La mer est grise à Nice…

Chambre avec vue, Tunisie, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/Tunisie

Soudain la mer est grise à Nice. Il y a de la houle au loin. Des dentelles d’écume. Quelques voiles s’agitent comme des mains qui appellent au-secours. Alors on aime la vie, avec ses défauts, ses banalités, ses petitesses. Tu sais ce que je veux dire. Aime ta vie Maman, immense, flamboyante et unique. Je t’aime…

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La mer est grise à Nice…

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Pour toi…

Muse Montmatre, chez moi, Paris, gildalliere, 2019 L1016745-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

J’ai acheté ces fleurs pour toi. Au fond de la pièce, ton portrait solitaire se laisse gagner par la lenteur. Je sais aujourd’hui que le futur qui m’attend ressemble à une encombrante décharge à ciel ouvert, riche de souvenirs mal empilés. Ce matin, le ciel hivernal s’est subitement pétrifié et tout mouvement est paré d’immobilité.

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Pour toi…

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Un temps mort.

Projection des réverbères sur le balcon, Paris, ruedes Saules, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Paris

Ce soir le ciel est noir, d’un noir graphite sale. Embusquée, la pluie attend son heure et, en attendant, le temps se tient parfaitement immobile. Un temps mort. La projection de la lumière des réverbères découpe des collages sur le papier de riz de mes murs. Le temps trace des signes à l’encre de Chine, des lignes, des courbes, du paysage dans une chorégraphie spontanée. Destruction et reconstruction. C’est ma façon de réparer le secret de mes maux.

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Grande ouverte.

Porte ouverte, Belgique, De Uil, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/De Uil/Belgique

J’ai laissé la porte grande ouverte, et pourtant ce matin les températures ont subitement chuté. Elles sont en deuil d’un mois d’octobre idiot. Interminable. Monolithique. Elle m’aide à revenir au monde actuel grâce à des petits gestes usés, des sarments de bois morts qu’on enfourne à feux lents dans l’idiotie de croire que tout doit s’arranger, se rassembler, se resserrer. Repartir une fois encore. Devenir.

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Grande ouverte.

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« Il automne »

Karen Aubroeck, l'atelier, gildalliere, 2011

Karen Aubroeck, l’atelier, gildalliere, 2011


Photo/Gilles Dallière/Belgique

“Il automne”, et pourtant, dans l’atelier de Karel Aubroeck, une fois nettoyé les nuages, j’ai l’œil ébloui, le souffle bloqué devant la luminosité qui agit comme un renouveau sur l’ouverture carrée donnant sur le jardin inspiré du Land Art. Noyé dans tout ce gris, le jeu de lumière s’anime et les couleurs se réactivent dans la réflexion du miroir, œuvre d’art de Günther Förg.

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« Il automne »

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L’atelier.

L'atelier du sculpteur, gildalliere, Vil, Belgique, 2011
Photo/Gilles Dallière/Belgique/Atelier de Karel Aubrroeck

Ton double, trône sur la table voisine,et son immobilité en repousse la part d’ombre. Il y a tant de formes irrationnelles et d’impuissance à créer, tant de sollicitude à s’en laisser conter, tant de difficultés à aimer. Je sais aujourd’hui qu’il ne faut jamais pactiser avec le diable. Éviter tant qu’on peut les manipulateurs, les culs bénis et les malins. Échapper à la vulgarité et à la cupidité.

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L’atelier.

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Le regard…

Conversation, bergère queen Anne, Belgique, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/Belgique

Un Interieur c’est beau que s’il est regardé, et la beauté ecclésiale de ces deux bergères Queen Anne me tient par la main. Alors je m’abandonne au creux du rouge éternisé de la première. Je te garde et te regarde. Je suis en train de devenir doucement un orphelin d’esprit et de cœur et j’écris ces mots pour rester éveillé.

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Le regard…

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