Les marques de la vie

La vieillesse, Bahia, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Comme cette femme est belle. Elle me regarde derrière le voile de ses yeux et me sourit. Je détaille ses mains desséchées par la vie. Depuis sa naissance elles lui ont permis d’éviter de tomber lorsqu’elle était enfant, elles ont porté la nourriture à sa bouche et lui ont permis de s’habiller. Petite fille, sa mère lui a montré comment les joindre pour prier Dieu. Elles ont embrassé un mari et essuyé ses larmes quand il est parti. Elles ont été sales, coupées, rugueuses et enflées, maladroites à tenir son enfant et plus ouvertes à ses petits enfants. Elles ont tremblé quand elle a enterré l’homme de sa vie. Elles ont couvert son visage, peigné ses cheveux et lavé son corps. Elles ont été collantes et humides, sèches et rugueuses. Ces mains portent la marque de ce qu’elle a fait et des accidents de la vie, mais le plus important est que ce seront ces mêmes mains que Dieu attrapera pour l’amener avec lui dans son paradis.

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Les marques de la vie

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Contre jour

Ombre chinoise, Bahia, gildalliere, 2002
Photo/Gilles Dallière

Une drôle de ronde se forme sur la plage de Vermelho. L’air y est tiède et humide. Un couple silencieux s’enlace au rythme chaloupé de la Samba. L’océan glisse derrière eux, puissant et opaque. Le noir de leur peau, pailleté de sueur, est lisse et lustré. Sous la caresse de ses yeux elle est entrée dans mon champ de vision, nette et élégante. Dans les nuages, ses tresses répandent de la lumière. Brûlante de désir, une paire de bras à son cou, elle se laisse aller. Son bikini collé au corps moule la rondeur de ses seins aux mamelons dressés. La chaleur monte au ventre, un souffle humide charrie l’odeur salé de l’océan, elle se colle aux battements de son cœur, à son sexe bandé, la tête étourdie par ses propres tourbillons. Ce n’est qu’un jeu de lumière qui seul donne de l’épaisseur au contre jour qui me coupe le souffle.

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Contre jour

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La digue du cul…

Digue, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

« En revenant de Nantes, de Nantes à Montaigu, la digue, la digue, la digue du cul… Je band’ mon arbalète et j’la lui fout dans l’cul »…Et oui, pour un bout de ciel bleu, les 235 mètres de blocs de béton s’enferrent dans le sexe, la drogue et la violence. C’est la digue du cul. Le chemin devient sec et brutal, âmes sensibles s’abstenir. Pour les autres, on reprend tous en cœur les paroles de la chanson paillarde chantée par Les Frères Jacques… « Qui bande et qui décharge et qui t’en fout plein l’cul…La digue du cul…Qu’il entre et qu’il y reste et qu’il n’en sorte plus ». Aujourd’hui, on parle de casser la digue, la digue, la digue… et de l’agrandir encore pour pouvoir accueillir de plus gros navires de croisière. Mais ça c’est une autre histoire… La digue du cul

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La digue du cul…

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La contrainte et la liberté

intégrisme, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Je porte mon regard sur un sujet délicat : la contrainte et la liberté. La liberté… Dans ton petit ghetto, je t’ai enfermé malgré moi entre ces lignes souples. Comme toutes les femmes, tu ressembles à ce grand oiseau blanc au plané majestueux, tu sillonnes les airs des immensités océaniques mais la plage t’a engluée dans tes voiles. Forme compacte qui agite piteusement ses ailes noires sur l’amer de la vague. J’espère de tout mon cœur te savoir aussi libre de tes choix que je le suis des miens.

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La contrainte et la liberté

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l’enfermement

Pétanque 2, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Je me suis assis sur la chaise, face à la mer, au soleil levant. J’ai pris la clé des champs de cet univers clos pour me faire la belle. Dans cet enfermement, je me laisse traverser par la lumière au delà du chemin. Mettre en scène l’espace pour y enfermer mon vide. Retrouver l’amour sans mesure, le silence sans contraire, la contemplation d’un visage infini fait d’ombres et de lumière.

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Où que me porte mon voyage

Viaradika, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

La Grèce m’obsède : Athènes, le Péloponnèse, Hydra, Mykonos, Delos, Sérifos, Rhodes, Symi, Icaria, Tinos, Syros, Sifnos, Folegandros, Sikinos, Kithira, je ne cesse jamais d’en remuer les souvenirs. Dans l’ultime éclat du soleil qui décline, je laisse la lumière si particulière pénétrer cette image. Le soir monte, rose à l’horizon, déjà presque trop sombre avec ses petits nuages bleuâtres que le vent pousse vers la mer Égée. C’est la séduction des îles, leur tristesse, leur solitude, et leur déchéance. La Grèce voyage, voyage toujours et depuis Ulysse et Thésée, les grecs ont plusieurs vérités, mais ce qui est en cause ce n’est pas leur sincérité, c’est leur double appartenance : à l’Occident par le goût et parce qu’ils lui ont donné une civilisation, à l’Orient par nature et parce que la géographie les y oblige.

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Où que me porte mon voyage

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Éole

Eole, cythère, gildalliere, 2018-Modifier.jpg
Photo/Gilles Dallière

Une image pour le vent du Nord. Une image pour chaque souffle égorgé par la bise qui siffle. Une image pour la toile qui a fuit la lumière. Une image pour les hommes debout marmonnant la tempête qu’ils serrent entre leurs bras d’amour éparpillé. Une image pour les sans voix dans le chahut du silence déserteur. Tu es le dieu Éole, fils de Poséidon. Tu dessines le visage de la terre et la forme des nuages explose en kaléidoscope. Tu es l’envers de la lumière et tu souffles sur la ronde de nos vie. Tu es le Meltem.

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Éole

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Écoute la lumière

Hélios, LimnionasCithère, gildalliere, grèce, 2018
Photo/Gilles Dallière

Dans l’ultime éclat de l’astre qui décline, il y a la lumière. Petites taches de soleil qui s’émiettent à la surface de l’eau. Face à ce rideau de montagne, elle révèle ce que l’œil n’a pas encore regardé et dans ce rayon d’or qui clignote, elle inonde la vie. Dans l’intervalle du soir, elle souligne le relief des vagues. Elle allume ses étincelles sur la mer et te raconte les mots qui t’emmènent comme un bateau dans la nuit ténébreuse qui couvre tes paupières.

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Écoute la lumière

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La convergence des lignes

Volant, Rangoon, Birmanie, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Il n’y arien de plus beau que l’insondable silence du regard, le vrai, celui qui cadre, celui qui vous travaille et vous poursuit durablement jusqu’à l’obsession. Captées, un bref instant, dans la chambre obscure de mon souvenir, toutes ces images sont le négatif de mes passions. Dans la cabine de cette voiture en noir et blanc, profils fuyants, métaux, surfaces lisses, accessoires, créent une véritable œuvre graphique. Dans le parallélépipède exigé, l’arrondi du volant encadre les convergences géométriques de sa structure qui se marient si bien à la vitesse. Un simple tressage le fait apparaître en majesté. Une courbe parabolique puissante qui convoque figures triangulaires et diagonales en liberté. Toute une félicité de gris et de blancs opposés à la mécanique des noirs.

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La convergence des lignes

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Le mystère de l’Annonciation.

Sainte Rita, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Le vieux Nice est une terre d’élection pour l’art baroque. L’église de l’Annonciation dédiée à Sainte Rita de Cascia en est son chef d’œuvre. La Sainte patronne des causes perdues et désespérées se cache dans la profusion exaltée du décor. Stucs, angelots joufflus, dorures, fresques, entraînent le regard dans un tournoiement infini vers le ciel d’une étrange demi-coupole qui surmonte les ors d’un cœur en hémicycle. À nous les colonnes torses, les anges virevoltants, les jeux de lumière. Ils témoignent tous de la présence divine. Le regard est happé par le demi-cylindre du chœur souligné par sa hauteur dépassant nettement celle de la nef. Dans un décor champêtre, au centre de la « porte du ciel », la lumière de l’Esprit Saint envahi la beauté du visage de la vierge.

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Le mystère de l’Annonciation.

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