La couleur éclaboussée

Mur, Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière

Je vais rajouter un peu de vert dans ce monde tout en jaune. Les unes à côté des autres, en aplats, éclaboussées, les couleurs nous racontent des histoires. Pas des histoires de pouvoir d’achat mais des histoires de murs et là où il y a un mur, c’est le commencement de l’architecture. Ils nous font lire le monde. C’est un langage quasi abstrait. Ici, la densité de la lumière et la précision des détails ne sont plus que les ombres d’un passé marqué par la violence même de la vie. La violence du monde aujourd’hui.

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La couleur éclaboussée

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Le conte de Fès…

Fontaine, Fès, gildalliere, 2014
Photo/Gilles Dallière

Peux-tu acheter le parfum d’une rose sans la rose, écouter le son d’une musique sans l’instrument, entendre le chant du rossignol sans l’oiseau ?
L’amour est un mendiant qui cache un trésor dans ses guenilles et celui qui demande l’aumône peut gagner une couronne. Et c’est bien ici l’histoire d’Abdou qui vit et règne à Fès au palais al-Glaoui. Il s’est fait la mémoire de cette demeure abandonnée de la Médina. Il est le garant de l’usage abondant des compositions géométriques de ce monde féérique et plus que jamais il faut l’aider à se battre pour garder en mémoire l’architecture de son islam des lumières.

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Le conte de Fès…

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Transparence

Le verre d'eau, gildalliere, 2008,A. de Vilmorin
Photo/Gilles Dallière

Il faut se dépouiller du superflu. Il faut concentrer son regard sur l’objet. Il faut travailler le silence tout comme le rythme. J’aime le silence, j’aime le rythme. Que peux être l’envers, que peut être l’endroit ? Je sais que je me suis tellement effacé devant la prétention des autres que j’en suis devenu transparent.

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Transparence

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Le fonctionnalisme

Villa Savoye, gildalliere,  2007
Photo/Gilles Dallière

Le noir et blanc nous transporte dans les recoins obscurs du fonctionnalisme de l’escalier de la Villa Savoye. Dans cette photo il y a le silence. Le béton déploie sa volée unique, étroite et linéaire au centre même de la structure, il se mêle à l’architecture en une vigoureuse théâtralité scénographique. La lumière vole un peu d’espace au blanc, elle se pose sur les courbes, les souligne et leur invente une autre vie.

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Le fonctionnalisme

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La tête à l’endroit

Clocher, Friligianika, Cythère, gildalliere, 2018 copie 3
Photo/Composition/Gilles Dallière

Je me suis mis la tête à l’envers, j’ai calculé le sens de la lumière et j’ai cherché à respecter la beauté géométrique et dynamique des lignes de construction de cette tour campanaire. Je me suis mis la tête à l’endroit, j’ai tiré des lignes autour du cercle de lumière construit dans le quadrilatère. Une équation mathématique bien connue des architectes. Un calcul où l’asymétrie recherchée, l’horizontalité et la verticalité sous-tendent le monde.

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La tête à l’endroit

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Une géométrie complexe

Malakof, J Karam, gildalliere, 2018
Photo/Richard Alcock/Gilles Dallière

Il y a tant de précisions dans cette image. La réflexion des ors du plafond que j’ai adouci, divisés par les lignes marquetées d’un meuble d’inspiration syrienne. Puis le reflet dans l’eau de la table roulante. C’est lui qui déséquilibre la composition. C’est lui qui laisse entendre que dans la vie tout ne peut pas être parfait. Un instant, oui, quelques jours peut-être, mais ça ne dure jamais. Alors nos yeux cherchent le bon cadrage. Notre cœur se met à battre et c’est la preuve d’un possible équilibre dans une géométrie complexe.

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Une géométrie complexe

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Quête d’unité

JK-AV-Montaigne-025-Modifier
Photo/Francis Amiand/Direction Artistique/Gilles Dallière

Dans ce jeu de réflexion, le temps échappe à l’histoire. Le cristal de roche se perd dans le passé et surgit dans le présent comme un signe sans signifié, sans autre signifié que le sentiment du temps qui passe et qui dure à la fois. Quelle prodigieuse distance renvoie la portion du ciel que je perçois dans le reflet trouble de la table ?
Comme l’a dit Diderot, « le temps s’arrête pour celui qui admire ».

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Quête d’unité

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Pose

Altan, Automne, gildalliere, 2018
Photo/photoshop/Gilles Dallière

C’est une journée lente. La pose est longue, mon œil est tourné vers lui et il sait à cet instant qu’il ne doit pas bouger. Le temps est comme suspendu. Rien ne vient rompre l’intensité de la lumière. L’air s’est figé et le monde s’est arrêté. À cet instant, la fatigue le saisit, son corps bouge mais il fait si peu de mouvements qu’on pourrait le croire scellé au parquet. Dans le silence, il dépose lentement l’indienne dans le minimalisme de ma chambre à coucher.

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Pose

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La mort du centaure

Musée Bourdelle, le centaure mourant, gildalliere, 2015
Photo/Gilles Dallière

Ce centaure passe des heures à mourir dans la communion parfaite des lumières et des contrastes de l’atelier d’Antoine Bourdelle. L’homme-cheval, rongé de douleurs parce qu’il est immortel, obtint finalement du sculpteur de mourir dans l’enceinte du théâtre des Champs-Élysées. Il meurt sans plainte ni faux-semblants, sans voyeurisme non plus, la tête posée sur son épaule. Jérôme Godeau écrit : «Si les frisons de la robe, l’ondulation des flancs sont d’un modelé sensuel, l’allongement de la taille, l’envasement du torse, l’étirement de la ligne du bras et du cou s’inscrivent dans la perfection d’une figure géométrique». Très haut, il tutoie les étoiles, les sabots profondément ancrés dans son socle de plâtre.

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La mort du centaure

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Photographisme n°1, paysage recomposé

Paleopoli, gildalliere, 2018 copie 4
Photographisme/Gilles Dallière
Je bascule dans une nouvelle esthétique ou les lignes, le vert de gris des couleurs et les formes géométriques ne font plus qu’un avec le noir et blanc du paysage photographié. Dans l’atmosphère sourde de ce champ d’oliviers grecs, je réinvente la lumière. Les figures cubistes se projettent et se bousculent à l’intérieur du tirage A1. La simplicité naïve de ces structures est aussi plate et primitive qu’un dessin, mais à travers ce champ de vision, la matière s’aère, les contours spatialisés marquent une volonté d’échapper à la gravité pour mieux gagner en transparence, en équilibre et en articulation.

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Photographisme n°1, paysage recomposé

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