Abstration…

Photo/Gilles Dallière/Hôtel Salé/Paris

Je définis ma relation à la photographie comme relevant d’une expérience : expérience de la marche, expérience de l’espace. Le cadrage crée l’espace. Il crée l’espace nécessaire pour révéler la fragilité et la richesse de la surface sensible : la main courante. La lumière s’y accroche, s’y faufile, s’y glisse, traverse où se heurte à la surface de l’architecture. Une recherche de l’épure et de la composition. Un monochrome noir qui révèle une observation attentive d’un intérieur urbain. J’ai fait surgir le blanc, c’est à dire la lumière.

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Abstraction…

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Le temps suspendu…

Les palliers du palais Majestic, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Palais Majestic/Nice

Le temps s’arrête pour celui qui l’admire. Il suffit de regarder. Il suffit d’oublier l’imperfection. En toute chose, se poser, écouter le silence, laisser la place à son imagination, au tempérament. L’imagination, c’est le génie. Il faut être libre. Saisir et figer le pallier dans son état éphémère, et partir. Il reste alors cette envie d’y retourner, cette sensation qu’imprime en moi chaque lieu, ce passé réanimé quelques heures par et pour moi. Ce vide qui paradoxalement emplit ma réalité.

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Le temps suspendu…

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Le vide…

La descente du Majestic, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Nice/Palais Majestic

Je me dirige vers la sortie. Le ciel s’est assombri. Sur les fenêtres de la cage d’escalier, les premières gouttes de pluie, plaquées d’un revers de vent, finissent de sécher au moment où je sors. L’escalier est vide. Derrière les murs, le brouhaha des voix, peu à peu se dissipe. Mon regard flou à besoin de souffle, d’oxygène. Je pense à la respiration de l’âme, à cet appel qui, parfois, m’attire ailleurs, loin, très loin des autres, loin de ma vie avec les autres. Les jours vides s’accumulent.

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Le vide…

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Pause…

Le passage, Villa Domergue, Cannes, gildalliere,  2019
Photo/Gilles Dallière/Villa Domergue/Cannes

J’ai secrètement pressé la télécommande de la vie sur pause. Le temps s’est arrêté. Dans ce monde devenu tout à coup immobile, j’ai vu l’essence de la beauté. La lumière offre ses mains tendues. Elle glisse sans fin le long des parois éternelles. Elle est là, devant moi, fragile. Elle éclabousse les blancs pilastres qui soutiennent la petite ombre qui me dépasse. La contempler ainsi, dans sa nudité, assouvit un désir de sacré qui, dans le même temps, se révèle inextinguible.

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Pause…

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La fête des mères…

Maman, portrait, Nice, 2019
Photo/Gilles Dallière/Nice

C’est la fête des mères. Je voudrais te dire que tu es belle. Aujourd’hui, il y a des choses de toi que je peux prendre. Pas d’argenterie ni de diamants, mais l’éclat du cristal taillé d’un vase signé Daum, ton vieil Opinel, une cuillère en bois usée jusqu’au manche, des torchons en lin, en veux-tu en voilà, quelques assiettes en porcelaine, un galet ramassé sur la plage du Ruhl, un coucher de soleil sur fond de Promenade des Anglais. Une façon de tenir ta cigarette Philip Morris rouge. Un pull en mohair Sonia Rykiel oublié. Un pashmina blanc, posé sur le dossier d’une chaise qui disparaît sous ton parfum. Shalimar de Guerlain. Tes clés, et des albums de photographies, du moins ce qu’il en reste. J’ai aussi retrouvé un tas de livres que tu n’as pas eu le temps de lire. Le souvenir de ton sourire mutin, ton envie de me voir m’installer à Nice. « Mais quand est-ce-que tu viens ? On ne laisse pas un petit chat tout seul ! »
Ce jour là, j’ai accroché ton regard à mon cœur. Aujourd’hui c’est foutrement difficile. Tu me manques Maman.

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La fête des mères…

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Clair-obscur…

Place Jean-Baptiste Clément, Paris, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Place Jean-Baptiste Clément/Paris

Parce que les gens s’installent sous les fenêtres, les habitants de cet immeuble ont enduit d’un blanc poudré et épais leur trottoir. La rue devient alors une ombre noirâtre, comme une couche de poussière, soulignée par la blancheur translucide de cette ligne hallucinogène. Un jeu trompeur et éphémère de clair-obscur, contre l’incivisme. Le blanc immaculé rebondit sur les volutes de fer forgé, révélant les ténèbres d’un univers ambigu où l’ombre et la lumière se confondent.

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Clair-obscur…

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L’opacité de l’ombre…

Les boiseries de Saint-Jean-de-Montmartre 2, Paris, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Saint-Pierre-de-Montmartre/Paris

Levé tôt ce matin, je suis revenu en arrière, avec un pied photo pour recadrer l’espace lumineux du portique de Saint-Pierre-de-Montmartre. En fait, la beauté d’une église, produite uniquement par un jeu sur le degré d’opacité de l’ombre, se passe de tout accessoire. C’est précisément cette lumière indirecte et diffuse qui est le facteur essentiel de la beauté. Et pour que cette lumière épuisée, atténuée, précaire, imprègne à fond le bois sculpté, la surface des murs est crépusculaire.

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L’opacité de l’ombre…

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Impensable…

Sainte Hélène, rue du Ruisseau, Paris, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Sainte-Hélène/Paris

Vous la sentez la violence ? Ça vous démange, ça vous prend à la gorge, l’envie d’émeute, les dégradations, l’incivisme. Le monde est redevenu pire qu’avant. Les États-Unis tremblent aujourd’hui. Trump s’accroche à l’armée. Dehors, tout semble à la fois impensable et trop vrai. J’ai cadré cette croix chargée de sens ainsi que de promesses. Mais la crucifixion est une torture, au même titre que l’oppression d’une Amérique blanche et raciste. C’est insupportable.

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Impensable…

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Dimanche de Pentecôte…

Abstraction n°3, Saint-Jean-de-Montmartre, gildalliere, 2020
Photo/Gilles Dallière/Saint-Jean-de-Montmatre

La lumière or des vitraux vacille. Elle projette dans l’obscurité, des rais encore plus clairs que les rayons du soleil. Mise en scène inattendue et tendue de superpositions de lignes et d’abstractions architecturales qui se répartissent à la croisée du transept. Je me suis dépouillé du superflu pour concentrer mon regard sur la suspension dure et froide qui acquiert un caractère plus graphique, et qui bien souvent perd son essence même si elle reste reconnaissable.

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Dimanche de Pentecôte…

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La fluidité du regard…

L'arbre, Abstraction, Montmartre, Paris, gildalliere? 2020 L1017699-Modifier
Photo/Gilles Dallière/Montmatre

Alors ça y est, l’heure est arrivée. On va pouvoir se promener main dans la main dans les allées de nos parcs favoris, boire un verre à la terrasse de nos cafés adorés. Quoique, avec un nombre de couverts divisés par deux, la bagarre risque de vite tourner court. Alors pas de panique, la curiosité, la fluidité du regard, la jouissance du petit rien, me font abandonner le monde à sa frénésie pour m’entretenir avec les oiseaux. Passer de l’œil qui lit à la main qui écrit cet arbre magnifique. Je me jette dans le cœur de ses secrets, ses amours, le murmure tout bas des vents. Tu fais le beau, planté au milieu de la ville, et surtout, tu me fais signe de me taire.

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La fluidité du regard…

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