Moderne Maharajah.

Man Ray, Le maharajah et la maharani d’Indore, vers 1927-1930.png
Photo/Man Ray/Le Maharajah et la Maharani d’Indore/1927/MAD Paris

Du 26 septembre 2019 au 12 janvier 2020, le Musée des Arts Décoratifs met à l’honneur l’extraordinaire figure du Maharajah d’Indore, Yeshwant Rao Holkar II. Un homme qui fît le choix d’allier un sens évident de la tradition indienne à l’audace de l’avant-garde européenne. Conquis par la nouveauté, il décide de faire construire avec l’architecte Eckart Muthesius, le projet d’un palais d’un style inédit à Manik Bagh. Brillamment conseillé par Henri-Pierre Roché, il rencontre Jacques Doucet, découvre l’avant-garde artistique parisienne, acquiert ainsi des œuvres de Constantin Brancusi, Jacques-Émile Ruhlmann, Marcel Breuer, René Herbst, Elieen Grey. Il commande des services de table à Jean Puiforcat et au céramiste Jean Luce, de luxueux tapis à Ivan Da Silva Bruhns et se fait portraiturer avec son épouse par le peintre Bernard Boutet de Monvel et Man Ray. Une superbe mise en scène autour d’un mécène des années 1930.

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Moderne Maharajah.

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Une pensée antique.

Entrée, Villa Kérylos, Beaulieu sur mer, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Péristyle/Villa Kérylos/Beaulieu sur mer

Dans la clarté d’une pensée antique, je contemple la mort de Talos après la conquête de la toison d’or. J’observe le retour d’Héphaïstos dans l’Olympe. Les scènes sont variées, mêlées de palmettes et de motifs conchyliologiques, évoquant les liens indéfectibles entre la civilisation grecque et le monde marin sur fond ocre jaune et rouge pompéien. Les lumières qui y traînent sont des lettres d’amour. Un amour qui ne demande rien, sinon d’être là. Un amour qui vous donne l’éternel, en passant. J’ai pris la liberté de regarder ces murs. De poser mon regard entre ces deux colonnes qui mènent à bien plus haut que moi : là où plus rien n’est à saisir, sinon l’insaisissable.

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Une pensée antique.

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Dos à la mode.

Back side, musée Bourdelle, Paris, Martine Sitbon, Prêt-à-porter, automne-hiver 1997-1998, gildalliere, 2019
Photo/gilles Dallière/Musée Bourdelle/Exposition/Back Side/Dos à la mode/Du 5 juillet au 17 novembre/18 rue Antoine Bourdelle 75015 Paris.

« À chaque collection, j’essaie d’introduire la couleur. Le noir finit toujours par gagner. Il rend tout plus direct. Il dessine un profil, un dos…J’aime la ligne du dos des femmes…C’est le point focal de ma construction. Juste là, près des clavicules. C’est ce qui va décider de l’émotion d’un vêtement. »
Yohji Yamamoto
Déroulant une nouvelle fois les liens qui rattachent le vêtement à la sculpture, on se souvient de Balenciaga, l’œuvre au noir, le palais Galliera s’installe au musée Bourdelle. Une centaine de silhouettes, du XVIIIe à nos jours. Un dialogue étonnant entre les œuvres du sculpteur vues de dos et celles des plus grands noms de la mode. La mise en scène est brillante comme un ruban de soie noire, les robes sont surprenantes, dénudées comme une volte-face.

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Dos à la mode.

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La conversation des objets

Andrea Branzi, nature morte, gildalliere, 2010,CZ
Photo/Gilles Dallière

C’est une photographie de la mémoire, du souvenir, de l’histoire. Ici, quasiment un seul objet est cadré, un objet trivial et quotidien au possible, un meuble objet qui est surtout une œuvre d’art. « L’objet doit susciter d’emblée une pensée, bien avant d’être conçu comme fonctionnel, dans l’hypothèse utopique qui se construit en vue d’élaborer une synthèse cohérente », affirme Alessandro Mendini. Je suis ému par ce mouvement anti-design qui remet en cause la vision des choses. Il bouleverse les formes convenues. Je suis heureux de l’assemblage audacieux de ces boîtes peintes, stratifiées, marquetées. Curieux de découvrir qu’au sommet de la pyramide improvisée, une tête de mosaïque d’or m’observe étrangement pour me voler mon âme.

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Elle fait non

Nature morte, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Au début, c’est pour jouer. On déshabille la poupée mais à force, en voyant ses bras vaciller, ses mains de porcelaine se détacher, ses joues et ses lèvres devenir pâle, on l’abandonne. Cette poupée là, n’a même pas la bouche ouverte pour satisfaire le client. Elle ne réchauffe plus les nuits de personne. Son regard émaillé ne voit plus la vie en rose bonbon. Un pied dans le vide, elle perd son équilibre. Beauté fragile, c’est une poupée qui fait non.

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Elle fait non

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Vous prendrez bien quelque chose ?

uil, sculpture, Belgique, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Une tendance ?
Une astuce pour gagner de la place dans un petit espace ?
Je laisse cette passionnante analyse aux magazines de décoration.
Un shopping sur les dix plus belles tables du marché ?
Et bien non, il n’y a pas d’annonceurs.
J’ai simplement posé un regard poétique sur l’installation de Marc Massa et Roger Liekens. Entre le salon et l’atelier de leur immense espace, la superposition des tables, hautes et basses, s’harmonisent dans un jeu de construction imaginaire qui symbolise les fragments de la vie quotidienne et là, je parle d’esthétisme. Une réalisation qui oblige le regard en perte de repères à constamment se repositionner. C’est la représentation de la mémoire du passé. La lumière s’infiltre avec force pour modeler les courbes de l’ébénisterie. Un jeu de formes et de couleurs qui se moque du temps présent.

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Vous prendrez bien quelque chose ?

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Au fil d’une vie

encriers chinois, Birmanie, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Il faut savoir regarder les choses en face, j’ai hérité de la passion des objets. Je ne sais toujours pas de qui je tiens cette passion, en tout cas ni de maman, ni de papa. Comprenez moi bien, je tombe amoureux des objets et j’ai une dévorante ivresse pour la céramique. Elle est là depuis toujours comme une référence esthétique qui me donne un sentiment de tranquillité. J’aime ses formes, sa matière, ses couleurs. Les gens ne savent plus voir ni entendre et il faut apprendre à regarder. Apprendre à regarder c’est apprendre à trouver. Dans chaque biscuit découvert il y a une histoire, un message, l’objet doit trouver sa place et même si je suis pour l’ordre je suis aussi ouvert à l’imprévu. C’est une histoire d’amour, la plus belle et parfois je la quitte et j’aime en faire don à qui me laisse à penser qu’ils les aimeraient tout autant que moi.

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au fil d’une vie

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