« La mort est le sacre du génie »…

La Circassienne, jardin des Biehn, Fès, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Fès/Le jardin des Biehn

Balzac a écrit : « La mort est le sacre du génie ».
Michel, tu étais pour moi une force brute. Un homme carré, généreux, talentueux, aussi haut que large et pas toujours du genre à arrondir les angles. Tu grouillais clair dans ton nouveau palais, vert, mais tu nous a quitté ce matin. Tu avais pourtant une envie lumineuse d’avancer. Je t’ai vu pour la dernière fois en février. L’escalier était raide, tu l’empruntais à ton rythme, doucement. Sans faillir. Depuis l’histoire de la princesse aux petits pois, il y a 30 ans, mon admiration a toujours été douce, polie, respectueuse. Ta famille autour de toi a établi une cour d’amour, un espace sacralisé. Aujourd’hui il y a du vide, un grand vide. Mais il y a Catherine, Jeanne, Paul, Louis, et tes petits enfants. Il reste tes rêves, tes livres, ta gourmandise, ta passion pour les étoffes et les costumes anciens, ta conversation des objets, ton jardin, du moins devrais-je dire votre jardin : le jardin des Biehn. Face à cette chaude fanfare de couleurs, je reste à tout jamais marqué par la richesse de ton art de vivre. Merci.

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« La mort est le sacre du génie »…

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Mille et un passages

La médina, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/La médina de Fès/Maroc

Parce que nous sommes confinés, je ne peux pas souhaiter l’anniversaire de Laurence comme je le désirerais. Je lui dédicace cette image…
Backstage, la géométrie est là, dense comme un cri de douleur, un sanglot de rage. Elle ne cherche pas à plaire, à charmer, elle agresse le silence, le malmène, le bouscule. Telle est la médina, menacée, fragile, mais toujours prête à exposer ses ruelles prolongées comme un fond de décor opératique. Derrière les murs, la scène, côté cour, côté jardin. J’imagine un mobilier moderne aux lignes pures, en harmonie avec des tissus soyeux et un petit nombre d’objets étranges qui sembleraient provenir d’un magasin d’antiquités. Ils suggèreraient par leurs formes dépouillées un théâtre idéal où tout ne serait que « luxe, calme et volupté ».

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Mille et un passages…

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Composition…

Détail, médersa Cherratine, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Médersa Cherratine/Sol/Fès/Maroc

Jamais je n’avais regardé avec autant d’avidité, d’émerveillement, le ciel, les nuages et la terre. C’est grâce aux couleurs que nous lisons le monde. Les zelliges de cette médersa, posés les uns à côté des autres, ont leurs histoires. Des histoires de couleurs tendres, accompagnées de poésies, et de prières, de chants profonds, et d’incantations. Il ne faut pas la gaspiller. J’ai autant de peine à gaspiller de la couleur qu’à gaspiller les mots.

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Composition…

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La beauté enceinte…

Médina, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Fès/Médina

Égaré dans la ville, je me balance au bord du vide où je me vois immobile jusqu’à imaginer que les murs se rapprochent curieusement pour mieux se confiner. La rue en pente a poussé le ciel. Les façades, roses brique et pierre ocre s’agrippent aux étais qui égrènent l’ombre de leurs lignes géométriques. Les rues et les ruelles, de leur beauté enceinte, ruissellent vers les portes et les places emportées par les plis des créneaux couronnés qui confinent l’impériale cité.

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La beauté enceinte…

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Contraste…

Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Fès/Maroc

Entre faire et défaire, je tourne autour d’un petit paysage dont rien n’est le centre. L’horizontalité et la verticalité des lignes m’en éloignent. Elles s’accumulent allant davantage vers le noir. Rien ne s’échappe de cette lumière. Chaque mot écrit échappe à ce qu’il dit. Puis il y a cette recherche jour après jour de ce qui c’est retiré. Le ciel entier se précipite dans la pièce.

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Contraste…

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L’insondable infini…

le Mellah, cimetière juif de Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Le Mellah/Fès/Maroc

Le silence est là. Sans fleurs ni couronnes. Au milieu du Mellah face aux tombes alignées et immaculées, le ciel ne s’occupe que de lui-même. Le silence qui précède le crépuscule est pétrifié par le vent compatissant de nostalgie. Tout ici est retourné dans l’insondable infini et dans ce désert de courbes toute la tristesse du monde se dissipe dans les airs.

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L’insondable infini…

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Le monde à ma fenêtre…

Les sultanes, le jardin des Biehn, Fès, Médina, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Les Sultanes/Le jardin des biehn/Fès/Médina/maroc

Il est sept heure du matin, j’ai tiré les épais rideaux de la suite « les Sultanes » pour laisser passer la lumière de la galerie qui donne sur le patio. Un rayon de soleil s’invite sur les zelliges bleus, caressant les courbes de l’ouverture mauresque. Il vient s’étaler là pour reprendre son souffle avant d’aller brûler le moucharabieh de la terrasse ouverte sur les tombeaux des Mérinides. Sur le lit défait, le rayon vient alors s’allonger, déposant un baiser en guise de bonjour, puis il se retire en silence. Il ne reste de sa présence qu’une douce chaleur sur mon corps allongé.

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Le monde à ma fenêtre…

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