Lumière noire, lumière blanche…

Plafond peint, escalier du palais El Mokri, Fès, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Palais El Mokri/Fès/Médina/Maroc

Ici, à la recherche de la profondeur, de la succession des plans, du recul qui est pris, de la totale occupation de l’espace, du sens des pleins et des vides, du jeu sur les emmarchements qui traduit un emboîtement de formes, ici tout est fondé sur l’ombre et la lumière. Elles encadrent la rigueur du dessin du plafond, où le bleu azur et le rouge vif contrastent avec le jaune surligné d’une touche d’aquarelle orange, un rehaut de gouache blanche ou une tache de violet. Ici, on va à l’essentiel.

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Lumière noire, lumière blanche…

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Luxuriance divine…

Cour de la médersa Cherratine, Fès, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Médersa Cherratine/Fès/Maroc

Ici, la sinueuse confusion d’arabesques déborde sur l’auvent sculpté en fantastique rucher de cèdre. Le mystère reste inaccessible au simple spectateur. Gloses et exégèses n’y peuvent rien. Allah garde son secret.
Mais comment le travail des artisans trouve-t’il cet aboutissement ?
Quelle alchimie subtile inspire cette vision rêvée ?
Ce mélange de luxuriance et de pureté orientale révèle le volume essentiel, la structure des choses, colonnes, spirales, cercles, inscriptions coraniques, incarnent le sens infaillible de la beauté. Dans le silence de la médersa, le pourtour est plongé dans l’ombre pour se concentrer sur les figures géométriques qui s’inscrivent au sol dans un schéma rigoureux et multicolore où les vasques et les fontaines aspirent la lumière divine.

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Luxuriance divine…

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Entrelacs architectural…

Détail, architecture, médersa Cherratine, Fès Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Médersa Cherratine/Fès/Maroc

C’est un passage dont les perspectives dentelées s’enveloppent de zelliges multicolores et de rectangles inscrits l’un dans l’autre. Les premiers sont décorés de l’entrelacs superbe et serré, noir sur blanc, d’une inscription coranique. Les autres sont gaufrés d’une sinueuse confusion d’arabesques. Rang sur rang, des légions de niches en ogive, de plus en plus petites et dédoublées, s’élèvent peu à peu muées dans ce dessous obscur et confus, en millier d’alvéoles.

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Entrelacs architectural…

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À couper le souffle…

Médersa Cherratine, Fès, Médina, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Medersa Cherratine/Fès/Maroc

Sur ce parterre de marbre et de mosaïques, par quel bout s’attaquer au monument baignant dans une lumière boisée, toute baroque ?
Ici, on prie, on étudie, on trafique, on travaille, comme on faisait il y a dix siècles de cela. Dans cette ville sombre où les hommes ont un visage pâle, de beaux yeux qui ne laissent rien voir de l’âme, les palais ont pris la lèpre noirâtre d’une pierre de tombe moisie. On entend partout, sans la voir, l’eau qui gronde et ruisselle, et je m’arrête pour écouter ce lointain murmure des siècles passés.

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À couper le souffle…

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Réclusion à volonté…

Minaret, médina, Fès, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Fès/Médina

D’où vient-il que la déchirure exerce un tel attrait à mes yeux ?
Peut-être est-ce parce qu’elle exacerbe ce lien mélancolique, quasi ontologique, qui m’attache à la présence d’une absence, insaisissable, toujours déjà passé, en train de disparaître. À Fès, sitôt qu’on y pénètre, on est surpris par la vie pullulante qui monte et qui descend sans trêve, dans ces profondes rues étroites. Ville inquiète, inquiétante dont le mystère accroche, mais ne la fait pas toujours aimer.

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Réclusion à volonté…

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Optique…

Zelliges, le jardin des Biehn, Fès, Maroc, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Le jardin des Biehn/ Fès/Médina/Maroc

Le paradis vient d’un mot persan qui désigne un jardin entouré d’un mur protecteur. Dans le jardin des Biehn, les allées de zelliges magnétisent le regard. La perspective à pris de la hauteur. Le rythme des motifs joue sur la répétition, mais aussi sur la surprise. Les fesselles tremblent, glissent, se compriment, se déforment, étourdissent par leurs effets de matière. Elles donnent du sens à la vie.

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Optique…

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La favorite…

La favorite, le jardin des Biehn, Fès, Maroc, 2014
Photo/Gilles Dallière/La favorite:Jardin des Biehn/Fès/Maroc

Au-delà du goût paroxystique de la symétrie, le moucharabieh se colore selon les heures de toute la palette verte que des caresses de lumière peuvent dispenser au gré des transparences du ciel. Je reste confiné derrière l’encadrement rigoureux de ma chambre : « la Favorite ». Dans cette mise en espace, je vois sans être vu, dominant le jardin entre deux cultures, deux histoires, deux langues, deux couleurs de peau, ni blanc ni noir, je passe mon temps à m’inventer des racines, des attaches, et me les fabriquer.

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La favorite…

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La quête du calfeutré…

File d'attente, confinement, Fès, Maroc, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Fès:Médina/Maroc

Tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir demeurer confiné dans un appartement. Or, c’est précisément ce qui est requis de plusieurs milliards d’individus aujourd’hui. Non Jacques ce n’est pas une farce. Tu as l’impression de perdre ton temps mais tu n’as pas à discuter, c’est cela l’histoire. Dedans, dehors, on a choisi pour toi. Pour moi, c’est dedans, et si c’est dehors c’est pour faire des courses à un mètre de distance les uns des autres. Il faut se retirer du monde pour mieux le sillonner et le comprendre.

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La quête du calfeutré…

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Un paysage artificiel…

Moulay Idriss, lac du barrage sidi chahed, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Sidi Chahed/Fès/Maroc

Perdu dans le paysage désertique du lac artificiel de Sidi Chahed, il y avait un homme heureux. Un homme qui voulait créer un écosystème cultivé dans un monde où la résilience devenait un atout essentiel. Le lieu est magique. On devait y découvrir de nombreuses techniques permaculturelles afin de produire des légumes et des fruits d’une grande qualité nutritive et d’un goût incomparable. Mais voilà les projets ne se réalisent pas toujours. Mais qui sait, il n’a peut-être pas dit son dernier mot…

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Un paysage artificiel…

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Rêver…

Sidi chahed, Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière/Fès/Maroc/Sidi Chahed

À la recherche du temps perdu, j’explore le silence des marges de cette eau artificielle. Les teintes sont douces, chaudes, ambiguës. Un moyen peut-être de me laisser complètement griser par la vibrante sensualité du lac car derrière la poésie subtile du paysage, il y a une réflexion sur la place de l’image comme moyen de communication… Un cache-misère. Je ne fais qu’évoquer la beauté qui se cache derrière l’ordinaire.

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Rêver…

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