
Le mur ne cherche pas à séduire. Il appartient à la terre. À Ustaritz, Emilio Duhart et son fils Émile ont dessiné cette maison comme un hommage au Pays basque. Chez eux, la modernité ne s’impose jamais : elle s’efface devant la pierre, la lumière et le paysage. Emilio Duhart, Prix national d’architecture du Chili, fut l’un des grands architectes du XXᵉ siècle. Formé à Harvard auprès de Walter Gropius, il travailla également dans l’atelier de Le Corbusier avant de réaliser des œuvres majeures, comme le siège de la CEPAL à Santiago. Pourtant, après une carrière internationale, c’est à Ustaritz, terre de ses ancêtres, qu’il choisit de construire sa propre maison et de terminer sa vie. Dans ce mur, on retrouve toute sa philosophie : une architecture qui ne domine pas le lieu mais qui l’écoute. Chaque pierre semble avoir attendu des siècles avant de trouver sa place. La fenêtre, discrète, n’interrompt pas le silence ; elle l’habite. C’est peut-être cela, la véritable élégance : bâtir une maison qui donne l’impression d’avoir toujours existé. @gillesdalliere









