Riviera au naturel…

Entrée de la villa Alfonsa, réflection, gildalliere, 2020

En toile de fond Sandrine et Éric Raffy. À l’origine, la Villa Alfonsa, posée sur les hauteurs de la plage du Dramont face aux lacs des Carriers et à l’île d’Or. Au commencement, des projets d’architecture, du design, une famille recomposée, des souvenirs qui s’étirent au fil du temps qui passe. À l’arrivée, le rêve moderne d’une Méditerranée méritée. En conclusion, trois appartements et une maison privée, un décor où les gris glacés de vert de Nadine dessinent mille et une perspectives d’une richesse infinie. Les portraits fantasmés d’Éric, conscients de leurs élégances citadines « ex-travesties » que caressent amoureusement les réflexions des miroirs anonymes et des jeux de lumière. In fine, un clic, une réservation, un bol d’air et le confort d’une maison d’hôtes emportée par une soif de création qui n’a pas de frontière.

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Riviera au naturel…

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Le premier où le second Empire…

Pauline Bonaparte, Palais Masséna, gildalliere, Nice

Pauline la scandaleuse, l’air brûle sur ton visage. Tu as offert tes seins que tes vêtements ne suffisent jamais à masquer à Antonio Canova. Tu as livré le velours de ton intimité à Borghese, et aujourd’hui tu me tournes le dos. J’ai vu qu’on t’avait déplacé, mais dès que tu es quelque part, ta sauvagerie envahit tout. Derrière les jardins du Palais Masséna, tes yeux de marbre, pleins de détours, regardent la mer. La brutalité neutre du ciel d’azur te rend molle et ronde. Il faut dire que c’est Napoléon III qu’on met en avant au Palais Masséna aujourd’hui. Alors vive Nice et le Second Empire.

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Le Premier où le Second Empire…

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Sous les pavés de verre…

La coupole de l’hôtel Volney, Eléphant Paname, Paris, gildalliere, 2020

Sous l’impressionnante coupole en béton et pavé de verre couvrant un espace de 250 m2, ainsi font font font Laurent et Fanny Fiat, trois petits tours et puis s’en vont transformer la demeure en centre artistique. C’est la naissance d’Éléphant Paname. La danse et les arts plastiques y tiennent une grande place. L’hôtel du prince Alexandre Soltykoff, ambassadeur de Russie, a été bâti en 1856 par l’architecte Charles Rohault de Fleury, 10 rue Volney. On y trouve de très beaux décors Napoléon III. Au début du XXe siècle, le comte Greffuhle achète le logis sur la rue dans un but locatif. Les écuries sont acquises par la banque Dupont qui les fait raser. Un immeuble de quatre étages est construit par l’architecte Girod pour accueillir la clientèle et des bureaux. À l’emplacement de la cour une impressionnante coupole en béton et pavés de verre couvre un espace de 250 m2. C’est aujourd’hui une salle de spectacle. 

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Sous les pavés de verre…

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Le brutalisme…

Façade de verre, la CRAMIF, rue du Maroc, Paris, gildalliere, 2020

Ici, enfermé dans cette cour, sous la fuite tumultueuse des cumulus au dessus de la barrière de verre et de béton, je sens une force dans mon corps, un mouvement sous mes pieds ; oui peu à peu, une route se dessine à mes yeux. Si je devine déjà vers qui elle me mène, cependant j’ignore encore vers quoi.

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Le brutalisme…

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Que suis-je en train de regarder ?

Les Arts Décoratifs, vision, musée, Paris, gildalliere, 202O

Dans le Palais du Louvre, au Musée des Arts Décoratifs, que suis-je en train de voir ?
Le MAD, rénové, me pousse à regarder le monde avec un œil différent. À travers cette ouverture opaque, je vais au-delà de ce que je connais déjà. La lumière prend une autre dimension. Cette fenêtre utilise une grande variété de stratégies, comme celle de cadrer l’architecture de façon inhabituelle, en créant une composition inattendue à travers ces perforations qui doivent échapper à pas mal de visiteurs. Car il faut aller au-delà de l’enveloppe, de la consistance et de la matière. Et là, la photo soulève un doute : est-ce un vrai palais ou un décor artificiel ?

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Que suis-je en train de regarder ?

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La lutte Yanomami…

Claudia Andujar, la lutte Yanomami, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris, gildalliere, 2020

La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente jusqu’au 13 septembre le travail photographique de Claudia Andujar qui a passé près de 50 ans à défendre les droits des indigènes de la tribu brésilienne Yanomami. Bien plus qu’une photographe, elle est devenue une militante engagée dans la défence de la tribu menacée dans les années 1970 par les travaux de construction d’une autoroute. Aujourd’hui ce territoire est toujours menacé. 300 photos en noir et blanc et en couleurs, fruit de plusieurs années de recherche dans les archives de la photographe aujourd’hui âgée de 88 ans. À voir absolument.

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La lutte Yanomami…

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L’Hôtel Biron…

Hôtel Biron, musée Rodin, détail de la rampe d’escalier, Paris, gildalliere, 2020

Derrière les encorbellements de l’escalier monumental de l’Hôtel Biron, construit entre 1728 et 1730 par l’architecte Jean Aubert, il y a un contre-champ, une rigoureuse mis en scène, un clair-obscur à la géométrie kafkaïenne. La maîtrise en est troublante. Face au penseur de Rodin, l’ocre vibrant du mur se taille un franc succès. La légèreté du relief creusé dans le mur comme un œil borgne repose sur la sobriété formelle de la ligne de fer forgé suspendue à la lumière qui lui confère une apparence presque éthérée.

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L’Hôtel Biron…

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Mis en valeur…

Le brut du musée des Arts Décoratifs, MAD, Paris, gildalliere, 2020

Le soleil glisse de salons en galeries. On a raclé les murs, on a emporté les boiseries, les stucs, les corniches, les rosaces. On a modifié la forme même des pièces. Les parois, nettes de toute moulure, sont en béton “work in progress “, comme si on avait supprimé le mot fouillis du vocabulaire du musée des Arts Décoratifs, le MAD. L’escalier est aussi nu que sa structure est pâle. Il s’enroule autour d’un axe astiqué, décapé, débarrassé de toute brillance. Il fait face à la lumière…Autour, des articles, des couvertures, des photographies, des tenus iconiques, des accessoires, racontent les 150 ans de mode du mythique HARPER’S BAZAAR. Il est à noter qu’à l’heure où la communauté noire clame haut et fort les injustices raciales qu’elle subit, le célèbre magazine de mode américain vient d’embaucher sa première rédactrice en chef noire : Samira Nasr.

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Mis en valeur…

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L’oeuvre au noir en face à face…

Balenciaga et Alaïa, Galerie Azzedine Alaïa, gildalliere, été, 2020
Photo/Gilles Dallière/Alaïa Balenciaga/Galerie Azzedine Alaïa

L’élégance des silhouettes disparaît dans la blancheur de la scénographie. Elle témoigne du présent pour mieux récupérer le passé. La première robe est signée Cristóbal Balenciaga et date de 1954, l’autre est une pièce haute couture Azzedine Alaïa, datée de 2003. Dans ce face à face entre les deux plus grands maîtres de la coupe et du volume, on cherche la beauté, la perfection formelle, l’abstraction des lignes, alors le corps de la femme s’allonge, se moule, se drape, l’ombre des quatre-vingt modèles exposés n’est pas seulement tridimensionnelle, elle est quadridimensionnelle dans la mesure où le scénographe y introduit l’élément du temps. Par temps, je veux dire mouvement, rythme, le mouvement illusoire qui est perçu par l’intermédiaire des indications du flux des lignes, de la transparence, et des formes. Soit un demi siècle de mode à voir absolument.

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L’oeuvre au noir en face à face…

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Bacon en toutes lettres.

Ombre et lumière au centre Pompidou, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Centre Pompidou

Je suis allé voir « Bacon en toutes lettres » au Centre Pompidou, et j’avoue que je suis resté hébété devant ces œuvres impitoyables. Mis à part la palette des couleurs : des roses, des jaunes, des rouges, des oranges, tous encadrés d’or, Bacon tue la mort sous toutes ses formes. La mort du vieillissement, la mort de la violence, du sexe, de la pisse, du sang, de la pourriture du corps. La mort de l’immanence et de l’illusion du temps, la mort de l’absence, la mort de l’oubli. Soixante œuvres majeures dont douze triptyques se perdent dans un labyrinthe douloureux. Ponctuant le parcours, six salles minimales diffusent des extraits de textes puisés dans la bibliothèque de l’artiste. Mathieu Amalric, Carlo Brandt, André Willis, Dominique Reymond, Hippolyte Girardot, et Valérie Dréville, mettent en résonance les mots choisis de Georges Bataille, T.S. Eliot, Joseph Conrad, Eschyle, Friedrich Nietzsche, et Michel Leiris. Ce que l’art nous dit, à la vue de tous ces corps enchevêtrés, c’est qu’il est souffrance. Je me suis réfugié dans l’entre-deux des portes closes du musée pour digérer.

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Bacon en toutes lettres.

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