Le fil rouge…

Oeuvre de Chiharu Shiota, galerie Templon, gildalliere, été 2020

Regarder travailler Chiharu Shiota est une expérience étonnante. L’artiste japonaise, née à Osaka en 1972, s’est fait connaître avec ses folles géométries de fil rouge, noir et blanc. C’est ce fil qui la guide. Elle le laisse aller, et s’il y a des difficultés, des hésitations, elles font partie de l’œuvre. Il nous entraîne dans un monde pétrifié où résonnent les thèmes de l’absence et du souvenir. Les fils s’enchevêtrent, se déchirent, se nouent et se dénouent. Ils sont le miroir des sentiments de l’artiste. 

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Le fil rouge…

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L’hédonisme…

Les plâtres de Maillol, Musée Maillol, Paris, gildalliere, automne 2021

C’est d’abord un clin d’œil à @jack.garnier 🙏🏻🙏🏻🙏🏻. Une tension paraît traverser ce qui est peut-être le thème unique de cette installation au musée Maillol : le corps. Corps morcelés des premières séries, corps épurés, corps stylisés, corps maniérés, corps sculptés, démembrés, incomplets, dispersés, nimbés d’une lumière zénithale des débuts aux académies de la fin. Du blanc, crayeux, musculeux, révélé par des jeux d’ombre et de poussière.

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L’hédonisme…

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L’arbre couché…

L’arbre des voyelles, Giuseppe Penone, bronze patiné, 1999, jardin des Tuileries, gildalliere, Paris, automne 2021

Dans la ville, il y a le jardin des Tuileries. Il y a des hommes assis sur des chaises, des arbres debout sur leur pied. Il y a des chiens qui aboient leur nom, il y a aussi la pluie qui s’accroche aux vitres pour se réchauffer. Et il y a un arbre couché dans le bronze, tête cuite au soleil de l’été, racines tournées vers un ciel plus bas que plafond. C’est l’arbre des voyelles de Giuseppe Penone.

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L’arbre couché…

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Vertigo…

La montée d’escalier 3 de la villa Alfonsa, le Dramont; Saint-Raphaël, gildalliere, automne 2021

L’escalier : l’homme y passe. Qu’il monte ou qu’il descende, il prend possession de l’espace. À première vue il n’y a rien à voir. À peine un lambris grisé qui semble bloquer l’espace. Sur le côté une fenêtre qui donne de la lumière et un dédale d’angles et de quinconces. C’est comme un tableau ; un étonnant concert de valeurs et de tons, de brillances et de matités qui compose ce cliché sans couleur.

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La main courante…

La main courante…

La montée d’escalier 2 de la villa Alfonsa, le Dramont; Saint-Raphaël, gildalliere, automne 2021

C’est la même petite photo sans fards. De la fenêtre le ciel est vaste et noir, irisé de rayons de lumière intense. C’est la lumière du clair découpant l’obscur, du brillant scarifiant le mat, le dur zébrant le mou, lumière d’une irrépressible exigence de pureté.

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Souvenir…

Vue de la terrasse du Cheval Blanc, Paris, gildalliere, automne 2021

Sur la terrasse du Cheval Blanc, la vie est un éclat de cristal et des nuages. Une veste oubliée, un changement de chambre, un foulard posé sur un dossier de chaise. Des souvenirs, un tas de livres que je n’ai pas eu le temps de lire. un sourire complice. Une envie lumineuse d’avancer.

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Souvenir…

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Baselitz, la rétrospective…

Vue du balcon du centre Pompidou, Montmatre, Paris, gildalliere, automne 2021

De Montmartre au Centre Pompidou, je suis allé voir Georgia O’Keeffe, il y avait trop de monde et les peintures de fleurs toutes gorgées de couleurs, les paysages surréalistes et métaphysiques m’ont ennuyé. Il faut dire que je sortais de la formidable rétrospective de Georg Baselitz. Il y avait peu de monde et l’exposition m’a renversé. Une certaine fragilité émane de ses tableaux. Il y a de la violence, beaucoup de violence. Il y a du sexe, et plus on avance dans le temps plus il y a des rides, une peau tombante, des os saillants, des portraits à l’envers, des traits anguleux. Il y a de la couleur, beaucoup de couleurs, de la force, une vitalité incroyable. À la fin, Baselitz révèle le noir et le blanc. Néanmoins, là où certains voient dégénérescence, tristesse, maladie et mort, j’y ai vu de l’amour, de la tendresse de l’admiration et de la beauté.

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Baselitz, la rétrospective…

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L’amphithéâtre…

Le salon des antiques, Grand Trianon, château de Versailles, gildalliere, automne 2021

Le temps est venu où, au bout de leurs tiges, les feuilles de l’automne frissonnent. Au sortir du jardin des Marronniers, face au Grand Trianon, l’Europe regarde l’amphithéâtre des antiques. Vingt et un bustes immobiles et muets posés sur des scabellons de marbre, transmettent les messages de propagande voulus par le roi Louis XIV. Tout autour, le parc est jalonné de points de vue surprenants et de lieux intimes. Un jardin animé par le mouvement des ombres des arbres soigneusement taillés, projetées sur les allées sablées.

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L’amphithéâtre…

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Tout en majesté…

Le péristyle, Grand Trianon, Versailles, gildalliere, automne 2021

Ouvert entre cour et jardins, le péristyle du Grand Trianon pèse sur une terre figée d’histoire, et cette rigidité saisie à la lumière du roi soleil, transforme les marbres roses et blancs en pierres transparentes jusqu’au plus profond de ses profondeurs enflammées. Les colonnades retrouvent leur souffle, comme un râle minéral implore le courant d’une existence pétrifiée par l’ombre de Jules Hardouin-Mansart. La transparence attise la poussière du gravier sablonneux des allées à la française et l’ombre desséchée de quelques graminées argentées projette d’ores et déjà les rigueurs de l’hiver.

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Tout en majesté…

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C’est là que je crois voir un poisson…

les reflets de l’automne dans les eaux de Versailles, gildalliere, automne 2021

Mon œil contemple de plus près ce miroir humide qui enchante tous mes sens. Je vois déjà la terre jointe avec le ciel faire un chaos délicieux de l’onde et de leur image. Je vois les tilleuls et les chênes y mirer leurs couleurs de l’automne. Je vois leurs troncs bien tracés dans les eaux qu’on ne sait si la houle fait trembler leur verdure ou plutôt l’air même et le vent. Ce beau tapis liquide semble enfermer entre ses bords l’or et l’azur des cieux comme un riche mélange dissipant les feuilles mortes et la transparence des fonds. 

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C’est là que je crois voir un poisson…

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