L’ombre et la lumière.

Musée Matisse, Nice, ombres et lumière, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Musée Matisse/Nice

J’ouvre les yeux, et je vois bien ce qu’est le monde. J’y vois beaucoup d’ombres. J’ai raclé le fond de mes poches pour en sortir tous les visages menteurs et les croyances jaunies. Je sais où je veux aller. Je veux aller au ciel, même s’il donne sur un terrain vague.

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l’ombre et la lumière.

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Presque, est le nom du paradis.

La villa rouge, musée Matisse, gildallière, Nice, 2019 L1016314-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière/La villa rouge/Musée Matisse/Nice

Au beau milieu des oliviers, la villa rouge balance ses linteaux peints en trompe-l’œil sur les thermes de Cimiez. L’été, ces volets, cette lumière, ce décor, c’est comme si un secret était sur le point d’être levé. Je fraie mon chemin dans l’air bleu et la joie est tenue de rigueur. Le cadrage est serré. Ne cherche rien, regarde les persiennes, est-ce qu’elles cherchent, elles ?
Elles ne savent rien. Elles dansent avec le soleil sur des teintes saturées, presque primitives. Un équilibre qui convient à Matisse. Presque, est le nom du paradis.

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Presque, est le nom du paradis.

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Mon musée rouge.

Matisse, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Musée Matisse/Palais de Gubernatis/Maison génoise du XVIIe siècle.

Par la fenêtre de la villa, je vois les inflorescences d’un palmier perdu dans l’or du soir. Tout gris, un vieil homme, couché sur la banquette regarde sa « Danseuse créole » plonger dans « la vague » d’ombres des colonnes en granit de son musée rouge. Moi, Henri Émile Benoît Matisse, je serai peintre, une gouache bleue à la main. Je croquerai des odalisques, des pommes vertes, et des pêches roses. Je cracherai des pépins de silence sur la plage. Je plongerai dans le clapotis de mes eaux-fortes, et pour finir, j’irai dans le jardin de Dieu, construire derrière mes compositions monumentales de papiers découpés, La Chapelle du Rosaire, mon chef-d’œuvre, jusqu’aux rives de la mort.

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Mon musée rouge.

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L’enchanteur.

Péristyle, villa Kérylos, gildalliere, beaulieu sur mer, 2019 L1016198-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière/Péristyle/Villa Kérylos/Beaulieu sur mer

Dans cet antique revisité, douze colonnes monolithiques de marbre blanc, cannelées, protègent le buste d’Homère et d’Hippocrate. Quand il vit d’amour et d’eau pure, Homère m’enchante. Il est là, noyé d’ocre rouge, il ne prévoit rien sinon l’imprévisible. Il n’attend rien sinon l’inattendu. Et dans ce péristyle, sous l’amertume d’une pluie d’été, La défense d’un soleil brûlant, loin d’Ulysse, tout lui est nourriture. Il n’a souci de rien d’autre. Il attend d’une attente radieuse et infinie.

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l’enchanteur.

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Réjouis toi.

Salle à manger, Villa Kérylos, Beaulieu sur mer, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Bibliothèque/Villa Kérylos/Beaulieu sur mer

« Xaipe », réjouis-toi : c’est le seul mot d’ordre de la Villa Kérylos. Je suis mélangé de terre et de ciel, je suis d’argile et de souffle, et le jour s’éteint sur la couleur cassée de mes tesselles. Les motifs s’enroulent autour du piétement griffé des tables de lecture. Il y a partout des livres de tous âges. Et je suis là. À chaque regard, un peu d’air tombe sur la mosaïque. Les livres achèvent de mûrir dans les vitrines. Je me tiens sur le seuil de la phrase, après quoi le silence. Il est temps d’ouvrir la fenêtre et attendre, attendre, attendre…

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Réjouis toi.

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Une pensée antique.

Entrée, Villa Kérylos, Beaulieu sur mer, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Péristyle/Villa Kérylos/Beaulieu sur mer

Dans la clarté d’une pensée antique, je contemple la mort de Talos après la conquête de la toison d’or. J’observe le retour d’Héphaïstos dans l’Olympe. Les scènes sont variées, mêlées de palmettes et de motifs conchyliologiques, évoquant les liens indéfectibles entre la civilisation grecque et le monde marin sur fond ocre jaune et rouge pompéien. Les lumières qui y traînent sont des lettres d’amour. Un amour qui ne demande rien, sinon d’être là. Un amour qui vous donne l’éternel, en passant. J’ai pris la liberté de regarder ces murs. De poser mon regard entre ces deux colonnes qui mènent à bien plus haut que moi : là où plus rien n’est à saisir, sinon l’insaisissable.

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Une pensée antique.

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Fer dans la dentelle.

Etage, le Majestic, gildalliere, 2019,
Photo/Gilles Dallière/Le Majestic/Nice

Au Majestic, la cage d’ascenseur et la volée d’escalier de l’ancien palace de la belle époque sont en majesté. L’entrée est à la hauteur de ses ambitions. Stucs, ferronneries et marqueteries se reflètent sur un sol de pierre ivoire. Le jeu volumétrique et la profusion ornementale de la rampe témoigne de l’apogée de « l’empire français ». Sous les hautes fenêtres de chaque palier, dont les vitres bordées d’un vitrail Art Déco, éclairent l’escalier d’un jour blanc laiteux, je me sens pénétrer par un silence grave, presque oppressant.

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Fer dans la dentelle.

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Cadeau.

Détail, escalier du Majestic, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/ Escalier du Majestic/Nice

Il faut donner à l’autre, ce qu’il attend pour lui, non ce que vous souhaitez pour vous. Car ce qu’il espère, ce n’est jamais ce que vous êtes, c’est toujours autre chose. J’ai donc appris très tôt à donner ce que je n’avais pas.

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Cadeau.

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Du sens à ma vie.

Le Martinez, Cannes, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Le Martinez/Cannes

Aujourd’hui, j’aime donner du beau à ma vie. De la joie. Du bonheur. Je vais définitivement m’éloigner des perfides, des prétentieux. Oublier les amis sans influence qui se croient influents. Les parasites verbeux, les minables sans avenir, les lâches, les jaloux inavoués, les envieux, les rancuniers, les pervers narcissiques. Et surtout les merdes sèches qui collent à mes pompes. EXIT.

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Du sens à ma vie.

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La souveraineté du vide.

Détail façade, Villa des Palmiers, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa des Palmiers/Palais de Marbre/Archives de Nice

La Villa des Palmiers est rescapée du raz-de-marée immobilier des années 60-70, témoin de la splendeur qu’atteignirent, dans la seconde moitié du XIXe siècle, certaines résidences de la Riviera. Un palais de marbre inondé de lumière. Il faut voir ce qui est : un détail de l’architecture de la façade palladienne. On traverse le jardin où l’eau des bassins à la française recouvre la pensée. Le vert absolu des arbres subtropicaux absorbe les fontaines. Les allées sinueuses affluent dans le corps. Le vent s’engouffre dans le sang. Le ciel remonte au cœur. Emporté, abandonné, repris. Et puis il y a le « tout autour ». Une barrière d’habitations dont l’armature en béton armé et les éléments standardisés permettent une construction rapide et compétitive. Alors la solitude est en nous comme une lame. Alors l’amour s’en va. Il ne saurait tenir dans l’étroitesse de cette folie. Il ne saurait même pas se contenter de ce bonheur. Il est libre.

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La souveraineté du vide.

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