Jeux de plage…

La plage, Alicudi, îles éoliennes, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Jeux de plage, enfin si je peux appeler ça une plage. Je devrais dire que c’est du vent, non pour l’esbroufe, mais parce qu’un souffle la traverse dans un mouvement qui laisse étourdi, sonné, et dont la puissance ne se mesure qu’au soir de la marche, quand je rentre chez moi. II n’y a là que des cailloux, des vagues et la mer en toile de fond. Le paysage, séculaire, indéfini, est rendu à lui-même. Ici, je prends le temps d’être goéland. Le vrai mystère est tout autour, dans la nature elle-même. Les rouleaux s’écrasent contre la grève, une baleine s’échoue sur les rochers, et le volcan entre en éruption.

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Jeux de plage…

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L’île mystérieuse…

Un balcon sur l’île de Lipari, Alicudi, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Mystérieuse. Mystère et énigme sont indissociables de cette terre. Le premier mystère de l’île, c’est elle-même. Intrusion d’un élément dans un autre, abordages, conquêtes, avertissements, métissages. Comme l’homme, l’île vient au monde avec ses questions sur elle-même, en concentré. Les littératures îliennes en portent la trace. 
De quoi est faite mon île ?
Qui suis-je sur elle ?
Que fait-elle de moi ?
Dois-je y vivre ou la fuir ? 

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L’île mystérieuse…

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Le lagon bleu du regard…

Vue sur la mer, Alicudi, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Dans « Le lagon bleu du regard », le poète Riel Debars concentre ses interrogations : « quelle est cette île / au-dessus d’un océan sans mesure / les sombres aurores emmêlent la terre et les eaux / quelle est cette terre / arrachée à des millions d’années-lumière / quelle est cette île / flots bruissant d’eaux vives / quelle est cette terre sans terre / cet univers de torrents impétueux et provisoires / cette terre de révoltes brèves et violentes / cet espace sans espace / au-dessus d’un océan d’eaux mortes ».

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Le lagon bleu du regard…

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Mon île…

la lumière de l’ombre, Alicudi, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

L’île est séparation et attraction. L’une entraîne l’autre. On pose son index sur le bleu d’une carte interrompu par une petite forme irrégulière brune, verte, et on y est presque. Et quand bien même vous trouveriez un caillou où vous ne voudriez pas vivre, il est désirable parce que loin des autres et tout ce qui est loin des autres est délicieux.

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Mon île…

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La lumière de l’ombre…

Jeux d’ombres, Alicudi, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Au sommet, le sentier débouche sur un paysage solitaire, presque inhabité, où des chèvres s’accrochent aux falaises spectaculaires de l’ouest d’Alicudi. Là-haut, même Lipari, à moins de deux heures de bateau, semble appartenir à un autre monde. Tout se coule dans le silence. La mer flamboyante, les câpriers qui bougent le long du port, les ombres qui s’accrochent aux façades des maisons. Je suis là, dans l’obscurité prêt à aller seul dans le soir écouter la timide mélodie qui s’en vient des vents tournants.

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La lumière de l’ombre…

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Soleil couchant…

Coucher de soleil sur les îles éoliennes, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Le soleil couchant de José-Maria de Heredia. « Les ajoncs éclatants, parure du granit, dorent l’âpre sommet que le couchant allume ; au loin, brillante encore par sa barre d’écume, la mer sans fin commence où la terre finit. À mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume ; seul l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume à la vaste rumeur de l’océan s’unit. Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes, des landes, des ravins, montent des voix lointaines de pâtres attardés ramenant le bétail. L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre, et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre, ferme les branches d’or de son rouge éventail ».

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Soleil couchant…

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Le cratère…

Le vide, Alicudi, îles éoliennes, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Au bord du cratère il y a le vide. On voit la pente se bousculer comme pour se dérober à la poussée du magma. Tout est dépourvu de végétation, hérissé de formidables rocs en désordre. Le chemin de lave se tend comme un arc qu’on bande. La roche grimpe sur ses replis étagés. Et dans l’encaissement des cailloux éboulés, la colonne d’écume tombe en rejaillissant dans le gouffre qui fume. Alicudi remplit tout le vide où flotte en bas sa foudre de vent, de bruit, de flots, de vertige et de poudre.

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Le cratère…

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Le sommet…

Le sommet, Alicudi, îles éoliennes, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Salut, sommet du volcan, amant des nuages, terre d’hommes errants, terre sans oliviers, sans vignes et sans moissons. On a chaud, très chaud, mais l’air est pur et subtil. On découvre au loin Lipari et Salina. On se sent plus de facilité dans la respiration, plus de légèreté dans le corps, plus de sérénité dans l’esprit. Les méditations y prennent je ne sais quel caractère grand et sublime, proportionné aux objets qui nous frappent, je ne sais quelle volupté tranquille qui n’a rien d’âcre et de sensuel. 

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Le sommet…

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Contre champs…

L’ascension, contre champs, Alicudi, îles éoliennes, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

Contre champs. Le silence de ce désert d’hommes, où l’homme n’apparaît que temporairement, j’ai beau écouter, c’est comme si aucune chose n’existait plus nulle part, de nous à l’autre bout du monde, de moi jusqu’au fond du ciel. Rien, le néant, le vide, la perfection du vide, une cessation totale de l’être comme si le monde n’était pas encore créé, ou ne l’était plus, comme si j’étais avant le commencement ou bien après la fin du monde.

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Contre champs…

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L’été en pente douce…

L’ascension, Alicudi, îles éoliennes, Sicile, Italie, gildalliere, été 2008

L’été en pente douce … Mais alors pas du tout. Je ne me figurais pas la hauteur de cette île qui touche les nuages. Voilà bien l’image parfaite de la pente telle qu’on peut l’imaginer dans un rêve. Une vaste diagonale profilée sur un ciel en émail. La plus pauvre et la plus dénuée des géométries. Mais de cette nudité ascétique naît le sentiment d’une plénitude et d’une opulence sans égale. Attention volcan, une seule surcharge pourrait tout anéantir. Cela est excitant, ça semble à la fois simple et complexe, le plein et le vide.

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L’été en pente douce…

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