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Entre magie et réalité, Andrea Dall’Olio, esthète de la couleur, mise tout sur le gris et les couleurs sourdes pour mettre en scène dans sa nouvelle maison milanaise, l’exubérance de ses textiles et le mix and match de ses collections et de ses créations contemporaines. Atmosphères.


Photos/Frédéric Ducout/style et texte/Gilles Dallière

Créateur expérimental spécialisé dans le textile de mode et d’ameublement, Andrea Dall’Olio vit entre sa maison, son atelier de fabrication et son bureau de style sur plus de 1000 m2, entre deux voies ferrées de la capitale lombarde. Il y transpose ses voyages, des matériaux innovants, des tissus exclusifs, fleuris ou figuratifs, orientaux ou baroques et surtout l’amour des objets qu’il aime, dans une palette de couleurs raffinée : un univers créatif unique qui lui ressemble.
À quelques kilomètres du centre historique de Milan, cet ancien atelier a été redessiné afin d’y faire entrer la lumière. Dans la cour intérieure plantée d’une nature au raffinement tropical, à droite, une menuiserie de 200 m2 bâtie dans les années 1950 : trois pièces de réception de 4 m de hauteur où le blanc et le gris règne en maître. Au fond, sur 150 m2, sept pièces en enfilade repensées pour jouer entre les espaces et les objets et préserver l’intimité du propriétaire. À gauche le pavillon des invités s’ouvre sur une pièce couverte de tapis et de tableaux fleuris. Ici, les choses ne sont jamais fixées pour l’éternité.
Dans les treize pièces de la maison, afin de mieux rythmer les perspectives, Andrea Dall’Olio a décliné une palette de gris parfois rehaussés de bleu, du plus clair au plus foncé. Loin des mondanités, mais à l’affût de tout ce qui bouge, il aime recevoir. La cuisine est l’endroit où il partage, où il savoure. Elle est le cœur de la demeure, imaginée comme un espace de réception.
En esthète, il panache les styles, superpose les matières, collectionne les objets. Une profusion de créations et de souvenirs qui nourrissent l’imagination de ce grand voyageur. Chez lui tout à une autre allure, les meubles et les objets bougent ; lui, s’approprie l’espace, été comme hiver.

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Clichés/interiors

Un baroque recomposé

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Le tigre et la rose

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Je me suis arrêté dans la cage d’escalier émerveillé par l’étonnant spectacle qui s’offrait à mes yeux. Le sol disparaissait dans l’ombre, seule la rampe s’élevait dans la lumière dorée du soir. La foule déjà dense était bigarrée. Tous se taisaient ou parlaient à voix basse. Dans cette espace majuscule planait une sorte de léger bourdonnement fait du froissement des saris, du glissement des pieds sur le sol et du chuchotement des femmes dissimulées. Un souffle de vent souleva la poussière de cette construction monumentale. Le soir était tombé, mais la lourde chaleur de la journée stagnait encore entre les murs et montait des dalles de marbre blanc. Les années comme les fleurs se fanent, leur souvenir comme un parfum, s’efface, Jodhpur, Inde, 2004.

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Le tigre et la rose

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À Milan : une escapade haute en couleur

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Photo/Frédéric Ducout/Style/Gilles Dallière

Entre deux bureaux et sa maison, Andrea Dall’Olio aime se détendre dans un petit appartement situé en plein coeur de Milan. Un lieu à part où il concocte ses mélanges de couleurs et de matières poussé par une irrésistible envie de lumière et de gaieté.

Comment marier les couleurs ? En assumant les oppositions fortes, les mariages osés, les associations débridées. Créateur de tissu, designer, il dirige avec maestria un des bureaux de style les plus apprécié dans le monde du textile de la mode et de la décoration. L’hiver dernier, Andrea Dall’Olio se met à rêver d’un espace clair et épuré, il refuse l’idée d’un minimalisme froid. Il ne touche pas aux volumes mais mise sur une palette de matières et de teintes vives travaillées tantôt en harmonie, tantôt en contraste. Toutes les pièces de l’appartement sont définies par une couleur dominante, le but étant de créer un effet « kaléidoscopique ». Les contrastes l’emportent : dans l’entrée le rouge répond au brun et à l’orange ; dans le salon les turquoises, les roses et les verts s’opposent au jaune des fauteuils et au graphisme noir et blanc des canapés. Dans la chambre, quelques touches de rouges permettent de réchauffer un bleu ciel omniprésent. Andrea joue avec la couleur et la lumière. Pour lui elle est une nécessité vitale. Un mariage réussi avec le blanc des murs, les imprimés des années 70 et l’omniprésence des tapis kilims. La décoration est tout un art, celui de mélanger, d’oser, de malmener parfois, elle est par essence éphémère, espace de jeu et d’expérimentation. Inutile de se demander si l’on pourrait y vivre, le propos est ailleurs et ce que l’on en retiendra d’abord, c’est ce geste décoratif qui ne s’encombre ni de bon ni de mauvais goût. Un univers, un vrai, 100% bonne humeur.

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À Milan : une escapade haute en couleur

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Impressions japonaises
Le courtier d’art Antoine de Vilmorin collectionne les photos japonaises. Conceptuelle, spirituelle ou fragile, l’image d’une Asie sans cliché cohabite ici avec une déco au charme bien français.

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Quelques meubles, un minimum, un zeste d’aristocratie nonchalante, une touche subtile de la recette du « décoloré-fatigué-dans son jus », qui ajoute à la note de charme le coup de la madeleine de Proust. D’ailleurs tout l’appartement fleure bon le chocolat et le caramel, un brin de café et de pain d’épice, quelques touches de prune, et un concerto en gris souris mineur, ficelle et coco, tout ce qu’il y a de plus chic. Un miroir grand siècle, une chaise noire Napoléon III défraîchie, un parquet très lessivé, l’inévitable chaise de Prouvé, peu d’objets et peu de photos, mais quelles photos. Superbe photos japonaises contemporaines, au compte-gouttes et souvent posées à même le sol.

« Le vide est tout-puissant parce qu’il embrasse tout. Ce n’est qu’au sein de la vacuité que tout mouvement devient possible », écrivait Kakuzô Okakuro dans son Livre du thé. Le japon qu’Antoine de Vilmorin aime et collectionne est celui de la délicatesse.

Sous la fragilité, la force. Une photo conceptuelle, cérébrale et minimale comme celles de Sugimoto, avec ses déclinaisons d’horizons sur la mer, ses théâtres reconvertis en cinémas. Ou, plus subtiles, vivantes, émouvantes, comme les photos aux instants fugitifs du quotidien merveilleusement épinglés par la jeune femme montante, Rinko Kawauchi, qu’il représente en France.

Héritière des estampes japonaises du XIXe siècle, la photographie japonaise ne se limite pas à quelques noms déjà considérés comme des trésors nationaux vivants tels Shoji Ueda, photographe de la grâce pure ou Araki à l’érotisme violent. Le japon étant le pays au monde le plus boulimique d’images, sa photographie est proliférante, elle explose de jeunesse et de courants de sensibilités divers.

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Photos/Francis Amiand/Reportage Gilles Dallière/Texte Élisabeth Védrenne

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Impressions japonaises

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Cette église est une véritable œuvre d’art qui se transforme en fonction de l’angle de vue de celui qui la regarde. « Reading Between the Lignes », est son nom, elle a été conçue par le groupe d’architectes « Gijs Van Vaerenbergh » dans la campagne de Looz en Belgique. Cette œuvre architecturale est composée de 100 couches d’acier empilées et décalées à égale distance. La structure devient tantôt pleine, parfois ajourée, voire transparente comme un mirage. Les curieux qui regarderont de l’intérieur de l’église vers l’extérieur seront les témoins d’un jeu de lignes jouant sur les abstractions et qui devraient modifier leur perception de l’environnement. L’église et le paysage font partie inhérente de l’œuvre. Entre le visible et l’invisible il ne reste plus qu’à la consacrer.


http://www.gijsvanvaerenbergh.com

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Vu sous cet angle, Dieu existe

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L’essence du luxe


Photos/Bernard Maltaverne/Scénographie/Gilles Dallière

Depuis 2009, Valérie Maltaverne alias Ymer&Malta affirme son engagement avec « Fait Feu de Tout Bois ». Elle présente 5 meubles en marqueterie, un savoir faire traditionnel confronté à une vision totalement contemporaine, signée Benjamin Graindorge, Normal Studio, Sylvain Rieu-Piquet et Sebastian Bergne. Il faut rendre hommage aux artisans pour leur travail d’exception, il faut dire que « la dame de fer », porte le projet à bout de bois. La table basse « Serpent » de Sylvain Rieu-Piquet s’orne d’un motif en ébène blanc noyé sur un fond de poirier noir. « InMySkin », la table de Benjamin Graindorge dévoile sa puissance grâce à un dégradé de onze essences différentes, de l’alisier à l’ébène de macassar en passant par le chêne et le wengé. Le bahut « CloudinChest » du même designer est à l’image d’un ciel pixellisé. Dans la cuisine, la table basse « Illusion » de Sebastian Bergne est plaquée d’inclusion de métal et d’ébène. Le banc, « Platane » de Normal Studio camoufle des tiroirs cachés. Une mise en scène qui demande autant de respect que celui que j’ai pour ces différents acteurs.
http://www.ymeretmalta.com

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Clichés/interiors

Anatomie d’une renaissance


Photos Francis Amiand/Style/Gilles Dallière

En Touraine, Robert Gervais a consacré 3 ans à la restauration d’un château Renaissance planté au milieu des vignes. Un lieu d’exception dans lequel l’architecte d’intérieur a laissé s’exprimer sa culture des arts décoratifs, réinterprétant l’histoire, sculptant les volumes et expérimentant de savants jeux de matières.
http://www.robertgervaisstudio.fr

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