Pierre Yovanovitch.

Pierre-yovanovitch
Monographie/Pierre Yovanovitch/Édition Rizzoli

Cher Pierre, est-ce un livre sur la décoration ou la monographie d’un architecte d’intérieur ?
En fait, peu importe. L’essentiel est la poésie qui s’en dégage. Il faut commencer par lire la lettre à Mademoiselle Oops, écrite par Olivier Gabet. Elle parle de liberté, de fantaisie, d’espace, d’art, et d’objets pensés et posés par vous avec rigueur. Et puis elle parle de vous, des arbres qui vous protègent, d’escaliers, cœurs battants de vos intérieurs. Elle parle de cette exigence, de cet amour de la ligne minimum, et de l’Art en majuscule. Vous nous faites voyager de Paris à New York, de Porto à Londres. Vous nous faites rêver des Étangs d’Ixelles et quand on quitte Tel Aviv, on marque la pause, chez vous, au château de Fabrègues. Il donne l’exemple de l’absurde entêtement magnifique des végétaux et de l’architecture recomposée.
C’est là où vous apprenez à attendre et ça se voit.
On ferme le livre sur votre histoire, votre famille et Nice où vous avez grandi. Je suis très heureux que vous ayez choisi mes photos pour illustrer votre et notre amour de cette région. Merci Pierre.

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Pierre Yovanovitch.

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Coup de gueule


Photo/Francis Amiand/stylisme/Gilles Dalliere

Dans le monde de la décoration, le stylisme est un métier créatif. C’est l’autre regard.
C’est l’œil qui fait qu’un reportage ne ressemble pas à un autre.
L’œil qui cadre l’instant donné.
L’œil qui fait prendre la pose à des situations et à des objets pour transmettre une certaine image, résultat d’un dialogue, d’une collaboration ou même d’une connivence avec un décorateur et un photographe. Rien d’une photo surprise par ce qu’elle est mise en scène. Pas celle des mots écrits mais celle du beau, de l’essentiel qui transparaît dans ce travail créatif. Par une étrange osmose, elle pénètre l’image et la photographie devient un portrait du styliste autant que du photographe.
Il est difficile de trouver quelque chose de ce sentiment dans les images posées des livres et des magazines, qu’elles soient préparées dans des studios ou bien tirées dans des décors naturels.
Ces instants donnés sont le fruit d’un métier.
Quand un regard fait la différence, ne devrait-il pas être reconnu au même titre que celui d’un photographe.

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Marc Hertrich Nicolas Adnet : Des univers Inspirés
Direction artistique : Brigitte Fitoussi
Éditions Fonds de France

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Coup de gueule

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Clichés/livres

25 kilos de photos


Après Helmut Newton, Sebastião Salgado, c’est au tour d’Annie Leibovitz d’avoir le droit à son livre XXL. Une édition limitée à 10 000 exemplaires, dont 1000 collectors, avec quatre jaquettes différentes. Deux cent cinquante sublimes clichés, Que Benedikt Taschen demande à la plus grande portraitiste contemporaine de notre temps. Un livre taille SUMO qui a mit plusieurs années pour que le projet voie le jour. Du reportage intimiste pour le magazine Rolling Stone dans les années 1970 aux portraits sophistiqués pour Vanity Fair et Vogue, Annie Leibovitz a puisé ses photos dans plus de 40 années de carrière. Des clichés célèbres comme celui de John Lennon et Yoko Ono enlacés dans une dernière étreinte côtoient des portraits rarement publiés, parfois même inédits. Ses photos sont à la fois intimes et iconiques. Souvent imitée mais jamais égalée, Leibovitz multiplie les genres dans un style qui n’appartient qu’à elle. Célèbre pour ses portraits de groupe, elle les présente pour la première fois dans un format qui permet de les apprécier à leur juste valeur, la confirmant comme le maître incontesté du genre.
http://www.taschen.com

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Indochine des Territoires et des Hommes, 1856-1956



Indochine, des territoires et des hommes de 1856 à 1956 accompagne l’extraordinaire exposition que le musée de l’Armée organise jusqu’au 26 janvier 2014. Chapitre 1, les premiers pas de la France en Asie du Sud-Est avant 1856. Chapitre 2, la formation de l’Indochine française de 1859 à 1907 avec la conquête de la Cochinchine, du Cambodge, du Tonkin et de la chaîne Annamitique (Annam et Laos). Chapitre 3, la participation des troupes venues d’Indochine aux différents engagements de la France dans le monde. Chapitre 4 la remise en cause de la vie coloniale en Indochine dans l’entre-deux guerres. chapitre 5, la seconde guerre mondiale et l’occupation japonaise de 1940 à 1945. Chapitre 6, la reconquête de l’Indochine par la France. Chapitre 7, la guerre d’Indochine de 1950 à 1956. Un sujet majeur jamais vraiment traité qui touche à la question délicate du double processus de colonisation et de décolonisation. Une histoire oubliée, qui fait que la montée en puissance des mouvements nationalistes et communistes au Vietnam, au Cambodge et au Laos, vont entrainer un débat idéologique sans précédent. Je ne parle même pas du rôle de la Chine.
Les auteurs, le lieutenant-colonel Christophe Bertrand, conservateur au musée de l’armée, Jean François Klein, maître de conférences des histoires contemporaines de l’Asie du Sud-Est, et Caroline Herbelin, historienne et maître de conférences à l’université de Toulouse II Le Mirail.
Une histoire passionnante.
320 pages, 39€ chez Gallimard.
http://www.gallimard.fr
http://www.musee-armee.fr

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Céramique, Clichés/livres

« Ce gamin à l’angoisse solaire il grouille clair »

Drouillet HD

C’est ce que va écrire Louis Pons sur le cas Drouillet. Avant d’être sculpteur, Gérard Drouillet fut d’abord et avant tout un peintre et un dessinateur. Pendant les dix dernières années de son parcours, la céramique et la sculpture prirent une place plus importante. Il avait le goût de la rigueur et de la liberté, de la turbulence et de la magnificence. Je l’ai connu à Eygalières, à la grande époque de l’Isle sur la Sorgue. À la suite d’un reportage je lui ai acheté une toile d’une énergie incroyable. Je l’avais trouvé dans son vaste atelier ouvert de grandes baies où il stockait ses travaux. Cet homme d’exception était curieux et ses engouements n’avaient pas de limites. Ses expositions furent fréquentes. À Saint Rémy de Provence je l’ai entraîné dans le jardin de « la Maison du Village » avec mes amies, puis en 2009 chez Pierre Passebon, au Passage Vero Dodat de Paris. Ce livre, sous la direction de Frédéric Guigue et des Éditions du Regard, rend un hommage magnifique à ses hantises et ses déroutements et plus on tourne les pages et plus la virulence de ses sensations, de ses frayeurs, de ses joies, se catalysent sur son oeuvre d’ombre et de lumière peuplée d’énigmes. Comme le dit si bien Terry de Gunzburg, « entre anges et démons… Il est de ces grands artistes qui ne savent pas qu’ils sont immenses ».

Livre relié sous jaquette
format : 29 x 24,5cm
200 pages
240 illustrations
Prix : 40€
Parution : le 17 octobre 2013
Les Éditions du Regard

http://www.editions-du-regard.com

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Clichés/livres

« L’Art de l’effacement »

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Photo/gilles Dallière, Samode, Inde

La romancière indienne, d’expression anglaise, Anita Desay, publie « L’Art de l’effacement »‘ trois nouvelles sur le thème de la disparition. Trois nouvelles où tout s’organise autour d’une cassure primordiale entre ce que l’on a été et ce que l’on rêvait d’être. La première histoire raconte la vie d’un homme qui vit en reclus, proche de la nature, sa seule et unique source de contentement. Il a pourtant connu une jeunesse facile auprès de parents adoptifs suffisamment riches pour passer leurs étés à Nice. Mais tout bascule par petites touches et glissements successifs. Il décide de se fondre dans le décor, de disparaître tout en restant vivant. Il en fait un art de vivre jusqu’à ce que l’irruption intempestive de la civilisation à Mussoorie en Inde, vienne perturber ses plans.

« L’Art de l’effacement », d’Anita Desay
Mercure de France

http://www.mercuredefrance.fr

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Clichés/livres

L’arrière-saison

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Photo/gilles Dallière

« L’Arrière-Saison » est un roman de Adalbert Stifter « qui poursuit un idéal esthétique et moral d’une extrême ambition ». Le héros est un jeune homme qui rencontre une jeune fille, une vieille femme et un vieil homme aux liens mystérieux et chacun proche de la mort. Le jeune homme s’aperçoit que la vieillesse crée la jeunesse. Privé de cet entourage, de cet encadrement, il est complètement perdu, encombré de son âge, de ses sensations, de ses ambitions. Les valeurs défendues par Adalbert Stifter sont amplement rétrogrades. Ce sont celles de l´époque Biedermeier à laquelle il se rattache. L´univers est essentiellement petit-bourgeois. La femme a sa place au foyer, les enfants doivent obéir et honorer leurs parents, le mariage est un sacrement qu´on ne peut rompre, l´art est une branche de la religion, les anciens et notamment les Grecs sont « plus naturels, plus vrais, plus simples et plus grands que les hommes de la modernité », etc., etc. Dieu n´est évident pas absent, mais il n´est pas omniprésent. Comment dès lors expliquer le charme d´un tel roman ? Difficile de répondre. Mais en abordant sur plus de six cents pages les sujets les plus humbles et les aspects les plus personnels des raisons de vivre pleinement une vie jusqu´à l´accomplissement de son arrière-saison, Adalbert Stifter a réussi un tour de force passionnant : celui de nous faire croire que ses personnages et lui-même, dans leur tentative à la fois exaltée et désespérée de donner un sens à leur vie par des gestes et des pensées les plus humbles, est aussi la nôtre.
J’aimerais que mon père le lise.

http://www.gallimard.fr

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