Il est l’or…

Méditation à la Schwedagon, Yangoon, Birmanie, Nyanmar, gildalliere, 2005

Au pied de la schwedagon, immense pyramide en forme de cloche, il y a de l’or partout ; auprès et au loin, de l’or se détachant sur de l’or. Tout autour se groupent en cercle une multitude de choses aussi follement dorées et aussi pointues, qui toutes s’amincissent en flèches dans l’air. On dirait presque des bosquets de longs ifs d’or ; mais ce sont des pagodes d’un luxe inouï, entièrement brillantes depuis le faîte des clochetons jusqu’au sol. Les birmans, en adoration souriante, avec des gardénias plein les mains, font lentement le tour de cet amas de joailleries, par une voie circulaire qui, du côté extérieur, est bordée d’autres pagodes aussi toutes en or, et qui est close au-delà, un peu sombrement, par l’épais rideau vert des feuillages, par les grandes palmes et les éventails du bois. Sous le ciel vert du soir où s’effilent des petits nuages couleur de braise rouge, la robe pourpre des bonzes s’incline dans l’attente de jours meilleurs.

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Il est l’or…

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La femme sans ombre…

La dame de compagnie, Yangoon, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Aunty Tay n’a plus d’ombre. J’ai été frappé par son élégance, ses cheveux noirs de jais noués en un chignon, elle était d’une incroyable beauté et le sourire était son charisme. Ses yeux se remplissent derrière ses paupières de froissements d’ailes, comme dans une volière. Entre celle qui part et celui qui revient, je m’éternise serrant sous l’ombre de mes cils ; l’invisible. Mes yeux se ferment sur les pagodes d’or, les courbes du fleuve Irrawaddy, la méditation, et la junte militaire l’emporte comme un aveugle illuminé. 

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La femme sans ombre…

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L’intranquillité…

Birman, Yangoon, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2006

Je vous écris depuis plusieurs jours d’un pays qui est de nouveau sous le régime d’une dictature militaire injuste. Au moins 18 personnes ont été tué ce dimanche 14 mars dans les manifestations contre le coup d’état au lendemain d’un vibrant appel à la résistance dans la capitale. La loi martiale y est d’ailleurs décrétée. Les birmans ne nous ressemblent pas. Ils ont la pureté d’un rubis fiché au fond du regard. Les yeux de ce jardinier sont dans le vide. Il retient du vent son haleine. Il étire au ralenti l’éventail de sa vie. Un simple longyi drapé autour de la taille suffit à le faire apparaître en majesté. C’est comme mon frère, à la différence près que ses veines saillantes sont irriguées d’intranquillité.

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L’intranquillité…

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Cliché de voyage…

Douche sur le bord de l’Irrawaddy, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2006

J’ai cadré serré, capté, un bref instant dans le viseur de mes souvenirs cet instant donné., miracle ordinaire, ce jeune homme très digne qui se lave au bord de l’Irrawaddy. Image-affection par excellence, seule la qualité de la présence et du geste étant exprimée au détriment de toute actualisation. Il m’a regardé du fond du temps. Il a jeté son eau au-dessus de son épaule et les gouttes se sont comme incrustées dans l’épaisseur du grain photographique. Portrait humain arraché aux spirales de mon carnet de voyage en Birmanie.

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Cliché de voyage…

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Le collectionneur…

Collection d’encriers chinois, Birmanie, Yangon, Myanmar, gildalliere, 2006

Il faut savoir regarder les choses en face, j’ai hérité de la passion des objets. Je ne sais toujours pas de qui je tiens cette passion, en tout cas ni de maman, ni de papa. Comprenez moi bien, je tombe amoureux des objets et j’ai une dévorante ivresse pour la céramique. Elle est là depuis toujours comme une référence esthétique qui me donne un sentiment de tranquillité. J’aime ses formes, sa matière, ses couleurs. Les gens ne savent plus voir ni entendre et il faut apprendre à regarder. Apprendre à regarder c’est apprendre à trouver. Dans chaque biscuit découvert il y a une histoire, un message, l’objet doit trouver sa place et même si je suis pour l’ordre je suis aussi ouvert à l’imprévu. C’est une histoire d’amour, la plus belle et parfois je la quitte et j’aime en faire don à qui me laisse à penser qu’ils les aimeraient tout autant que moi.

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Le collectionneur …

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L’équilibre…

Le vélo birman, Birmanie, Nyanmar, Bagan, gildalliere, 2005

L’immobilité des choses n’est que pure apparence. Et si la mémoire est nécessaire pour donner du sens aux choses que je perçois, la force de cette composition réside dans un état d’équilibre miné par l’inquiétude. J’ai voulu montrer que la simplicité n’a pas de permanence, qu’elle est l’éclosion sans cesse recommencée des apparences. Ces murs se voilent d’un jus coloré inadéquat en ce sens que le ton choisi n’a aucun rapport avec le lieu évoqué. Ce vélo, ce banc, ces ouvertures d’où personne ne nous regarde, évoquent le « délavement » dû au ruissellement de la pluie pendant la mousson. Mais ils sont aussi comme des miroirs à longue mémoire à force d’absorber tant de regards distraits, résonné de tant de cris, de soupirs et de conversations. Cette image à hérité d’une âme.

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L’équilibre…

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L’air turquoise…

Au détour de la Pagode Shwezigon, Bagan, Birmanie, Nyanmar, gildalliere, 2005

Autour du temple, j’ai copié tes yeux, ton sourire, ta grâce, ton élégance. Ton bébé, comme un petit chat surpris, s’échappe de ton ombre. Il est midi. C’est l’heure où les oiseaux font la sieste dans les arbres. C’est l’heure où les insectes déchirent le bord de chaque nouveau silence avec leurs bourdonnements. Les bonzes dans la pagode sortent un à un et la brise de l’air fait un écho à leur méditation. Le vent, couleur turquoise, penche la tête et le jardin s’incline dans un parfum de fleurs.

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L’air turquoise…

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La lumière de l’ombre…

Pique-nique à Bagan, Birmanie, Nyanmar, gildalliere, 2005

Ils sont tous là aux abords du temple. Le dormeur en vain secoue de sa tête immobile un songe qui le relis à son enfance. Le tintement des gonds et des cloches de la pagode a cessé et la dernière onde sonore résonne toujours plus faible pour se perdre bientôt comme le souvenir d’un son. Sous les arbres comme sous le porche d’entrée du grand stūpa, se profile des ombres aux formes fantastiques. L’enfant moine a franchi le mur du rêve, sourire aux lèvres, énigme au cœur, et tant de nudité au visage.

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La lumière de l’ombre…

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Liberté…

Regard sur la Pagode Shwezigon, Bagan, Birmanie, Nyanmar, gildalliere, 2005

Tout est là, pêle-mêle, hier il y a eu environ 38 morts et des milliers de blessés en Birmanie. Situé à l’orée du village de Nyaung Oo, la pagode Shwezigon, couverte d’or, est le principal temple de Bagan. Je me suis assis, sans faire de bruit, derrière un vieux moine. Son ombre s’écaille sur le mur. Et tandis que je regarde tout cet or, la peur me saisit. Ces montagnes de métal scintillant m’environnent de tous côtés comme un sourire militaire, terrifiant, dur, silencieux, qui ne change ni ne bouge si bien que mon corps se met à trembler. Cet or n’a pas besoin de la lumière, ni du ciel. Il ne désire même pas la vie. Dans ces éternelles ténèbres, il demeure dur et brillant pour toujours. Je veux sortir de cette prison dorée. Je veux la lumière et le ciel. Je veux la liberté.

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Liberté…

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À l’ombre d’un sourire…

De l’ombre à la lumière, temple de Thatbyinnu, Bagan, Birmanie, Myanmar, gildalliere, 2005

Comme je m’endormais dans l’ombre des couloirs du temple Thatbyinnyu, le bouddha m’a prêté sa lumière. Son visage, blanc de tant de nuit, comme la lune quand elle est ronde, se tourne vers moi. Il me surveille du coin de l’œil. Je presse le pas entre les étages avec plusieurs ombres à mes pieds, nus. Je ne sais malheureusement pas laquelle suivre. Les carreaux de ciment, glacés, jettent sur les traverses leurs motifs par abondance, et l’odeur de l’encens se répand plus clair au fur et à mesure que je glisse. Le grand bouddha est au bout du couloir, à mi-chemin de mon amour et de son sourire.

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À l’ombre d’un sourire…

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