L’épure

Hôtel Salé, Paris, gildalliere, 2019-2.
Photo/Gilles Dallière/Musée Picasso/Paris

Je définis ma relation à la photographie comme relevant d’une expérience : expérience de la marche, expérience de l’espace. Le cadrage crée l’espace. Il crée l’espace nécessaire pour révéler la fragilité et la richesse de la surface sensible : la main courante. La lumière s’y accroche, s’y faufile, s’y glisse, traverse où se heurte à la surface de l’architecture. Une recherche de l’épure et de la composition. Un monochrome noir qui révèle une observation attentive d’un intérieur urbain. J’ai fait surgir le blanc, c’est à dire la lumière.

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L’épure

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La solitude

Entrée, Sawaya Moroni, Milan, 2008
Photo/Gilles Dallière/Milan/Sawaya&Moroni/Chaise Ollwood/William Sawaya

Lorsqu’on habite depuis longtemps dans un immense appartement, en retrait de la société, dans l’ampleur retrouvée de sa propre vie, on devient peu à peu conscient de la présence d’un autre solitaire, d’une solitude identique à la sienne, quelque part, en marge du monde et de la foule. Je me souviens encore de la stupeur qui m’a saisi dans le noir en voyant cette chaise, posée là, seule, perdue devant la porte d’entrée grande ouverte. Pourquoi cette chaise ?
Pourquoi utilise t’elle cette lumière pour donner voix à ma propre nuit?
Je suis resté là, dans le noir, seul avec la chaise et je me suis laissé subjuguer par un tourbillon d’images et de souvenirs.

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La solitude

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C’est le plus bel escalier de Paris

Plafond de l'escalier de l'hôtel de la Monnaie, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Escalier d’Honneur/11 quai de Conti/Monnaie de Paris

Quoi qu’on dise, c’est le plus bel escalier de Paris. On loue l’extrême qualité de l’exécution, l’érudition et l’élégance du style du règne de Louis XIV. Unanimement perçu par la critique comme l’un des plus beaux morceaux du nouveau bâtiment de Jacques-Denis Antoine, l’escalier d’Honneur de la Monnaie de Paris ne cesse d’étonner par une ampleur et un raffinement qui, en son temps le laissaient sans équivalent. Occupant un volume d’une hauteur égale à celle d’un immeuble de six étages, il déploie noblement quelques quarante degrés qui, du niveau du vestibule aux colonnes doriques, mènent au piano nobile et aux enfilades de salons du palais. Lui-même inscrit dans un péristyle de colonnes ioniques, couvert d’une coupole percée d’un jour central et décorée d’un décor en trompe-l’œil, œuvre de Jean-Jacques Forty, l’escalier concrétise du fait de la richesse de son décor, un désir d’architecte qui ne pouvait se réaliser que dans le cadre d’une commande royale.

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Béton brut

Escalier, béton, Anvers, Belgique, Boris Vervoordt, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière/escalier/Boris Vervoordt/Anvers/Belgique

Lundi 13 mai, la pluie a cessé, et un pâle soleil éclaire la cathédrale. L’escalier file vers le ciel. Une porte en bois, creusée dans la pierre reste fermée, la chaux s’effrite comme si les termites avaient fait de la dentelle dans le mur. Une fine lumière bleue filtre à travers la fenêtre. J’ai descendu les quelques marches de cet escalier en colimaçon intelligemment intégré. Sans ornementation et en béton brut, il apporte de l’ampleur à la construction moyenâgeuse. J’ai retenu mon souffle et je suis parti.

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L’élégance du silence

Cheminée médiévale, Anvers, Belgique, Boris Vervoordt, 2006
Photo/Gilles Dallière/Anvers:Belgique/Boris Vervoordt

À Antwerpen, au rez-de-chaussée, l’espace est sublimé par le dessin de cette cheminée à double foyer. À gauche un tout petit tableau, presque vide, et sans aucune indication de lumière. À droite, une œuvre révélant trop d’imprécisions et de faiblesses à mes yeux. Au sol, les imperfections de la pierre bleue des carrières du Hainaut, superbe et transparente. J’aime cette tension. Le passé qui s’inscrit dans le présent, dépoussiéré, rangé, lumineux. Les murs sont aussi nus et rugueux qu’au XVe siècle. La même fenêtre haute laisse voir une épaisseur neigeuse creusée dans le mur. Mais ce n’est pas tout, il y a surtout le silence, et le silence c’est le silence, et ce n’est rien que le silence.

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L’élégance du silence

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L’échappée belge

Salon, Anvers, Belgique, Boris Vervoordt, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière/Anvers:Belgique/Boris Vervoordt

Dans cette échappée belge, il y a des journées qui ne ressemblent pas aux autres. Aujourd’hui, c’est une journée en pente douce. La pièce dans laquelle je pénètre est sombre, immense, vide, ornée d’une cheminée médiévale monumentale. Le feu chante dans l’âtre illuminé. L’endroit est un peu austère et je m’y sent forcément modeste. Une beauté indescriptible exsude des murs de terre ocre rouge, et dans la lumière diffuse, je commence vraiment à apprécier l’usage récurent de l’ombre. Les imperfections y prennent une importance toute particulière.

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inspiration originelle

Salle de bains, Anvers, Boris Vervoortdt, belgique, 2006
Photo/Gilles Dallière/Anvers/Belgique

J’ai quitté Paris pour me perdre dans les ruelles étroites du quartier historique d’Anvers. Tout est sombre dans cette maison médiévale du Vlaeykensgang, cachée à l’ombre de la cathédrale. Dans la salle de bains monochrome, l’obscurité est essentielle. Elle met en valeur la beauté imparfaite de la sorcière qui reflète cette pure clarté arctique, abrasive au regard. Autour, le vide représente représente tout ce qu’il reste à apprendre de cette création contemporaine. Il dort, les yeux ouverts, et moi, je me déplace en lui sans bruit, avec la précaution inutile d’un rêve qui jamais ne troublerait son sommeil.

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inspiration originelle

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