Le génie des métamorphoses

Sépulture de Victor Brauner, cimetière de Montmatre, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

« Ma peinture est autobiographique, elle raconte ma vie et ma vie est exemplaire car universelle » Victor Brauner. Le surréalisme a fait l’impossible pour multiplier ces moments où l’homme, en proie à une émotion particulière est soudain empoigné par ce plus fort que lui qui le jette à son corps défendant dans l’immortalité. La peinture de Victor Brauner est riche de matière mentale. Son œuvre frappe par sa diversité, un éclectisme avant-gardiste qui le fera dépasser le surréalisme. Toute sa vie, Victor Brauner a crée des images insolites et des figures chimériques. Il emprunte aux arts primitifs et aux sciences occultes pour exprimer des archétypes universels. Et sur sa sépulture, les émotions ont deux visages stylisés. Ils illustrent son épitaphe : « Peindre c’est la vie, la vraie vie, ma vie. »

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Le génie des métamorphoses

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Courants d’air

Calder, Picasso, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière

Alexandre Calder, selon les termes de Jacques Prévert est l’horloger du vent. À l’hôtel Salé, les plafonds s’ornent des gammes et des accords de mouvements inconnus. Calder sculpte l’abstraction du vide. Il redessine l’espace. Une idée merveilleuse qui n’a de prise sur rien sinon sur l’air et les forces qui s’opposent, les énergies qui se balancent, les poids et les contrepoids qui s’appellent et se contredisent. L’imagination se réjouit de ces formes pures qui s’échangent à la fois libres et réglées, suspendues à presque rien, échappant à la pesanteur, ne s’équilibrant que par leur déséquilibre. Jusqu’au dimanche 25 août, à Paris, il y a de la poésie dans l’air.

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Courants d’air

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J’ai rêvé

Géométries sud, fondation cartier, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Jorge Luis Borgès a dit : « j’ai rêvé la géométrie, j’ai rêvé la ligne, j’ai rêvé le plan et le volume. Le jaune, le rouge et le bleu. J’ai rêvé les mappemondes et les royaumes et le deuil à l’aube ». Hier après-midi, j’ai rêvé dépasser cette géométrie unique et je me suis perdu dans l’entre deux. J’ai rêvé de beauté, j’ai rêvé de bonheur, j’ai rêvé de se qui se voit parce qu’un nuage a disparu. J’ai rêvé de ce qui doit changer parce que des raisons fortuites entraînent ce changement. J’ai rêvé du reflet de la beauté et de l’élan de vie, j’ai rêvé…

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J’ai rêvé…

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Une histoire d’amour

Antinoüs Mondragone, 130 après J;C; Petit Palais Khnopff, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Hier après-midi, j’ai fait la connaissance d’Antinoüs Mondragone au Petit Palais. Il n’a que seize ans. Sa tête s’incline en avant sous le poids de sa chevelure nocturne. Son visage est large, l’allongement de ses paupières fait paraître ses yeux obliques. Il se caractérise par sa crédulité et son ignorance. Face à moi, son attribut premier est sa beauté…Autour de moi, le silence…Antinoüs, idéaliste et exalté est mort. Il s’est suicidé à vingt ans par amour pour l’empereur Hadrien qui ne connaissait que le désir et son assouvissement. Hadrien, mal à l’aise devant la force du sentiment de son jeune amant le blesse moralement et physiquement. Éperdument malheureux il transformera cet amour en œuvre d’art n’ayant pas le droit de déprécier le singulier chef-d’œuvre que fut son départ.

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Une histoire d’amour

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Karl Lagerfeld

Karl Lagerfeld, la Vigie
Reportage/Gilles Dallière/Photo/Nicolas Millet

Karl Lagerfeld aimait la démesure. Il avait le sens de l’invention et de la réinvention. J’ai eu le plaisir de photographier la Vigie à Monte Carlo, au bord du golfe de Monaco. Une Villa toute blanche qui évoque la Riviera d’antan. Louis XV et Louis XVI s’y sentiraient chez eux. Volubile et drôlement présent, Monsieur Lagerfeld était disponible, concentré, pertinent, c’était un abîme de culture sans pédanterie. À la Vigie, le temps n’existait plus. Pour lui, c’était l’aisance avec laquelle on habitait les maisons qui était important. La maison idéale ? C’était toujours la prochaine, comme une collection. C’était le rêve inaccessible qui poussait à créer. Faire des robes, du dessin, de la photo, de l’édition, des maisons, peu importe, c’était la seule façon qu’il avait de vivre, en travaillant, en s’amusant, en utilisant ses défauts, en les récupérant. Vous êtes, Monsieur Lagerfeld un merveilleux souvenir.

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L’homme de bronze

Bronze de Joseph Bernard au Musée do Chiado, Lisbonne, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Il est midi, le jour est immobile et le soleil te fait pencher la tête. Ton bronze est encore plus noir que ton ombre. Tu regardes sans désir la ville qui se dresse à tes pieds dans l’air dru jusqu’au ciel. Un peu plus de lumière et le jardin s’incline devant ta nudité. Qui de nos jours, sait encore rester comme toi immobile ? Ta figure, d’une étrange beauté m’intrigue, m’inquiète même et j’éprouve le sentiment pénible qu’une si merveilleuse beauté pût s’allier à l’absence de toute sensibilité.

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L’harmonie

Nature morte, Anvers, AV, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Peinture écaillée, murs revenus à un mélange de plâtre et de terre sont tous appréciés comme une forme d’art abstrait renforcé par le passage du temps. Ici tout est adouci par les ombres. Il y a une absence de suffisance ou de fouillis éclectique avec seulement quelques œuvres bien choisies résistants aux tendances et aux modes.

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L’harmonie

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De l’ombre à la lumière

Monastère des Hiéronymites, Lisbonne, Portugal, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière

Je pose mon regard sur tout cela. Je feuillette comme un album de souvenirs les images fixées pour toujours sur la toile du virtuel. L’ancien et le moderne, les vestiges classiques et les gratte-ciels des métropoles, le paysage et l’architecture. Une patine sombre recouvre les cartes du passé pour mieux en accentuer la mélancolie. Et d’être encore étonné par la projection de l’ombre sur la lumière, d’avoir le regard émerveillé devant la beauté de ce contraste, c’est un sentiment auquel je ne peux renoncer. Et dire qu’il y a des gens qui ne voient rien.

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L’art et le design

Sawaya et Moroni, Milan  gildalliere, 2008
Photo/Texte/Reportage/Gilles Dallière/Marie-Jo Malais/FrancisAmiand

Dans son appartement milanais, William Sawaya cultive les esthétiques radicales et les technologies pointues qui laissent la nostalgie au vestiaire. « Pourquoi inonder le marché avec des choses banales ? Je fais le choix de l’exception en commençant là où s’arrêtent les autres éditeurs de design. » l’architecte et designer, fondateur en 1984 de la maison d’édition Sawaya & Moroni avec son comparse Paolo Moroni accompagne les créations de Zaha Hadid, de Jean Nouvel, de Dominique Perrault ou de Jakob & McFarlane. « Que des pièces exceptionnelles limitées à une centaine d’exemplaires pour une clientèle qui cherche l’Objet et pas un simple meuble. » La grandeur néoclassique du lieu reçoit, dans un accord parfait, l’art et le design.

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La conversation des objets

Andrea Branzi, nature morte, gildalliere, 2010,CZ
Photo/Gilles Dallière

C’est une photographie de la mémoire, du souvenir, de l’histoire. Ici, quasiment un seul objet est cadré, un objet trivial et quotidien au possible, un meuble objet qui est surtout une œuvre d’art. « L’objet doit susciter d’emblée une pensée, bien avant d’être conçu comme fonctionnel, dans l’hypothèse utopique qui se construit en vue d’élaborer une synthèse cohérente », affirme Alessandro Mendini. Je suis ému par ce mouvement anti-design qui remet en cause la vision des choses. Il bouleverse les formes convenues. Je suis heureux de l’assemblage audacieux de ces boîtes peintes, stratifiées, marquetées. Curieux de découvrir qu’au sommet de la pyramide improvisée, une tête de mosaïque d’or m’observe étrangement pour me voler mon âme.

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La conversation des objets

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