La fluidité du regard…

L'arbre, Abstraction, Montmartre, Paris, gildalliere? 2020 L1017699-Modifier
Photo/Gilles Dallière/Montmatre

Alors ça y est, l’heure est arrivée. On va pouvoir se promener main dans la main dans les allées de nos parcs favoris, boire un verre à la terrasse de nos cafés adorés. Quoique, avec un nombre de couverts divisés par deux, la bagarre risque de vite tourner court. Alors pas de panique, la curiosité, la fluidité du regard, la jouissance du petit rien, me font abandonner le monde à sa frénésie pour m’entretenir avec les oiseaux. Passer de l’œil qui lit à la main qui écrit cet arbre magnifique. Je me jette dans le cœur de ses secrets, ses amours, le murmure tout bas des vents. Tu fais le beau, planté au milieu de la ville, et surtout, tu me fais signe de me taire.

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La fluidité du regard…

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La vraie vie…

Pivoine fanée, Paris, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Pivoine

Alors que ma vie confinée laisse libre cours à bien des interrogations, il est peut-être temps de réfléchir à ce que pourrait signifier la vie après. Aujourd’hui, comme cette pivoine fanée qui a le dédain de la mort, ma vie s’est rapetissée, engluée, éteinte, alimentée par des médias, des réseaux sociaux anxiogènes et polémiques qui la menace. Et quand je vois dans la rue tous ces gens qui reprennent une vie normale, il faut que je mesure l’infinie richesse du mot vrai. Demain, je serai de ceux qui incantent la dignité, qui espèrent l’harmonie toujours plus grande, qui vénèrent la vérité, qui aiment l’absolu et l’intemporel.

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La vraie vie…

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La favorite…

La favorite, le jardin des Biehn, Fès, Maroc, 2014
Photo/Gilles Dallière/La favorite:Jardin des Biehn/Fès/Maroc

Au-delà du goût paroxystique de la symétrie, le moucharabieh se colore selon les heures de toute la palette verte que des caresses de lumière peuvent dispenser au gré des transparences du ciel. Je reste confiné derrière l’encadrement rigoureux de ma chambre : « la Favorite ». Dans cette mise en espace, je vois sans être vu, dominant le jardin entre deux cultures, deux histoires, deux langues, deux couleurs de peau, ni blanc ni noir, je passe mon temps à m’inventer des racines, des attaches, et me les fabriquer.

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La favorite…

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Jungle fever…

Le jardin des Biehn, jungle, Fès, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Le jardin des Biehn/Fès/Maroc

Noyé dans la jungle du jardin des Biehn, je suis à la recherche d’une lumière magicienne, une lumière énigmatique, toujours changeante, où les ombres denses sont chargées de mystère. Une lecture en noir et blanc, où le noir n’est pas noir. Un effet, une certaine mélancolie, un clair-obscur vert pour dégager l’expression abstraite des apparences concrètes du visible et magnifier la lumière naturelle.

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Jungle fever…

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Le reflet d’un autre monde…

Lumière, réflexion sur le sol du palais El Mokri, Fès, Maroc, 2020
Photo/Gilles Dallière/Palais El Mokri/Fès/Maroc

En dessous des hautes et frêles graminées qui poussent sur les toits de tuiles vertes qui couvrent les pièces enchantées du palais El Mokri, il y a la cuisante chaleur de midi et sa lumière trop blanche. Dans le salon carrelé dont les fenêtres rouges, ouvrent sur la cour d’honneur, je fige, le regard sévère, le tracé d’un sol en noir et blanc. Le reflet d’un autre monde.

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Le reflet d’un autre monde…

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L’innocence du monde…

Champs d'oliviers, Fès, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Moyen Atlas/Fès/Maroc

Nous sommes en mars, le printemps s’annonce. Les troncs et les branches se détachent clairement. La composition est plutôt symétrique. Le ciel se couche de tout son corps sur la campagne du Moyen Atlas. La vie est fragile, mais elle trouve ici, dans ces champs d’oliviers, une solidité inédite. Je respire.

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L’innocence du monde…

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« Il automne »

Karen Aubroeck, l'atelier, gildalliere, 2011

Karen Aubroeck, l’atelier, gildalliere, 2011


Photo/Gilles Dallière/Belgique

“Il automne”, et pourtant, dans l’atelier de Karel Aubroeck, une fois nettoyé les nuages, j’ai l’œil ébloui, le souffle bloqué devant la luminosité qui agit comme un renouveau sur l’ouverture carrée donnant sur le jardin inspiré du Land Art. Noyé dans tout ce gris, le jeu de lumière s’anime et les couleurs se réactivent dans la réflexion du miroir, œuvre d’art de Günther Förg.

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« Il automne »

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Des ronds et des bosses.

Topiaire, Vil, Belgique, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/Belgique

C’est un jardin intime, fait de ronds et de bosses, animé par le mouvement des ombres des bosquets soigneusement taillés, projetées sur les allées de gravier blanc. Un jardin peuplé de formes arrondies et muettes où la lumière, l’eau, et le vent sont pris au piège. Un jardin qui n’a plus aucun souvenir du monde extérieur. Les hommes n’ont qu’à bien se tenir, la taille est laborieuse. On bouchonne les trous avec des souvenirs dont le calme relatif ratisse aussitôt du bonheur.

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Des ronds et des bosses.

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Retenir la grâce.

Réflexion, Saint Jean de Montmatre, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Saint Jean de Montmartre/Paris

En attendant la fin du monde, de mon monde il va sans dire, je suis pour un temps à l’abri, protégé du vent et des éléments, à promener mon Leica dans la reflexion d’un rayon de soleil automnal entre deux portes vitrées, partageant la même quiétude heureuse que celle d’un gâteau sec dans une boîte en fer-blanc.

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Retenir la grâce.

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Nous les arbres.

Fondation Cartier, Nous les arbres, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Fondation Cartier/Exposition/Nous les arbres/12 juillet-10 novembre 2019

À la Fondation Cartier, je me demande si ma mémoire n’est pas pleine d’arbres et de voyages. À l’étage je trie les livres, les photos, les textes, des piles de choses devenues inertes et innervées et en clapotant sur les toits de tant d’images fugaces, j’entretiens spontanément celle des arbres en mouvement dans cette installation sculpturale et transparente qui, de l’extérieur vers l’intérieur, est d’une étonnante complexité. Un jeu de transposition formelle qui brouille les frontières entre le monde végétal et l’architecture.

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Nous les arbres.

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