La pâleur du plâtre

De Uil, Belgique, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Le ciel flamand est chargé de nuages comme une menace et les murs de l’atelier sont fermés sur la pâleur des plâtres de la statue équestre d’Albert 1er. Avec le vent d’Ouest, dans le noir en plein jour, la poussière voile la sculpture qui s’enterre en silence devant le temps qui cogne à la porte. La lumière tombe au bon endroit et le cheval prend vie. Je pointe mon œil sur ce coin de réel. La porte aux souvenirs s’ouvre et je glisse sur le morceau du temps où Karel Aubroeck façonnait le bronze du roi des belges.

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La pâleur du plâtre

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Le miroir aux oiseaux

Le miroir aux oiseaux, belgique, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière

La boule s’est arrêtée de rouler, elle a échoué sur un banc de chêne épais pour un temps incertain. Elle revoit en un instant tout son cheminement dans le reflet du miroir aux oiseaux. Il raisonne à mes oreilles dans son écrin de mousses et d’arbres qui capturent sans cesse les tons changeants du ciel flamand. C’est un îlot de verdure, un tableau vivant, le reflet incliné vers tout ce gris qui nous étouffe. De l’autre côté du miroir, même si le ciel est nuageux, tout est autrement.

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Le miroir aux oiseaux

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La beauté du temps qui passe

Inspiration, Anvers, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dalliere

C’est un lieu sacré du quotidien où l’on peut chercher la solitude et le repos de l’esprit. Un lieu sans prétention où la lumière, adoucie par les ombres, rend le discret encore plus beau. Il y a dans l’ombre une subtilité qui plus que la lumière directe semble favoriser les formes. Elle ajoute de la profondeur et de la beauté. Il n’y a rien de tel qu’un espace vide. Le rayon du soleil illumine la fumée du charbon de bois brûlé dans l’âtre et l’intense obscurité de la pièce pour révéler l’incroyable beauté du temps qui passe.

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La beauté du temps qui passe

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Une canopée de verre

Av. Malakoff, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

La matière est une composante fondamentale de l’architecture. Sans faire de cinéma, dans cette entrée très glamour du XVIème arrondissement, la géométrie des pavés de verre crève l’écran. C’est une affaire de plans, jusque dans la forme, le découpage, jusque dans le rythme et dans le montage. Les dalles, de formes régulières et répétitives, tamisent la lumière de la cour intérieure sur la surface rugueuse d’un champ de béton patiné à l’ancienne. Une vraie réussite.

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Une canopée de verre

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Le testament de la Grèce Antique

Fresques, Kérylos, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière

Un matin ensoleillé du mois de mai, dans le patio de la Villa Kérylos, la force spirituelle du buste figé dans son alcôve ocre rouge, semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Tout autour du jardin, le vaste vide résonne d’un silence magnifique. Patines et textures en leur état primitif deviennent plus expressives. La beauté des fresques, l’équilibre des frises et des plâtres mis à nu, la richesse de la mosaïque sont ouvertement accentuées, testament de la Grèce antique. L’espace à ciel ouvert est évocateur et sa beauté en est bouleversante, un néant infini où l’univers tout entier peut enfin exister.

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Le testament de la Grèce Antique

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lignes de fuite

jeu de portes,Monnaie de Paris, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dalliere

La Monnaie de Paris est un lieu institutionnel dans lequel on circule avec un véritable sens du rythme et de l’espace. Je me suis attaché à ce couloir, les murs et les moulures sont peints d’un gris élégant très légèrement bleuté. La lumière douce et zénithale tempère le réalisme de l’exposition des installations de Gupta. Dans ce cadre, cette perspective à quelque chose de magique. L’aplat des cloisons, la rigidité verticale des portes ouvertes, les lignes géométriques des boiseries qui se superposent gardent une part de mystère et de poésie. Et au milieu de ce déballage artistique d’ustensiles de cuisine je cadre l’œuvre la plus singulière, la plus vivante et la plus concrète de cette exhibition : cette grande cheminée de marbre nue, subtilement lumineuse adossée sans effets sur le mur gris nuage.
En fait, je suis obsédé par la beauté, les perspectives, la géométrie, l’architecture. J’aime que tout soit parfait. Je m’immerge complètement dans la géométrie des lignes verticales où horizontale. Je préfère mes cadrages à la réalité. Il y a de l’énergie dans les lignes. Il y a de la folie dans la projection des ombres et de la lumière et j’essaie de capter cette folie et d’y mettre un peu d’ordre. Le cadre est calculé au millimètre prêt. Il y a une certaine froideur dans ce travail, lumière perfectionniste, jeu de la géométrie.

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lignes de fuite

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Le trouble

Cremone princesse Najla, J Karam
Photo/Richard Alcock/Gilles Dallière

Muré dans la solitude, je me mets à la fenêtre. J’ai comme un trouble, l’impression que ma rétine se voile d’organza de soie champagne. Derrière les ciselures orgueilleuses de la crémone de cet hôtel particulier je m’invente une histoire, effleurant l’espoir qu’un visage ami vienne se coller là, juste de l’autre côté du double vitrage. Mon univers devient tout à coup fragile et obscur et je me dois de bouleverser mon existence, communiquer avec l’essentiel, atteindre l’inaccessible, imaginer le néant absolu.

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Le trouble

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Le chant des couleurs

hermes-la-permanente-milan-design-week-designboom-01

 Il faut rendre hommage à l’architecte Charlotte Macaux Perelman et à Alexis Fabry. Il ne faut pas oublier le scénographe Hervé Sauvage pour l’extraordinaire mise en scène du monde d’Hermès à Milan. Sept blocs monochromes où les pans de murs se croisent pour donner naissance à des équilibres de présentation rigoureux. Les rapports chromatiques reposent sur une gamme de coloris vivement contrastés. Les murs, savamment habillés de zelliges, font danser la géométrie de leurs formes par la couleur. Les lignes verticales plongent dans les horizontales, une vision abstraite ou la lumière crée des diffractions étudiées. L’âme des formes, le chant des couleurs, la transparence de la matière, sont sous contrôle pour mieux ordonner et classer les collections exposées devant des rouleaux de papier dessinés à la main. Une promenade de rêve dans la ville.

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Le chant des couleurs

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Effets de relief

Motifs, cage d'escalier,Milan, gildalliere
Photo/Gilles Dallière

Dans le monde du design, au détour d’une installation, je suis émerveillé par les motifs sublimes et déconcertants de cet escalier milanais. Ils tremblent, se compriment, se déforment, et étourdissent par leurs effets de relief. Ils flattent le sol de cette entrée par un jeu d’à-plats géométriques inspirés qui structure chaque palier.

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Effets de relief

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La table est dressée


Photos/Richard Alcock/Direction artistique/Gilles Dallière

La table est dressée, Eurydice s’amuse du visage d’enfant et les ombres des couverts en profitent. Les porcelaines Raynaud rendent un hommage appuyé au travail de Jean Cocteau. Une très belle collection d’assiettes, de plats, de tasses et de petits cadeaux griffés par la main du poète surréaliste. Je rends hommage à l’angle de réflexion du photographe espagnol Chema Madoz en mettant en scène cette collection. J’ai épié les pastels poudrés, la profondeur des noirs cherchant à deviner leur face cachée. Avec Richard, nous avons manipulé l’image, métamorphosé les lignes, les ombres avec la légèreté liée à l’idée du jeu, parce que pour comprendre la poésie, il faut être capable de retrouver son âme d’enfant.
http://www.raynaud.fr

 

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La table est dressée

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