Le chant des couleurs

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 Il faut rendre hommage à l’architecte Charlotte Macaux Perelman et à Alexis Fabry. Il ne faut pas oublier le scénographe Hervé Sauvage pour l’extraordinaire mise en scène du monde d’Hermès à Milan. Sept blocs monochromes où les pans de murs se croisent pour donner naissance à des équilibres de présentation rigoureux. Les rapports chromatiques reposent sur une gamme de coloris vivement contrastés. Les murs, savamment habillés de zelliges, font danser la géométrie de leurs formes par la couleur. Les lignes verticales plongent dans les horizontales, une vision abstraite ou la lumière crée des diffractions étudiées. L’âme des formes, le chant des couleurs, la transparence de la matière, sont sous contrôle pour mieux ordonner et classer les collections exposées devant des rouleaux de papier dessinés à la main. Une promenade de rêve dans la ville.

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Le chant des couleurs

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Open Sky

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Photo/Gilles Dallière

Il ne faut pas rater l’installation de la marque COS qui fait appel à l’artiste américain Phillip K. Smith III pour imaginer un éventail de miroirs monumental au cœur même de la cour du Palazzo Isimbardi. Les grandes lignes pures d’Open Sky, débordent de mouvement, elles reflètent et fragmentent tous les jeux de l’architecture historique de ce palais italien du XVIe siècle. Plus on s’en approche et plus le bleu du ciel de Milan agresse le soleil qui paraît ne plus être à la hauteur de ses multiples réflexions. À nous de zoomer dans l’abstraction des jeux de lignes et des nuages qui s’y reflètent, balayés par le vent.

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Open Sky

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Cadrage

Rue Jean Goujon, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dalliere

À Paris, rue Jean Goujon, j’ai trouvé que cette porte, cette vitrine, ce regard, étaient vraiment dessinés pour durer éternellement. J’ai figé l’arrondi avec l’œil de verre de mon appareil-photo. Un œil fixe comme un œil artificiel. J’ai figé l’image comme pour en faire une carte postale et je m’aperçois que je n’ai même pas un timbre sur moi à coller dessus pour l’expédier quelque part.

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Effets de relief

Motifs, cage d'escalier,Milan, gildalliere
Photo/Gilles Dallière

Dans le monde du design, au détour d’une installation, je suis émerveillé par les motifs sublimes et déconcertants de cet escalier milanais. Ils tremblent, se compriment, se déforment, et étourdissent par leurs effets de relief. Ils flattent le sol de cette entrée par un jeu d’à-plats géométriques inspirés qui structure chaque palier.

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Comedia dell’arte

L'orangerie, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Ce célèbre tableau du musée de l’Orangerie est une commande de Paul Guillaume à André Derain. Il représente deux personnages de la Commedia dell’arte italienne : Arlequin dans son costume à losanges colorés, coiffé d’un bicorne et Pierrot dans son habit blanc à collerette, la tête recouverte d’une calotte noire. Ils sont figurés sur un fond neutre, dans une danse sans fin, tels des marionnettes ou des pantins. Leur regard ne se rencontre pas et l’expression de leur visage est grave. Ce que l’on sait, c’est que Pierrot est le portrait de Paul Guillaume et il y a dans ses yeux beaucoup de mélancolie.

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Pose

Vincent, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

On imagine sans peine le découpage de la fenêtre dans l’œil de Vincent. Il se tient là, obéissant, assis dans la lueur blafarde du printemps. Il ne bouge pas, il en oublierait presque son rendez-vous, la moitié du visage prise dans la pâleur filtrée du voilage. À dire vrai, la lumière prend une couleur froide et terne, comme si les rayons de soleil venus à grand-peine de la rue jusque-là avaient perdu la force d’éclairer. Comme si ils étaient anémiés au point de n’avoir plus d’autre pouvoir que de souligner le profil hispanique de l’homme aux mains d’argent.

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La main courante

Passage Vero Dodat, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

En sortant de la Galerie du Passage où Pierre Passebon expose avec maîtrise l’œuvre décorative et parfois monumentale de Giuseppe Ducrot, je suis rentré par curiosité dans cette cage d’escalier et je me suis mis à cadrer le tracé vertical de sa main courante. Tout au bout de cette ligne, il y a une intensité lumineuse bien supérieure à la réalité. Le contour de la rampe est estompé par une sorte de halo vibrant qui la magnifie. Elle descend vers le flou d’un noir qui respire le temps passé. La profondeur est fictive, l’image est plate, elle s’oppose parfaitement au travail de Giuseppe qui lui, fait rentrer l’esprit dans la matière en sculptant avec relief le baroque revisité de ses céramiques jaunes.

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La main courante

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