Du contraint au naturel

uil, jardin de topières, gildalliere, Belgique 2011
Photo/Gilles Dallière

Faire une photographie, c’est prendre la parole et il faut avoir quelque chose à dire. Dans un cadrage, j’apprends la modestie, car je dépends du réel et le réel est plus imaginatif que je ne le serais jamais. Dans ce jardin belge, je prends le temps de regarder le soleil dessiner ses ombres entre les buis taillés en rouleau de printemps. Dans ce monde où désormais on consomme la photo pour le plaisir de partager un instant, réapprenez à regarder, cadrer, hasardez vous et laissez vous guider du calme au tumultueux, du grandiose au pittoresque, du sévère à l’aimable, du contraint au naturel et surtout n’oubliez pas de vous retourner, champ contrechamp. Les images et les mots qui les accompagnent sont la mémoire de ce qui va disparaître.

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Du contraint au naturel

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Vous prendrez bien quelque chose ?

uil, sculpture, Belgique, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Une tendance ?
Une astuce pour gagner de la place dans un petit espace ?
Je laisse cette passionnante analyse aux magazines de décoration.
Un shopping sur les dix plus belles tables du marché ?
Et bien non, il n’y a pas d’annonceurs.
J’ai simplement posé un regard poétique sur l’installation de Marc Massa et Roger Liekens. Entre le salon et l’atelier de leur immense espace, la superposition des tables, hautes et basses, s’harmonisent dans un jeu de construction imaginaire qui symbolise les fragments de la vie quotidienne et là, je parle d’esthétisme. Une réalisation qui oblige le regard en perte de repères à constamment se repositionner. C’est la représentation de la mémoire du passé. La lumière s’infiltre avec force pour modeler les courbes de l’ébénisterie. Un jeu de formes et de couleurs qui se moque du temps présent.

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Vous prendrez bien quelque chose ?

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L’entre deux

La vitrine, Hora, Cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Je m’improvise photographe dans l’entre deux de ces vitrines. La première est tendue d’une toile fleurie de roses stylisées, fanées aux brûlures du soleil. À la regarder, j’ai l’impression de remonter le cours du temps. La deuxième, légèrement décalée sur le trottoir opposé, c’est habillée du blanc protecteur des histoires d’autrefois. Dans le reflet, entre les deux, on ressent cette plénitude tangible des journées qui passent, cette illusion du vide à l’heure de la sieste. Le temps est suspendu.

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L’entre deux

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La ferraille

décharge, Cythère, gildallière, 2918-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

À l’entrée du village, passé les derniers champs, j’ai pénétré dans ce monde en vibration. J’ai pris le temps d’observer, de m’inviter dans l’univers du ferrailleur qui a réussi l’impossible : souder la forme à la couleur, boulonner le rêve à la réalité, marier désolation et don de soi, mettre en vibration hier et demain. Et dans cette symphonie pastel de l’ultra consommation, je me suis laissé surprendre par cet injuste tableau où chaque chose prend sa place.

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La ferraille

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La marque blanche

Musée Galliera, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Le blanc laisse sa trace sur l’académisme du Palais Galliera. Martin Margiela s’efface derrière le blanc de son anonymat. Sa signature : une étiquette vierge cousue de quatre points au fil blanc. Son univers : un vocabulaire vestimentaire unique, un monde créatif immersif mis en scène dans un labyrinthe tracé pour l’occasion. Cent trente silhouettes qui retracent la carrière du très iconoclaste pionnier belge de la mode minimaliste. Jusqu’au 15 juillet.

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La marque blanche

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Le miroir aux oiseaux

Le miroir aux oiseaux, belgique, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière

La boule s’est arrêtée de rouler, elle a échoué sur un banc de chêne épais pour un temps incertain. Elle revoit en un instant tout son cheminement dans le reflet du miroir aux oiseaux. Il raisonne à mes oreilles dans son écrin de mousses et d’arbres qui capturent sans cesse les tons changeants du ciel flamand. C’est un îlot de verdure, un tableau vivant, le reflet incliné vers tout ce gris qui nous étouffe. De l’autre côté du miroir, même si le ciel est nuageux, tout est autrement.

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Le miroir aux oiseaux

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Un nouvel infini

Subodh Gupta, la Monnaie, Paris, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dalliere

Au 11 Conti, j’ai rendez-vous avec l’artiste indien Subodh Gupta. Un drôle de banian m’accueille dans la cour d’honneur de la Monnaie de Paris. Un amoncellent d’ustensiles de cuisine forme une gigantesque tête de mort et des « dabbas » s’empilent comme des gratte-ciel. Plus loin, deux vélos se prennent pour des vaches sacrées. L’avant garde s’affiche au musée comme une provocation. Un univers qui puise son inspiration dans la culture populaire de l’Inde traditionnelle. Mais sortie du spectaculaire, de la démesure, quand est-Il de cette nature morte ? Si Gupta n’était pas devenu artiste il aurait été cuisinier et je médite devant cette œuvre : des ustensiles de cuisine aux couleurs usées s’entassent sous une lumière glauque dans un évier inoxydable. Aurait-il oublié d’essuyer la vaisselle ?

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Un nouvel infini

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