Le temps désarmé…

Saint-Aygulf, le palmier du port, gildalliere, automne 2021

C’est le cœur d’un palmier harassé qui hésite à franchir la ligne d’horizon et se dissout dans un temps désarmé, arrêté en douce, vidé de ses minutes et de ses heures. Ce sont les nuages qui sont éclairés par un soleil que l’on devine à défaut de le voir. C’est un soleil qui est à bout de souffle dont les reflets se dessinent dans le blanc du ciel. Tout est à sa place. La lumière est là pour déposer du charme à la place du crépuscule.

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Le temps désarmé…

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Bouleversant…

Je casse le rythme de mes photos pour vous faire partager une grande émotion. Au théâtre de l’Atelier, à Paris, Samy Frey incarne Claude Lanzmann et le médecin suisse Maurice Rossel délégué du comité de La Croix-Rouge pour inspecter le camp d’Auschwitz en 1943, puis celui de Theresienstadt en 1944. Il se laissa abuser par la mise en scène qu’avaient organisée les nazis. Il ne vit pas l’horreur au-delà de la parodie. Claude Lanzmann l’avait interviewé en 1979. Il en avait tiré un film et un livre : « Un vivant qui passe ». Ce sont ces mots-là que lit Sami Frey pendant une heure, témoignant dans sa lecture d’un respect infini. Pourquoi et comment ce médecin se laissa-t-il aveugler, sans rien déceler de la combinaison inouïe de violence et de mensonge qui culminait dans les camps de concentration ? Telle est la question fondamentale posée par Lanzmann dans ce document exceptionnel. Cet aveuglement renvoie aujourd’hui aux nôtres dans trop de domaines, politiques, sociaux, et écologiques. Bouleversant. 

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Bouleversant…

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La fenêtre fermée…

Nature morte, l’équilibre des choses,Anvers, gildalliere, 2006

La fenêtre fermée n’en réfléchit pas moins le monde qu’elle tient à l’écart d’elle-même, les gens qui n’en finissent jamais de passer, le ciel qui ne sait s’arrêter d’être ciel, et la maison d’en face à l’ancre de sa végétation envahissante. La fenêtre fermée tournée vers son envers, donne à la nuit des nouvelles du jour et parle à la chaleur du froid qu’il fait dehors.

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La fenêtre fermée…

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La lumière s’est arrêtée …

Promenade sur la plage de Trouville-sur-Mer, gildalliere, mon été 2021

Hier, aujourd’hui, demain, j’ai beau fixer la mer, la lumière n’est jamais la même. Aujourd’hui, elle efface le fil à l’horizon. La mer est basse, calme, la saison est indéfinie, le temps est lent, le ciel et l’eau occupent l’espace oxydé par une luminosité de bronze. Sur le sable, des surfaces d’eau calme, isolées reflètent des transparences. Une femme marche dans les flaques d’un pas égal. Elle ne regarde rien d’autre que le sable devant elle.

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La lumière s’est arrêtée …

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Toutes lLignes confondues…

Les pieux noirs, plage de Trouville-sur-Mer, gildalliere, mon été 2021

Il y a toujours une journée, dans la vie d’une femme ou d’un homme, pour recueillir la beauté du monde. Très tôt, le matin, je fixe les pieux noirs plantés dans la mer, longtemps, jusqu’à ce que je ne les vois plus. Ce matin j’ai regardé la ligne grise de la Manche où prend appui le ciel. La terre tient les nuages dans ses mains, une nuée bleutée qui remplit de lumière le sable comme une aquarelle sur un papier vélin.

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Toutes lignes confondues…

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La saison menteuse…

Les roches noires à marée basse, Trouville-sur-Mer, gildalliere, mon été 2021

Le jour ne s’est pas levé de la journée. On ne sait pas si c’est encore l’été ou la fin de l’automne. Pourtant ça fait vingt ans que l’on parle du réchauffement climatique, vingt ans qu’on ne fait rien, qu’il ne se passe rien , ou du moins qu’une saison menteuse et sans nom s’est infiltrée entre deux. Elle est apparue, indécise, sur la plage vide, au milieu des roches noires. Au fond, sur la ligne de la marée basse, il y a quand même deux personnages qui se promènent pieds nus dans le bleu laiteux de la mer. Ils marchent vers le large, vers Le Havre. Derrière eux, la nouvelle saison, le silence et le vide.

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La saison menteuse…

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Clair obscur …

Ombre portée, les cabines de Trouville-sur-Mer, gildalliere, mon été 2021, 2017

La beauté se réalise par la structure elle même, par l’harmonie des proportions, par celle des pleins et des vides, des ombres et des lumières. Une affirmation des volumes s’allie à une simplicité qui n’est pas toujours exempte de sécheresse, mais qui est rarement sans grandeur. Le clair obscur enlace la géométrie des années 1936. Le soleil brille enfin. Chaud devant, je respire. À deux pas du chemin des planches, les murs ont la couleur du sable fin. Une ligne colorée, bleue, dynamique, mouvante, encadre les cabines. J’ai ouvert les portes et les hublots sur la plage, et laissé entrer l’air et le soleil.

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Clair obscur …

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L’été fout le camp…

la multipropriété de la plage et de la mer de Trouville, Trouville-sur-Mer, Les cabines, gildalliere, mon été 2021

La mer est grise, les coquillages que la marée a déposé sont inconsolables ; ils se taisent, coquilles ouvertes, devant les vagues qui vont à reculons. Je suis là, sur les planches, je regarde venir l’homme qui promène son chien. La marée fiche le camp, toute la plage est épuisée, et le sable est trempé à perte de vue. Je regarde l’autre rive, au loin, les cheminées et les grues du port pétrolier du Havre. Le ciel est gris broyé de blanc, l’air est immobile. Sommes-nous en plein été ? 

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L’été fout le camp…

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Un matin d’architecture…

Entrée des cabines de Trouville-sur-Mer, gildalliere, mon été 2021

Vous avez fait tout cela comme si ce n’était rien. Les colonnes, les ouvertures, toutes ces portes numérotées. Vous avez fait tout cela comme si c’était naturel. Comme si la vie était cela. Ça donne envie de se baigner, de prendre le large, la houle, la mer, emporté comme un grain de sable par les vents et revenir se sécher, se changer, se protéger au fond d’une cabine dont la voûte est bleu ciel.

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Un matin d’architecture…

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Les géométries de la Touques…

La digue, la Touques, Trouville-sur-Mer, gildalliere, mon été 2021, 2017

Je retrouve la ligne et l’angle droit, le carré, mais derrière cette rigueur brille le sens des propositions, des intervalles, des pleins, des vides et du rythme. Je suis entré dans le bâti, la verticalité du bâti. Au-dessus, un ciel d’azur est surmonté d’une mouette. Elle offre son jabot blanc au soleil levant. En bas, l’eau de la Touques reflète les géométries de la digue avant de se jeter dans la mer.

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Les géométries de la Touques…

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