’Autriche-Hongrie de l’exposition universelle de 1889 à Paris. Le bâtiment est désaffecté en 1991. Vingt-six ans après, la Gare du Sud ouvre ses portes, et toute cette structure disparaît dans le capharnaüm d’une friperie.

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La Gare du Sud

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