Une bande-son de palmettes…

Les palmettes d’une maison, Pitsinades, Kithira, Grèce, gildalliere, été 2022

Le décor est devenu une philosophie, depuis que le monde a perdu de son étrangeté, depuis que les forêts et les océans sont répertoriés, l’absence d’inconnu oblige à se construire un décor. Chacun, dans une illusion de moi, peut le configurer à son image. Des toiles peintes et des Himalaya de stuc s’offrent au désir et, enfermé dans ces ersatz comme dans un palanquin d’or, on peut traverser la vie et le monde, lesquels ont perdu toute saveur. Un décor pour se cacher le vide du sens, ou une porte pour retrouver le sens, qui n’a jamais été perdu. Et c’est vrai, ici il n’y a plus qu’un ciel et une bande-son de palmettes.

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Une bande-son de palmettes…

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Clair-obscur…

Le plafond Art déco des salons de la Villa Igiea, Palerme, Sicile, gildalliere, été 2008

Je vis dans le clair-obscur de la conscience, sans jamais me trouver en accord avec ce que je suis. Les meilleurs d’entre nous abritent la vanité de quelque chose, et il y a une erreur d’angle dont j’ignore la valeur. Il m’arrive parfois, par certaines portes, d’apercevoir ce qui n’est peut-être que décor, mais là je suis subjugué par le style Art-déco, et je lève les yeux au ciel. Autour de moi le monde entier est confus, comme des voix perdues dans le labyrinthe des salons de la Villa Igiea.

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Clair-obscur…

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Est-ce bien réel…

Plafond de la Villa Igiea, Palerme, Sicile, gildalliere, été 2008

À la Villa Igiea, la lumière a pris une teinte jaune d’une lenteur excessive. Les intervalles entre les choses se sont élargis. La chaleur, qui semble avoir augmenté paraît toute froide. Les volets intérieurs de la fenêtre, juste entrouverts, laissent entrevoir par cette fente étroite le jardin luxuriant. Il est d’un vert différent, tout imbibé de silence. Dans cette atmosphère mystérieuse, je me suis amusé à examiner, du dedans de l’âme, les lignes et les détails minutieux de ce plafond merveilleux, et en contemplant tout cela, je me suis demandé si c’était bien réel.

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Est-ce bien réel…

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L’extase…

Ballet national de Marseille, (La)Horde, Théâtre de la Ville, danse, gildalliere, printemps 2022

Nue encore de plaisir, Tu m’envahis d’une douceur d’équinoxe. J’aime toucher ton cœur où se divise avec tes seins notre mélancolie du vide. Et quand tu déplies tes jambes jusqu’aux étoiles, dans le noir, ton goût de silex m’asphyxie. 

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(La)Horde…

Ballet national de Marseille, (La)Horde, Théâtre de la Ville, danse, gildalliere, printemps 2022

Tu danses, et là où finit ton corps, commence ta présence. Ta voix, tes yeux, ton front, tes gestes, tu ne peux pas être plus nue. Tes seins, de les toucher, mes mains s’envolent comme des ailes. Tu embellis à vue d’œil tant je rêve de toi. Je me dilue dans ton odeur. Je me répands dans ton cerveau et comme la lune là-haut se lève dans les nuages, tu cours à travers ton enfance avec des ombres à tes pieds, mais tu ne sais pas laquelle suivre avant de me quitter.

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(La)Horde…

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Face à face…

Collection Morosov, icônes de l’art Moderne, Fondation Louis Vuitton, Paris, gildalliere, printemps 2022

Les conservateurs de l’Ermitage, du musée Pouchkine, de la Galerie Tretiakov et les autres établissements prêteurs ont retrouvé les pièces de la collection Morozov présentées à Paris à la Fondation Louis Vuitton à l’exception de trois restées en France. Les Serov de cette photo, les Répine, Melnikov, Malevitch, Golovine, Matisse, Cézanne, Renoir, Gauguin, Van Gogh, ont passé la frontière Russe début mai. Deux œuvres liées à des oligarques restent dans l’immédiat chez nous du fait des sanctions, tout comme une troisième, par mesure de sécurité, car elle appartient à un musée ukrainien.

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Face à face…

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Bibliothèque Richelieu, Paris, gildalliere, printemps 2022

Prestigieuse…

Après l’inauguration de l’Hôtel de la Marine, et de la collection Pinault à la Bourse de Commerce, la bibliothèque Richelieu réouvre cet été à proximité de l’axe transversal de la capitale. La magnifique salle Ovale, l’une des deux plus prestigieuses salles de lecture avec la salle Labrouste, devient une salle publique. Autour, un nouveau musée présente d’exceptionnelles collections. Elles sont exposées dans des espaces patrimoniaux de premier plan ; le salon Louis XV, qui a retrouvé son décor d’origine crème et or, et la galerie Mazarin avec son exubérant plafond à l’Antique, signé de l’italien Romanelli. J’ai cru apercevoir Le cardinal de Richelieu traînant toujours son image austère de trou à rats de bibliothèque, et Gustave Flaubert dans le cabinet des médailles qui examinait des monnaies anciennes.

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Prestigieuse…

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Tuyaux…

La passerelle du centre Pompidou, Paris, gildalliere, printemps 2022

Nous n’entendons plus les soupirs inquiets du vent, mais de sombres vrombissements de moteurs, des sifflements de trottinettes, des ronflements. On construit des forêts de tuyaux soudés les uns aux autres. On dessine des horizons de cristal qui, en réalité, ne nous permettent de voir ni le ciel, ni les galaxies, mais seulement d’autres forêts de tuyaux.

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Tuyaux…

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Il pleut de l’ombre…

Projection, Centre Pompidou, Paris, gildalliere, printemps 2022

Le temps s’arrête, les ombres se figent, un couple passe, demeure le souvenir. S’effaçant, vieillissant. Nous sommes des êtres flous avec un je-ne-sais-quoi de net. Lorsque l’œil se détourne et revient pour rencontrer à nouveau l’image, ce qui frappe, c’est ce mur maculé de lumière qui cerne le mystère de nos vies.

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Il pleut de l’ombre…

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L’instantané de l’âme…

Isadora, place du Tertre, Paris, Montmartre, gildalliere, printemps 2021

Cette danse gestuelle, place du Tertre, se déroule sur une unique diagonale symbolisant le parcours de vie. Une jeune femme tourne, tourne encore, s’envole. Le phrasé des gestes sculpte l’espace. Elle danse, faisant don de son expressivité et de son énergie. J’ai regardé, scruté, capté. J’ai retenu cette vision du mouvement. C’est en la voyant travailler sur le déséquilibre que mon regard a vacillé. Comment capturer le mouvement en train de s’accomplir ? Comment ne jamais rien figer mais au contraire ouvrir, repousser les limites, en donnant le sentiment d’une incessante mobilité ? Elle s’est livrée à mon regard photographique, révélant chaque fois quelque chose d’unique qu’on pourrait appeler un instantané de l’âme.

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L’instantané de l’âme…

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