Champion du monde

Aroniadika, Cythère, Grèce, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

C’est terminé, les footeux, fini… Il faut redescendre. L’heure est aux matchs amicaux sur terrains secs avec pétanque à la clé. Après avoir démonté les vitrines de l’avenue Montaigne, délocalisé le Drugstore des Champs-Élysées et cassé du pédé, il vous faut oublier cette ouverture en demi-volée de Pogba pour Mbappé qui vous a fait vous soulever du canapé. Les réseaux sociaux ? Kimpembe a racheté Snapchat, Pogba a posé son 2280e insta de la semaine, Giroud c’est rasé les boules et toute votre timeline RT et likes en boucle des « foto ke g pri sur deschampsélisé perso jla trouve tro bien », tout ça c’est fini. Il faut replonger très vite dans quelque chose d’addictif. Vous abandonner aux alertes mercato et profiter à plein de cet été des possibles. Et si vous avez déjà sauté bobonne à la maison samedi dernier, il vous reste le tour de France. Le 26 juillet en directe sur France 2 il y a la 18ème étape, toute plate, entre Trie-sur-Baïse et Pau.

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Champion du monde

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Un balcon sur la mer

Plateia Ammos, grèce, Cythère, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Dans le bleu du ciel, le balcon flotte comme suspendu au dessus de la mer. Je ne me lasse pas de regarder les cargos ivres du vent qui les entraîne vers un Pirée obscurci. Un spectre tonitruant fait résonner le silence dans les limbes de mon imaginaire barricadé. Dans ce décor de lumière, dans ce silence inhabituel, il y a une tâche sombre incrustée dans la chaux, une sorte de caricature africaine qui fissure l’espace.

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Un balcon sur la mer

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Écoute la lumière

Hélios, LimnionasCithère, gildalliere, grèce, 2018
Photo/Gilles Dallière

Dans l’ultime éclat de l’astre qui décline, il y a la lumière. Petites taches de soleil qui s’émiettent à la surface de l’eau. Face à ce rideau de montagne, elle révèle ce que l’œil n’a pas encore regardé et dans ce rayon d’or qui clignote, elle inonde la vie. Dans l’intervalle du soir, elle souligne le relief des vagues. Elle allume ses étincelles sur la mer et te raconte les mots qui t’emmènent comme un bateau dans la nuit ténébreuse qui couvre tes paupières.

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Écoute la lumière

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Ce contenter du monde

Diakofti, Grèce, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai largué les amarres de la démesure et dans ce monde irréel, je me contente du réel. Les choses sont là, offertes dans le soleil. L’azur du ciel confond les eaux turquoises. L’horizon s’efface dans la traîné des nuages. L’équipage du bateau accosté prend pied sur l’île du soleil. Ils se tiennent dans l’éclat d’Hélios et tout est beau dans ce qui se dévoile. Ici la lumière est un lieu et j’en oublie le retour.

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Ce contenter du monde.

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Les bleus au ventre

rue des ursins, paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Le crépuscule tombe. Encore un jour absurde qui touche à sa fin. Ma tête n’est plus qu’un marécage, incapable de penser. Il faut attendre… Les maux finiront bien par passer et les vertiges aussi… En sortant de l’Hôtel-Dieu, je me pose, comme captivé par le décor du Paris de Catherine de Médicis. L’œil est embué. Dans le silence paralysant du quartier, seuls les battements cadencés de mon cœur résonnent sur le Quai aux Fleurs. La France fête sa coupe du monde et cette incroyable popularité galactique n’efface pas mes bleus au corps. Au bout de ce mince ruban de bitume, la flèche de Notre-Dame transperce le ciel bleu blanc rouge de son amer d’ardoise métallisée. Je me surprends à regarder sans cesse derrière moi alors que je devrais contempler le passé où tout était encore possible. Le ravissement peut hypnotiser et mettre dans un état second.

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Les bleus au ventre

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Le silence est d’or

Place Dalida, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Je regarde devant moi, face au miroir. Mon œil injecté de sang a gonflé, la paupière tremble en cognant contre le globe oculaire douloureux, mon nez s’est épaissi et j’ai du mal à respirer, le front a enflé et mon visage est tuméfié. Vous me replongez quarante ans en arrière quand j’ai été défiguré dans un accident de voiture et je revis aujourd’hui ce sentiment d’enfermement que provoque en moi cette nouvelle apparence. L’œil mi-clos et larmoyant, le monde semble s’être teinté de cette humilité rougeoyante. Le 11 juillet à 16h45, devant le buste de Dalida, rue Girardon, un africain et un maghrébin m’ont attaqué au couteau pour une Rolex. Et dans ce petit paradis de la Butte Montmartre ma vue s’est floutée. C’est là… C’est comme ça… Devant moi… Les gens deviennent des étrangers… La réalité reprend difficilement son souffle, de médecins en hôpitaux spécialisés je cours et je m’aligne mal avec ce monde qui s’aligne mal avec moi. Je ne suis plus apaisé. Vous avez déboulé dans mon champ avec cet air d’une banalité qui me rend malade. Vos visages ressemblent à une trace impossible à redessiner et j’ai envie de vous attraper la gueule comme vous avez fracassé la mienne. Vous avez pris le large avec ma montre et l’entaille que j’ai au poignet accentue le dégoût que j’ai de vous. Alors je me tais…

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Le silence est d’or

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Le caviste

Altan, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Il pose devant toute la tribu de figures cruelles rigoureusement cernées d’un trait maîtrisé du peintre Gérard Drouillet. Ça claque sec dans ce tableau en beige, en gris, en noir et blanc. D’un geste sûr, le pinceau grave sa gamme de symboles, sertis, de spirales et de cercles. Pour ce portrait, les mots sont à manipuler avec précaution. Lui qui aime les vampires, les aliens, les spectres, les têtes de mort et surtout le coté obscur de la force, il pose devant la toile remplie à ras bord d’énigmes fracassantes et ça lui va bien. Mais avant tout derrière ce regard vert tendre enfantin et sa tignasse noire structurée, c’est le petit prince de la bibine. Il a le sens du vin, le goût de la dégustation et de la sélection. Et dans sa cave fromagère du 1e arrondissement l’ange-démon, vous vide une bouteille pour la remplir de mystères.

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Le caviste

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