Pierre Yovanovitch.

Pierre-yovanovitch
Monographie/Pierre Yovanovitch/Édition Rizzoli

Cher Pierre, est-ce un livre sur la décoration ou la monographie d’un architecte d’intérieur ?
En fait, peu importe. L’essentiel est la poésie qui s’en dégage. Il faut commencer par lire la lettre à Mademoiselle Oops, écrite par Olivier Gabet. Elle parle de liberté, de fantaisie, d’espace, d’art, et d’objets pensés et posés par vous avec rigueur. Et puis elle parle de vous, des arbres qui vous protègent, d’escaliers, cœurs battants de vos intérieurs. Elle parle de cette exigence, de cet amour de la ligne minimum, et de l’Art en majuscule. Vous nous faites voyager de Paris à New York, de Porto à Londres. Vous nous faites rêver des Étangs d’Ixelles et quand on quitte Tel Aviv, on marque la pause, chez vous, au château de Fabrègues. Il donne l’exemple de l’absurde entêtement magnifique des végétaux et de l’architecture recomposée.
C’est là où vous apprenez à attendre et ça se voit.
On ferme le livre sur votre histoire, votre famille et Nice où vous avez grandi. Je suis très heureux que vous ayez choisi mes photos pour illustrer votre et notre amour de cette région. Merci Pierre.

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Pierre Yovanovitch.

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Moderne Maharajah.

Man Ray, Le maharajah et la maharani d’Indore, vers 1927-1930.png
Photo/Man Ray/Le Maharajah et la Maharani d’Indore/1927/MAD Paris

Du 26 septembre 2019 au 12 janvier 2020, le Musée des Arts Décoratifs met à l’honneur l’extraordinaire figure du Maharajah d’Indore, Yeshwant Rao Holkar II. Un homme qui fît le choix d’allier un sens évident de la tradition indienne à l’audace de l’avant-garde européenne. Conquis par la nouveauté, il décide de faire construire avec l’architecte Eckart Muthesius, le projet d’un palais d’un style inédit à Manik Bagh. Brillamment conseillé par Henri-Pierre Roché, il rencontre Jacques Doucet, découvre l’avant-garde artistique parisienne, acquiert ainsi des œuvres de Constantin Brancusi, Jacques-Émile Ruhlmann, Marcel Breuer, René Herbst, Elieen Grey. Il commande des services de table à Jean Puiforcat et au céramiste Jean Luce, de luxueux tapis à Ivan Da Silva Bruhns et se fait portraiturer avec son épouse par le peintre Bernard Boutet de Monvel et Man Ray. Une superbe mise en scène autour d’un mécène des années 1930.

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Moderne Maharajah.

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Bain de soleil.

Bain de soleil, promenade des Anglais, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Promenade des Anglais/Nice

Cet homme endormi au soleil, c’est un corps, c’est un cœur élevé en pleine air. Ces lumières brunes ne cherchent pas l’épate. Elles sont très près de l’argile où est mêlé le souffle pour arriver aux imbéciles que nous sommes. Peut-être qu’un vrai artiste est toujours un moraliste. C’est le bien qui est cherché avec avidité, et alors la beauté vient inévitablement, comme une petite carriole attachée à une plus grande et filant à toute allure, comme une récompense accidentelle.

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Bain de soleil.

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Autoportrait d’un sculpteur.

Le sculpteur, Marbre, granite, pierre, plomb et verre peint, nat
Photo/Gilles Dallière/Autoportrait du sculpteur/Ossip Zadkine/Musée Zadkine/Paris

Autoportrait d’un sculpteur. Il y a une géométrie insoupçonnée dans le désordre de cette nature morte, quand tout redevient immobile, une équation sidérante de grâce dans l’orgasme au moment où tout meurt en couleur, et même dans la rage du sculpteur, même là, dans la violence primaire de l’acte le plus arbitraire, une généalogie mystérieuse est à l’œuvre. Nous sommes tous des danseurs étoiles du vide parvenus au terminus du moi. Ossip Zadkine tiens à célébrer des saturnales mystico-érotiques dans son atelier quand d’autres fêtent Noël en regardant Anne-Sophie Lapix sur France Télévision.

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Autoportrait d’un sculpteur.

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Autoportrait

Mon Portrait, Italie, Milan, Sawaya&Moroni, 2008.
Photo/Francis Amiand/Gilles Dallière/Milan

C’est bien moi, j’ai laissé ma chaise devant la porte d’entrée, mais la sensation d’un vertige noir persistera jusqu’au milieu de la matinée.
Que pensez-vous de l’affaire Vincent Lambert ?
Que pensez-vous de cette tempête médiatique et judiciaire ?
Si la porte se refermait sur ma vie, j’aimerais qu’on m’aide à la franchir sans souffrir.
Que pensez-vous de toutes ces agressions anti-LGBT ?
Du Brexit, du naufrage de l’Europe ?
Plus le scrutin approche, plus les sondages d’opinion radotent, et l’élection se jouera, comme la présidentielle de 2017, entre la République en marche et le Rassemblement national.
Et je ne parle pas des gilets jaunes.
Aujourd’hui on boboïse, on cyberharcèle, on infox, oui ce sont les nouveaux mots qui entrent dans le Petit Robert 2020.
Dans ce monde d’excès jusqu’à l’absurde, où on déconne plein pot, je promène mon regard sur ce trait de lumière qui frappe furtivement la couronne de cristal rouge de l’obélisque. Le lieu rayonne d’une solitude essentielle. J’ai toujours eu le plus grand mal à fonctionner dans cette société. Les diplômes, les discours, mon travail de journaliste, l’importance de serrer les bonnes mains, de gagner toujours plus, je veux dire, toute cette frénésie pour pouvoir s’offrir quoi au juste ?
Le vrai luxe c’est la liberté.

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Autoportrait

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Cuvée Saint-Urbain

Altan,gildalliere, 2019.
Photo/Gilles Dallière/Portrait/Altan/Paris

À mon approche un gargouillis rieur s’éteignit dans l’air, celui de son téléphone portable. Il se redressa, posa son verre en cristal de Baccarat sur le bord de la commode. Mon regard de photographe interrogateur et soucieux, glissa du visage barbu et pâle, surmonté d’un toupet de cheveux drus et noirs au verre à moitié vide d’un vin de Bourgogne, cuvée Saint-Urbain, Marsannay, 2012. Un silence avait enveloppé cet instant d’une étrange fantômalité.

Clichés/photos

Cuvée Saint-Urbain

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Petit nu N°6

Petit nu N°6, Curiosa, Marie Pierre Morel, gildalliere, paris, 2O19.
Photo/Gilles Dallière/photogravure/Marie-Pierre Morel/Niels Schneider

C’est ma dernière acquisition : « Petit nu N°6 ». Une photogravure de Marie-Pierre Morel, tirée d’une série d’études pour le film éponyme de Lou Jeunet, d’après les photos de Pierre Louÿs. Le cadrage de ce nu masculin, académique, est soigné. La gamme des demi-teintes depuis la clarté solaire jusqu’au noir pure est parfaitement maîtrisée. À la recherche de la lumière magicienne, le corps de l’acteur vibre, et le papier sent cette vibration. Marie-Pierre travaille à la chambre, l’épreuve numérotée est tirée en gravure taille douce permettant d’obtenir grâce à la qualité du papier et au travail d’encrage une matière magnifiée dans les noirs chargés de mystères.
http://www.sitdown.fr

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Petit nu N°6

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