TRY TO GET WHAT YOU LOVE OR YOU'LL BE FORCED TO LOVE WHAT YOU GET
Archives de Catégorie: Clichés/adresses
La cour du Mûrier…
Galerie de la cour du Mûrier, école des Beaux-art, Paris, gildalliere, été 2021
Le printemps vient animer la cour du Mûrier de son rire cristallin. Il entre aujourd’hui sans bruit dans ma solitude. Il attend muet au seuil du bâtiment, les yeux à l’horizon rivés là où le tendre vert des pilastres s’évanouit dans l’ocre rouge et se meurt.
Escalier d’entrée de l’école des Beaux-arts, Paris, gildalliere, hiver 2022
Les phrases et les graffitis qui se sont écrits continuent à l’être. Ils viennent réveiller le marbre des statues qui ne parvient pas à exister. À partir du moment où une phrase révèle une statue, elle existe, et existera toujours, comme l’histoire des corps réveillés par une phrase où un graffiti formera de lui-même une série de phrases qui révèleront d’autres statues. Sur la colonne, il y a ce dessin étrange. Trois têtes de cancrelats, de sortilèges, poissons sorciers. Elles semblent me jeter un sort, il y a du vaudou dans l’air et l’inscription prend l’aspect menaçant d’un rite.
La cour de l’école des Beaux-arts, Paris, gildalliere, été 2021
Il existe une géographie singulière de ces bâtiments, une organisation invisible. De longs couloirs invitent les étudiants à circuler. Ils s’évadent bruyamment vers des ateliers encore inconnus, mystérieux et secrets alors que les antiques réverbèrent sur le mur, sans ombres portées. Arrêt sur image. Silence.
Les décors de l’école des Beaux-arts, Paris, gildalliere, hiver, 2022
Cette photo s’ouvre sur un instant perdu. Une entrée, une cour déserte, des sculptures sont le théâtre où se jouent des histoires éphémères. Je suis capté par d’obsédantes combinaisons, riches en secrets. Aussitôt, les idées comme les situations se compliquent. De brusques changements à vue, d’insolites décalages du temps et de l’espace se déploient en narrations visuelles. Ces séquences sont nourries de rêves, de fantasmes et d’aspirations spirituelles.
Boy with Frog, 2009, Charles Ray, Bourse de Commerce Pinault Collection, gildalliere, hiver 2022
Conçu par Charles Ray pour l’ouverture de la Punta della Dogana à Venise en 2009, “Boy with Frog” a été originellement pensé pour être exposé dans l’espace public. La monumentalité inattendue de l’œuvre altère profondément l’espace dans lequel elle s’inscrit. Son iconographie rappelle un célèbre type de la statuaire grecque représentant le dieu olympien, nu, s’apprêtant à tuer un lézard (l’Apollon sauroctone), et le David de Donatello brandissant la tête de Goliath. Inspiré par cette tradition sculpturale, Charles Ray, en remplaçant les dieux héroïques par un jeune garçon découvrant l’altérité et l’étrangeté, fait entrer le genre dans une forme de contemporanéité. Aussi, son immanquable nudité interroge l’évolution de la perception d’un tel sujet.
L’hiver, jardin des Tuileries, Paris, gildalliere, hiver 2022
Retour en arrière ! Remise en question ! Seul, sur la Terrasse du Bord de l’Eau, je regarde du côté de l’Orangerie, je regarde l’indéfinie, je regarde et j’ai plaisir à voir l’ombre des tilleuls. Le mur tout entier est une mélancolie de pierre. Une mouette passe et ma tendresse est plus grande. Tout ce temps je n’ai fait attention qu’aux ombres. Et tout cela n’a été qu’une impression de la peau, comme une caresse. Tout ce temps je n’ai pas levé les yeux de mon rêve lointain.
Flore Farnèse, d’après l’antique, André Antoine, 1669 à 1710, jardin des Tuileries, Paris, gildalliere, hiver 2022
Je te regarde encore une fois. Je pense à la lumière d’hiver à 17 heures au travers des arbres taillés en marquise, à la blancheur de tes formes déposée sur la géométrie des branches qui n’attendent plus que le printemps. Flore Farnèse, tu es comme un don, une statue de pierre, une stèle, ma dernière habitude.
Yves Saint Laurent et Buren, musée d’Art Moderne, Paris, gildalliere, hiver, 2022
Ses défilés s’inspiraient des toiles de Mondrian, Matisse, Bonnard, Picasso, Braque… Sa fibre artistique se répartit dans six musées parisiens. Elle raconte les liens qu’Yves Saint Laurent a tissé toute sa vie entre la mode et l’art. Pour autant, la muséification ne fait pas l’artiste, même si l’immense coloriste est considéré comme le plus artiste des grands couturiers. Yves Saint Laurent a inventé la robe tableau.
Yves Saint Laurent, la danse de Matisse, musée d’Art moderne, Paris, gildalliere, hiver 2022
Au musée d’Art moderne, « La Danse Inachevée », Henri Matisse. Yves Saint Laurent a mis l’art en mouvement, la fondation fait entrer sa mode dans les musées. Trop pudique pour se qualifier d’artiste, il préfère se présenter comme un artisan.
Yves Saint Laurent et Dufy, MAM, Paris, gildalliere, hiver 2022
Au musée d’Art moderne de la ville de Paris, il y a des dialogues revendiqués explicitement par monsieur Yves Saint Laurent. Il y a aussi des rapprochements visuels avec les peintres comme ces trois robes présentées devant le chef-d’œuvre monumental de Raoul Dufy, « La Fée Électricité ». Yves Saint Laurent disait que le tissu était pour lui comme un tube de couleur. Cette démarche de qualité m’a fait redécouvrir la collection permanente.