Vous prendrez bien quelque chose ?

uil, sculpture, Belgique, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Une tendance ?
Une astuce pour gagner de la place dans un petit espace ?
Je laisse cette passionnante analyse aux magazines de décoration.
Un shopping sur les dix plus belles tables du marché ?
Et bien non, il n’y a pas d’annonceurs.
J’ai simplement posé un regard poétique sur l’installation de Marc Massa et Roger Liekens. Entre le salon et l’atelier de leur immense espace, la superposition des tables, hautes et basses, s’harmonisent dans un jeu de construction imaginaire qui symbolise les fragments de la vie quotidienne et là, je parle d’esthétisme. Une réalisation qui oblige le regard en perte de repères à constamment se repositionner. C’est la représentation de la mémoire du passé. La lumière s’infiltre avec force pour modeler les courbes de l’ébénisterie. Un jeu de formes et de couleurs qui se moque du temps présent.

Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/interiors, Clichés/photos

Vous prendrez bien quelque chose ?

Image

Mise à nu

Altan dans la cuisine, Paris, 2018, gildalliere
Photo/Gilles Dallière

Se rapprocher, raccourcir la distance qui me sépare de lui. Le regard est fixe et pénétrant. La photo devient un texte visuel où le visage raconte ses traits. Pendant la prise de vue, je ne demande rien, j’attends qu’il révèle son « être » face à l’objectif, qu’il laisse tomber son masque et transparaître un peu de sa personnalité. La lumière se reflète dans son regard mais expose aussi la peau telle qu’elle est. Une réelle mise à nu.

Clichés/photos

Mise à nu

Image

Montserrat Caballe

Capture d_écran 2018-10-06 à 16.09.26

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fgdalliere%2Fposts%2F10156801412069444&width=500

Clichés/Inspiration, Clichés/tendances

Montserrat Caballe

Image

« Aligner la tête, l’oeil et le coeur »

Porche d'entrée., rue Vaugirard, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai joué à cache-cache sous le porche d’une entrée rue de Vaugirard avec l’inattendu, la disposition improvisée des lignes et des volumes en réflexion. Le contraste entre la forme et le noir et blanc traduit une alternance entre dissimulation et mise en évidence qui vous invite à poser un regard plus attentif sur l’image. Les géométries guident l’œil à la découverte d’un espace qui semble irréel. Mais la géométrie ne suffit pas. Il faut saisir l’instant, choisir la perspective, cadrer et faire parler les lignes qui semblent vouloir témoigner d’une sorte de sérénité absolue, nostalgique et solitaire. Comme l’a dit Cartier-Bresson, il faut réussir « à aligner la tête, l’œil et le cœur ».

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/photos

« Aligner la tête, l’oeil et le coeur »

Image

Ornementation

Banc Axel, Anvers, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Dans cette photo du détail ornemental d’un dossier de banc du château de ‘s-Gravenwezel, il y a le silence, le calme de l’instant qui précède la création ou qui peut-être suit sa fin. Tout cela semble une épave de civilisation abandonnée, l’ocre du mur, un fragment oublié du monde, éclairé par la lumière du Nord qui les dérobe à l’obscurité. La lumière vole un peu d’espace au noir qui creuse la profondeur de champ. Elle se pose sur les choses et réinvente une autre vie.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/photos, Clichés/voyage

Ornementation

Image

Je ne vois rien de mieux…

Numa, gildalliere, paris, 2018
Photo/Gilles Dallière

Plus bleu que le bleu de tes yeux
Je ne vois rien de mieux
Même le bleu des cieux
Plus blonds que tes cheveux dorés
Ne peut s’imaginer
Même le blond des blés
Plus pur que ton souffle si doux
Le vent même au mois d’Août
Ne peut-être plus doux
Plus fort que mon amour pour toi
La mer même en furie
Ne s’en approche pas
Plus bleu que le bleu de tes yeux
Je ne vois rien de mieux
Même le bleu des cieux.
Si un jour tu devais t’en aller
Et me quitter
Mon destin changerait tout à coup
Du tout au tout.
Plus gris que le gris de ma vie
Rien ne serait plus gris
Pas même un ciel de pluie
Plus noir que le noir de mon coeur
La terre en profondeur
N’aurait pas sa noirceur
Plus vide que mes jours sans toi
Aucun gouffre sans fond ne s’en approchera
Plus long que mon chagrin d’amour
Même l’éternité près de lui serait courte
Plus gris que le gris de ma vie
Rien ne serait plus gris
Pas même un ciel de pluie
On a tort de penser je sais bien
Au lendemain
A quoi bon se compliquer la vie
Puis-qu’aujourd’hui
Plus bleu que le bleu de tes yeux
Je ne vois rien de mieux
Même le bleu des cieux
Plus blonds que tes cheveux dorés
Ne peut s’imaginer
Même le blond des blés
Plus pur que ton souffle si doux
Le vent même au mois d’Août
Ne peut-être plus doux
Plus fort que mon amour pour toi
La mer même en furie
Ne s’en approche pas
Plus bleu que le bleu de tes yeux
Je ne vois que les rêves
Que m’apportent tes yeux.

Charles Aznavour

Clichés/Inspiration, Clichés/photos

Je ne vois rien de mieux…

Image

Dessous chics

MuseÃÅe Marmottant, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Quel est le meilleur usage que l’on puisse faire de l’appareil photo ?
Il suffit d’aller dans les musées, de regarder les œuvres d’un sculpteur ou d’un peintre et l’on comprend que l’œil doit enregistrer la vie. La photo reproduit la substance, la quintessence, de la chose en elle même. Au musée Marmottan-Monet, aidé par Patricia et Laurence, j’ai fait le portrait d’une idée. L’idée de la forme architecturale, l’idée de la transparence, du dessous chic, du mouvement et de la lumière qui glisse, parfaite, sur le verre gravé du sol du 1e étage de l’hôtel particulier. La vie est faite d’instants. Il faut savoir regarder le monde avec étonnement pour réussir à saisir ces fugaces instants d’enchantement avant qu’ils ne se referment sur eux-même.

Céramique, Clichés/expositions, Clichés/photos

Dessous chics

Image

Les marques de la vie

La vieillesse, Bahia, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Comme cette femme est belle. Elle me regarde derrière le voile de ses yeux et me sourit. Je détaille ses mains desséchées par la vie. Depuis sa naissance elles lui ont permis d’éviter de tomber lorsqu’elle était enfant, elles ont porté la nourriture à sa bouche et lui ont permis de s’habiller. Petite fille, sa mère lui a montré comment les joindre pour prier Dieu. Elles ont embrassé un mari et essuyé ses larmes quand il est parti. Elles ont été sales, coupées, rugueuses et enflées, maladroites à tenir son enfant et plus ouvertes à ses petits enfants. Elles ont tremblé quand elle a enterré l’homme de sa vie. Elles ont couvert son visage, peigné ses cheveux et lavé son corps. Elles ont été collantes et humides, sèches et rugueuses. Ces mains portent la marque de ce qu’elle a fait et des accidents de la vie, mais le plus important est que ce seront ces mêmes mains que Dieu attrapera pour l’amener avec lui dans son paradis.

Céramique, Clichés/photos, Clichés/voyage

Les marques de la vie

Image

Contre jour

Ombre chinoise, Bahia, gildalliere, 2002
Photo/Gilles Dallière

Une drôle de ronde se forme sur la plage de Vermelho. L’air y est tiède et humide. Un couple silencieux s’enlace au rythme chaloupé de la Samba. L’océan glisse derrière eux, puissant et opaque. Le noir de leur peau, pailleté de sueur, est lisse et lustré. Sous la caresse de ses yeux elle est entrée dans mon champ de vision, nette et élégante. Dans les nuages, ses tresses répandent de la lumière. Brûlante de désir, une paire de bras à son cou, elle se laisse aller. Son bikini collé au corps moule la rondeur de ses seins aux mamelons dressés. La chaleur monte au ventre, un souffle humide charrie l’odeur salé de l’océan, elle se colle aux battements de son cœur, à son sexe bandé, la tête étourdie par ses propres tourbillons. Ce n’est qu’un jeu de lumière qui seul donne de l’épaisseur au contre jour qui me coupe le souffle.

Clichés/photos, Clichés/voyage

Contre jour

Image

La cité de Dieu

Pose Sao Luis, brasil, gildalliere, 2002
Photo/Gilles Dallière

Assis dans la rue, tu es entouré d’éléments qui ne te comprennent pas. Tu inventories la géographie lourde de ton corps engourdi de fatigue. Dans la cité de Dieu même l’air libre a besoin de changer d’air. Tu t’écoutes vivre au ralenti avant d’ouvrir les paupières. La bière te monte à la tête et tu es persuadé que Dieu t’as oublié. Le sommeil adhère encore à toi comme une glu qui tarde à se dissoudre. Le temps s’ouvre devant toi, sans perspective que de rester assis dans la pénombre de la rue. Ta maison derrière toi ne s’écroulera pas tant qu’il y a de la joie en elle, mais elle s’écroule et s’écroulera toujours s’il n’y a pas de joie.

Clichés/photos, Clichés/voyage

La cité de Dieu

Image