La fête des mères…

Maman, portrait, Nice, 2019
Photo/Gilles Dallière/Nice

C’est la fête des mères. Je voudrais te dire que tu es belle. Aujourd’hui, il y a des choses de toi que je peux prendre. Pas d’argenterie ni de diamants, mais l’éclat du cristal taillé d’un vase signé Daum, ton vieil Opinel, une cuillère en bois usée jusqu’au manche, des torchons en lin, en veux-tu en voilà, quelques assiettes en porcelaine, un galet ramassé sur la plage du Ruhl, un coucher de soleil sur fond de Promenade des Anglais. Une façon de tenir ta cigarette Philip Morris rouge. Un pull en mohair Sonia Rykiel oublié. Un pashmina blanc, posé sur le dossier d’une chaise qui disparaît sous ton parfum. Shalimar de Guerlain. Tes clés, et des albums de photographies, du moins ce qu’il en reste. J’ai aussi retrouvé un tas de livres que tu n’as pas eu le temps de lire. Le souvenir de ton sourire mutin, ton envie de me voir m’installer à Nice. « Mais quand est-ce-que tu viens ? On ne laisse pas un petit chat tout seul ! »
Ce jour là, j’ai accroché ton regard à mon cœur. Aujourd’hui c’est foutrement difficile. Tu me manques Maman.

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La fête des mères…

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L’avenir protégé …

Protection et Avenir, sculpture en marbre d'Honoré Picard, Musée Galliera, Paris, 2017
Photo/Gilles Dallière/Palais Galliera

Le photographe fait de l’architecture ce qu’il fait d’un visage. Le marbre qui représente la protection et l’avenir, se redessine dans des effleurements de lumière dont l’objet n’est plus tout à fait l’équilibre, ni cette alliance de l’ampleur et de l’exiguïté. Elle déshabille la matière avec précision. La statue d’Honoré picard s’offre et se dénude. Elle vit face au jardin du Palais Galliera. Elle se régénère lentement en puisant dans son vide architecturé.

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L’avenir protégé …

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Le moment du vide…

Altan, flou artistique, gildalliere, mars 2020
Photo/Gilles Dallière/Portrait/Altan

Confiné, je m’aventure à la limite du genre avec une inclinaison croissante pour la pureté du noir, du flou, et une sensibilité particulière pour la lumière. Le temps de pose était bien trop long pour le modèle photographié sur fond gris orage. Seule la lumière naturelle qui entre par la fenêtre transforme le personnage comme s’il flottait dans un univers intemporel et hypnotisant. Reste le moment de vide, et pour moi, ce vide devient un instant de plénitude.

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Le moment du vide…

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Le portrait.

Thibault Massina, portrait, noir et blanc, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Portrait Thibault Massina

On a tout son temps. Ici, la lumière vous fait signe. Là, du coin de l’œil on surprend quelque chose : l’attente reposante devant une porte muette, la lumière qui savonne son visage. L’outre-noir qui s’étale sur le mur, la transparence du regard, fixe et pénétrant, qui se détache dans un noir et blanc contrasté.

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Le portrait.

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Pierre Yovanovitch.

Pierre-yovanovitch
Monographie/Pierre Yovanovitch/Édition Rizzoli

Cher Pierre, est-ce un livre sur la décoration ou la monographie d’un architecte d’intérieur ?
En fait, peu importe. L’essentiel est la poésie qui s’en dégage. Il faut commencer par lire la lettre à Mademoiselle Oops, écrite par Olivier Gabet. Elle parle de liberté, de fantaisie, d’espace, d’art, et d’objets pensés et posés par vous avec rigueur. Et puis elle parle de vous, des arbres qui vous protègent, d’escaliers, cœurs battants de vos intérieurs. Elle parle de cette exigence, de cet amour de la ligne minimum, et de l’Art en majuscule. Vous nous faites voyager de Paris à New York, de Porto à Londres. Vous nous faites rêver des Étangs d’Ixelles et quand on quitte Tel Aviv, on marque la pause, chez vous, au château de Fabrègues. Il donne l’exemple de l’absurde entêtement magnifique des végétaux et de l’architecture recomposée.
C’est là où vous apprenez à attendre et ça se voit.
On ferme le livre sur votre histoire, votre famille et Nice où vous avez grandi. Je suis très heureux que vous ayez choisi mes photos pour illustrer votre et notre amour de cette région. Merci Pierre.

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Pierre Yovanovitch.

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Moderne Maharajah.

Man Ray, Le maharajah et la maharani d’Indore, vers 1927-1930.png
Photo/Man Ray/Le Maharajah et la Maharani d’Indore/1927/MAD Paris

Du 26 septembre 2019 au 12 janvier 2020, le Musée des Arts Décoratifs met à l’honneur l’extraordinaire figure du Maharajah d’Indore, Yeshwant Rao Holkar II. Un homme qui fît le choix d’allier un sens évident de la tradition indienne à l’audace de l’avant-garde européenne. Conquis par la nouveauté, il décide de faire construire avec l’architecte Eckart Muthesius, le projet d’un palais d’un style inédit à Manik Bagh. Brillamment conseillé par Henri-Pierre Roché, il rencontre Jacques Doucet, découvre l’avant-garde artistique parisienne, acquiert ainsi des œuvres de Constantin Brancusi, Jacques-Émile Ruhlmann, Marcel Breuer, René Herbst, Elieen Grey. Il commande des services de table à Jean Puiforcat et au céramiste Jean Luce, de luxueux tapis à Ivan Da Silva Bruhns et se fait portraiturer avec son épouse par le peintre Bernard Boutet de Monvel et Man Ray. Une superbe mise en scène autour d’un mécène des années 1930.

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Moderne Maharajah.

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Bain de soleil.

Bain de soleil, promenade des Anglais, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Promenade des Anglais/Nice

Cet homme endormi au soleil, c’est un corps, c’est un cœur élevé en pleine air. Ces lumières brunes ne cherchent pas l’épate. Elles sont très près de l’argile où est mêlé le souffle pour arriver aux imbéciles que nous sommes. Peut-être qu’un vrai artiste est toujours un moraliste. C’est le bien qui est cherché avec avidité, et alors la beauté vient inévitablement, comme une petite carriole attachée à une plus grande et filant à toute allure, comme une récompense accidentelle.

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Bain de soleil.

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Autoportrait d’un sculpteur.

Le sculpteur, Marbre, granite, pierre, plomb et verre peint, nat
Photo/Gilles Dallière/Autoportrait du sculpteur/Ossip Zadkine/Musée Zadkine/Paris

Autoportrait d’un sculpteur. Il y a une géométrie insoupçonnée dans le désordre de cette nature morte, quand tout redevient immobile, une équation sidérante de grâce dans l’orgasme au moment où tout meurt en couleur, et même dans la rage du sculpteur, même là, dans la violence primaire de l’acte le plus arbitraire, une généalogie mystérieuse est à l’œuvre. Nous sommes tous des danseurs étoiles du vide parvenus au terminus du moi. Ossip Zadkine tiens à célébrer des saturnales mystico-érotiques dans son atelier quand d’autres fêtent Noël en regardant Anne-Sophie Lapix sur France Télévision.

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Autoportrait d’un sculpteur.

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Autoportrait

Mon Portrait, Italie, Milan, Sawaya&Moroni, 2008.
Photo/Francis Amiand/Gilles Dallière/Milan

C’est bien moi, j’ai laissé ma chaise devant la porte d’entrée, mais la sensation d’un vertige noir persistera jusqu’au milieu de la matinée.
Que pensez-vous de l’affaire Vincent Lambert ?
Que pensez-vous de cette tempête médiatique et judiciaire ?
Si la porte se refermait sur ma vie, j’aimerais qu’on m’aide à la franchir sans souffrir.
Que pensez-vous de toutes ces agressions anti-LGBT ?
Du Brexit, du naufrage de l’Europe ?
Plus le scrutin approche, plus les sondages d’opinion radotent, et l’élection se jouera, comme la présidentielle de 2017, entre la République en marche et le Rassemblement national.
Et je ne parle pas des gilets jaunes.
Aujourd’hui on boboïse, on cyberharcèle, on infox, oui ce sont les nouveaux mots qui entrent dans le Petit Robert 2020.
Dans ce monde d’excès jusqu’à l’absurde, où on déconne plein pot, je promène mon regard sur ce trait de lumière qui frappe furtivement la couronne de cristal rouge de l’obélisque. Le lieu rayonne d’une solitude essentielle. J’ai toujours eu le plus grand mal à fonctionner dans cette société. Les diplômes, les discours, mon travail de journaliste, l’importance de serrer les bonnes mains, de gagner toujours plus, je veux dire, toute cette frénésie pour pouvoir s’offrir quoi au juste ?
Le vrai luxe c’est la liberté.

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Autoportrait

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Cuvée Saint-Urbain

Altan,gildalliere, 2019.
Photo/Gilles Dallière/Portrait/Altan/Paris

À mon approche un gargouillis rieur s’éteignit dans l’air, celui de son téléphone portable. Il se redressa, posa son verre en cristal de Baccarat sur le bord de la commode. Mon regard de photographe interrogateur et soucieux, glissa du visage barbu et pâle, surmonté d’un toupet de cheveux drus et noirs au verre à moitié vide d’un vin de Bourgogne, cuvée Saint-Urbain, Marsannay, 2012. Un silence avait enveloppé cet instant d’une étrange fantômalité.

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Cuvée Saint-Urbain

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