Le pélican protecteur

Villa Gloria Mansion,Nice, gildalliere,2018
Photo/Gilles Dallière
À Nice, le Gloria Mansion construit en 1932 par les architectes arméniens Garabed Hovnanian et Kevork Arsenian a vaincu la pollution et renaît de sa blancheur originelle. Lassé d’un long voyage le couple de pélicans se fige à l’entrée de l’immeuble dont il est le gardien. Cet oiseau grégaire, symbole de l’amour paternel, se transperce le cœur pour nourrir les petits de son sang ; c’est la raison pour laquelle l’iconographie chrétienne en fait le symbole du Christ. Pêcheur mélancolique, il s’offre en saillie sur le béton fleuri du haut-relief. Sauvage et impassible, il s’impose majestueusement. Le pélican sculpté ouvre son aile au vent de la Méditerranée pour avertir le visiteur de regarder droit devant.

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Le pélican protecteur

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Au fil d’une vie

encriers chinois, Birmanie, gildalliere, 2006
Photo/Gilles Dallière

Il faut savoir regarder les choses en face, j’ai hérité de la passion des objets. Je ne sais toujours pas de qui je tiens cette passion, en tout cas ni de maman, ni de papa. Comprenez moi bien, je tombe amoureux des objets et j’ai une dévorante ivresse pour la céramique. Elle est là depuis toujours comme une référence esthétique qui me donne un sentiment de tranquillité. J’aime ses formes, sa matière, ses couleurs. Les gens ne savent plus voir ni entendre et il faut apprendre à regarder. Apprendre à regarder c’est apprendre à trouver. Dans chaque biscuit découvert il y a une histoire, un message, l’objet doit trouver sa place et même si je suis pour l’ordre je suis aussi ouvert à l’imprévu. C’est une histoire d’amour, la plus belle et parfois je la quitte et j’aime en faire don à qui me laisse à penser qu’ils les aimeraient tout autant que moi.

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au fil d’une vie

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La pâleur du plâtre

De Uil, Belgique, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Le ciel flamand est chargé de nuages comme une menace et les murs de l’atelier sont fermés sur la pâleur des plâtres de la statue équestre d’Albert 1er. Avec le vent d’Ouest, dans le noir en plein jour, la poussière voile la sculpture qui s’enterre en silence devant le temps qui cogne à la porte. La lumière tombe au bon endroit et le cheval prend vie. Je pointe mon œil sur ce coin de réel. La porte aux souvenirs s’ouvre et je glisse sur le morceau du temps où Karel Aubroeck façonnait le bronze du roi des belges.

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La pâleur du plâtre

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Post-scriptum

Saint Merry, Paris, gildalliere,2017.jpg
Photo/Gilles Dallière/Église Saint-Merry

Post-scriptum. À Saint-Merry, le parfum des lys blancs flottait comme un tulle transparent sur ton portrait, sourire en coin, sur ta liberté de vivre. Est-ce le dégoût de la vie, le sentiment irrémédiable d’un ratage qui t’on poussé au suicide ? Les rencontres, les retrouvailles successives, ton métier ne t’auraient-ils apporté que déceptions ? L’amour, la beauté des hommes, celle des femmes ne seraient-ils pas parvenus à t’extraire de ton désespoir ? Aurions-nous dû apprendre à scruter ta solitude cachée derrière ton élégance admirable ? Qu’avons nous fait de ta bouleversante fragilité ? Dans mon errance urbaine, je me suis mis à regarder le feu follet de Louis Malle. Dans le dernier plan du film on peut lire : « Je me tue parce que vous ne m’avez pas aimé, parce que je ne vous ai pas aimés. Je me tue parce que nos rapports furent lâches, pour resserrer nos rapports, je laisserai sur vous une tache indélébile ».

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Le miroir aux oiseaux

Le miroir aux oiseaux, belgique, gildalliere, 2011
Photo/Gilles Dallière

La boule s’est arrêtée de rouler, elle a échoué sur un banc de chêne épais pour un temps incertain. Elle revoit en un instant tout son cheminement dans le reflet du miroir aux oiseaux. Il raisonne à mes oreilles dans son écrin de mousses et d’arbres qui capturent sans cesse les tons changeants du ciel flamand. C’est un îlot de verdure, un tableau vivant, le reflet incliné vers tout ce gris qui nous étouffe. De l’autre côté du miroir, même si le ciel est nuageux, tout est autrement.

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Une canopée de verre

Av. Malakoff, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

La matière est une composante fondamentale de l’architecture. Sans faire de cinéma, dans cette entrée très glamour du XVIème arrondissement, la géométrie des pavés de verre crève l’écran. C’est une affaire de plans, jusque dans la forme, le découpage, jusque dans le rythme et dans le montage. Les dalles, de formes régulières et répétitives, tamisent la lumière de la cour intérieure sur la surface rugueuse d’un champ de béton patiné à l’ancienne. Une vraie réussite.

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Le testament de la Grèce Antique

Fresques, Kérylos, gildalliere, 2017
Photo/Gilles Dallière

Un matin ensoleillé du mois de mai, dans le patio de la Villa Kérylos, la force spirituelle du buste figé dans son alcôve ocre rouge, semble rejoindre l’énergie cosmique de l’espace. Tout autour du jardin, le vaste vide résonne d’un silence magnifique. Patines et textures en leur état primitif deviennent plus expressives. La beauté des fresques, l’équilibre des frises et des plâtres mis à nu, la richesse de la mosaïque sont ouvertement accentuées, testament de la Grèce antique. L’espace à ciel ouvert est évocateur et sa beauté en est bouleversante, un néant infini où l’univers tout entier peut enfin exister.

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Le chant des couleurs

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 Il faut rendre hommage à l’architecte Charlotte Macaux Perelman et à Alexis Fabry. Il ne faut pas oublier le scénographe Hervé Sauvage pour l’extraordinaire mise en scène du monde d’Hermès à Milan. Sept blocs monochromes où les pans de murs se croisent pour donner naissance à des équilibres de présentation rigoureux. Les rapports chromatiques reposent sur une gamme de coloris vivement contrastés. Les murs, savamment habillés de zelliges, font danser la géométrie de leurs formes par la couleur. Les lignes verticales plongent dans les horizontales, une vision abstraite ou la lumière crée des diffractions étudiées. L’âme des formes, le chant des couleurs, la transparence de la matière, sont sous contrôle pour mieux ordonner et classer les collections exposées devant des rouleaux de papier dessinés à la main. Une promenade de rêve dans la ville.

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Open Sky

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Photo/Gilles Dallière

Il ne faut pas rater l’installation de la marque COS qui fait appel à l’artiste américain Phillip K. Smith III pour imaginer un éventail de miroirs monumental au cœur même de la cour du Palazzo Isimbardi. Les grandes lignes pures d’Open Sky, débordent de mouvement, elles reflètent et fragmentent tous les jeux de l’architecture historique de ce palais italien du XVIe siècle. Plus on s’en approche et plus le bleu du ciel de Milan agresse le soleil qui paraît ne plus être à la hauteur de ses multiples réflexions. À nous de zoomer dans l’abstraction des jeux de lignes et des nuages qui s’y reflètent, balayés par le vent.

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Comedia dell’arte

L'orangerie, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Ce célèbre tableau du musée de l’Orangerie est une commande de Paul Guillaume à André Derain. Il représente deux personnages de la Commedia dell’arte italienne : Arlequin dans son costume à losanges colorés, coiffé d’un bicorne et Pierrot dans son habit blanc à collerette, la tête recouverte d’une calotte noire. Ils sont figurés sur un fond neutre, dans une danse sans fin, tels des marionnettes ou des pantins. Leur regard ne se rencontre pas et l’expression de leur visage est grave. Ce que l’on sait, c’est que Pierrot est le portrait de Paul Guillaume et il y a dans ses yeux beaucoup de mélancolie.

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