Ça va couper.

Réflection, chez-moi, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Home sweet home/Paris

Dans l’obscurité recherchée de son appartement, il fait face à la chaleur revenue. Il l’observe à travers les persiennes tandis que des silhouettes, blanches, pétrifiées, surgissent dans la pénombre. On lui reproche dernièrement d’écrire à la première personne. Quelqu’un qui n’a pas compris que son Instagram est son autoportrait, un rituel.
Journaliste, il a longtemps eu peur d’écrire. Il avait peur des mots, trop intellectuels, trop explicites, et naturellement, il s’est adressé au pouvoir des images. Il faut que les choses le touchent d’abord à l’estomac puis montent au cerveau, c’est là que les émotions prennent sens. Il doit y avoir des gens qui n’éprouvent rien. Il aime aussi laisser des vides pour ouvrir un espace destiné à l’imaginaire. Il aime cette démarche, car il s’interroge toujours sur ce que la vie lui apprend. Cela demande plus de travail, mais c’est aussi une approche philosophique nécessaire. Ce qu’il n’aime pas, c’est l’inconvenance, l’hypocrisie et le mensonge. Les critiques perpétuelles et infondées qui viennent souvent de gens qui ne font rien. Alors ça va couper : les réflexions, la censure ça empoisonne la vie. Il continuera coûte que coûte à dire « JE » quand il se raconte.
Instagram doit être un art dynamique et surprenant et j’ai la chance de découvrir tous les jours des galeries étonnantes. Mes images et mes textes ne sont pas un rituel figé mais une démarche personnelle qui m’engage à vous faire plaisir, mais si je vous emmerde lâchez-moi et dégagez de ma vie.

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Ça va couper.

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L’enfilade

Essaouira,HL, gildalliere, 2008
Photo/Gilles Dallière/Hervé le Douarec/Essaouira/Maroc

Arrivé à l’étage, plongé dans l’obscurité, j’ai pris la décision d’entrer de force dans n’importe quelle chambre et d’occuper la première que je trouve vide. Je suis resté dans le couloir, devant l’enfilade des portes, de part et d’autres séparées par des espaces assez larges. Elles sont toutes pareilles : grises, d’un gris bleuté, larges, symétriques, ouvertes et bien propres. Et tandis que je regarde le couloir, je cherche désespérément un signe, une trace, une référence qui pourrait être au moins un point d’orientation pour comprendre où je suis. Mais rien.

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L’enfilade

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Juge de lignes.

Saint-Jean de Montmatre, gildallière, 2019
Photo/Gilles Dallière/Église Saint-Jean de Montmartre/Paris

Me voilà Juge de lignes en plein Roland Garros ! Non, c’est au pied de la butte Montmartre que le béton armé apparaît pour la première fois dans l’art sacré. J’ai envie de ressentir les lignes qu’à tissé l’architecte Anatole de Baudot. Peut-être plus que le visiteur moyen, étant donné que je suis moi-même architecte d’intérieur. Avant de visiter une église, je prends toujours en considération le nombre de touristes susceptibles de s’y trouver en même temps que moi. À Saint-Jean de Montmartre, ces zombies ne menacent pas ma conversation personnelle avec le ciel du monument. Ils marchent comme des automates en fixant leurs téléphones. À regarder en l’air on s’aperçoit que les lignes de constructions sont nerveuses, disloquées par des suspensions de laiton doré d’une intense bizarrerie. Elles ploient leurs courbes comme soufflées par la vague Art-déco.

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Juge de lignes.

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La belle époque

Villa Nellcote, gildalliere, Saint-Jean-Cap-Ferrat, 2013
Photo/Gilles Dallière/Villa Nellcote/Saint-Jean-Cap-Ferrat

Ce n’est pas la fin de mon escapade à Villefranche-sur-Mer. Ça n’est jamais fini. Mon cœur c’est remis à battre dans le décor Belle Époque de cette salle de bains. J’aime son immobilité, son absence de toute perspective de mouvement. L’architecte aurait pu modifier la structure de ces lignes, remplacer un segment par un autre, procéder à des corrections sans fin pour les épurer. Eh bien non. Tout au long du mur de ce carrelage fleuri, la lumière découpe des surfaces originelles.

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D’or et de sel

Villa Nellcote, Saint-Jean-cap-Ferrat, entrée,gildalliere, 2013.
Photo/Gilles Dallière/Villa Nellcote/Saint-Jean-cap-Ferrat

Vous n’avez rien touché à l’entrée de la villa. Vous aviez pourtant le droit de la transformer, de la rendre plus basse, plus large. Vous avez respecté scrupuleusement la configuration du bâtiment, la cour d’entrée, la grille d’honneur, la galerie, l’escalier monumental, les terrasses, le parc, vous les avez concrétisés à l’endroit voulu. Et sur vos plans, au lieu d’écrire murs, vous avez inscrit : brique ocre. Au lieu d’écrire fenêtre, vous avez mis : persienne grise. Au lieu de porte d’entrée vous avez renforcé le dessin du fer forgé et les volutes recouvertes d’or fin. Vous avez repoussé le premier mot qui venait au profit du second, plus précis, puis lui-même au profit du troisième, puis du quatrième…

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D’or et de sel

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Mirage

La pluie, promenade des Anglais, gildalliere, Nice, 2019.
Photo/Gilles Dallière

L’averse a cessée. La Prom’ s’est saoulée. Le soleil glisse entre les nuées. Bienfaiteur. Dans l’ombre de l’ondée, je capte une chose banale qu’on ne remarque jamais : des passants disséminés dans un espace public, mais cadrés de tel façon qu’on ne sait plus ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Le reflet mouillé du jeune homme se cabre, tremble, s’élève au-dessus du bitume comme une vapeur d’éther qui se disperse dans la fraîcheur pénétrante et humide de cette journée d’avril. Le vent furieux travaille la silhouette du personnage soudé à l’ocre rouge délavé. Je reviendrai certainement faire face à la pluie.

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Mirage

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Le monde est une fenêtre

Détail du palais des assemblées, Chandigarh, gildalliere, 2010.
Photo/Gilles Dallière

La structure du Palais des assemblées à Chandigarh, est percée d’alvéoles où l’Inde a repris ses droits. Les différentes peaux de béton s’épuisent au soleil et donnent l’image improbable de ce que l’architecture n’est plus. Le monde est une fenêtre et dans cette croisée, le vent respire. Les formes géométriques s’enchevêtrent, les draps froissés de poussière dissimulent la misère perchée sur les balcons. Les horizontales s’opposent aux verticales, les pleins aux vides, le doux à l’abrupte, la perspective fuit le jeu de la lumière mouvante. Tout coule, tout vibre sous le soleil d’hiver, magnifique horizon himalayen. L’essentiel est nu.

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Le monde est une fenêtre

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