La chaise musicale

Andrea_Dall_Olio, gildalliere,2013
Photo/Francis Amiand/Gilles Dallière

Dans ce jeu de la chaise musicale, je suis l’animateur qui s’occupe de poser un regard toujours lucide et solitaire sur la création. Je me nourris d’architecture et de décors décalés, de détails et d’inventaires. Je donne à ce sujet une atmosphère où le temps est suspendu. Le décor créé par Andrea Dall’Olio se fige dans le noir d’un graphisme immuable. La vrai beauté ne fait pas de bruit, elle reste cachée.

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La chaise musicale

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Le temps suspendu

Boulevard Lannes, gildallière, 2014
Photo/Gilles Dallière

Sous une lumière plus intellectuelle que sensible, l’acier se fige comme privé d’air et plongé dans un espace vide. Ce temps suspendu donne une dimension mystérieuse à l’ensemble de l’architecture métallique. Cette installation, sur quatre étages, est l’illustration du passage, un ascenseur livré à l’action dissolvante de la lumière qui l’empêche de se figer et qui en jouant de sa masse, l’absorbe dans son jeu. Le moment est un faux présent, un présent qui renvoie au passé du souvenir et qui s’enracine dans le fantasme.

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Le temps suspendu

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La lumière en liberté

JK-AV-Montaigne-017
Photo/Francis Amiand/Direction Artistique/Gilles Dallière

Contempler la lumière c’est faire un voyage dans l’histoire. On s’avance au bord du miroir pour sonder la profondeur de la perspective. On mesure la dimension de l’espace, la liberté qu’il y a dans la réflexion infinie des lustres. On imagine les vestiges de la fête, les rires et quelques cris qui remplissent nos rêves autour des grandes roues de cristal de roche et l’or des trumeaux. La lumière se faufile jusqu’à nous tout en contraste et en confidence.

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La lumière en liberté

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Quête d’unité

JK-AV-Montaigne-025-Modifier
Photo/Francis Amiand/Direction Artistique/Gilles Dallière

Dans ce jeu de réflexion, le temps échappe à l’histoire. Le cristal de roche se perd dans le passé et surgit dans le présent comme un signe sans signifié, sans autre signifié que le sentiment du temps qui passe et qui dure à la fois. Quelle prodigieuse distance renvoie la portion du ciel que je perçois dans le reflet trouble de la table ?
Comme l’a dit Diderot, « le temps s’arrête pour celui qui admire ».

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Quête d’unité

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Le passage

Mosaiques musée Cernuschi,gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière

Les portes, les seuils, les couloirs, les passages sont parfois dessinés comme si de rien n’était, comme si passer d’un lieu à l’autre était un événement insensé. En passant par là, en marchant sur ce pavement de mosaïque aux motifs grecs et aux lignes étonnamment modernes on rejoint la lumière… L’extase aussi, peut-être.

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Le passage

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Photographisme n°2, architecture recomposée

Cathedrale Antibes Tirage 5 A 1
Photo/graphisme/Gilles Dallière

Ici, c’est un hymne à la couleur. Il y a deux points essentiels : la photo, graphique de la cathédrale d’Antibes et l’abstraction des formes. Je glisse entre l’espace réel et la représentation de cet espace. J’inscris des rectangles sur des champs de couleurs unies, ceux de Notre Dame de la Platea. Les dessins géométriques polychromes s’y déploient et s’adaptent à l’architecture et l’ambiguïté de l’espace. Une théâtralité mesurée.

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Épure

Uil-72dpi
Photo/Gilles Dallière

Tout est dessiné dans cette épure et je n’ai laissé à l’obscur que des croisées d’architecture. Dans cet équilibre où le blanc devient noir et le rien devient tout, une lumière diaphane venue du ciel souligne l’élan d’une ligne qui marque les angles de son trait. Elle se gonfle de clarté et soudain s’immobilise, d’abrège et disparaît dans la palette des gris qui soulignent l’acuité de sa géométrie.

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Du contraint au naturel

uil, jardin de topières, gildalliere, Belgique 2011
Photo/Gilles Dallière

Faire une photographie, c’est prendre la parole et il faut avoir quelque chose à dire. Dans un cadrage, j’apprends la modestie, car je dépends du réel et le réel est plus imaginatif que je ne le serais jamais. Dans ce jardin belge, je prends le temps de regarder le soleil dessiner ses ombres entre les buis taillés en rouleau de printemps. Dans ce monde où désormais on consomme la photo pour le plaisir de partager un instant, réapprenez à regarder, cadrer, hasardez vous et laissez vous guider du calme au tumultueux, du grandiose au pittoresque, du sévère à l’aimable, du contraint au naturel et surtout n’oubliez pas de vous retourner, champ contrechamp. Les images et les mots qui les accompagnent sont la mémoire de ce qui va disparaître.

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Du contraint au naturel

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« Aligner la tête, l’oeil et le coeur »

Porche d'entrée., rue Vaugirard, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai joué à cache-cache sous le porche d’une entrée rue de Vaugirard avec l’inattendu, la disposition improvisée des lignes et des volumes en réflexion. Le contraste entre la forme et le noir et blanc traduit une alternance entre dissimulation et mise en évidence qui vous invite à poser un regard plus attentif sur l’image. Les géométries guident l’œil à la découverte d’un espace qui semble irréel. Mais la géométrie ne suffit pas. Il faut saisir l’instant, choisir la perspective, cadrer et faire parler les lignes qui semblent vouloir témoigner d’une sorte de sérénité absolue, nostalgique et solitaire. Comme l’a dit Cartier-Bresson, il faut réussir « à aligner la tête, l’œil et le cœur ».

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« Aligner la tête, l’oeil et le coeur »

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Ornementation

Banc Axel, Anvers, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Dans cette photo du détail ornemental d’un dossier de banc du château de ‘s-Gravenwezel, il y a le silence, le calme de l’instant qui précède la création ou qui peut-être suit sa fin. Tout cela semble une épave de civilisation abandonnée, l’ocre du mur, un fragment oublié du monde, éclairé par la lumière du Nord qui les dérobe à l’obscurité. La lumière vole un peu d’espace au noir qui creuse la profondeur de champ. Elle se pose sur les choses et réinvente une autre vie.

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Ornementation

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