Le rêve de l’escalier

Escalier, belgique, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Cette nuit, dans mon rêve, parmi les cauchemars dont les esprits de la nuit s’amusent à tourmenter les humains, il y a cet escalier Art Nouveau. En montant à l’étage, ce Pantagruel en bois massif multiplie les paliers. La rampe se dérobe sous ma main, se fragmente, se pulvérise, les marches hautes comme des tours se creusent en abîmes ou s’amenuisent en barreaux ployant au-dessus du vide. Une obsédante perception et l’impression parfois que la terre balance autour de moi et puis s’arrête, me laissant nauséeux pendant quelques minutes. Un simple vertige, c’est pour ça que je suis allé voir le docteur Volstein. Rien de grave jusqu’alors, Dieu merci…

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Le rêve de l’escalier

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De bronze et de marbre

Escalier, Nellcote, Villefranche sur mer, JK., 2013
Photo/Gilles Dallière

Le soleil méditerranéen accable la villa de sa lumière. La déesse se dresse, vivante, à cette heure de l’après-midi sous l’immense azur de l’escalier faisant sur la verrière une tache sombre. Elle s’étire, balançant son enfant sur ses épaules. Le plissé de sa toge glissant de ses larges hanches jusqu’au creux de son dos. Le poids de son marbre immaculé tire en arrière sa tête délicate et lui donne un air triomphant et paresseux. Elle sourit d’un blanc sourire comme si elle apercevait un miroir reflétant sa beauté, belle et froide comme l’albâtre.

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De bronze et de marbre

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Soufflé d’or et de lumière

Valmarena, lustre de Venise, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière

Loin de ces rendez-vous savamment organisés, fait de mille éclats bleus, je regarde le temps chavirer dans les eaux profondes du lac de Côme. Dans ce flou artistique il n’y a pas d’ombre sans lumière. Cette harmonie secrète mène à l’indolence et l’envie me gagne de laisser le temps couler dans ce silence mystérieux qui résonne jusqu’au bout du ciel. Tout est là pour la mise en scène. Dans l’écrin du soleil couchant la pénombre glisse dans les cristaux de verre du lustre de Venise. Un rêve d’or et de ténèbres.

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Soufflé d’or et de lumière

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La dérision

L'heure du bain, gildalliere,  2007,Mathias
Photo/Gilles Dallière

La vie n’est jamais banale. Si j’observe attentivement le monde, je m’aperçois qu’il est complètement loufoque, spectaculairement surréel, fantastiquement délirant. Tous ces objets qui nous entourent sont ridicules. Les travaux qui obsèdent les gens importants sont inutiles. Cette époque est une farce sinistre remplie de choses débiles. Il faut se garder d’en déduire des règles de conduite. Alors pourquoi ne pas mettre à sa place un tableau dans la baignoire ?

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La dérision

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Le nouvel âge

Passion de fleurs, gildallière, Alain Gelberger
Photo/Gilles Dallière/Alain Gelberger

Que dit la passiflore coulée dans son vase de bronze ? Elle émerge à grand peine, aspirant au soleil, la pauvre solitaire. Dans cet alliage de cuivre et d’étain tes jours n’ont qu’une courte aurore. Patiné par l’histoire le vase est immortel. D’abord, il y a la matière, elle en impose par son poids, habite l’espace tout en se pliant aux formes modernes. Sa résistance est fascinante. Puis vient le geste, modelé avec passion par Laurence Montano, le matériau appelle la caresse, le plaisir tactile, la patine, le poli. De tout temps le bronze est en dehors des modes. Quand à toi pauvre petite fleur, tu exhales avec peine tes passions de grimpante.

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Le nouvel âge

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L’ammonite de béton brut

Escalier, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Sans ornement l’escalier prend l’apparence d’une ammonite. En son centre l’espace vertical monte dans un vide qui donne de l’ampleur à la construction. La beauté intrinsèque de la peinture écaillée, du béton brut, du plâtre mis à nu, de la main courante en fer rouillé, du sol buriné est ouvertement accentuée par le travail du temps. La force de cette spirale semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Le vide résonne d’un silence magnifique.

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L’ammonite de béton brut

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La lumière

Ombre et lumière, Anvers, gildallière, 2006
Photo/Gilles Dallière

La lumière donne la vie. Elle remplit le vide. Quelques meubles bien choisis, résistants aux tendances et aux modes, enrichis par la caresse du temps, une photographie accrochée à minima et le silence. Le vide est l’espace où se déploie l’essentiel et la simplicité est le résultat direct d’une réflexion profonde.

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La lumière

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Le palais Lascaris

le palais Laascaris, Nice, gildalliere, 2016
Photo/Gilles Dallière

Dans ce palais solide et pittoresque, perdu au cœur du vieux-Nice, les dissonantes et âpres notes baroques nous mènent dès l’entrée à l’escalier monumental. Entourés d’arcades de marbre, de trompe l’œil et de statues, les murs aquarellés d’ocre rose répandent un jour mystérieux qui invite à la méditation. Et même si les pierres s’étiolent distillant un charme fugace, c’est un bijou de grand seigneur italien aux allures de palais.

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Le palais Lascaris

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Jupiter et Encelade

Anne et Patrick Poirier, Jupiter et Encelade, Antibes, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Sculpture/Anne et Patrick Poirier/Jupiter et Encelade, 1982-1983, cinq pierres romaines, marbre de Carrare, calcaire et bronze gravé/Musée Picasso/Antibes

« Les géants attaquèrent le ciel, Jupiter les foudroya ;
Typhon et Encelade étaient les plus considérables.
Devant les dieux ces géants pervertis
De leur malheur n’étant pas avertis,
Au firmament présentent l’escalade,
Là Typhon monte, ici grimpe Encelade,
Jupiter prend des foudres assortis.
Ces vastes corps les ont bien ressentis,
Jusqu’au dernier tous sont anéantis,
On leur faire une rude cascade.
Devant les dieux.
Leurs monts sur eux se sont appesantis,
Un peu trop tard ils s’étaient repentis,
D’une si brusque, et si haute incartade.
Contre le ciel frivole est la bravade,
Et n’en déplaise aux grands, ils sont petits.
Devant les dieux. »

Isaac de Benserade (1613/1691)

En ce jour de Noël laissons parler nos émotions en y puisant la force d’une foi dans l’humain, d’une nouvelle spiritualité.

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Jupiter et Encelade

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Le néo-classicisme

Notre-Dame-du-Port, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Au XVIIIe siècle, entre baroque et rococo, l’Europe se cherche une pré-histoire épique, à la fois terrible et sauvage et puisque la matière fait rapidement défaut, entre sublime et sensibilité, on se tourne vers les anciens. C’est la naissance du néo-classicisme, ce que Diderot appelle « le grand goût ». Une authentique révolution esthétique centrée sur l’idée de grandeur, d’héroïsme, d’énergie, de civisme et de sublime : tout ce qui manque à notre société aujourd’hui.

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Le néo-classicisme

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