Mise en scène…

Le passage, gildalliere, LS, Paris, 2008
Photo/Gilles Dallière/Paris

Il s’agit d’un long couloir, garni de nombreuses portes. La lumière qui règne est une lumière indirecte. Les murs sont blancs. Ils reflètent la lumière qu’ils reçoivent. Dans le vide du couloir, quelque chose luit faiblement, s’évanouissant comme le souffle d’une étoile qui s’éteint. Tout est radieux et d’une légèreté silencieuse. Il n’est pour l’instant nul être. J’ai juste planté le décor. Les acteurs, dont je pense qu’ils seront au nombre de trois, plus un petit chien, n’ont pas encore fait leur entrée. Le couloir est désert, vide de tout meuble. Rien n’est accroché aux murs. Nulle ombre n’existe sauf celle du balcon projetée sur les rideaux immaculés.

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Mise en scène…

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La lumière reflétée.

Faute de suspension, gildalliere, LS, Paris, 2008
Photo/Gilles Dallière/Paris

Tu t’appelles Arco, et tu m’as égratigné la rétine. Tu cherches en toi l’obscur dont la clarté te donne ta forme et jamais cet espoir ne t’abandonne, toujours il s’accomplit quand tu es le centre de l’espace. Achille a dessiné instantanément, en un éclair, l’arc télescopique accroché aux veines du marbre de Carrare. De ta couronne d’acier, la lumière reflétée plonge dans la lumière reflétée.

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La lumière reflétée.

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Rallumer les étoiles…

Composition, Miro, Guilhem Touzelier, gildalliere, Nice, 2OO8
Photo/Gilles Dallière/Chez Guilhem Touzellier/Nice

En partant en reportage chez l’antiquaire Guilhem Touzellier, je suis resté longtemps devant cette toile de Joan Miró. Tout me fascine : le processus de travail de l’artiste, son œuvre graphique, le relief, la matière, les intégrations d’objets, la réutilisation des motifs. J’aime son esthétique naïve et onirique, souvent rattachée au mouvement surréaliste. Cette façon de se dégager de toute réalité extérieure, de toute convention picturale. La couleur de ses ambitions est devenue celle de mes rêves histoire de rallumer les étoiles.

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Rallumer les étoiles…

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Ne pas se laisser aller…

Pause,Frédéric Lebard, gildalliere, Paris, 2006
Photo/Gilles Dallière/Paris

Collé à ton fauteuil, le son au plus de la télévision semblait te protéger. Tu étais moins seule, faussement relié à des images que tu ne regardais pas. Tu t’attachais à un petit feuilleton de rien du tout, navré d’en rater un épisode quand nous sortions dîner. En ma présence, ton attention relevait d’une bonté bien à toi et ton élégance revenait dès que tu allais un peu mieux. Le souci de ton corps, de ta silhouette, de ton hygiène, de ton visage, restait intact. Ne pas se laisser aller. Se parfumer encore. L’odeur de Shalimar de Guerlain…

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Ne pas se laisser aller…

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Tanger.

Tanger, le détroit de Gibraltar, gildalliere, 2012, Maroc
Photo/Gilles Dallière/La médina de Tanger

Sous l’effet d’un vent sec, nous sommes partis à Tanger. Tu aimais les couleurs réactives de la médina qui lentement se fanent au soleil couchant. Ce paysage élargi jusqu’à l’horizon t’a bousculé. Tu t’es accroché au génie architectural de la maison d’Yves Taralon, suspendue dedans-dehors dans les volutes du café Hafa. Tu t’es abandonné chez Geneviève Beaufre dans les délices de la villa Victoria et j’ai eu du mal à vous séparer. Tu as emporté les bleus d’Asilah dans ton cœur. Nous voulions durer. Avoir du temps pour nous. Ce fut un grand moment d’émotion mutuelle, une prière ardente, une ivresse vitale.
Ce qui nous fut offert était-il alors si précieux ?

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Tanger.

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souvenir…

Tunisie, mosquée, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/Tunisie

En 2006, nous sommes partis passer Noël en Tunisie. D’implicites courants traversaient nos propres parois de chair, comme le ferait l’éclaircie d’un feu de Saint-Elme. On tenait à se livrer à nos propres découvertes, seuls, autodidactes en tout. Le vent décidait à notre place et nous marchions tous les deux, pas à pas dans les traces forcément diffuses de tes souvenirs. Une beauté spirituelle nous tenait par la main et cela nous suffisait. Nous restions à notre place, qui n’était de n’en avoir aucune de vraiment définie. Un délice.

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souvenir…

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Le temps du souvenir.

La pyramide du Louvre en hiver, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/La pyramide du Louvre

Ce soir, les températures ont subitement chuté. Elles aussi sont en deuil d’un mois de décembre interminable. « Dans la vie, deux mondes se côtoient : celui des gens qui vont vivre et celui des gens qui vont mourir », notait l’écrivaine Benoîte Groult en 2011, elle avait 91 ans alors, et sûrement se sentait-elle glisser dans le second de ces mondes. Toi aussi tu y vivais à temps partiel. Nous nous sommes promenés là, un soir de Noël, il neigeait et tu avais réinventé un sourire, placé au bord des yeux, « le sourire Shalimar », disais-tu en hommage à Guerlain. Un très beau souvenir.

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Le temps du souvenir.

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Silence.

Architecture, Andrézieux, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière/Andrézieux-Bouthéon

C’est la sainte Geneviève aujourd’hui. Bonne fête mon petit chat… la plage où tu m’accompagnais pour un déjeuner a blanchi les dents de ses galets en ton honneur. J’ai emporté ce caillou poli à Paris pour sa veine blanche. Il s’appuie sur ton cœur et vit avec moi en silence. Cette architecture volée au détour d’une promenade, la noblesse du vent froid me transmettent ce silence. Tu peux dire à ton ange de venir.

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silence.

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Bonne année.

Escalier, Hôtel Villeroy, gildalliere, 2019
Photo/Gilles Dallière

Le monde change et je pense qu’il faut le regarder avec les yeux d’aujourd’hui. Tout bouge tellement vite. Je me suis placé dans la pénombre dorée des candélabres qui flottent dans le ciel de la cage d’escalier de l’hôtel Villeroy. J’ai écarté les rideaux, les uns après les autres. J’attends l’impossible… Et je sais d’avance que je ne serai pas déçu. L’impossible est par définition ce qui me comble.

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Bonne Année.

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Ralentir les jours…

Zarziz, Tunisie, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière/Zarziz/Tunisie

Je voudrais ralentir les jours, marcher presque à reculons. Retrouver cet été et tenir ce bouquet de promesses que nous nous sommes fait. Aujourd’hui une dépression respiratoire te plonge dans une somnolence considérable. La nuit, le jour, le chaud, le froid, la peur, la solitude,sont là. Le plus triste est de voir s’effacer ta voix, ton regard, une foule de petits éclats vifs rien qu’à toi. Demain peut-être, les mots reviendront, minuscules. Peut-être pas…

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Ralentir les jours…

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