Grande ouverte.

Porte ouverte, Belgique, De Uil, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/De Uil/Belgique

J’ai laissé la porte grande ouverte, et pourtant ce matin les températures ont subitement chuté. Elles sont en deuil d’un mois d’octobre idiot. Interminable. Monolithique. Elle m’aide à revenir au monde actuel grâce à des petits gestes usés, des sarments de bois morts qu’on enfourne à feux lents dans l’idiotie de croire que tout doit s’arranger, se rassembler, se resserrer. Repartir une fois encore. Devenir.

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Grande ouverte.

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L’atelier.

L'atelier du sculpteur, gildalliere, Vil, Belgique, 2011
Photo/Gilles Dallière/Belgique/Atelier de Karel Aubrroeck

Ton double, trône sur la table voisine,et son immobilité en repousse la part d’ombre. Il y a tant de formes irrationnelles et d’impuissance à créer, tant de sollicitude à s’en laisser conter, tant de difficultés à aimer. Je sais aujourd’hui qu’il ne faut jamais pactiser avec le diable. Éviter tant qu’on peut les manipulateurs, les culs bénis et les malins. Échapper à la vulgarité et à la cupidité.

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L’atelier.

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Ex-voto.

Ex-voto anatomique, Brésil,  1960-1980, en bois sculpté, Nous
Photo/Gilles Dallière/Paris

J’ai acheté un jour, rue de Bourgogne, ce petit bonhomme sculpté dans le bois d’un arbre. Avec son air d’âne battu, je l’avais curieusement associé à mes souffrances, mes reculades, mes échecs. Je ne savais pas d’où il venait. Il a pris sa place au dos des murs de mon appartement. J’ai découvert, à la Fondation Cartier, que l’interdépendance immémoriale entre arbres et humains se retrouve de manière spirituelle dans un ensemble d’ex-voto anatomique. Mon voyou est le témoignage d’une tradition religieuse de l’art populaire brésilien. Cette petite sculpture expressive guérie. On doit la placer dans une église en remerciement du miracle accompli. En ce qui me concerne, il va continuer à bouder à la maison.

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Ex-voto.

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Moderne Maharajah.

Man Ray, Le maharajah et la maharani d’Indore, vers 1927-1930.png
Photo/Man Ray/Le Maharajah et la Maharani d’Indore/1927/MAD Paris

Du 26 septembre 2019 au 12 janvier 2020, le Musée des Arts Décoratifs met à l’honneur l’extraordinaire figure du Maharajah d’Indore, Yeshwant Rao Holkar II. Un homme qui fît le choix d’allier un sens évident de la tradition indienne à l’audace de l’avant-garde européenne. Conquis par la nouveauté, il décide de faire construire avec l’architecte Eckart Muthesius, le projet d’un palais d’un style inédit à Manik Bagh. Brillamment conseillé par Henri-Pierre Roché, il rencontre Jacques Doucet, découvre l’avant-garde artistique parisienne, acquiert ainsi des œuvres de Constantin Brancusi, Jacques-Émile Ruhlmann, Marcel Breuer, René Herbst, Elieen Grey. Il commande des services de table à Jean Puiforcat et au céramiste Jean Luce, de luxueux tapis à Ivan Da Silva Bruhns et se fait portraiturer avec son épouse par le peintre Bernard Boutet de Monvel et Man Ray. Une superbe mise en scène autour d’un mécène des années 1930.

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Moderne Maharajah.

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Une pensée antique.

Entrée, Villa Kérylos, Beaulieu sur mer, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Péristyle/Villa Kérylos/Beaulieu sur mer

Dans la clarté d’une pensée antique, je contemple la mort de Talos après la conquête de la toison d’or. J’observe le retour d’Héphaïstos dans l’Olympe. Les scènes sont variées, mêlées de palmettes et de motifs conchyliologiques, évoquant les liens indéfectibles entre la civilisation grecque et le monde marin sur fond ocre jaune et rouge pompéien. Les lumières qui y traînent sont des lettres d’amour. Un amour qui ne demande rien, sinon d’être là. Un amour qui vous donne l’éternel, en passant. J’ai pris la liberté de regarder ces murs. De poser mon regard entre ces deux colonnes qui mènent à bien plus haut que moi : là où plus rien n’est à saisir, sinon l’insaisissable.

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Une pensée antique.

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Dos à la mode.

Back side, musée Bourdelle, Paris, Martine Sitbon, Prêt-à-porter, automne-hiver 1997-1998, gildalliere, 2019
Photo/gilles Dallière/Musée Bourdelle/Exposition/Back Side/Dos à la mode/Du 5 juillet au 17 novembre/18 rue Antoine Bourdelle 75015 Paris.

« À chaque collection, j’essaie d’introduire la couleur. Le noir finit toujours par gagner. Il rend tout plus direct. Il dessine un profil, un dos…J’aime la ligne du dos des femmes…C’est le point focal de ma construction. Juste là, près des clavicules. C’est ce qui va décider de l’émotion d’un vêtement. »
Yohji Yamamoto
Déroulant une nouvelle fois les liens qui rattachent le vêtement à la sculpture, on se souvient de Balenciaga, l’œuvre au noir, le palais Galliera s’installe au musée Bourdelle. Une centaine de silhouettes, du XVIIIe à nos jours. Un dialogue étonnant entre les œuvres du sculpteur vues de dos et celles des plus grands noms de la mode. La mise en scène est brillante comme un ruban de soie noire, les robes sont surprenantes, dénudées comme une volte-face.

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Dos à la mode.

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Vers l’infini…

Home sweet home, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Home sweet home/Paris

Je suis à la recherche d’un lieu de haute solitude, habité d’un silence originel, pour réveiller en moi l’envie de pouvoir tout abandonner. Je ne parle pas de fugue, ni d’un simple vague à l’âme. Je ne parle pas, ni de nostalgie ni de rêvasserie. Je parle d’un irrépressible élan de l’être, d’un appel inexplicable, urgent, profond, extravagant, à tout abandonner. Et partir loin des incompétents sur l’infini du large.

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Vers l’infini…

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