Ornementation

Banc Axel, Anvers, gildalliere, 2012
Photo/Gilles Dallière

Dans cette photo du détail ornemental d’un dossier de banc du château de ‘s-Gravenwezel, il y a le silence, le calme de l’instant qui précède la création ou qui peut-être suit sa fin. Tout cela semble une épave de civilisation abandonnée, l’ocre du mur, un fragment oublié du monde, éclairé par la lumière du Nord qui les dérobe à l’obscurité. La lumière vole un peu d’espace au noir qui creuse la profondeur de champ. Elle se pose sur les choses et réinvente une autre vie.

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Ornementation

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Je ne vois rien de mieux…

Numa, gildalliere, paris, 2018
Photo/Gilles Dallière

Plus bleu que le bleu de tes yeux
Je ne vois rien de mieux
Même le bleu des cieux
Plus blonds que tes cheveux dorés
Ne peut s’imaginer
Même le blond des blés
Plus pur que ton souffle si doux
Le vent même au mois d’Août
Ne peut-être plus doux
Plus fort que mon amour pour toi
La mer même en furie
Ne s’en approche pas
Plus bleu que le bleu de tes yeux
Je ne vois rien de mieux
Même le bleu des cieux.
Si un jour tu devais t’en aller
Et me quitter
Mon destin changerait tout à coup
Du tout au tout.
Plus gris que le gris de ma vie
Rien ne serait plus gris
Pas même un ciel de pluie
Plus noir que le noir de mon coeur
La terre en profondeur
N’aurait pas sa noirceur
Plus vide que mes jours sans toi
Aucun gouffre sans fond ne s’en approchera
Plus long que mon chagrin d’amour
Même l’éternité près de lui serait courte
Plus gris que le gris de ma vie
Rien ne serait plus gris
Pas même un ciel de pluie
On a tort de penser je sais bien
Au lendemain
A quoi bon se compliquer la vie
Puis-qu’aujourd’hui
Plus bleu que le bleu de tes yeux
Je ne vois rien de mieux
Même le bleu des cieux
Plus blonds que tes cheveux dorés
Ne peut s’imaginer
Même le blond des blés
Plus pur que ton souffle si doux
Le vent même au mois d’Août
Ne peut-être plus doux
Plus fort que mon amour pour toi
La mer même en furie
Ne s’en approche pas
Plus bleu que le bleu de tes yeux
Je ne vois que les rêves
Que m’apportent tes yeux.

Charles Aznavour

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Je ne vois rien de mieux…

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Dessous chics

MuseÃÅe Marmottant, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Quel est le meilleur usage que l’on puisse faire de l’appareil photo ?
Il suffit d’aller dans les musées, de regarder les œuvres d’un sculpteur ou d’un peintre et l’on comprend que l’œil doit enregistrer la vie. La photo reproduit la substance, la quintessence, de la chose en elle même. Au musée Marmottan-Monet, aidé par Patricia et Laurence, j’ai fait le portrait d’une idée. L’idée de la forme architecturale, l’idée de la transparence, du dessous chic, du mouvement et de la lumière qui glisse, parfaite, sur le verre gravé du sol du 1e étage de l’hôtel particulier. La vie est faite d’instants. Il faut savoir regarder le monde avec étonnement pour réussir à saisir ces fugaces instants d’enchantement avant qu’ils ne se referment sur eux-même.

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Dessous chics

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La perspective de l’épure

Perspective des Invalides, Paris, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

J’ai été tenté de faire de la construction de l’épure perspective un exercice spirituel. La lumière du couchant souligne les ambitions esthétiques de l’Hôtel des Invalides et m’invite à franchir le seuil d’un espace sensitif cadré aux limites du vertige. Le soleil projette l’ombre de l’architecture sur les surfaces réfléchissantes des cellules qui permettent de révéler l’instabilité de ma perception du temps et de l’espace. Que la perspective pose la question de l’infini, du point fixe, du crédit à accorder aux apparences, quelle soit un modèle d’appréhension du réel sont des faits entendus. Ici il y a de la brillance, de la légèreté, de la transparence, du rythme, de la fluidité et de l’équilibre.

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La perspective de l’épure

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La maîtrise des règles antiques

XVIIéme, invalides, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Ça déménage au XVIIe siècle. Fini la profusion ornementale. Fini la courbe en folie. Fini les libertés inattendues. C’est le grand retour de l’ordre, de la rigueur, de la symétrie. On rend hommage à la clarté des règles antiques, au goût immodéré des grandes perspectives. Désormais, au siècle des lumières, face à la verticalité, l’horizontalité prédomine. Mansart donne la forme définitive à l’architecture religieuse classique. Il rejette les saillies, place un soubassement percé de baies en plein cintre, surmonté d’un premier étage à colonnes orné de trophées d’armes et d’allégories sculptées. Dans cet espace déterminé, la densité et la simplicité des lignes sont rigoureusement maîtrisées.

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La maîtrise des règles antiques

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Philanthropie

Melik Ohanian, AD rue de la Bûcherie, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

La compagnie des Philanthropes est un lieu de rencontre unique. Un patrimoine architectural extraordinaire. Avant d’ouvrir ses portes au premier semestre 2019, AD Intérieurs 2018 y organise l’exposition phare de la rentrée sous la thématique « Brut et Précieux ». L’exposition met en lumière les réalisations des plus grands décorateurs du moment développées avec l’aide des meilleurs artisans. Dans l’amphithéâtre de cet hôtel particulier du XVIIe siècle encore jamais ouvert au public, entre zones inachevées et décors précieux, l’artiste Melik Ohanian, Galerie Chantal Crousel, prend l’espace. Il évoque avec poésie un futur impalpable qui prend forme sous nos yeux sur l’idée que la Voie Lactée et la galaxie d’Andromède devraient entrer en collision dans 4 milliards d’années. Le miroir hémisphérique devient l’épicentre de l’espace, reflétant en une seule image l’œuvre et les personnes présentes.

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Nissa la bella…

La prom, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

C’est le départ de la rentrée. J’ai accroché mes images à vos cœurs, les unes derrière les autres, dispersées par les jours qui passent. Vingt-six clichés en noir et blanc et en couleur s’enchaînent avec une incroyable fluidité et j’en ressors apaisé. J’ai mis des mots sur mes émotions comme un antidote à l’obscurantisme parisien. J’ai pensé grands formats pour l’architecture et petits sur la richesse et la beauté des sentiments de cette ville. Je vous abandonne avec la Promenade des Anglais qui représente si bien l’âme de Nice. Et si j’ai tamisé volontairement le bleu du ciel et l’ocre du trottoir c’est que j’en ai gardé les pigments pour refermer plus facilement les pages de cet album consacré à Nissa la Bella.

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Nissa la bella…

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Belle comme l’antique

Notre Dame du Port, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Notre Dame du Port laisse sa trace dans le paysage architectural de Nice. Dieu seul le sait ; elle est belle comme l’antique. Un seul trait sur l’azur du ciel et le fond outremer du bassin Lympia. Un fronton, un portique et des vagues de chapiteaux, de colonnes, de frises, de rinceaux et de festons, cadrent la perspective s’inspirant du style palladien. Les courbes sont abandonnées. Le clou du spectacle : une façade élancée dont l’ornementation est empruntée au vocabulaire néoclassique. Elle a su épouser la révolution, illustrer le Directoire et le Consulat et offrir son décor à l’Empire. Du bout de la digue, dans l’étroitesse du bassin, il y a de l’immensité.

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Belle comme l’antique

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Dans la splendeur de ses murs

Blv.Dubouchage, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

À l’époque de Matisse Nice était une ville d’hiver pour riches retraités ou exilés. Aujourd’hui c’est une ville cosmopolite et accueillante. En architecture elle fait partie des villes qui possèdent les plus beaux immeubles Art Déco de France. L’ancien musée de la photographie Charles Nègre était situé dans cet immeuble du boulevard Dubouchage. Il se détache du style « French Riviera » par ses éléments structurels décoratifs de qualité tout à fait typique de la période entre-deux-guerres. Son crépi rouge est en communion parfaite avec le ciel d’azur. La façade épurée privilégie le rythme décalé des fenêtres de la cage d’escalier. Le toit terrasse est couronné de balcons arrondis. Mais mes mots s’empilent et deviennent récurrents… La ville est lumineuse dans la splendeur de ses murs.

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Dans la splendeur de ses murs

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Julie…

Sfumato, Nice, gildalliere, 2018
Photo/Gilles Dallière

Tu t’es doucement endormie. Ton beau sourire s’est effacé. Je suis debout au bord de la Baie des Anges , un voilier passe dans la brise du matin et part vers l’horizon. Il est comme toi, la beauté et la vie. La maladie a décidé de ton départ et je dois te dire au revoir. Pour Yaël ta fille, pour Emilio ton mari en or, pour Marianne ta grand mère adorée, pour tes parents Marie-Ange et François et pour toute ta famille, jamais plus rien ne sera comme avant. Mais le soleil se lève encore et les étoiles brillent toujours. Tu as rendu ta vie au ciel, à ce ciel d’ambre et de miel. Tu pars, tu montes, tu voles, le ciel est à toi, tu parles aux étoiles, tu planes de soleil en soleil, tu brilles, ce ciel est pour toi, l’infini est bleu, doux et merveilleux. Au revoir Julie…

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Julie…

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