L’éloge de l’ombre à la lumière…

Ombre et lumière sur le salon rond du Grand Trianon, Versailles, gildalliere, automne 2021

Au Grand Trianon, dans le salon rond, je suis saisi par l’éloge de l’ombre à la lumière. L’instant est éphémère, dense, essentiel. Un bruissement m’attire au niveau des colonnes corinthiennes qui encadrent la cheminée. C’est alors que derrière un tambour de menuiserie un passage donnant sur un petit escalier s’ouvre pour laisser passer les musiciens du roi vers la salle à manger. L’ombre s’est mise à répandre son univers dévorant sur la lumière magnifiée par le soleil couchant.

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L’éloge de l’ombre à la lumière…

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Le tag…

Le passage du Dramont, Agay, gildalliere, automne 2021

Dans la nuit souterraine de la plage du Dramont, tu marches, le regard vide à la recherche de quelque chose, dont tu ne connais même pas la nature. Dans le ciel de tes jours, les incessants nuages reflètent des ombres suffocant l’air que tu respires. Un an après un homme heureux a tagué l’arche de lumière pensant faire une œuvre d’art. Tu restes imperturbable, tu marches du même pas que ton ombre dans le sens contraire du jour. Le soleil moqueur perce tes pensées, tu voudrais te réveiller alors que tu l’es déjà. Disparus les murs autour de toi, ton lit sur le trottoir, ton corps enjambé par les passants. La mort est un simple trébuchement.

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Le tag…

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Versailles…

Les chaises musicales, Trianon, Versailles, gildalliere, automne 2021

Au Trianon, en regardant par la fenêtre, je suis entré dans l’Empire. J’y ai trouvé un drôle et tendre bestiaire, comme une variation nourrie du passage de Lewis Carroll. D’ailleurs les sculptures des Lalanne devraient rester sur place tellement elles y sont intégrées. Quant aux photos de Patrick Hourcade exposées au petit Trianon, elles nous plongent dans l’obscurité froide de l’hiver. Sur d’immenses tirages la nuit noire s’étire laissant à peine apparaître les flous d’une fontaine, l’horizon d’un soleil roi, les blancs de l’or de La chapelle restaurée, le rai de lumière qui écrase la gigantesque prise de la Smalah d’Horace Vernet. Dans des écrins de charbon , les lampas de soie dorée de la chambre de Marie-Antoinette et l’ornement ciselé de son petit théâtre réveillent le royaume des mythes.

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Versailles…

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Abstraction …

Le reflet de la villa Alfonsa dans les eaux du lac du Dramont, gildalliere, automne 2021

Mon regard se fait de plus en plus abstrait, il cherche à surprendre et joue volontairement sur les flous qui plongent dans les eaux noires du Cornet. Du haut des restanques de la belle Alfonsa, les pins et les blocs de porphyre bleu de l’Estérel, se souviennent des mineurs, des tailleurs de pierre, des marqueurs, des forgerons, des mécaniciens, des graisseurs, des gargotiers et des manœuvres qui ont marqué l’histoire des carrières du Dramont. Alors oui, j’écoute ce lac, il me parle du silence.

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Abstraction …

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Céramique

La photographie…

Photo/Gilles Dallière/Paris

Ce jour là, il faisait 38 degrés. Cette photographie est la première photographie prise avec le Leica M 10 R, une merveille de technologie, de sensibilité, de précision. Cette photographie, c’est un escalier, celui que je descends quand je sors de chez le dentiste, mais c’est aussi un temps, une figure géométrique intérieure qui se pose à un moment donné, une tension, et il faut la dissoudre pour obtenir la fluidité. Cette photographie, c’est une lumière qui vient m’asticoter l’enthousiasme. C’est surtout un travail de solitaire.

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Jeux d’ocres…

le palais Laascaris, Nice, gildalliere, 2016

le palais Lascaris, Nice, gildalliere, 2016


Photo/Gilles Dallière/Palais Lascaris/Nice

Dans ce palais pittoresque, perdu au cœur du vieux-Nice, les dissonantes et âpres notes baroques nous mènent dès l’entrée à l’escalier monumental. Entourés d’arcades de marbre, de trompe l’œil et de statues, les murs aquarellés d’ocre rose répandent un jour mystérieux qui invite à la méditation. Et même si les pierres s’étiolent distillant un charme fugace, c’est un bijou de grand seigneur italien.

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Jeux d’ocres…

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Madame de…

Les moulures d'un salon orienté, gildalliere, Paris,2018

Les moulures d’un salon orienté, gildalliere, Paris,2018


Photo/Gilles Dallière/Richard Alcock/Paris

Au XVIIe siècle, ce qui faisait la différence entre une femme et une précieuse, c’était l’esprit, et que pour porter ce nom, il était absolument nécessaire qu’une personne en ait, ou affecte de paraître en avoir. J’aime l’idée qu’elle pourrait faire salon dans cette pièce aux murs patinés gris perle, encadrés par de fines baguettes d’or. Elle s’allongerait sur cette dormeuse en velours violine, posée là, sur un épais tapis à grandes rosaces. En face, sur la cheminée, deux bergers de Watteau se conteraient fleurette au-dessus d’une pendule rocaille aux côtés de laquelle deux amours bouffis supporteraient une touffe de lis disposée en candélabre. Il y a surtout ce meuble syrien marquetté de nacre qui s’impose. Tout cela est un peu futile, peut-être, mais de bon ton, et l’absence de ces petits riens coûteux qu’on nomme bibelots, prouve que Madame de, est une femme de goût.

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Madame de…

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Guillemets…

L'étagère, Cythère, gildalliere, 2013

L’étagère, Cythère, gildalliere, 2013


Photo/Gilles Dallière/Cythère/Grèce

Un rayon de soleil enrichit le regard. Il dessine, précise, embellit une architecture brutaliste et authentique. Entre le monde et moi, je mets de temps en temps des guillemets, et je ne permets pas au monde de les franchir. Mais, de temps à autre, j’aime découvrir un bel objet, le reconnaître et, ouvrir la parenthèse m’inspire.

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Guillemets…

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Le muscle et l’effort…

Terrassier au travail, Alfred Boucher, 1850-1934, le muscle et l'effort, gildalliere, musée Galliera, Paris, été 2020
Photo/Gilles Dallière/Terrassier au travail, Alfred Boucher, 1850-1934, le muscle et l’effort/Musée Galliera/Paris

Un homme nu émerge d’un bloc de marbre sculpté par Alfred Boucher. Une conversation étonnante entre la duchesse de Galliera et le terrassier au travail. Avec son décor nouvellement restauré la coquette est consciente de son élégance citadine devant ce nu idéal, ce corps au travail qui nous convie à rebrousser le temps. On ne reste pas indifférent face à l’homo-érotisme du terrassier. Alfred Boucher met en avant la musculature du corps. Les veines saillantes attirent l’attention sur l’effort fourni, les mollets sont frappants de précision, le sexe est dévoilé, et le visage hiératique semble montrer que rien ne détournera l’homme de sa besogne jusqu’au mouvement de la pelle qui se courbe sous l’effort. À la faveur de sa réouverture le 1er octobre, le palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, présente la première rétrospective en France d’une couturière hors-normes : Gabrielle Chanel.

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Le muscle et l’effort…

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La belle époque…

Escalier, 1900, 29 boulevard des Batignoles, Paris, gildalliere, 2020

Escalier, 1900, 29 boulevard des Batignoles, Paris, gildalliere, 2020


Photo/Gilles Dallière/Boulevard des Batignolles

C’est sous les larges bords de pierre que la lumière de l’ombre entre en scène. Dans cet escalier du Paris des années folles, je promène mon regard sur les volutes de fer forgé qui voilent la clarté d’un ciel à la poursuite des nuages. Je frôle l’étrange, le paradoxe, l’inquiétant. J’invente des histoires de personnages naviguant dans l’océan des nuances de gris. La ligne est limpide, directe, libre. Elle module les tentions d’une ronde d’iris noirs qui se croisent, se chevauchent, se contredisent pour mieux souligner le style de la belle époque.

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La belle époque…

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