Revenir à soi

Street photography, Bénares, Inde, 2008
Photo/Gilles Dallière

Les larmes me viennent aux yeux à la seule pensée de quitter les rives du Gange. En glissant silencieusement sur la dalle des morts, je l’ai trouvé là, sans femme, sans amis, sans famille, allongé à même le sol,dans les rides de sa face terreuse. Il tend sa jambe douloureuse comme une ombre noire alors que l’autre, repliée sur le clair livide de son dhoti, semble insensible à l’ocre jaune qui l’entoure. Le lit creusé du fleuve s’efface quand le soleil s’en mêle et au plus haut du ciel, ce qui n’apparaît pas ce découvre enfin. La main sans l’ongle, la bouche sans dents, l’œil sans l’œil mais le cœur avec le cœur.

Clichés/architecture, Clichés/photos, Clichés/voyage

Revenir à soi

Image

Une saison sensible

Altan, Palais de Tokyo, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Au Palais de Tokyo, cette sensation d’un vertige noir persiste. Impassible, le regard tendu vers son portable, il observe les images errantes qui défilent dans son esprit virtuel. Seul, noyé dans cette ombre instable et mouvante qui met en avant l’œuvre exposée de l’artiste américain Theaster Gates, je l’ai dévisagé en silence, cherchant dans ses traits le dessin du visage dont, malgré moi, j’ai gardé l’image intacte. Autour de nous, partant d’un épisode spécifique de l’histoire américaine, l’artiste initie un nouveau projet explorant les histoires sociales de la migration et des relations interraciales.

Clichés/architecture, Clichés/expositions, Clichés/photos

Une saison sensible

Image

La flottaison de l’âme

Escalier du Palais des Ministères, Chandigarh, gildalliere, 2010
Photo/Gilles Dallière

Le corps suspendu entre ciel et terre et la jubilation que j’éprouve m’imposent une halte. Le temps s’est arrêté. Devant moi le site du Capitole s’imprime sur la toile des contreforts de l’Himalaya. Dans se monde administratif devenu tout à coup immobile, j’ai vu l’essence de la beauté. La rampe du Palais des Secrétariats est là, en contre bas, devant moi. Elle exhibe sans ambiguïté sa fonction esthétique d’une grande beauté, cassant le rythme des supports de béton ancrés tout le long de la façade. J’ai scruté pendant des heures cet insondable enchevêtrement envoûté par Je ne sais quoi de silencieux. L’étendue est si vaste que mon monde est devenu trop étroit.

Clichés/voyage, Clichés/photos

La flottaison de l’âme

Image

Les archives du vent

Le toit du Secretariat, Chandigarh, Inde, gildalliere, 2010
Photo/Gilles Dallière

À Chandigarh, sur la dalle horizontale de la gigantesque terrasse du Palais des Ministères, les archives du vent opposent le béton discipliné à la misère spontanée. Secrètement accordé au chaos qui m’habite depuis mon réveil, cloué sur mes jambes par une bourrasque cinglante, je fais face au naufrage de ce monolithe couché. C’est une journée glacée dans son immobilité. Une journée éternelle dans le silence vide d’une planète morte. La sombre carcasse du lit lamellé par la misère lui prête une beauté brutale. Le regard tendu sur les géométries, j’observe le travail de l’architecte, interrogateur et soucieux. Le silence enveloppe cet instant d’une étrange fantômalité.

Clichés/architecture, Clichés/photos, Clichés/voyage

Les archives du vent

Image

Le monde est une fenêtre

Détail du palais des assemblées, Chandigarh, gildalliere, 2010.
Photo/Gilles Dallière

La structure du Palais des assemblées à Chandigarh, est percée d’alvéoles où l’Inde a repris ses droits. Les différentes peaux de béton s’épuisent au soleil et donnent l’image improbable de ce que l’architecture n’est plus. Le monde est une fenêtre et dans cette croisée, le vent respire. Les formes géométriques s’enchevêtrent, les draps froissés de poussière dissimulent la misère perchée sur les balcons. Les horizontales s’opposent aux verticales, les pleins aux vides, le doux à l’abrupte, la perspective fuit le jeu de la lumière mouvante. Tout coule, tout vibre sous le soleil d’hiver, magnifique horizon himalayen. L’essentiel est nu.

Céramique, Clichés/architecture, Clichés/photos, Clichés/voyage

Le monde est une fenêtre

Image

Ouverte aux quatre vents

La tour des ombres, chandigarh, gildalliere, 2010.
Photo/Gilles Dallière

À Chandigarh, la lumière peut-être magnifique. Dans la halle ouverte aux quatre vents de la Tour des Ombres, le rythme des brise-soleil est parfaitement millimétré. La beauté esthétique y prévaut autant que la fierté, l’humilité, et la force de l’architecture. Mais c’est une autre dimension qui naît précisément de cette élégance qui rompt délibérément la symétrie de l’immense esplanade. Mon objectif s’y attarde, exploitant les pleins et les creux de ces lignes enchevêtrées. Une inventivité qui donne aux ombres une dignité singulière. Elles sont les armes contre la rudesse de Sūria, le dieu soleil.

Clichés/architecture, Clichés/design, Clichés/photos, Clichés/voyage

Ouverte aux quatre vents

Image

Institutions

Haute cour, Chandigarh, inde, gildalliere, 2010
Photo/Gilles Dallière

« Ce mot pour te dire que le palais de la Haute Cour où près de 1000 ouvriers et femmes et ânes s’activent est tout simplement extraordinaire. C’est une symphonie architecturale qui dépasse tous mes espoirs, qui éclate et se développe sous la lumière de façon inimaginable et inlassable. De près, de loin, c’est une surprise et une provocation d’étonnement (…) »
Le Corbusier. Chandigarh 1954

Clichés/architecture, Clichés/citations, Clichés/photos, Clichés/voyage

Institutions

Image