La belle époque

Villa Nellcote, gildalliere, Saint-Jean-Cap-Ferrat, 2013
Photo/Gilles Dallière/Villa Nellcote/Saint-Jean-Cap-Ferrat

Ce n’est pas la fin de mon escapade à Villefranche-sur-Mer. Ça n’est jamais fini. Mon cœur c’est remis à battre dans le décor Belle Époque de cette salle de bains. J’aime son immobilité, son absence de toute perspective de mouvement. L’architecte aurait pu modifier la structure de ces lignes, remplacer un segment par un autre, procéder à des corrections sans fin pour les épurer. Eh bien non. Tout au long du mur de ce carrelage fleuri, la lumière découpe des surfaces originelles.

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La belle époque

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D’or et de sel

Villa Nellcote, Saint-Jean-cap-Ferrat, entrée,gildalliere, 2013.
Photo/Gilles Dallière/Villa Nellcote/Saint-Jean-cap-Ferrat

Vous n’avez rien touché à l’entrée de la villa. Vous aviez pourtant le droit de la transformer, de la rendre plus basse, plus large. Vous avez respecté scrupuleusement la configuration du bâtiment, la cour d’entrée, la grille d’honneur, la galerie, l’escalier monumental, les terrasses, le parc, vous les avez concrétisés à l’endroit voulu. Et sur vos plans, au lieu d’écrire murs, vous avez inscrit : brique ocre. Au lieu d’écrire fenêtre, vous avez mis : persienne grise. Au lieu de porte d’entrée vous avez renforcé le dessin du fer forgé et les volutes recouvertes d’or fin. Vous avez repoussé le premier mot qui venait au profit du second, plus précis, puis lui-même au profit du troisième, puis du quatrième…

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D’or et de sel

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Mirage

La pluie, promenade des Anglais, gildalliere, Nice, 2019.
Photo/Gilles Dallière

L’averse a cessée. La Prom’ s’est saoulée. Le soleil glisse entre les nuées. Bienfaiteur. Dans l’ombre de l’ondée, je capte une chose banale qu’on ne remarque jamais : des passants disséminés dans un espace public, mais cadrés de tel façon qu’on ne sait plus ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Le reflet mouillé du jeune homme se cabre, tremble, s’élève au-dessus du bitume comme une vapeur d’éther qui se disperse dans la fraîcheur pénétrante et humide de cette journée d’avril. Le vent furieux travaille la silhouette du personnage soudé à l’ocre rouge délavé. Je reviendrai certainement faire face à la pluie.

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Mirage

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Le monde est une fenêtre

Détail du palais des assemblées, Chandigarh, gildalliere, 2010.
Photo/Gilles Dallière

La structure du Palais des assemblées à Chandigarh, est percée d’alvéoles où l’Inde a repris ses droits. Les différentes peaux de béton s’épuisent au soleil et donnent l’image improbable de ce que l’architecture n’est plus. Le monde est une fenêtre et dans cette croisée, le vent respire. Les formes géométriques s’enchevêtrent, les draps froissés de poussière dissimulent la misère perchée sur les balcons. Les horizontales s’opposent aux verticales, les pleins aux vides, le doux à l’abrupte, la perspective fuit le jeu de la lumière mouvante. Tout coule, tout vibre sous le soleil d’hiver, magnifique horizon himalayen. L’essentiel est nu.

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La ville m’interdit d’entrer.

Passerrelle MÜller, architecture DVVD, Ivry-sur-Seine, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À Ivry-sur-Seine, sur la passerelle Müller, j’écrase la ville. Elle est là, difforme, à mes pieds, posée sur l’horizon, colonisée, violée, châtrée par des citoyens sûrs d’eux-même, sûrs de leurs décisions, de leurs idées, de leur logique, de leur agressivité, de leur perversité et de leur destin. Désormais je n’entends plus les soupirs inquiets du vent, mais le sombre vrombissement des moteurs, le sifflement dangereux des trottinettes qui couvre le pépiement des oiseaux, le ronflement de la voie ferrée. Derrière l’épaisseur blanche des rejets de la déchetterie, la ville m’interdit d’entrer… Elle me laisse dehors, me repousse et moi aussi d’une certaine manière je refuse d’y entrer.

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La ville m’interdit d’entrer.

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L’homme de bronze

Bronze de Joseph Bernard au Musée do Chiado, Lisbonne, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Il est midi, le jour est immobile et le soleil te fait pencher la tête. Ton bronze est encore plus noir que ton ombre. Tu regardes sans désir la ville qui se dresse à tes pieds dans l’air dru jusqu’au ciel. Un peu plus de lumière et le jardin s’incline devant ta nudité. Qui de nos jours, sait encore rester comme toi immobile ? Ta figure, d’une étrange beauté m’intrigue, m’inquiète même et j’éprouve le sentiment pénible qu’une si merveilleuse beauté pût s’allier à l’absence de toute sensibilité.

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L’homme de bronze

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Le cloître du silence

Interieur, monastère d'Alcobaca, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

L’église de la Real Abadia de Santa Maria de Alcobaça, avec ses proportions imposantes, trône au milieu de la ville. Le dieu des eaux vives habite la gigantesque cuisine carrelée et la lumière du soleil de ce matin d’hiver frappe la palette des jaunes sables, Castille, ocre clair, jaune de Malte et une foule de détails sans le moindre intérêt. C’est l’architecture qui donne le vertige et cette cheminée qui monte jusqu’au ciel. Je ne regrette ni d’être revenu ni de devoir partir vers l’inconnu. Dans ce volume cistercien il y a du mouvement, de la folie, de la grâce et du silence.

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Le cloître du silence

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