
Cheveux blonds militaires, corps mince tatoué, regard velouté. Léo est plongé dans ses rêves. Il ne pose pas. Il regarde ailleurs. Quelque chose l’attend hors du cadre. @gillesdalliere

Cheveux blonds militaires, corps mince tatoué, regard velouté. Léo est plongé dans ses rêves. Il ne pose pas. Il regarde ailleurs. Quelque chose l’attend hors du cadre. @gillesdalliere

Fujiko Nakaya travaille depuis plus de cinquante ans avec ses « sculptures de brouillard ». Elle ne cherche pas à le représenter, mais à produire une matière instable qui dépend de l’air, de la température, de l’humidité et des mouvements des visiteurs. À la Bourse de Commerce – Pinault Collection, elle confronte cette matière insaisissable au béton de Tadao Ando. Le véritable sujet est finalement ce que l’on croit voir. Et là, son travail devient presque philosophique. Ici, les corps disparaissent. Il ne reste bientôt que des présences, quelques gestes, une conversation, puis plus rien. @gillesdalliere @boursedecommerce

À la Bourse de Commerce – Pinault Collection, au centre de la rotonde, dans la brume de Fujiko Nakaya, sculpture de brouillard, intitulée « Cloud #07156 », les corps disparaissent, les silhouettes flottent, et il cherche son visage. @gillesdalliere @boursedecommerce

Toute foule finit par disparaître. Il suffit parfois d’un peu de brouillard, parfois d’un peu de mémoire. Alors ne reste que ce jeune homme dont la superposition des vêtements et l’élégance résiste au tumulte. Le reste s’efface. À la Bourse de Commerce – Pinault Collection, au centre de la rotonde, Fujiko Nakaya ne sculpte pas le nuage. Elle révèle cet instant où le silence reprend possession du monde. @gillesdalliere @boursedecommerce

Au trinquet, les hommes parlent peu. Ils frappent. La balle répond mieux que les mots. Les cris rebondissent contre les murs, la sueur dessine des géographies invisibles sur les maillots, les respirations se heurtent au rythme des échanges. Ici, la masculinité n’est ni une posture ni une démonstration. Elle est une intensité partagée, une manière d’habiter le corps, d’éprouver sa force à celle des autres, puis de s’asseoir ensemble comme si rien ne s’était joué. Le trinquet est un théâtre sans décor où chaque partie réveille une mémoire plus ancienne que les joueurs eux-mêmes. @gillesdalliere

Face à l’immensité de l’océan, chacun cherche sa place. Certains contemplent l’horizon. D’autres contemplent ceux qui le contemplent. C’est souvent là que commence la photographie. @gillesdalliere

Un corps minuscule (enfin), allongé au bord de l’océan. Rien ne se passe, sinon l’essentiel. La mer respire, les pierres veillent, le sable efface les traces. À force de silence, le paysage finit par entrer en nous. L’extase n’est pas un éblouissement. C’est le moment où l’on cesse d’être au monde pour avoir enfin le sentiment d’en faire partie. @gillesdalliere

Le couvent des Récollets retient son souffle. Les fresques architecturées s’effacent sous une brume qui ressemble davantage à un souvenir qu’à un nuage. Chaton est là, immobile, dans la blancheur de sa large robe d’été. Elle n’attend pas un miracle, elle lui fait une place. Les apparitions ne viennent pas toujours à ceux qui les invoquent. Elles préfèrent parfois ceux qui savent demeurer en silence. Le reste appartient au regard de celui qui entre dans l’image. @gillesdalliere

Il y a des architectes qui bâtissent des maisons. Émile Duhart, lui, construit d’abord des instants. Au Pays basque, lorsque le repas s’achève et que les assiettes gardent encore le souvenir des conversations, il saisit sa guitare. Les plans, les volumes, les chantiers s’effacent. Ne restent que ses filles, leurs regards, leurs voix, leurs rires. La musique prolonge la table comme une lumière qui refuse de quitter le jour. On pourrait croire qu’il joue pour les autres. En réalité, il joue pour retenir le temps. Chaque accord est une manière de dire que le bonheur n’a pas besoin d’apparat lorsqu’il trouve sa place au milieu de sa famille. @gillesdalliere

Pour la maison Barbera, à Bidarray, l’hospitalité n’est pas un métier, c’est une vocation. Depuis des générations, cette auberge datant du XVIIème siècle accueille les voyageurs, et chaque repas prolonge une histoire plus ancienne que ceux qui la racontent. La table est mise, les assiettes alignées, les verres captent la lumière de la basse Navarre comme on recueille la promesse d’un bon vin. La famille Elissetche nous reçoit, les assiettes traditionnelles et gourmandes circulent de main en main, et lorsque l’émincé de morue sauce à l’ail et l’agneau de lait des Pyrénées sont terminés, il reste sur cette nappe basque quelque chose d’invisible, ce que seules les familles savent laisser derrière elles : la preuve discrète qu’une table peut aussi être un héritage. @gillesdalliere @hotelrestaurantbarbera