Les clés du décor

Escalier d'Honneur de l'hôtel de la Monnaie, gildalliere, Paris, 2018
Photo/Gilles Dallière/Hôtel de la Monnaie/Escalier d’honneur/11 quai de Conti

Faisant montre d’un dessin tout à la fois sobre et savant, les balustrades du plus bel escalier de Paris espacent leurs motifs de minces socles ornés de couronnes de laurier. Le motif en frise, et celui venant orner les sous-pentes des volées de marches témoignent des formes géométriques, et surtout de la sobriété du « goût à la grecque » à la pointe des évolutions stylistiques du XVIIIe siècle. Le sol en damiers, à la fois patinoire et tremplin, plante le décor. Partout des colonnes et un ciel peint en trompe-l’œil et au sommet une fenêtre sur le temps. L’espace est pur et rigoureux, sans aucune transparence aux états du dehors : la pluie.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

Les clés du décor

Image

C’est le plus bel escalier de Paris

Plafond de l'escalier de l'hôtel de la Monnaie, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Escalier d’Honneur/11 quai de Conti/Monnaie de Paris

Quoi qu’on dise, c’est le plus bel escalier de Paris. On loue l’extrême qualité de l’exécution, l’érudition et l’élégance du style du règne de Louis XIV. Unanimement perçu par la critique comme l’un des plus beaux morceaux du nouveau bâtiment de Jacques-Denis Antoine, l’escalier d’Honneur de la Monnaie de Paris ne cesse d’étonner par une ampleur et un raffinement qui, en son temps le laissaient sans équivalent. Occupant un volume d’une hauteur égale à celle d’un immeuble de six étages, il déploie noblement quelques quarante degrés qui, du niveau du vestibule aux colonnes doriques, mènent au piano nobile et aux enfilades de salons du palais. Lui-même inscrit dans un péristyle de colonnes ioniques, couvert d’une coupole percée d’un jour central et décorée d’un décor en trompe-l’œil, œuvre de Jean-Jacques Forty, l’escalier concrétise du fait de la richesse de son décor, un désir d’architecte qui ne pouvait se réaliser que dans le cadre d’une commande royale.

Clichés/adresses, Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/interiors, Clichés/photos

C’est le plus bel escalier de Paris

Image

Petit nu N°6

Petit nu N°6, Curiosa, Marie Pierre Morel, gildalliere, paris, 2O19.
Photo/Gilles Dallière/photogravure/Marie-Pierre Morel/Niels Schneider

C’est ma dernière acquisition : « Petit nu N°6 ». Une photogravure de Marie-Pierre Morel, tirée d’une série d’études pour le film éponyme de Lou Jeunet, d’après les photos de Pierre Louÿs. Le cadrage de ce nu masculin, académique, est soigné. La gamme des demi-teintes depuis la clarté solaire jusqu’au noir pure est parfaitement maîtrisée. À la recherche de la lumière magicienne, le corps de l’acteur vibre, et le papier sent cette vibration. Marie-Pierre travaille à la chambre, l’épreuve numérotée est tirée en gravure taille douce permettant d’obtenir grâce à la qualité du papier et au travail d’encrage une matière magnifiée dans les noirs chargés de mystères.
http://www.sitdown.fr

Clichés/collection, Clichés/décoration, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos

Petit nu N°6

Image

L’élégance du silence

Cheminée médiévale, Anvers, Belgique, Boris Vervoordt, 2006
Photo/Gilles Dallière/Anvers:Belgique/Boris Vervoordt

À Antwerpen, au rez-de-chaussée, l’espace est sublimé par le dessin de cette cheminée à double foyer. À gauche un tout petit tableau, presque vide, et sans aucune indication de lumière. À droite, une œuvre révélant trop d’imprécisions et de faiblesses à mes yeux. Au sol, les imperfections de la pierre bleue des carrières du Hainaut, superbe et transparente. J’aime cette tension. Le passé qui s’inscrit dans le présent, dépoussiéré, rangé, lumineux. Les murs sont aussi nus et rugueux qu’au XVe siècle. La même fenêtre haute laisse voir une épaisseur neigeuse creusée dans le mur. Mais ce n’est pas tout, il y a surtout le silence, et le silence c’est le silence, et ce n’est rien que le silence.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/voyage

L’élégance du silence

Image

Marbre de soie

Vierge voilée, Giovanni Strazza, musée cheret, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Sculpture/Giovanni Strazza/Musée Cheret Nice

Vendredi saint. Elle est là Notre-dame et le voile qui couvre son visage est un linceul, celui-là même qui recouvre le corps du Christ. Elle refuse la mort deux fois suggérée par celle de son fils et par l’incendie de la cathédrale de Paris. Par ce voile, elle se veut immortelle. La transparence glace son visage. Pétrifiée d’horreur et d’effroi devant les flammes, elle se préserve de la mort par cette paralysie même qui statufie son corps et immobilise le temps. Beauté ravissante, Notre-dame est une image et un nom. Ses yeux se sont perdus au paradis et ce qu’il en reste s’offre en spectacle. Elle transperce le mensonge d’une nuit qui s’est indûment transformée en enfers. Le voile apaisant de la beauté vient recouvrir pour un moment le passage à vide dont elle ne voit pas l’issue. Loin des polémiques, derrière le blanc fantôme de marbre il y a un trou béant. À nous de le reconstruire.

Clichés/collection, Clichés/expositions, Clichés/photos, Clichés/voyage

Marbre de soie

Image

Des jus de paysages

Galerie des Ponchettes, Adrien Vescovi, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À la galerie des Ponchettes, Adrien Vescovi réalise ses propres couleurs à partir de décoctions de plantes et de minéraux, créant de véritables jus de paysages. De l’exposition de ses toiles aux vents, aux rayons de la lune et du soleil, aux phénomènes d’oxydations, surgissent des teintes ou des formes primitives habitées par la mémoire de leurs différents états d’existence. L’ordonnance géométrique, suspendue à différentes hauteurs, rythme l’espace contredit par la souplesse des toiles libres et l’expérience sans cesse renouvelée des couleurs. Face à la mer, soumises aux vents, au soleil et aux intempéries, elles se chargent de la mémoire des météores.

Clichés/architecture, Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Des jus de paysages

Image

Autoportrait, ou les métamorphoses du regard

Moi, par Miguel Chevalier, Machine vision, Art Fair, Grand Palais, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

À la galerie Lélia Mordoch, mon visage, face à l’œil de la machine de Miguel Chevalier, se compose, se décompose, se recompose, se dématérialise en temps réel, un véritable bouleversement. Je me déplace dans un monde virtuel, je cadre l’écran, miroir de mon avatar. Le pointillisme, l’impressionnisme, le cubisme sont à l’honneur grâce aux algorithmes de Voronoï et de Delaunay, deux maillages cybernétiques qui tesselisent en temps réel. Au Grand Palais Paris Art Fair, dans un univers saturé d’images, je me perds tel Icare, fou d’infini, jusqu’à ma disparition.

Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos

Autoportrait, ou les métamorphoses du regard

Image