Je vais ou va le blanc…

Sous bois, Tanneron, gildalliere, 2020

Cet été j’étais perdu dans mes pensées et au détour d’un chemin le déclenchement du Leica n’a pas interrompu cette attitude. Le sentier est devenu fugitif. La forme des arbres se dessine et ce déplace comme par effraction dans une grisaille savante. Je suis happé par la lumière enveloppée d’une infinité de dégradés de gris jusqu’au plus profond du noir. Il faut accepter le flou, et ce qui frappe dans ce sous-bois, c’est ce halo de lumière qui me console de tout.

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Je vais ou va le blanc…

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L’île d’Or…

L’ile d’Or, le Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020

Les chatoiements de l’île d’Or font rêver. En 1909 Gustave Dhyeux écrit :
Île d’Or ! Île de chimères !
Île de songes très lointains…
Île rose ! Île de lumière,
Que l’eau de lazulite enceint.
Telle qu’une touffe de roses
Dans l’ardente mer bleue éclose 
Elle apparaît, radieux îlot 
Où vient se câliner le flot.
On voit, à l’aube, sur cette île 
Un léger scintillement d’or,
Alors que Phébus ne profile 
Que des bigarrures, encore.
Mais surtout elle est l’île rose,
Lorsque du soleil s’y repose.
Île de rêve, où pour mourir, 
Il serait doux de s’assoupir.

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L’île d’Or…

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Oser le flou…

L’orage sur la Promenade des Anglais, Nice, gildalliere, 2020

Nous vivons un temps où plus rien n’est certain, où l’horizon du retour à nos vieilles habitudes s’estompe chaque jour un peu plus et où la distance s’impose en règle de nos comportements. L’incivisme est de rigueur. L’égoïsme est une priorité. Le demi-savoir triomphe. L’inculture règne. La politesse de l’esprit se meurt. L’avenir s’assombrit. Le besoin de lumière et de sérénité ne peut être vraiment satisfait car l’avenir reste trouble. Je ne me lasse pas de regarder la mer au début et à la fin du jour en sachant qu’il faut s’accommoder pour le reste d’une vision mal ajustée. Alors acceptons, osons le flou sans renoncer à la lumière.

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La plage des bains militaires

Le plongeoir, aube, Nice, gildalliere, 2020

Il n’existe peut-être pas de lieu au monde qui convienne mieux à la photographie que la mer, ainsi que son exact contraire, le désert. Même si la photo est limitée par le plongeoir de la plage des bains militaires, la mer est toujours plus vaste que l’image. Elle est comme une religion. Je ne mets rien en scène. J’observe : l’écume d’une vague sur le rocher, le vent qui souffle plus ou moins fort, l’homme qui rame sur son paddle autour de la balise, l’accord des tonalités des couleurs pastel et la mer qui s’ouvre devant moi, pour moi. Et de nouveau le vide se fait immense.

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« Coquillages et Crustacés »

Les ruines du restaurant « Coquillages er Crustacés », le chemin des Douaniers, Nice, soleil couchant, gildalliere, 2020

Au-dessus du chemin des douaniers, le restaurant « Coquillages et Crustacés » est en ruine. La proue de son bateau ivre déchire l’air de la Méditerranée. Personne ne vient ici. Les bois de la terrasse ont une odeur très forte d’urine et d’algues mélangées. Seul le bateau vogue. La houle monte. Elle se courbe à l’horizon. Derrière la Baie des Anges, les signaux lumineux se dispersent. La lumière transperce presque les vagues. Tout coule dans la pénombre mordorée d’une brise vagabonde. Je vois le ciel duveté de douceur aspirer le bleu outre-mer et moi, je suis l’écume qui blanchit la lourde coque de la chaloupe éventrée.

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« Coquillages et Crustacés »

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Garde à vous…

La Promenade des Anglais après la pluie, Nice, gildalliere, 2020

La pluie mouille encore la Promenade des Anglais. Le ciel et la mer se quittent d’un trait, lumineux et maîtrisé. La vague monte. Elle s’enfle, fait le gros dos, déploie son éventail d’écume en soupirant sur les galets.l’obscurité avance. Elle baigne d’ombre l’asphalte rose tourbillonnant autour des chaises bleues alignées au garde à vous face au soleil couchant. Elle efface d’un geste le couple enlacé sous l’averse automnale. Dans le ciel, les nuages reflètent les cimes découpées de la montagne, là où la neige demeure toujours.

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Garde à vous…

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L’écume des mots…

Bord de mer, le sentier des douaniers, Nice, gildalliere, 2020

Seul, sur le quai désert, en ce matin d’automne, je regarde du côté de la mer. Je regarde l’infini. Il y a des matins qui sont comme le dernier matin du monde. Je sais déjà qu’en quittant la ville, j’aurais le mal du pays. Je regarde la vague qui casse ce qu’il reste de la géométrie d’une mélancolie de pierre. Ruines réfléchies dans les eaux agitées. Les murs écroulés ne recèlent aucun message, ne racontent pas la douleur de celui qui l’a bâtie, les empoignades entre vents rivaux sous sa fenêtre, incapable de déchiffrer leurs hurlements.

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On se fait une toile ?

Le garage, ombre et lumière, contre-jour, Saint-Raphaël, gildallière, 2020

La ténébreuse solitude de ce drap accroché à la porte fenêtre du garage me fait rêver de cinéma. 
Alors on se fait une toile ?
Au-delà du tissu, face à la piscine, au lac, et à la mer, le monde est étendu d’eau. Le vide s’est installé. Les murs n’ont pas gardé la voix des objets. Le décor est planté. Seul le contre-jour se tend avec le soleil. Il regarde passer la lumière, observe le nuage blanc des yeux et peu importe si l’envers n’est pas conforme à l’endroit, il s’obstine à multiplier ses illusions sur la faïence de la salle. Le temps passe. L’ombre fuit. Les murs ne l’ont pas retenu. Ils l’accompagneront jusqu’au soir. Alors là, les personnages pourront enfin prendre chair. Que le spectacle commence…

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Extravertis…

Les extravertis d’Eric Raffy, villa Alfonsa, le Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020

À la villa Alfonsa, Éric Raffy s’est lancé dans une exploration visuelle autour de la transsexualité. D’immenses portraits colorés expérimentent l’outrance et la sensualité. Dans leurs yeux exagérés, sur leurs bouches pulpeuses, des poussières de bleu, de rose, d’orange, de jaune, s’accrochent au gris bleuté du mur. Ces hommes suspicieux apparaissent et disparaissent selon leurs humeurs. Ils égrènent les noms des visiteurs qu’ils voient passer. Près du bureau, ceux tombés du cadre colmatent de leur salive les fissures du temps. Leurs silences tassent les meubles dessinés par l’architecte designer avec élégance. Celui-ci m’observe à travers le claustra, il m’appelle dans un bruit de toile froissée, tête posée sur le désert d’un châssis vierge, le soleil couchant le colore en rouge et au moment de partir, je lui promets de revenir. Merci mes amis.

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Le sous-bois…

Le sous bois de la plage du Dramont, Saint-Raphaël, gildalliere, 2020

J’ai dû m’arrêter à trois cents mètres de la plage, sous un bouquet de chênes rabougris. Le silence est glacé. Seul le sous-bois de la plage du débarquement du 15 août 1944 est préservé. Les grands cercles de pierres fossilisent les silhouettes inclinées des pins maritimes. Les légions de galets de porphyre bleu de l’Estérel ont roulé dans la mer. Les ombres tournent. Le crépuscule baigne les arbres d’une lumière déclinante, froide et aqueuse. La plage est désolée. Le ciel au-dessus brille d’un or qui pâlit. La clairière danse, se balance, glisse comme une carte à jouer qu’on étale. Un vol de mouette traverse l’azur en formant une série de figures qui ne cessent de se défaire et de se refaire comme le mouvement de la vague d’un bleu outre-tombe sur la lumière nacrée qui décline. Le vent est enfin tombé.

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