Le temps suspendu

Boulevard Lannes, gildallière, 2014
Photo/Gilles Dallière

Sous une lumière plus intellectuelle que sensible, l’acier se fige comme privé d’air et plongé dans un espace vide. Ce temps suspendu donne une dimension mystérieuse à l’ensemble de l’architecture métallique. Cette installation, sur quatre étages, est l’illustration du passage, un ascenseur livré à l’action dissolvante de la lumière qui l’empêche de se figer et qui en jouant de sa masse, l’absorbe dans son jeu. Le moment est un faux présent, un présent qui renvoie au passé du souvenir et qui s’enracine dans le fantasme.

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Le temps suspendu

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La lumière en liberté

JK-AV-Montaigne-017
Photo/Francis Amiand/Direction Artistique/Gilles Dallière

Contempler la lumière c’est faire un voyage dans l’histoire. On s’avance au bord du miroir pour sonder la profondeur de la perspective. On mesure la dimension de l’espace, la liberté qu’il y a dans la réflexion infinie des lustres. On imagine les vestiges de la fête, les rires et quelques cris qui remplissent nos rêves autour des grandes roues de cristal de roche et l’or des trumeaux. La lumière se faufile jusqu’à nous tout en contraste et en confidence.

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La lumière en liberté

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Le sourire

La joconde, Mathias, F.Amiand, Gilles Dallière, 2007
Photo/Francis Amiand/Gilles Dallière

Tu es accrochée au milieu du mur, immobile et tendue d’un film à bulles au dessus du canapé recouvert d’un lampas de soie céladon. Tu essayes d’imaginer les gens qui t’entourent et tu n’y tiens plus, tu dois voir, tu dois savoir. Soudain tu te figes dans tes bulles, tu n’en crois pas tes yeux. Bouche ouverte, tu t’aperçois que tu ne fais partie que d’un décor. Mais regarde autour de toi, reste bien droite dans ton cadre improvisé, souris comme tu l’as toujours fait. Tu me vois ?
Oui je sais que tu me vois, ton regard me suit et une grimace est passée sur ton visage… Moi je t’offre une autre vie.

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Le sourire

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Le passage

Mosaiques musée Cernuschi,gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière

Les portes, les seuils, les couloirs, les passages sont parfois dessinés comme si de rien n’était, comme si passer d’un lieu à l’autre était un événement insensé. En passant par là, en marchant sur ce pavement de mosaïque aux motifs grecs et aux lignes étonnamment modernes on rejoint la lumière… L’extase aussi, peut-être.

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Le passage

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Épure

Uil-72dpi
Photo/Gilles Dallière

Tout est dessiné dans cette épure et je n’ai laissé à l’obscur que des croisées d’architecture. Dans cet équilibre où le blanc devient noir et le rien devient tout, une lumière diaphane venue du ciel souligne l’élan d’une ligne qui marque les angles de son trait. Elle se gonfle de clarté et soudain s’immobilise, d’abrège et disparaît dans la palette des gris qui soulignent l’acuité de sa géométrie.

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Du contraint au naturel

uil, jardin de topières, gildalliere, Belgique 2011
Photo/Gilles Dallière

Faire une photographie, c’est prendre la parole et il faut avoir quelque chose à dire. Dans un cadrage, j’apprends la modestie, car je dépends du réel et le réel est plus imaginatif que je ne le serais jamais. Dans ce jardin belge, je prends le temps de regarder le soleil dessiner ses ombres entre les buis taillés en rouleau de printemps. Dans ce monde où désormais on consomme la photo pour le plaisir de partager un instant, réapprenez à regarder, cadrer, hasardez vous et laissez vous guider du calme au tumultueux, du grandiose au pittoresque, du sévère à l’aimable, du contraint au naturel et surtout n’oubliez pas de vous retourner, champ contrechamp. Les images et les mots qui les accompagnent sont la mémoire de ce qui va disparaître.

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Du contraint au naturel

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Vous prendrez bien quelque chose ?

uil, sculpture, Belgique, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Une tendance ?
Une astuce pour gagner de la place dans un petit espace ?
Je laisse cette passionnante analyse aux magazines de décoration.
Un shopping sur les dix plus belles tables du marché ?
Et bien non, il n’y a pas d’annonceurs.
J’ai simplement posé un regard poétique sur l’installation de Marc Massa et Roger Liekens. Entre le salon et l’atelier de leur immense espace, la superposition des tables, hautes et basses, s’harmonisent dans un jeu de construction imaginaire qui symbolise les fragments de la vie quotidienne et là, je parle d’esthétisme. Une réalisation qui oblige le regard en perte de repères à constamment se repositionner. C’est la représentation de la mémoire du passé. La lumière s’infiltre avec force pour modeler les courbes de l’ébénisterie. Un jeu de formes et de couleurs qui se moque du temps présent.

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« Aligner la tête, l’oeil et le coeur »

Porche d'entrée., rue Vaugirard, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai joué à cache-cache sous le porche d’une entrée rue de Vaugirard avec l’inattendu, la disposition improvisée des lignes et des volumes en réflexion. Le contraste entre la forme et le noir et blanc traduit une alternance entre dissimulation et mise en évidence qui vous invite à poser un regard plus attentif sur l’image. Les géométries guident l’œil à la découverte d’un espace qui semble irréel. Mais la géométrie ne suffit pas. Il faut saisir l’instant, choisir la perspective, cadrer et faire parler les lignes qui semblent vouloir témoigner d’une sorte de sérénité absolue, nostalgique et solitaire. Comme l’a dit Cartier-Bresson, il faut réussir « à aligner la tête, l’œil et le cœur ».

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« Aligner la tête, l’oeil et le coeur »

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Ornementation

Banc Axel, Anvers, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Dans cette photo du détail ornemental d’un dossier de banc du château de ‘s-Gravenwezel, il y a le silence, le calme de l’instant qui précède la création ou qui peut-être suit sa fin. Tout cela semble une épave de civilisation abandonnée, l’ocre du mur, un fragment oublié du monde, éclairé par la lumière du Nord qui les dérobe à l’obscurité. La lumière vole un peu d’espace au noir qui creuse la profondeur de champ. Elle se pose sur les choses et réinvente une autre vie.

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Ornementation

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La mémoire de l’effacement

Rue des Saules, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai accroché ce tableau de Mighele Raffaelli dans le silence de la perspective, là où je n’aurais jamais rien accroché. Il existe dans cette œuvre à l’encre de Chine des années 50 une dialectique entre l’espace vide et l’espace plein du cadre du XVIIe siècle. Un travail sur la matière orientée d’un lyrisme abstrait et d’un expressionnisme intérieur codé. Cette abstention géométrique et son austérité chromatique alourdie d’encre noire, se définissent comme la lumière de mes rêves. Une recherche intérieure qui bouscule l’ordre des choses. Une envie qui me gagne de partir loin de tout ce qui a été accompli. Il est temps de s’interroger sur la mémoire de l’effacement vers la révélation de nouvelles apparitions d’espaces et de lumière.

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La mémoire de l’effacement

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