Cuvée Saint-Urbain

Altan,gildalliere, 2019.
Photo/Gilles Dallière/Portrait/Altan/Paris

À mon approche un gargouillis rieur s’éteignit dans l’air, celui de son téléphone portable. Il se redressa, posa son verre en cristal de Baccarat sur le bord de la commode. Mon regard de photographe interrogateur et soucieux, glissa du visage barbu et pâle, surmonté d’un toupet de cheveux drus et noirs au verre à moitié vide d’un vin de Bourgogne, cuvée Saint-Urbain, Marsannay, 2012. Un silence avait enveloppé cet instant d’une étrange fantômalité.

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Cuvée Saint-Urbain

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Les clés du décor

Escalier d'Honneur de l'hôtel de la Monnaie, gildalliere, Paris, 2018
Photo/Gilles Dallière/Hôtel de la Monnaie/Escalier d’honneur/11 quai de Conti

Faisant montre d’un dessin tout à la fois sobre et savant, les balustrades du plus bel escalier de Paris espacent leurs motifs de minces socles ornés de couronnes de laurier. Le motif en frise, et celui venant orner les sous-pentes des volées de marches témoignent des formes géométriques, et surtout de la sobriété du « goût à la grecque » à la pointe des évolutions stylistiques du XVIIIe siècle. Le sol en damiers, à la fois patinoire et tremplin, plante le décor. Partout des colonnes et un ciel peint en trompe-l’œil et au sommet une fenêtre sur le temps. L’espace est pur et rigoureux, sans aucune transparence aux états du dehors : la pluie.

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Les clés du décor

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C’est le plus bel escalier de Paris

Plafond de l'escalier de l'hôtel de la Monnaie, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Escalier d’Honneur/11 quai de Conti/Monnaie de Paris

Quoi qu’on dise, c’est le plus bel escalier de Paris. On loue l’extrême qualité de l’exécution, l’érudition et l’élégance du style du règne de Louis XIV. Unanimement perçu par la critique comme l’un des plus beaux morceaux du nouveau bâtiment de Jacques-Denis Antoine, l’escalier d’Honneur de la Monnaie de Paris ne cesse d’étonner par une ampleur et un raffinement qui, en son temps le laissaient sans équivalent. Occupant un volume d’une hauteur égale à celle d’un immeuble de six étages, il déploie noblement quelques quarante degrés qui, du niveau du vestibule aux colonnes doriques, mènent au piano nobile et aux enfilades de salons du palais. Lui-même inscrit dans un péristyle de colonnes ioniques, couvert d’une coupole percée d’un jour central et décorée d’un décor en trompe-l’œil, œuvre de Jean-Jacques Forty, l’escalier concrétise du fait de la richesse de son décor, un désir d’architecte qui ne pouvait se réaliser que dans le cadre d’une commande royale.

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C’est le plus bel escalier de Paris

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Réflexion sur l’hôtel de Salm

La légion d'honneur, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Hôtel de Salm/Palais de la Légion d’honneur/réflexion sur la sphinge de Jean-Jacques Ducel

Qui n’a pas suivi le général Georgelin dans une visite guidée de son palais de la Légion d’honneur ne peut pas comprendre l’enthousiasme qui va suivre. Avec méthode et précision, il est capable de vous faire vibrer en racontant l’histoire de cet hôtel de Salm, bâti à la fin du règne de Louis XVI. Les péripéties traversées par Lacépède, qui y installe la Légion d’honneur. La détermination du général Vinoy, qui le fit reconstruire après l’incendie de 1871. Derrière la sphinge fondue par Jean-Jacques Ducel, cinq campagnes de restauration ont permis de redonner de l’éclat à ce décor méconnu. Le grand vestibule a retrouvé sa décoration d’origine. Le salon des grands chanceliers a été rénové. Les écoinçons de la coupole ont gagnés en tonalité. Les plafonds peints des salons de la rotonde, des muses, et de l’aurore sont flambant neufs.

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Petit nu N°6

Petit nu N°6, Curiosa, Marie Pierre Morel, gildalliere, paris, 2O19.
Photo/Gilles Dallière/photogravure/Marie-Pierre Morel/Niels Schneider

C’est ma dernière acquisition : « Petit nu N°6 ». Une photogravure de Marie-Pierre Morel, tirée d’une série d’études pour le film éponyme de Lou Jeunet, d’après les photos de Pierre Louÿs. Le cadrage de ce nu masculin, académique, est soigné. La gamme des demi-teintes depuis la clarté solaire jusqu’au noir pure est parfaitement maîtrisée. À la recherche de la lumière magicienne, le corps de l’acteur vibre, et le papier sent cette vibration. Marie-Pierre travaille à la chambre, l’épreuve numérotée est tirée en gravure taille douce permettant d’obtenir grâce à la qualité du papier et au travail d’encrage une matière magnifiée dans les noirs chargés de mystères.
http://www.sitdown.fr

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Petit nu N°6

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Regarder le temps

Thibault, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Portrait/Thibault Massina/Paris/2019

Quand Oscar Wilde dit que « La beauté est dans les yeux de celui qui regarde », cela nous montre que le regard est bien plus important que la chose regardée, que c’est l’imagination contenue dans ce simple regard qui fait tout. C’est donc bien plus que de poser les yeux : il y a de la volonté, du désir, de l’intention dans le regard. Il y a des portraits réussis, d’autres pas. Chaque visage peut se cacher et parfois subrepticement se révéler. Très peu de gens sont capables de perdre le contrôle d’eux-mêmes, en un instant, et de se comporter devant l’appareil photo comme s’il n’existait pas. C’est pour cela que le photographe doit les aider et s’ouvrir à eux. Après plusieurs séances, je comprends que ce que je dis à mon modèle est bien plus important que ce que je fais avec mon appareil et la lumière.

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Béton brut

Escalier, béton, Anvers, Belgique, Boris Vervoordt, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière/escalier/Boris Vervoordt/Anvers/Belgique

Lundi 13 mai, la pluie a cessé, et un pâle soleil éclaire la cathédrale. L’escalier file vers le ciel. Une porte en bois, creusée dans la pierre reste fermée, la chaux s’effrite comme si les termites avaient fait de la dentelle dans le mur. Une fine lumière bleue filtre à travers la fenêtre. J’ai descendu les quelques marches de cet escalier en colimaçon intelligemment intégré. Sans ornementation et en béton brut, il apporte de l’ampleur à la construction moyenâgeuse. J’ai retenu mon souffle et je suis parti.

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