À la recherche…

L'autel de la vierge Marie, Saint-Jean de Montmartre, Paris, gildalliere, 2019

L’autel de la vierge Marie, Saint-Jean de Montmartre, Paris, gildalliere, 2019


Photo/Gilles Dallière/Saint Jean de Montmartre

Plus je cherche Dieu, plus il m’échappe. Pourtant, au loin, dans l’ombre de la vierge immaculée, au-delà des grands murs de béton sacralisés par la douleur, l’imprécise éternité de ceux qui ce rassemblent me suffit largement. J’aime cette odeur de cire brûlée, cette luminosité arc-en-ciel, le scintillement précieux de la mosaïque. Une fois nettoyé des nuages, ils agissent comme un renouveau.

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Nous les arbres.

Fondation Cartier, Nous les arbres, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Fondation Cartier/Exposition/Nous les arbres/12 juillet-10 novembre 2019

À la Fondation Cartier, je me demande si ma mémoire n’est pas pleine d’arbres et de voyages. À l’étage je trie les livres, les photos, les textes, des piles de choses devenues inertes et innervées et en clapotant sur les toits de tant d’images fugaces, j’entretiens spontanément celle des arbres en mouvement dans cette installation sculpturale et transparente qui, de l’extérieur vers l’intérieur, est d’une étonnante complexité. Un jeu de transposition formelle qui brouille les frontières entre le monde végétal et l’architecture.

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Nous les arbres.

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Le temps ralenti.

Effets d'ombres, gildalliere, Paris, 2014
Photo/Gilles Dallière/Boulevard Lannes/Paris

Je me suis installé sous les marches de l’escalier. Il est la colonne vertébrale de la maison et son temps ralenti. J’ai pris la juste mesure des choses, fasciné de voir sous cette épure les ombres grandir l’immobilité du soleil. Le silence est absolument parfait, il s’étend de haut en bas, il gagne sur la lumière et se propage plus vite que le son. J’y trouve une telle sérénité que le temps se dilate, il s’ouvre et m’offre tout l’espace à perte de vue. Je suis le maître pour de cette échappée silencieuse.

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Le temps ralenti.

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Pierre Yovanovitch.

Pierre-yovanovitch
Monographie/Pierre Yovanovitch/Édition Rizzoli

Cher Pierre, est-ce un livre sur la décoration ou la monographie d’un architecte d’intérieur ?
En fait, peu importe. L’essentiel est la poésie qui s’en dégage. Il faut commencer par lire la lettre à Mademoiselle Oops, écrite par Olivier Gabet. Elle parle de liberté, de fantaisie, d’espace, d’art, et d’objets pensés et posés par vous avec rigueur. Et puis elle parle de vous, des arbres qui vous protègent, d’escaliers, cœurs battants de vos intérieurs. Elle parle de cette exigence, de cet amour de la ligne minimum, et de l’Art en majuscule. Vous nous faites voyager de Paris à New York, de Porto à Londres. Vous nous faites rêver des Étangs d’Ixelles et quand on quitte Tel Aviv, on marque la pause, chez vous, au château de Fabrègues. Il donne l’exemple de l’absurde entêtement magnifique des végétaux et de l’architecture recomposée.
C’est là où vous apprenez à attendre et ça se voit.
On ferme le livre sur votre histoire, votre famille et Nice où vous avez grandi. Je suis très heureux que vous ayez choisi mes photos pour illustrer votre et notre amour de cette région. Merci Pierre.

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Pierre Yovanovitch.

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Bacon en toutes lettres.

Ombre et lumière au centre Pompidou, gildalliere, Paris, 2019
Photo/Gilles Dallière/Centre Pompidou

Je suis allé voir « Bacon en toutes lettres » au Centre Pompidou, et j’avoue que je suis resté hébété devant ces œuvres impitoyables. Mis à part la palette des couleurs : des roses, des jaunes, des rouges, des oranges, tous encadrés d’or, Bacon tue la mort sous toutes ses formes. La mort du vieillissement, la mort de la violence, du sexe, de la pisse, du sang, de la pourriture du corps. La mort de l’immanence et de l’illusion du temps, la mort de l’absence, la mort de l’oubli. Soixante œuvres majeures dont douze triptyques se perdent dans un labyrinthe douloureux. Ponctuant le parcours, six salles minimales diffusent des extraits de textes puisés dans la bibliothèque de l’artiste. Mathieu Amalric, Carlo Brandt, André Willis, Dominique Reymond, Hippolyte Girardot, et Valérie Dréville, mettent en résonance les mots choisis de Georges Bataille, T.S. Eliot, Joseph Conrad, Eschyle, Friedrich Nietzsche, et Michel Leiris. Ce que l’art nous dit, à la vue de tous ces corps enchevêtrés, c’est qu’il est souffrance. Je me suis réfugié dans l’entre-deux des portes closes du musée pour digérer.

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Bacon en toutes lettres.

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Le fils de Caïn.

Sépulture d'Otto Klaus Preis, sculpture de Paul Landowski, cimetière de Montmatre, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Sépulture Otto Klaus Preis/ Sculpture Paul Landowski/Jabel, le pasteur qui scrute l’horizon/Les fils de Caïn 1906 bronze

L’allemand Otto Klaus Preis s’installe à Paris à la fin des années 1950 pour rejoindre la maison Nina Ricci où il entre comme dessinateur. De la haute couture à l’amour de l’art, il n’y a qu’un pas, franchis en 1972 quand il achète l’hôtel particulier de la nouvelle Athènes. Ce lieu d’exception deviendra l’écrin de sa collection vouée à différents artistes de la seconde moitié du XIXe siècle. À sa mort, en 2003, un jeune homme de bronze marche sur sa sépulture d’un pas résolu, la tête aimantée par la cime des marronniers du cimetière de Montmartre. Dans ce brouillard de cendres, sa virilité s’est perdue dans la contemplation d’elle même, et c’est l’azur du ciel qui colore sa course, vert-de-gris, vers l’avenir. Dans les décombres de la mort, le corps magnifique de la statue de Paul Landowski, s’expose à l’indifférence des cieux.

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Le fils de Caïn.

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Métamorphose.

Sépulture de Victor Brauner, cimetière de Montmartre, Paris, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Cimetière de Montmartre

Entre dans la danse de Victor Brauner. Entre dans le génie de ses métamorphoses. Entre dans ce carré de pierre et de marbre chatouillé par la lumière. Entre dans cet univers qui se plie à tous mes rêves. Ici, le monde intérieur et le monde extérieur sont réunis, et l’émotion a deux visages.

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Regarde moi

Palais Royale, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Palais Royal/Paris

Toute ma vie j’ai attendu quelque chose. Elle n’existe pas encore cette chose que toute ma vie j’ai voulu, elle n’existe peut-être pas. Je me promène sous les arcades du Palais-Cardinal entre les humeurs de Montpensier et de Valois. Regarde moi, il y a du soleil dans mes yeux. Regarde moi. Regarde moi bien dans les yeux. Orgueilleux, je te plante tout au fond du cœur tant de couleurs que ça va te faire mal. J’avance vers toi lentement et je suis capable de me donner ou de te refuser, de te faire languir, douter ou de t’aimer.

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Regarde moi.

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Changer d’air.

Le Mamac, Nice, gildalliere,  2019
Photo/Gilles Dallière/Mamac/Nice

Cela fait du bien de changer d’air, d’échelle, de regarder en l’air. Le rapport entre soi et l’autour est de plus en plus petit. Mais que dire de cette architecture muséale ?
Il y a peut-être de la beauté dans ce mouvement cinétique ?
Il y a peut-être une rencontre dans cette organisation qui vous coince dans un tête à tête intenable avec l’art ?
Peut-être, mais je n’ai rien vu.

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Changer d’air.

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Le silence luxueux de l’amphithéâtre.

l’hôtel de la Bûcherie, la compagnie des Philanthropes, oeuvre de Melik Ohanian, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière/Hôtel de la Bûcherie/Paris

Tout est confus dans l’amphithéâtre de l’hôtel de la Bûcherie, dénoyauté de ses bruits et de ses applaudissements. Le pendule de Melik Ohanian réinvente l’espace. S’ajoute à la lumière, le silence luxueux d’une architecture magistrale. Le reflet percé dans l’étage supérieur, bordé d’une balustrade de fer forgé, permet la communication verticale, et au faîte de cette verticalité, l’œuvre surdimensionnée diffuse une image irréelle.

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Le silence luxueux de l’amphithéâtre.

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