La limite entre deux mondes.

Plage de trouville, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière/Trouville sur mer

La plage est la limite entre deux mondes, la terre et la mer. Qui peut contempler en toute conscience cette architecture à la fois prosaïque et céleste sans s’arrêter sur le rythme des colonnes et des fenêtres cintrées ? Le sable glisse à marée basse, les tentes multicolores couvrent la haute d’un bouquet de printemps. Certes l’image s’accorde mal avec le cliché de l’homme au regard perdu dans les flots bleus. À tord…

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La limite entre deux mondes.

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Les éclats de Délos.

Athena, Delos, Grèce, gildalliere, 2007
Photo/Gilles Dallière/Létò/Mére d’Apollon/Délos/Gréce

La lumière du ciel, le vent dans les arbres, les ombres sur la mer : je perçois Les échos de l’héraldique antique. Létò, mère d’Apollon, tu es frappée de vent, traversée de lumière, carapaçonnée d’affleurements. Tu portes des vêtements divins, parfumés de l’odeur des herbes brûlées par le soleil. Tu ne peux plus relever la tête, mais ton col est environné des éclats de Délos.

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Les éclats de Délos.

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La coulisse.

Ombre portée, Cythère, gildalliere, 2013
Photo/Gilles Dallière/Cythère/Grèce

L’azur triomphe enfin, et je l’entends qui chante dans les cloches. La corde du campanile observe la froideur stérile de l’anneau dans lequel coulisse son ombre écorchée de lumière. Quand elle menace de bouger contre le fer épais, je l’enferme tout entière au creux de mon cadrage, et les oiseaux font un écho à leur silence. Un peu plus de soleil penche sa tête et le jardin s’incline dans le parfum des fleurs.

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La coulisse.

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Au-delà des mots.

Sieste, Cythère, 2013, gildalliere
Photo/Gilles Dallière/Cythère/Gréce

Il y a silence et silence, mais le véritable silence, je l’ai trouvé dans cette chambre, au-delà des mots et de l’absence des mots. Le décor est si bien dessiné qu’il me met à l’écart. J’ai l’impression que je ne peux pas fabriquer l’image parce que tout est en place. En accentuant le flou et les contrastes entre l’ombre et la lumière, je transforme la moustiquaire en un nuage de rêve plongé dans le soir, juste éclairé par un trait d’amour mystérieux.

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Au-delà des mots.

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Mille et un paysage.

Deep_South,_(Weyanoke)
Photo/Sally Mann/Deep South/ Jeu de Paume/Paris

Véritable travail sur le temps, l’œuvre Sally Mann réfère souvent au fait que la mort a « modelé ce paysage enchanteur » qu’elle observe quotidiennement dans sa propriété. La mort a également modelé plusieurs séries de photographies qu’elle a réalisées dans la première décennie des années 2000, méditations sur la condition de mortel, la vieillesse, la fragilité de la vie et la famille. Ces images reflètent la conviction de Sally Mann selon laquelle on ne peut pleinement apprécier la vie qu’en regardant la mort en face. La mort, a-t-elle déclaré, est « l’élément catalyseur d’une appréciation plus intense de ce qui nous est offert ici et maintenant ». Si les titres donnés par Mann à ses photographies sont principalement descriptifs, ceux qu’elle choisit pour les images de Larry s’inspirent souvent de sources littéraires et artistiques – de la mythologie grecque à l’art classique, la Bible, en passant par ses auteurs favoris, dont T. S. Eliot, Ezra Pound et Eudora Welty. Toutes ces œuvres évoquent l’instabilité de la mémoire, la vulnérabilité du corps, les ravages du temps et le fossé indicible creusé entre la matière et l’esprit.

4.2.7
Photo/Sally Mann/Deep South/ Jeu de Paume/Paris

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Mille et un paysage.

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Canicule.

Canicule, Nice, gildalliere, 2016L1001250-Modifier
Photo/Gilles Dallière/Coulée verte

On bouge dans un cauchemar, un monde de sable et d’air qui a la couleur de l’ambre. C’est que nous sommes en plein Paris. On peste, on sue, on gesticule. Il faut fuir, aller n’importe où. La chaleur est intense, humide, crasseuse, et tous les enfants qui s’aspergent ne voient pas les arbres s’opaliser, les jardins poussiéreux se dresser au milieu d’une succession infinie de banlieues et d’usines, de centres commerciaux et de squares, tous silencieux et oubliés sous une mante de lumière vernissée.

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Canicule.

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Des poudroiements de rêve.

Pauline de profil, Antonio Canova, palais Masséna, gildalliere, Nice, 2019
Photo/Gilles Dallière/Pauline Bonaparte/Antonio Canova/Palais Masséna/Nice

Au revoir Pauline. Avec toi j’ai connu des moments extraordinaires, des moments de suspension et d’air du soir. La chaleur du dehors nous a enfermés dans cet état de légèreté. Tu es assise pieds nus, le dos au mur dans cette pièce blanche et vide. Le dénuement de tes épaules prend une singulière beauté. Tu passes des heures à regarder le jour qui filtre par les persiennes du Palais Masséna, et la chaleur y dessine des poudroiements de rêve. Je regarde ton profil de marbre blanc sans me lasser, et c’est fou ce que tu ressemble à ton frère.

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Des poudroiements de rêve.

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L’académisme.

Vase Médicis, Hôtel Westminster, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Hôtel Westminster/Nice/Salon Belle Époque

Boiseries, statues, frises, vases, et colonnes : toutes et tous y sont passés, victimes d’un geste iconoclaste, depuis leur création jusqu’aux mains des décorateurs. J’ai cadré une image académique. Ma vision est trompeuse, les gros sous comptent plus que l’idéologie, car dans ce superbe salon Belle Époque, la décoration est en totale contradiction avec le style French Riviera. Là où il fallait de la passion et de la légèreté, les portes coupe-feu cassent les perspectives et le rouge cramoisi des tissus et l’or, créent des espaces indéterminés et étouffants. Quel dommage.

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L’académisme.

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La Gare du Sud

Gare du Sud, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/La Gare du Sud/Nice

Sushis, glaces, coucous, hot-dogs, street-food indienne, spécialités gasconnes, cuisine libanaise, bar à olive Alziari, comptoir nordique Laks, et à l’étage Emmaüs, Kothai, et les artisans designersde la maison Mammout’ & Copains, ça m’a donné le tournis. 700 places assises, soit au total 28 commerces de bouche au cœur de cette Gare du Sud construite en 1892 par l’architecte Prosper Bobin qui affiche un répertoire décoratif Belle Époque et une halle métallique de 87 m de long sur 18m de haut et 23 m de large, inspirée de Gustave Eiffel, et créée pour le pavillon de la Russie et de l’Autriche-Hongrie de l’exposition universelle de 1889 à Paris. Le bâtiment est désaffecté en 1991. Vingt-six ans après, la Gare du Sud ouvre ses portes, et toute cette structure disparaît dans le capharnaüm d’une friperie.

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La Gare du Sud

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Le palier.

Palier villa Mercédes, promenade des Anglais, Nice, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Villa Mercédès/Nice/Réflexion de palier

Voilà un miroir qui ne capte pas l’apparence éphémère d’un visage humain. Il est capable de se saisir d’une infinité d’espaces. Coupé, décalé, il se dédouble à l’infini. Il devient quelque chose de toujours différent. Il cristallise et communique une perspective, un jeu de lignes inaltérables, une insondable mer morte, verticale, cadrée et ornementée au fond de laquelle une fausse vie anime ce qui n’existe pas.

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Le palier.

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