Galerie Vivienne…

Les mosaïques du passage Vivienne, Paris, gildalliere, 2021

J’ai posé mon regard sur les magnifiques mosaïques de la Galerie Vivienne réalisées par Giandomenico Facchina en 1880, soit quelques décennies après son ouverture. Il existe des cultures, parfois très sophistiquées, dans lesquelles sculpter ou peindre des histoires n’a pas pour aboutissement le marché. Des cultures dans lesquelles une mosaïque ne finit pas par devenir un produit mais se contente de rapporter des histoires secrètes, des mémoires, des mystères, qui sans cela, ne seraient jamais apparues. Ces volutes ont été inventé pour accompagner les gens dans les illusions de la vie. 

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Galerie Vivienne…

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Passage Choiseul…

Réflexion sur le passage de Choiseul, Paris, gildalliere, 2021

Nés au tout début du dix-neuvième siècle, les passages couverts ont proliféré jusqu’en 1850, époque où ils présentaient une série de prouesses architecturales comme la construction en fer et en verre nécessaires à l’édification de leur élément fondamental, la verrière. La nouveauté urbaine constituée par la possibilité de se déplacer à pied sec dans un Paris inondé de boue, l’innovation de l’éclairage au gaz en contraste avec les rues sombres, allait de pair avec une nouvelle définition de la ville, dont les passages étaient le joyau et la miniature. Luxe, richesse, éclairage, étalages, miroirs : la foule s’y donnait à elle-même en spectacle. Contemporains de la flânerie et du dandysme, conceptions tout autant sociales que culturelles, ils incarnaient aussi l’avènement du commerce élevé au rang d’art. Aujourd’hui, Passage Choiseul tout ça a bien changé.

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Passage Choiseul…

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Le collectionneur…

Collection d’encriers chinois, Birmanie, Yangon, Myanmar, gildalliere, 2006

Il faut savoir regarder les choses en face, j’ai hérité de la passion des objets. Je ne sais toujours pas de qui je tiens cette passion, en tout cas ni de maman, ni de papa. Comprenez moi bien, je tombe amoureux des objets et j’ai une dévorante ivresse pour la céramique. Elle est là depuis toujours comme une référence esthétique qui me donne un sentiment de tranquillité. J’aime ses formes, sa matière, ses couleurs. Les gens ne savent plus voir ni entendre et il faut apprendre à regarder. Apprendre à regarder c’est apprendre à trouver. Dans chaque biscuit découvert il y a une histoire, un message, l’objet doit trouver sa place et même si je suis pour l’ordre je suis aussi ouvert à l’imprévu. C’est une histoire d’amour, la plus belle et parfois je la quitte et j’aime en faire don à qui me laisse à penser qu’ils les aimeraient tout autant que moi.

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Le collectionneur …

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L’or birman...

Temple, Bouddha, Bagan, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Le Bedin-Saya, qui interprète les rêves dans les coins ombragés des marchés aux odeurs aromatiques, m’a raconté une légende selon laquelle le soleil qui se lève en Birmanie n’est pas le même que celui qui se lève dans le reste du monde. Il lui suffit de regarder le ciel pour le savoir. De voir comme il inonde les rues, s’immisçant dans les fissures et les ombres des temples, anéantissant les perspectives, les textures et l’or recouvrant les Bouddhas. De voir comme il brûle, scintille, s’embrase, et le bord de l’horizon est comme un daguerréotype qui prend feu, surexposé, avec les bords qui se recroquevillent. Comme il liquéfie le ciel, les banians, l’air épais, son propre souffle, sa gorge, son sang. Comme les mirages s’approchent pour lui tordre les mains du fin fond des routes lointaines.

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Le laque coquille d’oeuf…

Atelier de laque, Oeufs de cailles, Yangon, Myanmar, gildalliere, 2005

À la faveur de ce voyage birman, j’ai étudié le travail du laque et notamment l’incrustation de coquilles d’œufs qui jouit d’une place de choix dans la fabrication des meubles et accessoires de luxe. Comme il n’existe pas de laque blanc, on emploie des débris de coquilles qui donnent des blancs mats et crémeux rappelant la belle pâte de Chardin. Selon les coquilles employées, ici des œufs de cailles, l’artisan prend des parcelles, les emprisonne dans le laque et les craquelle à l’aide d’une petite pince, semblable à celles dont se servent les plumassières. Le laque coquille d’œuf devient l’une des spécialités de cet atelier et le succès est tel que pour subvenir à ses besoins de matière première, il doit élever des cailles lui donnant les coquilles les plus blanches. Ces dernières sont lavées, débarrassées des peaux internes, puis écrasées et tamisées afin de trier les fragments inégaux par taille. Selon l’effet souhaité, la coquille est placée du côté convexe ou concave. Dans le premier cas, une fois la couche de laque polie, les coquilles apparaissent blanches. Dans le second cas, les cavités sont remplies et serties par la couche suivante et apparaissent légèrement teintées, ce qui permet d’animer la surface.

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Le laque coquille d’oeuf…

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Vertigo…

L’escalier, atelier de Karel Aubroeck, Belgique, gildalliere, 2011


Il se trouve que les degrés, conduisant d’un étage à un autre, peuvent mener conjointement d’un état à un autre…

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Vertigo…

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La conversation …

La chambre de Marc Massa et Roger Liekens, Tamise, Belgique, 2011

Il pleut sans cesse en Belgique. Cette inondation continuelle a un effet étrange sur les habitants : ils aiment la couleur. Dans l’ancien atelier du sculpteur Karel Aubroeck chaque mur a été peint d’une couleur vive, traité comme une scène en soi. Ce sont les tableaux qui tout d’abord s’imposent à moi sur fond criard, s’additionnant pour former une conversation. À la vérité, ces nus académiques me somment de faire un lien entre eux. Dans mon élan, je leur ajoute de la perspective, moi qui regarde toujours les choses en face, je me mets en mode profondeur de champs. Je deviens l’intercesseur entre l’exposition et le spectateur, qui me prie instamment de laisser ici, comme un vestiaire, l’accoutrement des visites habituelles. Cette tentation de la narration, que les expositions d’ordinaire s’interdisent , je la devine m’attendre dès le seuil de chaque salle franchie, dans le parcours à venir.

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La conversation…

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Inspiration originelle…

Inspiration originelle, Anvers, Belgique, Boris Vervoordt, gildalliere, 2006

« Laisser une chose incomplète la rend intéressante et procure le sentiment qu’il reste de la place pour son développement ».
Yoshida Kenzo (1283-1350), extrait du Tsurezuregusa, « Les heures oisives ». Ici, une beauté indescriptible exsude des murs et dans la lumière diffuse, j’apprécie l’usage récurrent de l’ombre. Les imperfections y prennent une importance toute particulière, la cheminée impose sa renaissance, le mobilier résiste aux tendances. La maison de Boris Vervoordt résonne d’une harmonie discrète en plein cœur du quartier historique d’Anvers : le Vlaeykensgang.

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Le vide culturel…

La nef du musée des Arts Décoratifs, Paris, gildalliere, 2020

Je n’arrive pas à comprendre qu’on n’ait pas pu, ou su, aménager en faveur des musées des dispositions qui auraient évité leur fermeture. Dans le fond, on ne considère pas la vie culturelle comme une priorité forte qu’il faut, autant que possible, savoir préserver. Alors on se précipite dans les grandes surfaces. On dévalise les stocks de papier cul. Et il reste le vide, un jeu de transparence forcé, une mise en scène du rien. Et dans ce désert culturel, il faut aussi dire la beauté sidérante et folle de l’architecture. Ici, dans la nef du MAD, tout est composé avec la même écriture : linéaire, précise, monumentale et musicale. Il ne faut pas sous-estimer à quel point l’ouverture d’un musée relève d’un mécanisme professionnel très complexe. Le cas est unique et le temple de l’art décoratif est fossilisé dans un avenir incertain.

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Le vide culturel…

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La liberté de l’ornement…

Le petit bureau, où salon anglais, musée Nissim de Camondo, Paris, gildallière, 2020

Le petit bureau aux murs tendus de soie cramoisie est aménagé avec raffinement. Moïse de Camondo redresse toutes les idées fausses sur un style où la discipline n’est pas moins importante que l’imagination, où la pensée du tout prime sur la liberté de l’ornement, où la soumission à la règle compte plus que le caprice de la fantaisie. Ici, l’exceptionnel ensemble d’esquisses montrant divers épisodes des chasses du roi Louis XV, voisine avec des Guardi. Une série de médaillons de terre cuite par Jean-Baptiste Nini représentant les profils de personnalités du XVIIIe siècle constitue une saisissante galerie de portraits. Le baroque souvent jugé comme une explosion désordonnée d’extravagances est au contraire l’art qui exige le contrôle le plus stricte. Malheureusement il va falloir patienter au moins trois semaines encore pour visiter un musée.

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La liberté de l’ornement…

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