Amazing grace…

Détails d’architecture, Mad, Paris, gildalliere, 2020

Amazing grace, how sweet the sound, that saved a wretch like me!
I once was lost but now I’m found, was blind, but now, I see.
‘Twas grace that taught my heart to fear, and grace, my fears relieved.
À l’heure où pour la première fois j’ai cru. 
De nombreux dangers, filets et pièges j’ai déjà traversé.
C’est la grâce qui m’a protégé jusqu’ici, et la grâce me mènera à bon port.
Le seigneur m’a fait une promesse, sa parole affermit mon espoir ; Il sera mon bouclier et mon partage,
tant que durera ma vie.
Yes, when this flesh and heart shall fail, and mortal life shall cease, I shall possess, within the veil, a life of joy and peace.
The earth shall soon dissolve like snow, the sun forbear to shine ; but God, who called me here below, will be forever mine.

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Amazing grace…

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L’élégance…

Escalier de l’hôtel de Sandreville, 26 rue des Francs Bourgeois, Paris, gildalliere, 2020

Combien de vestibules traversés pour cadrer les départs d’appuis ornés de volutes, d’arabesques et d’entrelacs végétaux, pour fixer l’éclat de la ferronnerie dans une demi-obscurité ?
Combien de marches d’escaliers gravies pour saisir, telles des épures, les courbes du métal ?
Mon regard arrache l’œuvre du serrurier de la banalité utilitaire et quotidienne et lui redonne, grâce à la puissance de la photographie, sa qualité d’œuvre d’art. Tout se passe ici, comme si un mouvement ininterrompu venait bousculer l’ordre des lignes fardées d’un soupçon de lumière et de silence.

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L’élégance…

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De la poussière à la poussière…

Couronne mortuaire, cimetière de Montmartre, poussière, Paris, gildalliere, 2020


Ettore Sottsass a écrit à propos du cimetière : « d’une certaine façon, nous couvrons toujours de fleurs, de nostalgie, tout ce qui ne nous a pas réussi, tout ce qui ne nous réussira jamais, tout ce qui n’a jamais réussi à personne, c’est-à-dire tout ce qui ne pourra jamais nous réussir ». Je suis resté longtemps immobile près de cette tombe abandonnée, mon trépied sur les genoux, à la fois recueilli, hébété, silencieux. Et vide. Mon corps est froid, l’extrémité de mes doigts, glacée. Une vie défile à toute allure devant mes yeux. Ce n’est pas la mienne, mais celle de cette couronne de roses en céramique qui, sous la poussière du temps cache des os, et un son muet. Ce qui reste réellement de lui : son absence. Dans le silence suspendu, je cadre l’autre réel, de la poussière à la poussière. 

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De la poussière à la poussière…

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Il pleut partout…

Pluie rue de la Bonne, Montmartre, Paris, gildalliere, 2020

Quand on sent la pluie tomber, on imagine un ciel lourd, couleur graphite monter dans les veines de la butte Montmartre, et le vent chuchoter dans les arbres. Les mots dans le corps, le corps marchant, parapluie tendu jusqu’au gris, écrivant des phrases, arrachant les lettres aux galets luisants, les lançant dans l’azur, les mélangeant à tout : aux branches, à la lumière du réverbère et à la dynamique du mur. Il pleut partout, un crachin implacable, brouillard d’eau qui tombe comme un murmure sur le pavé glissant. La nuit glacée rend les noirs et blancs somptueux, la silhouette du mobilier urbain, gracile, le granite des trottoirs d’une étrange beauté.

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Il pleut partout…

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En toute liberté…

Tombe d’Otto Klaus Preis, 1936-2003, bronze représentant Jabel le berger, un des trois fils de Caïn de Paul Landowski, cimetière de Montmartre, Paris, gildalliere, 2021

L’allemand Otto Klaus Preis s’installe à Paris à la fin des années 1950 pour rejoindre la maison Nina Ricci où il entre comme dessinateur. De la haute couture à l’amour de l’art, il n’y a qu’un pas, franchis en 1972 quand il achète l’hôtel particulier de la nouvelle Athènes. Ce lieu d’exception deviendra l’écrin de sa collection vouée à différents artistes de la seconde moitié du XIXe siècle. À sa mort, en 2003, un jeune homme de bronze marche sur sa sépulture d’un pas résolu, la tête aimantée par la cime des marronniers du cimetière de Montmartre. Ce jeune homme représente Jabel, le berger, frère de Jubal, le poète et Tubalcaïn, le forgeron. Ce groupe de bronze qui se trouve sur la terrasse du bord de l’eau dans le jardin des Tuileries s’inspire de trois jeunes tunisiens, marchant fraternellement unis, sans aucun sentimentalisme. Dans ce brouillard de cendres, la virilité de Jabel se perd dans la contemplation d’elle même, et c’est l’azur du ciel qui colore sa course, vert-de-gris, vers l’avenir. Dans les décombres de la mort, le corps magnifique de la statue de Paul Landowski, s’expose à l’indifférence des cieux.

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En toute liberté…

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Où va le flou ?

Rue de la Bonne, Paris, Montmatre, gildalliere, 2020

Rue de la Bonne, face au Carmel de Montmartre, il pleut de l’ombre. Le temps s’arrête, le ciel se fige entre les branches des arbres. Quelque chose passe. Est-ce un homme ? Est-ce son ombre où seulement sa trace demeurée-là ? Ce qui frappe c’est ce halo de lumière qui cerne le mystère de la vie. Le réverbère est comme une apparition sortie du noir. Le temps est désarmé, vidé de la pluie qui est tombé toute la journée. Sous la lumière, les pavés résonnent, l’ombre s’échappe, la beauté se faufile le long du mur de pierres dans une perspective inhospitalière. Mais où va le flou ? 

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Les emmarchements de l’histoire…

Escalier de l’hôtel de Sandreville, 26 rue des Francs Bourgeois, Paris, gildalliere, 2020

En plein cœur du Marais, l’architecture classique joue un rôle essentiel. Recherche de la profondeur, succession de plans, recul pris par rapport au rez-de-chaussée, le cadrage de l’escalier de l’hôtel de Sandreville occupe tout l’espace. Le sens des pleins et des vides est dominé par la maîtrise de la perspective. Le sens des volumes et le jeu des emmarchements traduisent un emboîtement de formes ou la rigueur domine, accentuée par les jeux de lumière et d’ombre et même le léger balancement de la lanterne suspendue. La rampe est plongée dans l’obscurité pour que l’œil se concentre sur la vue de la cour intérieure, baignée de lumière. 

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La liberté de l’ornement…

Le petit bureau, où salon anglais, musée Nissim de Camondo, Paris, gildallière, 2020

Le petit bureau aux murs tendus de soie cramoisie est aménagé avec raffinement. Moïse de Camondo redresse toutes les idées fausses sur un style où la discipline n’est pas moins importante que l’imagination, où la pensée du tout prime sur la liberté de l’ornement, où la soumission à la règle compte plus que le caprice de la fantaisie. Ici, l’exceptionnel ensemble d’esquisses montrant divers épisodes des chasses du roi Louis XV, voisine avec des Guardi. Une série de médaillons de terre cuite par Jean-Baptiste Nini représentant les profils de personnalités du XVIIIe siècle constitue une saisissante galerie de portraits. Le baroque souvent jugé comme une explosion désordonnée d’extravagances est au contraire l’art qui exige le contrôle le plus stricte. Malheureusement il va falloir patienter au moins trois semaines encore pour visiter un musée.

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Poésie urbaine...

« La fragilité épuisée prendra les armes pour seulement défendre son intimité », Josée Yvon, Jacques Grange, Jardin du Palais Royal, Paris, gildalliere, 2020

« La fragilité épuisée prendra les armes pour seulement défendre son intimité ».

Avec quel crayon écrire une phrase. Avec quelle aquarelle dessiner un jardin. Tu repères ton banc à travers les allées et c’est ton souffle qui agite les arbres. Tu es seul et les murs effeuillés du Palais Royal ne recèle aucun message. Ils ne racontent pas non plus la douleur de celui qui l’a bâti, les empoignades entre les vents rivaux sous sa fenêtre incapable de déchiffrer leurs hurlements. Deux pigeons suivent les méandres de leurs plumes sur ta page. Jacques est passé par là, déposer la citation de Josée Yvon qui habite aux confins de l’écriture québécoise.

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Les courbes du temps…

MAD, musée des Arts Décoratifs, escalier, Paris, gildalliere, 2020

Bye bye 2020 et welcome 2021, mais en même temps rien a changé. Et que dire de la culture ? Que dire des courbes de la nouvelle architecture du Musée des Arts Décoratifs : le MAD ?
Dans cet espace vidé de ses visiteurs, il se dégage une puissance tellurique venue d’ailleurs. Cette écriture linéaire, précise, minimale, fluide, radicale, aérienne, montre la nostalgie d’un futur qui appartient au passé, comme un temple moderniste fossilisé dans un avenir utopique qui n’a pas eu lieu. Un décor à échelle réelle, où la fiction se mélange à la réalité. La beauté brutaliste de ce ruban de béton, atterri au milieu de nulle part, est aujourd’hui gelé par la pandémie. Pour combien de temps encore ?

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Les courbes du temps…

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