Immersion dans la toile…

omnipreÃÅsence de GeÃÅrard  Drouillet dans ma chambre, Paris, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Ma chambre/Paris

Dans la transparence de ma chambre, il y a la peinture de Gérard Drouillet. Ça bouge, ça claque, ça trace des symboles sertis de spirales, de cercles, de points chargés d’énigmes. Le noir prédomine sans fin sur l’ocre d’Eygalières parsemé de gris. Il y a de l’opulence, de la confusion, des pleurs, beaucoup d’amour et des questions. J’y trouve de la conversation, du plaisir, un univers fantastique libéré par la magie de la main de l’artiste effleurant la surface du papier. Impossible de m’en défaire.

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Immersion dans la toile…

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Abstraction géométrique…

Equilibre des formes, mon salon, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/De la cuisine au salon/Paris

Ici, entre ma cuisine et le salon, le mouvement est infini. C’est celui du va-et-vient de la lumière où l’esprit du tableau d’Albert Chubac et le monde traditionnel de la terre cuite marocaine et de la porcelaine chinoise y échangent sans fin leurs signes. Entre les deux, il y a le silence, la transparence, une simplicité absolue, la poésie des verticales qui superposent les ombres. J’aime me placer là, au milieu de cette abstraction géométrique, retenir mon souffle et n’être personne.

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Abstraction géométrique…

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7 heure du mat…

Ma chambre, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Ma chambre/Paris

Et cinquante trois jours plus tard, ça donne quoi le confinement ?
Mon lit défait, divisé par la verticale d’une lampe qui se reflète dans les lignes inclinées de la photo des échafaudages de la construction du périphérique de Paris par Jean-Claude Gautrand. Le reflet sur la boîte en plexiglass déséquilibre délicatement la scène et laisse entendre que dans la vie, tout ne peut pas être en équilibre parfait. Un instant, quelques jours peut-être, et ça ne dure pas ?
En fait c’est mal me connaître, tout est parfait, toujours…

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7 heure du mat…

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Les stigmates de la fin…

Pivoine éclatée, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Pivoine

J’ai isolé la fleur piégée dans le cadre. J’ai fait surgir des détails presque artificiels. J’interroge la fragilité de la matière. Les anthères sont en lévitation. Elles pèsent lourdement sur les filaments qui encadrent les stigmates d’une fleur fanée. Elle pulvérise la couleur. La pivoine pourrait être dessinée, modelée, taillée, amplifiée, défigurée, épurée, absente…
Elle est recroquevillée comme pour ne pas déborder du cadre : confinée.

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Les stigmates de la fin…

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La vraie vie…

Pivoine fanée, Paris, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Pivoine

Alors que ma vie confinée laisse libre cours à bien des interrogations, il est peut-être temps de réfléchir à ce que pourrait signifier la vie après. Aujourd’hui, comme cette pivoine fanée qui a le dédain de la mort, ma vie s’est rapetissée, engluée, éteinte, alimentée par des médias, des réseaux sociaux anxiogènes et polémiques qui la menace. Et quand je vois dans la rue tous ces gens qui reprennent une vie normale, il faut que je mesure l’infinie richesse du mot vrai. Demain, je serai de ceux qui incantent la dignité, qui espèrent l’harmonie toujours plus grande, qui vénèrent la vérité, qui aiment l’absolu et l’intemporel.

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La vraie vie…

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Mille et un passages

La médina, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/La médina de Fès/Maroc

Parce que nous sommes confinés, je ne peux pas souhaiter l’anniversaire de Laurence comme je le désirerais. Je lui dédicace cette image…
Backstage, la géométrie est là, dense comme un cri de douleur, un sanglot de rage. Elle ne cherche pas à plaire, à charmer, elle agresse le silence, le malmène, le bouscule. Telle est la médina, menacée, fragile, mais toujours prête à exposer ses ruelles prolongées comme un fond de décor opératique. Derrière les murs, la scène, côté cour, côté jardin. J’imagine un mobilier moderne aux lignes pures, en harmonie avec des tissus soyeux et un petit nombre d’objets étranges qui sembleraient provenir d’un magasin d’antiquités. Ils suggèreraient par leurs formes dépouillées un théâtre idéal où tout ne serait que « luxe, calme et volupté ».

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Mille et un passages…

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Composition…

Détail, médersa Cherratine, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Médersa Cherratine/Sol/Fès/Maroc

Jamais je n’avais regardé avec autant d’avidité, d’émerveillement, le ciel, les nuages et la terre. C’est grâce aux couleurs que nous lisons le monde. Les zelliges de cette médersa, posés les uns à côté des autres, ont leurs histoires. Des histoires de couleurs tendres, accompagnées de poésies, et de prières, de chants profonds, et d’incantations. Il ne faut pas la gaspiller. J’ai autant de peine à gaspiller de la couleur qu’à gaspiller les mots.

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Composition…

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La beauté enceinte…

Médina, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Fès/Médina

Égaré dans la ville, je me balance au bord du vide où je me vois immobile jusqu’à imaginer que les murs se rapprochent curieusement pour mieux se confiner. La rue en pente a poussé le ciel. Les façades, roses brique et pierre ocre s’agrippent aux étais qui égrènent l’ombre de leurs lignes géométriques. Les rues et les ruelles, de leur beauté enceinte, ruissellent vers les portes et les places emportées par les plis des créneaux couronnés qui confinent l’impériale cité.

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La beauté enceinte…

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Contraste…

Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Fès/Maroc

Entre faire et défaire, je tourne autour d’un petit paysage dont rien n’est le centre. L’horizontalité et la verticalité des lignes m’en éloignent. Elles s’accumulent allant davantage vers le noir. Rien ne s’échappe de cette lumière. Chaque mot écrit échappe à ce qu’il dit. Puis il y a cette recherche jour après jour de ce qui c’est retiré. Le ciel entier se précipite dans la pièce.

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Contraste…

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À couper le souffle…

Médersa Cherratine, Fès, Médina, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Medersa Cherratine/Fès/Maroc

Sur ce parterre de marbre et de mosaïques, par quel bout s’attaquer au monument baignant dans une lumière boisée, toute baroque ?
Ici, on prie, on étudie, on trafique, on travaille, comme on faisait il y a dix siècles de cela. Dans cette ville sombre où les hommes ont un visage pâle, de beaux yeux qui ne laissent rien voir de l’âme, les palais ont pris la lèpre noirâtre d’une pierre de tombe moisie. On entend partout, sans la voir, l’eau qui gronde et ruisselle, et je m’arrête pour écouter ce lointain murmure des siècles passés.

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À couper le souffle…

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