La tête à l’endroit

Clocher, Friligianika, Cythère, gildalliere, 2018 copie 3
Photo/Composition/Gilles Dallière

Je me suis mis la tête à l’envers, j’ai calculé le sens de la lumière et j’ai cherché à respecter la beauté géométrique et dynamique des lignes de construction de cette tour campanaire. Je me suis mis la tête à l’endroit, j’ai tiré des lignes autour du cercle de lumière construit dans le quadrilatère. Une équation mathématique bien connue des architectes. Un calcul où l’asymétrie recherchée, l’horizontalité et la verticalité sous-tendent le monde.

Céramique, Clichés/expositions, Clichés/photos

La tête à l’endroit

Image

Une géométrie complexe

Malakof, J Karam, gildalliere, 2018
Photo/Richard Alcock/Gilles Dallière

Il y a tant de précisions dans cette image. La réflexion des ors du plafond que j’ai adouci, divisés par les lignes marquetées d’un meuble d’inspiration syrienne. Puis le reflet dans l’eau de la table roulante. C’est lui qui déséquilibre la composition. C’est lui qui laisse entendre que dans la vie tout ne peut pas être parfait. Un instant, oui, quelques jours peut-être, mais ça ne dure jamais. Alors nos yeux cherchent le bon cadrage. Notre cœur se met à battre et c’est la preuve d’un possible équilibre dans une géométrie complexe.

Clichés/architecture, Clichés/décoration, Clichés/interiors, Clichés/photos

Une géométrie complexe

Image

Quête d’unité

JK-AV-Montaigne-025-Modifier
Photo/Francis Amiand/Direction Artistique/Gilles Dallière

Dans ce jeu de réflexion, le temps échappe à l’histoire. Le cristal de roche se perd dans le passé et surgit dans le présent comme un signe sans signifié, sans autre signifié que le sentiment du temps qui passe et qui dure à la fois. Quelle prodigieuse distance renvoie la portion du ciel que je perçois dans le reflet trouble de la table ?
Comme l’a dit Diderot, « le temps s’arrête pour celui qui admire ».

Clichés/photos, Clichés/tendances

Quête d’unité

Image

Pose

Altan, Automne, gildalliere, 2018
Photo/photoshop/Gilles Dallière

C’est une journée lente. La pose est longue, mon œil est tourné vers lui et il sait à cet instant qu’il ne doit pas bouger. Le temps est comme suspendu. Rien ne vient rompre l’intensité de la lumière. L’air s’est figé et le monde s’est arrêté. À cet instant, la fatigue le saisit, son corps bouge mais il fait si peu de mouvements qu’on pourrait le croire scellé au parquet. Dans le silence, il dépose lentement l’indienne dans le minimalisme de ma chambre à coucher.

Clichés/photos

Pose

Image

La mort du centaure

Musée Bourdelle, le centaure mourant, gildalliere, 2015
Photo/Gilles Dallière

Ce centaure passe des heures à mourir dans la communion parfaite des lumières et des contrastes de l’atelier d’Antoine Bourdelle. L’homme-cheval, rongé de douleurs parce qu’il est immortel, obtint finalement du sculpteur de mourir dans l’enceinte du théâtre des Champs-Élysées. Il meurt sans plainte ni faux-semblants, sans voyeurisme non plus, la tête posée sur son épaule. Jérôme Godeau écrit : «Si les frisons de la robe, l’ondulation des flancs sont d’un modelé sensuel, l’allongement de la taille, l’envasement du torse, l’étirement de la ligne du bras et du cou s’inscrivent dans la perfection d’une figure géométrique». Très haut, il tutoie les étoiles, les sabots profondément ancrés dans son socle de plâtre.

Clichés/expositions, Clichés/Inspiration, Clichés/photos, Clichés/voyage

La mort du centaure

Image

Photographisme n°1, paysage recomposé

Paleopoli, gildalliere, 2018 copie 4
Photographisme/Gilles Dallière
Je bascule dans une nouvelle esthétique ou les lignes, le vert de gris des couleurs et les formes géométriques ne font plus qu’un avec le noir et blanc du paysage photographié. Dans l’atmosphère sourde de ce champ d’oliviers grecs, je réinvente la lumière. Les figures cubistes se projettent et se bousculent à l’intérieur du tirage A1. La simplicité naïve de ces structures est aussi plate et primitive qu’un dessin, mais à travers ce champ de vision, la matière s’aère, les contours spatialisés marquent une volonté d’échapper à la gravité pour mieux gagner en transparence, en équilibre et en articulation.

Clichés/photos, Clichés/tendances, Clichés/voyage

Photographisme n°1, paysage recomposé

Image

Réflection

Mrs Russell, musée Rodin, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

À l’autre bout de sa vie, Marianna Mattiocco della Torre, épouse du peintre australien John Russell, pose pour Rodin déguisée en Saint-Georges. Dans les salles de l’hôtel Biron, son plâtre immobile baigne dans une lumière hésitante. Elle domine avec angoisse le paysage à l’entour. Étouffée dans sa cage de verre, elle est incapable de comprendre ce qu’elle fait au 1ère étage du musée Rodin. Elle attend que les premiers visiteurs apparaissent. Dans cette colonne de sculptures exposées elle cherche des yeux la silhouette des arbres qui se confondent avec la poussière. Elle sait, à cet instant, que quelque chose commence.

Clichés/expositions, Clichés/interiors, Clichés/photos

Réflection

Image

Vous prendrez bien quelque chose ?

uil, sculpture, Belgique, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Une tendance ?
Une astuce pour gagner de la place dans un petit espace ?
Je laisse cette passionnante analyse aux magazines de décoration.
Un shopping sur les dix plus belles tables du marché ?
Et bien non, il n’y a pas d’annonceurs.
J’ai simplement posé un regard poétique sur l’installation de Marc Massa et Roger Liekens. Entre le salon et l’atelier de leur immense espace, la superposition des tables, hautes et basses, s’harmonisent dans un jeu de construction imaginaire qui symbolise les fragments de la vie quotidienne et là, je parle d’esthétisme. Une réalisation qui oblige le regard en perte de repères à constamment se repositionner. C’est la représentation de la mémoire du passé. La lumière s’infiltre avec force pour modeler les courbes de l’ébénisterie. Un jeu de formes et de couleurs qui se moque du temps présent.

Clichés/décoration, Clichés/design, Clichés/expositions, Clichés/interiors, Clichés/photos

Vous prendrez bien quelque chose ?

Image

Montserrat Caballe

Capture d_écran 2018-10-06 à 16.09.26

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fgdalliere%2Fposts%2F10156801412069444&width=500

Clichés/Inspiration, Clichés/tendances

Montserrat Caballe

Image

Dessous chics

MuseÃÅe Marmottant, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Quel est le meilleur usage que l’on puisse faire de l’appareil photo ?
Il suffit d’aller dans les musées, de regarder les œuvres d’un sculpteur ou d’un peintre et l’on comprend que l’œil doit enregistrer la vie. La photo reproduit la substance, la quintessence, de la chose en elle même. Au musée Marmottan-Monet, aidé par Patricia et Laurence, j’ai fait le portrait d’une idée. L’idée de la forme architecturale, l’idée de la transparence, du dessous chic, du mouvement et de la lumière qui glisse, parfaite, sur le verre gravé du sol du 1e étage de l’hôtel particulier. La vie est faite d’instants. Il faut savoir regarder le monde avec étonnement pour réussir à saisir ces fugaces instants d’enchantement avant qu’ils ne se referment sur eux-même.

Céramique, Clichés/expositions, Clichés/photos

Dessous chics

Image