Les éclats de Délos.

Athena, Delos, Grèce, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière/Létò/Mére d’Apollon/Délos/Gréce

La lumière du ciel, le vent dans les arbres, les ombres sur la mer : je perçois Les échos de l’héraldique antique. Létò, mère d’Apollon, tu es frappée de vent, traversée de lumière, carapaçonnée d’affleurements. Tu portes des vêtements divins, parfumés de l’odeur des herbes brûlées par le soleil. Tu ne peux plus relever la tête, mais ton col est environné des éclats de Délos.

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Les éclats de Délos.

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La coulisse.

Ombre portée, Cythère, gildalliere, 2013
Photo/Gilles Dallière/Cythère/Grèce

L’azur triomphe enfin, et je l’entends qui chante dans les cloches. La corde du campanile observe la froideur stérile de l’anneau dans lequel coulisse son ombre écorchée de lumière. Quand elle menace de bouger contre le fer épais, je l’enferme tout entière au creux de mon cadrage, et les oiseaux font un écho à leur silence. Un peu plus de soleil penche sa tête et le jardin s’incline dans le parfum des fleurs.

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La coulisse.

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Au-delà des mots.

Sieste, Cythère, 2013, gildalliere
Photo/Gilles Dallière/Cythère/Gréce

Il y a silence et silence, mais le véritable silence, je l’ai trouvé dans cette chambre, au-delà des mots et de l’absence des mots. Le décor est si bien dessiné qu’il me met à l’écart. J’ai l’impression que je ne peux pas fabriquer l’image parce que tout est en place. En accentuant le flou et les contrastes entre l’ombre et la lumière, je transforme la moustiquaire en un nuage de rêve plongé dans le soir, juste éclairé par un trait d’amour mystérieux.

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Au-delà des mots.

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Dos à la mode.

Back side, musée Bourdelle, Paris, Martine Sitbon, Prêt-à-porter, automne-hiver 1997-1998, gildalliere, 2019
Photo/gilles Dallière/Musée Bourdelle/Exposition/Back Side/Dos à la mode/Du 5 juillet au 17 novembre/18 rue Antoine Bourdelle 75015 Paris.

« À chaque collection, j’essaie d’introduire la couleur. Le noir finit toujours par gagner. Il rend tout plus direct. Il dessine un profil, un dos…J’aime la ligne du dos des femmes…C’est le point focal de ma construction. Juste là, près des clavicules. C’est ce qui va décider de l’émotion d’un vêtement. »
Yohji Yamamoto
Déroulant une nouvelle fois les liens qui rattachent le vêtement à la sculpture, on se souvient de Balenciaga, l’œuvre au noir, le palais Galliera s’installe au musée Bourdelle. Une centaine de silhouettes, du XVIIIe à nos jours. Un dialogue étonnant entre les œuvres du sculpteur vues de dos et celles des plus grands noms de la mode. La mise en scène est brillante comme un ruban de soie noire, les robes sont surprenantes, dénudées comme une volte-face.

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Dos à la mode.

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Le bon goût.

Homesweethome, circulation,gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Home sweet home/Paris

Au fil des images, je tourne autour de ce mur protecteur, gris orage. Sur fond d’échafaudages du périphérique de la ville de Paris, le « Bi », luxueux, se laque de noir. Je vous parle ici de tout et de rien, jamais je ne m’appesantis, Je feins la futilité quand pointe la gravité. Je m’indigne et je m’amuse dans une même phrase. Mais qu’est-ce que le bon goût ?
Pour Diana Vreeland : « la vulgarité est un ingrédient indispensable dans la vie, dès lors qu’elle va de pair avec une forme de vitalité. Un petit peu de mauvais goût, c’est comme une pincée de paprika. On a tous besoin d’une pincée de mauvais goût, c’est chaleureux, c’est sain, c’est charnel. Je pense qu’on devrait même y avoir recours plus souvent. L’absence de goût, voilà ce que je ne tolère pas. »
Il faut que j’achète du paprika.

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Le bon goût.

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Mille et un paysage.

Deep_South,_(Weyanoke)
Photo/Sally Mann/Deep South/ Jeu de Paume/Paris

Véritable travail sur le temps, l’œuvre Sally Mann réfère souvent au fait que la mort a « modelé ce paysage enchanteur » qu’elle observe quotidiennement dans sa propriété. La mort a également modelé plusieurs séries de photographies qu’elle a réalisées dans la première décennie des années 2000, méditations sur la condition de mortel, la vieillesse, la fragilité de la vie et la famille. Ces images reflètent la conviction de Sally Mann selon laquelle on ne peut pleinement apprécier la vie qu’en regardant la mort en face. La mort, a-t-elle déclaré, est « l’élément catalyseur d’une appréciation plus intense de ce qui nous est offert ici et maintenant ». Si les titres donnés par Mann à ses photographies sont principalement descriptifs, ceux qu’elle choisit pour les images de Larry s’inspirent souvent de sources littéraires et artistiques – de la mythologie grecque à l’art classique, la Bible, en passant par ses auteurs favoris, dont T. S. Eliot, Ezra Pound et Eudora Welty. Toutes ces œuvres évoquent l’instabilité de la mémoire, la vulnérabilité du corps, les ravages du temps et le fossé indicible creusé entre la matière et l’esprit.

4.2.7
Photo/Sally Mann/Deep South/ Jeu de Paume/Paris

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Mille et un paysage.

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Vers l’infini…

Home sweet home, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Home sweet home/Paris

Je suis à la recherche d’un lieu de haute solitude, habité d’un silence originel, pour réveiller en moi l’envie de pouvoir tout abandonner. Je ne parle pas de fugue, ni d’un simple vague à l’âme. Je ne parle pas, ni de nostalgie ni de rêvasserie. Je parle d’un irrépressible élan de l’être, d’un appel inexplicable, urgent, profond, extravagant, à tout abandonner. Et partir loin des incompétents sur l’infini du large.

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Vers l’infini…

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Autoportrait d’un sculpteur.

Le sculpteur, Marbre, granite, pierre, plomb et verre peint, nat
Photo/Gilles Dallière/Autoportrait du sculpteur/Ossip Zadkine/Musée Zadkine/Paris

Autoportrait d’un sculpteur. Il y a une géométrie insoupçonnée dans le désordre de cette nature morte, quand tout redevient immobile, une équation sidérante de grâce dans l’orgasme au moment où tout meurt en couleur, et même dans la rage du sculpteur, même là, dans la violence primaire de l’acte le plus arbitraire, une généalogie mystérieuse est à l’œuvre. Nous sommes tous des danseurs étoiles du vide parvenus au terminus du moi. Ossip Zadkine tiens à célébrer des saturnales mystico-érotiques dans son atelier quand d’autres fêtent Noël en regardant Anne-Sophie Lapix sur France Télévision.

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Autoportrait d’un sculpteur.

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Nature morte.

Nature morte, home, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Nature morte/Home sweet home/Paris

Il y a des heures d’été, des silences, des soupirs, des natures mortes qui tanguent en désordre, chavirent, et aiment la dérive des compositions imparfaites. Il y a des céramiques blanches imperturbées de regard croisé, posées sur l’horizontalité. Il y a le trait noir, et le rouille, corrosion du dessin. Il y a une conversation qui prend du plaisir, profite du moment, mesure le résultat. Il y a du désaturé, il y a du vide, la maison vide son vide, mon cœur se vide aussi. Impossible de sortir du tableau, et c’est tant mieux comme ça.

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Nature morte.

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La sieste.

La sieste, Homesweethome, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Home sweet home/Paris

Je me souviens de siestes sucrées, musicales, parfumées, illimitées, joyeuses, mais aussi de siestes amères, fades, étroites, fermées, ou encore agitées, chahutées, capricieuses, couleur chair, couleur mer, de siestes élémentaires, primaires, primitives, et puis des siestes civilisées, policées, et d’autres dévergondées, débraillées ou suspendues, azurées, insolites, monacales, extatiques, bref des siestes bigarrées et parfois opposées dans leurs effets comme dans leurs causes. La vérité de la sieste nous échappe

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La sieste.

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