Une femme de goût.

Entre deux ors, gildallière, Malakoff, 2018
Photo/Gilles Dallière/Richard Alcock/Avenue Malakoff

Au XVIIe siècle, ce qui faisait la différence entre une femme et une précieuse, c’était l’esprit, et que pour porter ce nom, il était absolument nécessaire qu’une personne en ait, ou affecte de paraître en avoir. J’aime l’idée qu’elle pourrait faire salon dans cette pièce aux murs patinés gris perle, encadrés par de fines baguettes d’or. Elle s’allongerait sur cette dormeuse en velours violine, posée là, sur un épais tapis à grandes rosaces. En face, sur la cheminée, deux bergers de Watteau se conteraient fleurette au-dessus d’une pendule rocaille aux côtés de laquelle deux amours bouffis supporteraient une touffe de lis disposée en candélabre. Il y a surtout ce meuble syrien marquetté de nacre qui s’impose. Tout cela est un peu futile, peut-être, mais de bon ton, et l’absence de ces petits riens coûteux qu’on nomme bibelots, prouve que Madame de, est une femme de goût.

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Une femme de goût.

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La verrière, ce lieu d’ailleurs.

Verrière, Moscou, gildallière, 2014
Photo/Gilles Dallière/Moscou

En levant la tête, je n’ai aucune idée d’où je suis, ni dans quel pays. Je sais qu’entre le ciel et moi, il y a un filtre pour les jours tristes, pour les jours heureux, pour les jours d’hésitation, d’amour, de doute et de colère. Je voudrais confier aux nuages un message : dans tout ce luxe, les pensées viennent, tourbillonnent en spirale, se mordent, s’entrelacent, s’envolent, puis réapparaissent de nulle part, et je voudrais qu’ils me ramènent chez moi !

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La verrière, ce lieu d’ailleurs.

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Soufflé bouche.

Accroché au plafond, gildalliere, Malakoff, 2019
Photo/Gilles Dallière/Richard Alcock/Avenue Malakoff

Le verre soufflé bouche de cette suspension trône, flamboyant, au centre des symboles de la haute décoration à la Française. L’élégante prend ses aises. Seule, elle expose ses courbes dans une mise en scène qui adopte l’esthétique d’un passé recomposé. Mais au milieu de cette composition serrée, elle n’est que le jouet du destin, sa beauté est déjà embaumée dans une histoire qui la dépasse.

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Soufflé bouche.

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L’air du soir.

Jeu de portes, Malakoff, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dalliere/Richard Alcock/Avenue Malakoff

C’est un moment de suspension et d’air du soir. Un moment voulu, organisé. Dans la chaleur parisienne, la lumière a jailli à la manière d’un ciel d’été, alternant les fausses teintes, les petits bouts de jaune craie et les rayons crevant le gris des murs. Dans cette cacophonie de portes et de reflets, il me vient ce goût d’un sentiment mystique qui rôde dans l’entre-deux de cet espace irréel.

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L’air du soir.

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La présence et l’absence.

Ombre et lumière, J.K. Avenue Malakoff, Paris, gildalliere, 2019L1015582-Modifier
Photo/Gilles Dallière/Avenue Malakoff/Paris

Je regarde autour de moi tout ce qui s’illumine. Mais comment écrire la réalité?
Comment parler de la présence et de l’absence?
La lumière scintille dans le vestibule du ciel, et les gypseries, ivres de vie semblent me sourire. N’y aurait-il pas de lustres dans le réel ?
Le verre de Murano se vrille et la clarté qui monte le long des murs révèle les contours luxueux d’un décor secret.

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La présence et l’absence.

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Mon autre réel.

Réflexion, avenue Malakoff, Paris, gildalliere, J.Karam, 2019
Photo/Gilles Dallière/Avenue Malakoff/Paris

Je me demande de qui je tiens la volupté du simple. Ce goût du silence. D’où vient cet amour du détail ? Celui de la démesure pour le fou rire qu’il procure ? La lucidité du pire comme du meilleur ? L’ascèse luxueuse du beau ?
Je sais que le miroir de ce marbre poli brillant me sépare de l’infini. Mais il y a une petite chose que personne ne voit, et qui ne fait pas vraiment l’affaire d’un monde soucieux d’efficacité, de pouvoir, et de rendement. Ma place est bien ici, dans la marge de cet espace ouvert : un autre réel.

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Mon autre réel.

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Au-delà des mots.

Sieste, Cythère, 2013, gildalliere
Photo/Gilles Dallière/Cythère/Gréce

Il y a silence et silence, mais le véritable silence, je l’ai trouvé dans cette chambre, au-delà des mots et de l’absence des mots. Le décor est si bien dessiné qu’il me met à l’écart. J’ai l’impression que je ne peux pas fabriquer l’image parce que tout est en place. En accentuant le flou et les contrastes entre l’ombre et la lumière, je transforme la moustiquaire en un nuage de rêve plongé dans le soir, juste éclairé par un trait d’amour mystérieux.

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Au-delà des mots.

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