Le ciel en apesanteur.

Scène de ménage, Kithera, gildalliere, 2015
Photo/Gilles Dallière/Grèce/Cythère

Derrière les roses de la moustiquaire, il y a une vie. J’ai ouvert la porte sur la main froide d’Éole qui froisse le silence. Posé mes yeux sur ce monde abandonné pour le déblayer. Entrevoir une somme de joie sous la somme de douleur. Au bout de ce monde écroulé, une fenêtre suspendue dans les airs encadre les pulsations colorées d’un ciel sauvage remonté des gravats.

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Le ciel en apesanteur.

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Au-delà des mots.

Sieste, Cythère, 2013, gildalliere
Photo/Gilles Dallière/Cythère/Gréce

Il y a silence et silence, mais le véritable silence, je l’ai trouvé dans cette chambre, au-delà des mots et de l’absence des mots. Le décor est si bien dessiné qu’il me met à l’écart. J’ai l’impression que je ne peux pas fabriquer l’image parce que tout est en place. En accentuant le flou et les contrastes entre l’ombre et la lumière, je transforme la moustiquaire en un nuage de rêve plongé dans le soir, juste éclairé par un trait d’amour mystérieux.

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Au-delà des mots.

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Un matin après l’autre

Bleu lagon, promenade des anglais, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Dans la violence du temps qui piétine mes rêves, un matin après l’autre, un oubli après l’autre, un mot sur le suivant, je découvre les ombres des matins gris et la lumière de la mer houleuse. Regarde ! Regarde autour de toi ! Bois l’horizon, dévore le vent. Regarde-toi, regarde la vie dessous tes pas. Dans ces nuances de gris qui virent parfois au bleu lagon, prends, façonne, délicatement. Mélancolie, nature, douleur, douceur et joie. Garde les précieusement car elles nous constituent. Transforme les en une étincelle, une bulle de coton, de savon, de tendresse. Dans ce bain de lumière, je fais ce que je peux avec mes silences, le vent souffle et il pleut.

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Un matin après l’autre

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Ulysse is back

Thibault et Pénélope 2
Photo/Composition/Gilles Dallière

C’est la dernière image de ces yeux-là. Je l’ai recomposée dans un insolent vacarme géométrique accroché à la couleur de son regard. Je l’ai embarquée sur les rimes homériques belles comme des fleurs oubliées. Dans l’Odyssée, à son retour, Ulysse raconte tout à Pénélope. « Chérie, pardon, je suis en retard, mais j’ai été retenu par un cyclope, une magicienne m’a sauté dessus, je suis descendu aux Enfers et des sirènes m’ont envoûtées sur l’île du soleil. » Pendant tout ce temps, Pénélope a prétendu attendre d’avoir achevé son ouvrage pour choisir un autre époux, mais elle détricotait la toile chaque nuit, silencieusement, dans son palais… Vingt ans ont passé…
« Écoutez-moi, superbes prétendants, vous qui avez fondu, pour y boire et manger sans frein, sur la demeure d’un homme absent depuis longtemps, et qui ne pouvez pas donner d’autre prétexte à vos actions que le désir de m’épouser et de m’avoir pour femme ! Prenez courage, prétendants, car voici votre épreuve : je vous présente le grand arc d’Ulysse… »
(Odyssée, XXI, 68-74).
Voilà comment Pénélope, aidée par son fils Télémaque, remet en selle sur la croupe de la vie le retour du héros.

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L’usage du monde

Palais du Maharaja de Bénares, india, gildalliere, 2008
Photo/Gilles Dallière

Le long du Gange, dans ce palais ocre rouge, piqué de deux ou trois renflements de faïences bleues, c’est un matin comme tous les autres, un matin de mars. Hypnotisé par cette vibration rageuse, je suis ébloui par la fraîche pâleur des eaux sacrées. Ils sont là comme des oiseaux danseurs, ils viennent dépeupler le ciel de ses étoiles sur la géométrie poétique des ghats. C’est le moment où l’on perd pied, où la parole, soulevée par le fleuve devient prière. Ils viennent bien du pays où les couleurs ont cette couleur, celle dont la vie est si bien réglée que chaque jour ils peuvent consacrer quelque temps à leurs dieux.

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L’usage du monde

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La valse des lilas

Dimanche matin, belgique, gildallière, Boxii 2012
Photo/Gilles Dallière

On ne peut pas vivre ainsi que tu le fais
D’un souvenir qui n’est plus qu’un regret
Sans un ami et sans autre secret
Qu’un peu de larmes.
Pour ces quelques pages de mélancolie
Tu as fermé le livre de ta vie
Et tu as cru que tout était fini.
Mais tous les lilas
Tous les lilas de mai
N’en finiront, n’en finiront jamais
De faire la fête au coeur des gens qui s’aiment.
Tant que tournera, que tournera le temps
Jusqu’au dernier, jusqu’au dernier printemps
Le ciel aura, le ciel aura vingt ans
Les amoureux en auront tout autant.
Si tu vois les jours se perdre au fond des nuits
Les souvenirs abandonner ta vie
C’est qu’ils ne peuvent rien contre l’oubli…
Michel Legrand

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La valse des lilas

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Évasion

Les Abbesses, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Je suis le piéton du ciel, les nuages couvrent la lourdeur de mes pas. C’est une échappée belle, une suspension des contraintes d’identité et du poids qui les accompagnent. L’émotion est souveraine pour l’homme de la ville que je suis. Loin de la banalité et de la gravité des choses de la vie, il y a le miracle de l’avion immergé dans une zone magnétique où vivre est une évidence lumineuse.

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Évasion

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