L’alignement…

Angle rue Fabert rue de l’université, Paris, gildalliere, 2020

Cette allée de tilleuls sur l’esplanade des Invalides représente une écriture sensible et personnelle, une invitation au voyage et à la contemplation. Un instant fragile et suspendu dans lequel le temps semble s’être arrêté. Les arbres deviennent des monuments au sens où ils évoquent la mémoire urbaine. Ici, l’arbre contribue à forger l’identité des citadins en marquant leur espace de vie.

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L’alignement…

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De la poussière à la poussière…

Couronne mortuaire, cimetière de Montmartre, poussière, Paris, gildalliere, 2020


Ettore Sottsass a écrit à propos du cimetière : « d’une certaine façon, nous couvrons toujours de fleurs, de nostalgie, tout ce qui ne nous a pas réussi, tout ce qui ne nous réussira jamais, tout ce qui n’a jamais réussi à personne, c’est-à-dire tout ce qui ne pourra jamais nous réussir ». Je suis resté longtemps immobile près de cette tombe abandonnée, mon trépied sur les genoux, à la fois recueilli, hébété, silencieux. Et vide. Mon corps est froid, l’extrémité de mes doigts, glacée. Une vie défile à toute allure devant mes yeux. Ce n’est pas la mienne, mais celle de cette couronne de roses en céramique qui, sous la poussière du temps cache des os, et un son muet. Ce qui reste réellement de lui : son absence. Dans le silence suspendu, je cadre l’autre réel, de la poussière à la poussière. 

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De la poussière à la poussière…

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Est-ce-que vous savez que vos déchets peuvent devenir des oeuvres d’art ?

La coupole du grand Palais, Paris, gildalliere, 2020

L’année est bientôt terminée. Celle de toutes les distances et malgré le couvre-feu, vous êtes bien résolus à lui faire la fête, alors je vous en supplie arrêtez de balancer tous vos déchets sur les trottoirs, il y a des poubelles pour ça. Et si vous êtes désœuvré, en mal d’amour, où le cul coincé dans l’angle de votre canapé devant une série de Netflix, voir en tête à tête avec votre première peluche, vous pouvez vous inspirer de l’œuvre de l’artiste Franck Scurti. Il réinvente le quotidien au jour le jour en ramassant tous les objets et matériaux que vous balancez négligemment dans les rues. Ses œuvres se constituent de matières dépourvues de valeurs, redéfinies et recomposées comme des rébus dont il est nécessaire de déchiffrer le sens. Emblématique de cette démarche, il a créé une guirlande, « de la maison au studio », à base de lacets noués entre eux et ponctués de petits déchets trouvés au sol. Cette ligne accrochée au clocheton de la nef du Grand Palais mesure 45 mètres. Elle est la réponse en un acte d’un artiste face à l’incivisme, l’irresponsabilité, et à une situation de crise. À vous de suivre…

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Est-ce-que vous savez que vos déchets peuvent devenir des oeuvres d’art ?

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Joyeux Noël…

Décor de Noël surdimensionné? gildalliere

C’est Noël. Alors pour commencer la journée je vous conseille d’écouter Daphnis et Chloé de Maurice Ravel et surtout le tableau numéro 3 : le lever du jour. Ce mouvement orchestrale est un chef d’œuvre. Vous assistez au lever du soleil dans une nature florissante qui se réveille et se teinte des couleurs changeantes de l’aurore. Des oiseaux piaillent, une cascade plonge dans un ruisseau. Au début vous n’êtes pas encore bien réveillé mais petit à petit les rayons du soleil percent l’horizon, promettant un jour radieux. Il monte lentement et les premières lueurs colorent les nuages de suaves nuances qui s’affermissent pour disparaître aussitôt. Des rouges, des mauves se mêlent au ciel encore sombre. C’est un rêve, le jour ouvre radieux ses bourgeons dans les champs du vide et je suis pareil à l’enfant qui appelle sa mère cent fois, heureux de pouvoir répéter : Maman, c’est Noël…
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L’essentiel…

Promenade au parc Monceau, Paris, gildalliere, 2020

Le parc Monceau, l’arbre, le chemin, la lisière, à peine écrit je sens ces mots s’organiser en système séduisant. Et voilà la pluie qui vient arroser le tout. J’ai quitté les sentiers de l’Inde pour suivre celui qui mène au centre du « Moi ». À la recherche de la réalité retrouvée. J’aime cette barrière posée en myriades d’accents. Cet écran dressé au milieu de l’allée est diapré d’innombrables images qu’y peignent le jour et la nuit, toute brutale ligne droite exclue. Cette grande parade se déploie jusqu’au ciel et la densité du silence me ramène à l’essentiel. 

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Paname…

L’hiver au Tuilleries, Paris, gildalliere, 2017

Retour à Paname. Le soleil a mis son pyjama. La roue de la fortune ne tourne plus. Le parler de mon cœur va se poursuivre désormais au milieu des klaxons de la capitale d’Hidalgo. Ce n’est qu’un après-midi enchevêtré dans la pluie et la pénombre, le vent est las et la lumière morte. J’ai partagé mon voyage à Bénarès à travers les solitudes des mondes, laissant ma trace sur maintes étoiles. C’est le parcours le plus distant qui me rapproche le plus de vous. J’ai laissé mes yeux longtemps s’égarer au loin, de l’autre côté du fleuve, avant de les fermer sur la ville sans lumière et de me dire : je suis.

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La libération…

La crémation, Manikarnika Ghat, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Ce sera la seule photo en noir et blanc de ce voyage qui arrive à sa fin. À Manikarnika ghat, ce qui brûle là, ce sont des corps. Les défunts sont enveloppés dans un tissu safran et doré, posés sur des brancards couverts de fleurs. La crémation et la dispersion des cendres dans le Gange permettent à l’hindou d’atteindre la moshka, la libération, c’est-à-dire de sortir du cycle des réincarnations. Le corps est plongé dans le fleuve, puis arrosé de beurre clarifié, le ghee. Les membres de la famille versent de l’eau dans sa bouche à cinq reprises. Le fils aîné, vêtu de blanc, tête rasée, porte le feu au bûcher et fait éclater le crâne du défunt pour libérer son âme. Maman je suis bien là pour toi. Les étoiles ont ciselé leurs annelets de lumière pour couvrir tes pieds. L’amour émane de toi ; il t’appartient de le donner et de le retenir. Mais ma tristesse est bien à moi, et quand je te l’apporte en offrande, ta grâce me vient en récompense.

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Face à face…

Ganga, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

De la terrasse du palais, après avoir compilé les tables astronomiques, je me suis penché sur le fleuve infini. Tes millénaires d’existence se succèdent pour parfaire un frêle œillet d’Inde offert à Shiva. Ici, c’est ainsi que le temps passe. Dieu prend la forme d’un guru, apparaît à son adorateur, lui enseigne la vérité et qui plus est, purifie son esprit. Pendant ce temps, le fleuve accomplit sa tâche quotidienne, il se hâte vers les rives de la cité sacrée. Face aux crémations, le bois de santal adoucit l’air de son parfum. Sous ton grand ciel, en silence et en solitude, je me tiens devant toi face à face et je plonge dans les eaux vastes de la vie. L’air est impatient de me voir revenir, le vent s’élève, un frisson effleure ton lit. Là, près du gué, dans la petite barque, un homme inconnu joue de son luth.

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Au plus près des étoiles…

Jantar Mantar, sur le toit du palais de Mana Mahala, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

Lorsqu’au matin mes yeux se sont ouverts à la lumière, je me suis retrouvé encore plus haut qu’hier sur le toit du palais du maharaja de Jaipur. C’est le Jantar Mantar. Une installation architecturale surdimensionnée de treize instruments astronomiques qui permet d’élaborer des thèmes astraux et de déterminer les dates idéales pour différents événements comme les mariages. J’ai aussitôt senti que je n’étais pas un étranger et que l’inconnaissable sans forme et sans nom m’embrassait. J’ai goûté au miel secret de cette installation qui s’étale au dessus du Gange, sur l’océan de la lumière. J’ai joué sur ces formes infinies et là, face à cet escalier, le Samrat Yantra, j’ai aperçu celui qui est sans forme. Mon corps entier a tressailli.

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À la recherche de la vérité…

Le rickshaw, Varanasi, Inde, gildalliere, 2008

J’ai retrouvé mon chemin. Je ne me suis jamais découragé d’être parti à la recherche de la méditation. Malgré les refus de moins en moins courtois des habitants, la nourriture ignifugée, la tourista en embuscade, les infirmes se traînant sur les trottoirs, les tas d’ordures, les chiens, les odeurs, la circulation assourdissante, les vaches, les singes, les rickshaws édentés, la moiteur écrasante, les guides qui vous traquent, l’Inde quoi, j’ai compris qu’au lieu de chercher ce que je n’ai pas, je dois retrouver ce que je n’ai jamais perdu.

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À la recherche de la vérité…

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